‹ Enseignement méthodique de la versification française avec des sujets d'exercises graduésChapitre 58 sur 62 · ODE SUR LA MORT DE J.-B. ROUSSEAU · texte numérisé non relu

ODE SUR LA MORT DE J.-B. ROUSSEAU

D*une brillante et triste vie Rousseau quitte aujourd'hui les fers , Et loin du ciel de sa patrie La mort termine ses revers.

D'où ses maux ont-ils pris leur source?

Quelles épines dans sa course Etouffaient les fleurs sous ses pasi Quels ennuis! quelle vie errante !

Et quelle foule renaissante D'adversaires et de combats!

Vous dont l'inimitié durable L'accusa de ces chants affreux « Qui méritaient , s'il fut coupable , Un ehàlimenl plus rigoureux ;

I>ao8 le sanctaaire suprême , Grâce à ?08 soins, par Tbémis même Son honneur est encor terni.

J'abandonne son innocence; Que vent de plos yotre vengeance ?

Il fut malheureux et puni.

Du sein des ombres éternelles S'élevant au trône des Dieux , L'envie offusque de ses ailes Tout éclat qui frappe ses yeux.

Quel ministre , quel capitaine , Quel monarque vaincra sa haine Et les injustices du sort ?

Le temps à peine les consomme ; Et quoi que fasse le grand homme , Il n'est grand homme qu*à sa mort.

Le Nil a vu sur ses rivages De noirs habitants des déserts • Insulter par leurs cris sauvages L'astre éclatant de Tunivers.

Gris impuissants! fureurs bizarres! Tandis que ces monstres barbares Poussaient dMnsoIentes clameurs, Le dieu, poursuivant sa carrière, Tersait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs.

LeFRANC de P0lfPl«NÀN.

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