‹ EnseignementChapitre 46 sur 158 · PRIÈRES ET RYTHMES LATINS · texte numérisé non relu

PRIÈRES ET RYTHMES LATINS

extraits d’un orationnel manuscrit de la Bibliothèque du Séminaire d’Auch 1

L’an dernier, le Bulletin offrait à ses lecteurs, à l’occasion de la semaine sainte, une complainte inédite en langue romane du midi de la France, sur les douleurs de la Très Sainte Vierge 2. L’accueil bienveillant qu’a reçu cette publication nous a encouragé à chercher cette année encore, au retour des mêmes solennités, quelque autre monument de la piété de nos pères. Nous n’avons trouvé que deux ou trois pièces peu remarquables au point de vue littéraire, mais qui ne manqueront pas d’intérêt pour les chrétiens avides de retremper leur foi aux sources encore trop peu explorées du moyen âge.

Le moyen âge savait prier ; n’eût-il eu que cette compensation à des misères très réelles, très profondes, il peut balancer les avantages et l’éclat des périodes les plus vantées de l’histoire. Bien souvent, il est vrai, des hommes religieux et savants ont jeté le blâme sur les formules employées au moyen âge ; leur foi ne s’accommodait pas d’une naïveté qu’ils suspectaient çà et là de superstition, et leur goût sévèrement classique se rebutait d’une langue et d’une versification étrangères à l’imitation des anciens. Sur ce dernier point, il faut espérer qu’on ne se méprendra plus : le vrai latin du moyen âge, surtout à partir du onzième siècle, est une langue complète, claire, nette et flexible ; et la poésie rythmique du même temps a produit des chants comparables aux chefs-

1 Extrait de la Rev. de Gasc., 1863 (qui s’appelle encore Bulletin du Comité d’histoire et d’archéologie de la prov. eccl. d’Auch).

2 Voir plus loin Gramm. et tilt, provençales. La complainte de Notre-Dame.

LÉONCE COUTURE

d’œuvre les plus vantés de la lyre classique. Tout le monde aujourd’hui se pique d’admirer le Dies iræ, le Stabat mater, les proses de saint Thomas ; et l’on ne connaît pas les trésors que recèlent encore en ce genre les monuments de l’ancienne liturgie.

Quant aux reproches qu’on a faits au fond même des prières de nos aïeux au nom d’une piété éclairée, il en faut rabattre. Ces formules répondent à une qualité de foi et de dévotion qui, pour n’être pas la nôtre, n’est pas toujours à dédaigner. Plus les vrais juges regardent de près à ces pieuses reliques et les étudient avec étendue et profondeur, plus ils sentent leurs préjugés tomber et croître leur admiration. « On a osé prétendre, dit un jeune et laborieux écrivain de qui nous attendons l’histoire de la poésie liturgique, que nos pères ne savaient pas prier avec dignité, avec décence. J’affirme, ayant devant moi environ 400 pages in-folio de ces

extraits de Livres d’heures , que je n’ai jamais été scandalisé une

seule fois en lisant ces pieux recueils 1. » Et plût à Dieu que les livres de piété de nos jours puisassent plus souvent à ces sources oubliées, au lieu de nous offrir sans cesse les produits déplorables d’une espèce de romantisme mystique qui devrait bien avoir fait son temps !

Mais c’est trop insister sur des réflexions que ne justifie peut-être pas assez l’importance des pièces publiées ici. Il nous faut, d’ailleurs, dire un mot du livre qui nous les a fournies. C’est un petit volume manuscrit qui a pu avoir autrefois environ deux cents feuillets, dont plusieurs manquent aujourd’hui. Il n’atteint pas en hauteur la mesure d’un de nos petits in- 18, et sa forme est presque carrée. L’écriture, qui n’a rien de remarquable et qui n’est pas même partout fort soignée, me paraît appartenir au quatorzième siècle. Les initiales, rouges ou bleues, sont relevées d’or, mais de dimensions modestes. Le commencement des offices offrait, sans doute, des lettres ornées plus considérables ; mais, pour cette raison même, des feuillets entiers ont été arrachés de distance en distance. Plusieurs feuillets de suite manquent en tête du volume, qui ne garde plus aucun reste de reliure, et qui est d’un bout à l’autre fort maltraité par le temps et par diverses causes accidentelles.

Il est probable, d’après l’exécution matérielle de ce petit livre, que l’art n’a pas en tout ceci à déplorer de perte fort grave. Sous d’autres rapports, il ne paraît pas que rien de bien intéressant ait

i Léon Gautier, Choix de prières tirées des manuscrits du xmc au xvic siècle (Paris, Victor Palmé, 1861), préface, p. 3-4.

disparu de ce volume pourtant si mutilé. La partie du livre qui a le plus perdu n’était guère composée que de psaumes formant divers offices. Les derniers feuillets, remplis par des formules étrangères aux livres saints, sont à peu près intacts.

Ce livret est entré l’an dernier au Séminaire avec la riche bibliothèque de feu M. l’abbé Dassieu, curé de Tonneins, qui a légué ses livres à la maison où il avait fait ses études théologiques. La provenance méridionale de ce petit volume semble démontrée par la place privilégiée qu’occupe Yapôtre saint Martial dans les litanies rythmiques que nous donnons plus bas.

Nous y prenons d’abord une prière latine qui n’a d’autre mérite que d’enchâsser dans une supplication de la plus grande simplicité les sept paroles suprêmes du Rédempteur. Mais quelle prière plus éloquente que l’humble et naïve application de ces paroles divines aux besoins et aux misères de cette vie !

Oracio ad Ihum.

Domine Jesu Christe, qui septem verba ultimo vitæ tuæ in cruce pendens dixisti, ut semper ilia sacratissima verba in memoriam habeamus : Rogo te per virtutem illorum septem verborum, ut mihi parcas omnia peccata mea, quidquid peccavi aut commisi.

Domine Jesu Christe, sicut tu dixisti : Pater ignosce crucifigentibus me, fac ut amore tui ego parcam omnibus malefacientibus mihi.

Domine Jesu Christe, sicut tu dixisti latroni : Hodie mecum eris in paradiso, fac me in hac vita ita vivere ut in hora mortis meæ dicas mihi : Hodie mecum eris in cœlo.

Domine Jesu Christe, sicut tu dixisti matri tuæ : Mulier, ecce filius tuus ; deinde dixisti discipulo : Ecce mater tua, fac ut me soeiet amor tuus et caritas tua vera.

Domine Jesu Christe, sicut lu dixisti : Hely, Hely lamazabactani, quod significat : Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti me ?

Prière à Jésus.

Seigneur Jésus-Christ, qui avez prononcé sept paroles aux derniers moments de votre vie, suspendu à la Croix, pour que ces sept paroles sacrées restassent toujours dans notre mémoire, je vous prie, par la vertu de ces sept paroles, de me pardonner tous mes péchés, toutes les fautes que j’ai commises.

Seigneur Jésus-Christ, comme vous avez dit : Père, pardonnez à ceux qui me crucifient, faites que je pardonne pour l’amour de vous à tous ceux qui me font du mal.

Seigneur Jésus-Christ, comme vous avez dit au larron : Aujourd’hui, tu seras avec moi en Paradis, faites que je me conduise de telle sorte en cette vie que vous me disiez à l’heure de ma mort :

Tu seras avec moi aujourd’hui dans le Ciel.

Seigneur Jésus-Christ, comme vous avez dit à votre mère : Femme, voilà votre fils, et ensuite au disciple : Voilà votre mère, faites que votre amour et votre vraie charité m’associe à cette famille vénérée.

Seigneur Jésus-Christ, comme eous avez dit : Eli, Eli, lamma sabacthani, c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous

LÉONCE COUTURE

fac me ita vivere ut non derelinquas me in quacumque tribulatione aut augustia.

Domine Jesu Christe, sicut tu dixisti : Sitio, scilicet salutem animarum sanctarum quæ in limbo fuerunt adventum expectantium, fac me ita vivere ut ego sitiam te fontem aquæ viventis, et fontem æterni luminis.

Domine Jesu Christe, sicut tu dixisti : Consummatum est, quod significat, labores et dolores quos pro nobis peccatoribus suscepisti jam finisti, fac ut audire merear illam dulcissimam vocem tuam :

Veni, arnica mea, sponsa mea, dilecta mea, quia disposui petitiones tuas consummari.

Domine Jesu Christe, sicut tu dixisti : Pater, in manus tuas commendo spiritum meum, fac me ita vivere et sic omnia mandata tua custodire et adimplere, ut in obitu meo perfecte possim tibi dicere : Pater, in manus tuas commendo spiritum meum. Amen.

délaissé ? faites-moi la grâce de vivre de telle sorte que vous ne me délaissiez dans aucune tribulation ni dans aucune angoisse.

Seigneur Jésus-Christ, comme vous avez dit : J’ai soif, c’est-à-dire du salut des âmes saintes qui étaient dans les limbes, attendant votre arrivée, faites que je vive en ayant soif de vous, fontaine d’eau vive, foyer d’éternelle lumière.

Seigneur Jésus-Christ, comme vous avez dit : Tout est consommé, c’est-à-dire que vous étiez à la fin des travaux et des douleurs que vous aviez embrassés pour nous pauvres pécheurs, faites que je mérite d’entendre de votre bouche cette parole si douce : Venez, mon amie, mon épouse, ma bien-aimée, parce que j’ai résolu d’accomplir toutes vos demandes.

Seigneur Jésus-Christ, comme vous avez dit : Père, entre vos mains je remets mon esprit, faitesmoi la grâce de vivre de telle sorte et de garder et accomplir si bien vos commandements, que je puisse à ma mort vous dire en toute vérité : Mon Père, entre vos mains je remets mon esprit. Ainsi soit-il.

Nous demandons à citer encore une prière bien naïve, mais où éclate toute l’ardeur d’une foi et d’un repentir sans mélange:

Oracio devotissima ad Dominum ihm xpm filium Dei.

O bone Jesu, o piissime Jesu, o dulcissime Jesu, o Jesu fili virginis Mariæ, plene misericordia et pietate ! O dulcis Jesu, secundum magnam misericordiam tuam, miserere mei ! O clementissime Jesu, te deprecor per ilium sanguinem pretiosum, quem pro nobis peccatoribus effundere voluisti, ut abluas omnes iniquitates meas, et in me respicias humiliter petentem et hoc nomen sanctum tuum invocantem. O nomen Jesu, nomen dulce ! O nomen Jesu, nomen delectabile ! Nomen Jesu, nomen confortans ! Quid est Jésus, nisi Salvator ? O bone Jesu, propter nomen

Prière très dévote à N. -S. Jésus- Christ, fils de Dieu.

O bon Jésus, ô très miséricordieux Jésus, ô très doux Jésus, ô Jésus, fils de la Vierge Marie, plein de miséricorde et de bonté !

O doux Jésus, selon votre grande miséricorde, ayez pitié de moi. O Jésus très clément, je vous supplie par ce sang précieux que vous avez voulu répandre pour nous, pauvres pécheurs, de laver toutes mes iniquités et de tourner sur moi un regard favorable, tandis que je vous prie avec humilité et que j’invoque votre saint nom. O nom de Jésus, nom si doux ! O nom de Jésus, nom si délectable !

Nom de Jésus, nom si fortifiant !

Que veut dire Jésus, si ce n’est Sauveur ? O bon Jésus, à cause de votre saint nom, sauvez-moi, que je ne périsse pas ! Vous qui m’avez créé et racheté, ne laissez pas damner celui que vous avez tiré du néant ! O bon Jésus, que je ne sois pas perdu par mon iniquité, moi qui fus créé par votre bonté toute-puissante ! O bon Jésus, reconnaissez en moi ce qui vient de vous, et effacez ce qui vient d’ailleurs. O Jésus très débonnaire, ayez pitié de moi, quand le temps de la pitié dure encore, pour ne pas me condamner au temps du jugement ! Que vous reviendrat-il de mon sang, si je descends à la corruption du tombeau ? Les morts ne vous loueront pas, Seigneur, ni tous ceux qui descendent en enfer. O Jésus très aimant, recevez-moi au nombre de vos élus ! O Jésus ! Jésus, salut de ceux qui espèrent en vous ; ô Jésus, salut de ceux qui croient en vous ; ô Jésus, consolation de ceux qui cherchent en vous leur refuge ; ô Jésus, doux pardon de tous les péchés ; ô Jésus, fils de la Vierge Marie, répandez en moi votre sainte grâce ; donnez-moi la sagesse, la charité, l’humilité et la chasteté, afin que je puisse vous aimer parfaitement et parvenir à votre gloire, avec tous ceux qui invoquent votre saint nom, le nom de Jésus. Ainsi soit-il. Notre Père. Je vous salue.

Nous arrivons aux rythmes, qui ont un caractère plus littéraire que les prières en prose. Nous donnons d’abord un rythme à la sainte Face qui n’est pas inédit. Les Bollandistes l’ont inséré au 4 février dans le commentaire sur sainte Véronique. Le P. Henschen, auteur de ce travail, nous apprend que cette pièce figurait comme séquence dans la messe de la sainte Face au missel d’Augsbourg et dans d’autres Missels. Celui d’Auch, qui avait des messes propres du saint Suaire, de la Couronne d’épines, des cinq Plaies, de la sainte Lance, n’avait rien du saint Voult, comme on disait il y a trois siècles.

La tradition du visage de Notre-Seigneur imprimé sur le voile d’une sainte femme qu’on a appelée Véronique, soit par corrup-

sanctum salva me ne peream. O qui plasmasti et redemisti me, ne me permittas damnari quem tu ex nichilo creasti ! O bone Jesu, ne me perdat iniquitas mea, quem lecit omnipotens bonitas tua. O bone Jesu, recognosce quod tuum est, et absterge quod alienum est.

O Jesu benignissime, miserere mei, dum tempus est miserendi, ne damnes me in tempore judicandi.

Quæ utilitas in sanguine meo, dum descendo in corruptionem ? Neque mortui laudabunt te, Domine, neque omnes qui descendunt in infernum ? O amantissime Jesu, admitte me inter numerum electorum tuorum ! O Jesu, Jesu, salus in te sperantium ; o Jesu, salus in te credentium ; o Jesu, solatium ad te confugientium ; o Jesu, dulcis remissio omnium peccatorum ; o Jesu, fili Mariæ Virginis, infunde in me gratiam sanctam, sapientiam, caritatem, humilitatem et castitatem ut possim te perfecte diligere et in te gloriari ; et omnes qui invocant hoc nomen sanctum tuum, quod est Jésus. Amen. Pater noster. Ave, Maria.

LÉONCE COUTURE

tion du nom de Bérénice, soit par confusion avec la sainte image elle-même ( vera icon, ou mieux vera iconica ), est fort autorisée dans l’Eglise, et il y en a des traces respectables dans l’antiquité chrétienne 1 2. La sainte Face est honorée à Rome de temps immémorial ; mais des images faites probablement sur le modèle de celle-là et conservées en divers lieux contribuèrent à répandre cette dévotion particulière. La sainte Face de Montreuil-les-Dames, au diocèse de Laon, était l’objet de nombreux pèlerinages. Notre Midi connaissait surtout celle qui était honorée à Cadouin, près Périgueux, et sur laquelle le P. Aubery, professeur au collège d’Auch, dans la première moitié du dix-septième siècle, a écrit un poème latin encore inédit dont je reparlerai plus tard. La tradition fort répandue qui regardait sainte Véronique comme l’épouse de Zachée, fondateur du pèlerinage de Roc-Amadour, a dû contribuer aussi à augmenter dans nos contrées la dévotion à la sainte Face.

Voici le texte de notre séquence, d’après le manuscrit d’Auch, qui offre de bonnes variantes avec l’édition des Bollandistes :

De sancta Veronica Memoria.

Salve, sancta faciès Nostri Redemptoris,

In qua nitet species Divini splendoris, Impressa panniculo Nivei coloris,

Dataque Veronicæ Signum ob amoris.

Salve, decus seculi, Spéculum sanctorum, Quod videre cupiunt Spiritus cœlorum.

Nos ab omni macula Purga vitiorum,

Inque nos consortium Ju nge Beatorum.

Ave, nostra gloria,

In hac vita dura,

Labili et fragili,

Cito transitura.

Nos perdue ad patriam,

O felix figura,

Ad videndam faciem Cliristi, mente pura 2.

Mémoire de sainte Véronique.

Salut, ô sainte face de notre Rédempteur, où brille l’image de la gloire divine, imprimée sur un voile blanc comme neige, et donnée à Véronique en témoignage d’amour.

Salut, gloire du monde, miroir des saints, que les esprits célestes brûlent de contempler. Purifieznous de toutes les souillures de nos vices et nous faites entrer dans la société des Bienheureux.

Salut, vous qui êtes notre gloire dans cette vie si rude, si fugitive, si exposée, et qui s’évanouira si tôt. Conduisez-nous à la patrie, ô sainte image, afin que d’un cœur pur nous puissions voir la face du Christ.

1 Voy. Acta SS. Bollancl. Febr., t. I. — Molanus, Ilist. SS. Imaginum, annoté par Paquot, dans le Cours complet de théologie de M. Migne.

2 Les Bollandistes : Qnœ est Christi pura.

ETUDES LATINES

Esto nobis, Domine,

Tutum adjuvamen, Dulce refrigerium,

Atque consolamen,

Ut nobis non noceat Hostile conamen,

Sed fruamur requie.

Nos dicamus : Amen 1.

Soyez-nous, Seigneur, un secours assuré, le remède de nos amertumes, la consolation de nos peines, pour que les efforts de l’ennemi ne nous puissent nuire, mais que nous goûtions le vrai repos. Disons : Ainsi soit-il.

Mais le morceau le plus intéressant de l’orationnel de M. Dassieu nous a paru être le Rythme beaucoup plus considérable qu’il nous reste à citer et à traduire. Cette pièce est probablement inédite ; et nous n’avons pas même souvenir d’en avoir rencontré d’analogue dans les recueils de proses du moyen âge qu’il nous est arrivé de parcourir autrefois. C’est une paraphrase rythmique des litanies des saints.

Elle consiste dans une série uniforme de couplets fort simples, mais où le charme de la poésie liturgique éclate bien souvent sous l’humble enveloppe d’un rythme peu travaillé. Sauf meilleur avis, cette pièce doit appartenir à l’âge classique des proses limées, le treizième siècle, mais aux dernières années de cet âge ; l’art n’y paraît presque plus, et la forme trahit souvent une poésie déjà oublieuse de ses procédés les plus délicats.

Deus Pater, qui creasti Mundum et illuminasti, Suscipe me pœnitentem, Et illustra meam mentem.

Fili Dei, Jhesu Christe,

Ad te venit reus iste.

Qui sedes cœlis in arce, Supplico te, mihi parce.

Sancte spiritus, tuorum Consolator miserorum, Respice me peccatorem, Infundens tuum amorem.

Deus, unitas superna, Trinitasque sempiterna,

Ut intendant tuæ laudi Meos gemitus exaiuli.

l Les Bollandistes : Cum Beatis, variantes.

Dieu le Père, créateur et illuminateur du monde, accueillez mon repentir et éclairez mon âme.

Fils de Dieu, Jésus-Christ, voici venir à vous un grand coupable.

Vous dont le trône s’élève au plus haut des cieux, je vous en supplie, pardonnez-moi !

Esprit Saint, consolateur des malheureux qui vous invoquent, jetez les yeux sur moi, pauvre pécheur, et inspirez-moi votre amour.

O Dieu, unité suprême, éternelle Trinité, pour que je me consacre à vos louanges, exaucez mes gémissements.

i. — Nous n’avons pas noté toutes les

LÉONCE COUTURE

Dei genitrix Maria,

Virgo clemens atque pia, Ora pro me peccatore Naliim sine genitore.

0 Maria Dei cara,

Stella lucens et præclara, Confer milii charitatem Necnon et humilitatem.

Fac me tibi deservirc Et in te vitam finire,

Ut per te justificari Possim, et per te salvari.

Michael, victor draconis, In pietatem plene donis, Volentes mihi nocere Fac omnibus nil valere.

Gabriel, nuncie Christi Cujus ortum prædixisti, Obsecro, mihi d ignare Mortem meam nunciare.

Raphaël, medicamentum Salutis atque fomentum, Medere meo languori,

Ut sim gratus Salvatori.

O vos omnes, angelorum Conventus sanctissimorum, Precor ut me defendatis Et ad vitam perducatis.

O Johannes, præco regis, Primus testis novæ legis, Fac ut parein viam Christi Quam docere voluisti.

Excelsi patriarcharuin Ordines et prophetarum,

Apud regum regem Christum Excusate reum istum.

Signifer apostolorum,

Petre, princeps cæterorum, Dilue mea peccata Pietate tibi data.

Saule, doctor veritatis,

Lux totius pietatis,

In me, si placet, intende Et auxilium impende.

O Marie, Mère de Dieu, Vierge clémente et débonnaire, priez pour moi, pauvre pécheur, ce fils divin qui n a point de père ici-bas.

O Marie, chère à Dieu, étoile pure et brillante, obtenez-moi la charité et l’humilité.

Faites que je vive à votre service et que j’expire dans vos bras, afin de pouvoir être justifié et sauvé par vos mérites.

Michel, vainqueur du dragon, vous dont les mains sont pleines de dons pour vos pieux serviteurs, rendez inutiles tous les efforts des ennemis qui veulent me nuire.

Gabriel, héraut du Christ dont vous avez annoncé la naissance, je vous en prie, daignez m’annoncer ma mort.

Raphaël, vous qui avez des remèdes et des soins pieux pour les malades, guérissez ma langueur pour que je devienne agréable à mon Sauveur.

Vous tous, chœurs des saints anges, je vous en prie, défendezmoi et me conduisez à la vie.

Jean, précurseur du grand roi, premier témoin de la loi nouvelle, faites que je prépare en moimême la voie du Christ que vous avez enseignée.

Sublime assemblée des patriarches et des prophètes, parlez au Christ, Roi des rois, en faveur de ce pécheur que je suis.

Porte-drapeau des envoyés du Christ, Pierre, chef des apôtres, effacez mes péchés par le mérite de la piété qui vous fut donnée.

Paul, docteur de vérité, lumière de toute vertu, regardez-moi, s’il vous plaît, et m’accordez votre secours.

ETUDES LATINES

Andréas, crucis amator, Sanctitatis prædicator,

Ut non laborem in vanum Laboranti præsta manum.

Johannes Christi dilecte, Ipsius aures inflecte,

Ut audiat meas prec.es Diluens immundas fæces.

Sancte Dei Martialis,

Munda me ab omnibus malis, Ut possim placere Christo ln cujus conspectu sisto.

Apostoli Jhesu Christi,

Quibus credo nos assisti,

A malo me liberate Et in bono conservate.

Stéphane, custos amoris, Primus testis Salvatoris, Adjuva me laborantem Ut vidisti Jhesum stantem.

Laurenti, fortis athleta,

Qui cœlorum vides læta, Conforma me in virtute Ut non priver a salute.

André, amant de la Croix, prédicateur de sainteté, pour que je ne travaille pas en vain, prêtez la main à mon travail.

Jean, vous l’ami du Christ, faites qu’il prête l’oreille à mes prières et qu’il efface mes honteuses souillures.

Saint Martial, homme de Dieu, purifiez-moi de tous mes péchés, pour que je puisse plaire au Christ en présence de qui je me tiens.

Apôtres de Jésus-Christ, en qui la foi me montre des intercesseurs, délivrez-moi du mal, et conservez-moi dans le bien.

Etienne, gardien d’amour, premier martyr du Sauveur, aidezmoi dans mes travaux, vous qui avez vu Jésus debout à la droite du Père.

Laurent, vaillant athlète, qui voyez maintenant les joies du ciel, ployez-moi au joug de la vertu pour que je ne perde pas la couronne du salut.

Vincent!, strenue miles,

Qui de Christo nunquam siles, Auxilium mihi præsta Ne me turbet mors infesta.

O vos omnes, gloriosi Martyres et pretiosi, Adjuvate me captivum Et sanate semivivum.

Martine, gemma pastorum, Lucerna catholicorum,

Tibi supplico, dignare Mortem meam nunciare.

Nicolae, vir fîdelis,

[Tu] qui potens es in cœlis, Sicut fulges dignitate Sic me dita pietate.

Sanctissime Bénédicte, Gregis rex et dux invicte, Perdue me ad viam rectam Et ad regiam electam.

Vincent, soldat intrépide, qui ne cessez de louer le Christ, soyezmoi secourable, pour qu’une mort funeste ne vienne point me surprendre.

Vous tous, glorieux et chers martyrs, aidez ce pauvre captif, guérissez ce malade qui n’a qu’un souffle de vie.

Martin, perle des pasteurs, flambeau des catholiques, je vous en supplie, daignez me prévenir de ma mort.

Nicolas, serviteur fidèle, vous qui êtes puissant dans les deux, autant vous êtes élevé en gloire, autant soyez-moi prodigue de grâce !

Très saint Benoît, roi et chef invincible d’une innombrable armée, faites-moi suivre la voie droite et me conduisez au palais des élus.

LÉONCE COUTE UE

Omnes sancti confessores, Legis Dei deffensores, Adjuvate me sequentem Jamjamque deficientem.

O Maria Magdalena,

Pietate Dei plena,

Alto régi me præsenta,

Cui servis jam intenta.

Agnes, virgo gloriosa,

Fulgens atque pretiosa,

Flecte mihi Salvatorem Pro quo fudisti cruorem.

Sancta martyr Katliarina, Præfulgens Ghristi doctrina, Deprecare sponsum tuum Ne me damnet servum suum.

Omnes Virgines sacratæ,

Régi magno copulatæ,

Offerte me vestro sponso, Cum venerit in absconso.

Domine Jhesu, tuorum Propter mérita sanctoruih,

Ut sim mundus toto corde Munda me ab omni sorde.

Da gratiam in præsenti,

Da veniam pœnitenti,

Da gloriam in futuro,

Ut sit mihi pax securo.

Omnes in te baptizatos,

In peccatum inclinatos,

Perdue ad confessionem Et confer remissionem.

Requiem æternam cunctis Da fidelibus defunctis,

Ne dampnentur in fornace

Sed requiescant in pace. Amen.

Vous tous, saints confesseurs, défenseurs de la loi de Dieu, aidez-moi ; j’essaie de vous suivre, mais je suis toujours sur le point de défaillir.

O Marie Madeleine, tout embrasée de l’amour divin, présentez-moi au Roi des cieux, votre Maître, seul objet de votre activité.

Agnès, glorieuse vierge, si riche et si brillante, fléchissez en ma faveur ce Jésus pour qui vous avez répandu votre sang.

Sainte martyre Catherine, en qui éclate la doctrine du Christ, priez votre divin époux de ne pas condamner son serviteur.

Vous toutes, Vierges saintes, épouses du grand Roi, présentezmoi à votre époux quand il viendra dans le secret de la nuit.

Seigneur Jésus, à cause des mérites de vos saints, purifiez mon cœur tout entier, effacez toutes mes taches !

Donnez-moi la grâce dans le présent, le pardon pour un passé que je déplore, la gloire pour l’avenir, afin que je jouisse d’une paix assurée.

Tous ceux qui ont reçu votre baptême sont encore portés au péché ; amenez-les à confesser leurs fautes et pardonnez-leur.

Donnez à tous les fidèles trépassés le répos éternel, qu’ils ne soient pas précipités dans la fournaise, mais qu’ils reposent en paix.

Ainsi soit-il.

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