MORT DE JEANNE DARC
A qui réserve-l-on ces apprêts meurtriers ?
Pour qui ces torches qu'on excite?
L'airain sacré tremble et s'agite....
D'où vient ce bruit lugubre? Où courent ces guerriers, Dont la foule à longs flots roule et se précipite ?
La joie éclate sur leurs traits ; Sans doute l 'honneur les enflamme ; Ils vont pour un assaut former leurs rangs épais... — Non , ces guerriers sont des Anglais Qui vont voir mourir une femme .'
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Du Christ , avec ardeur, Jeanne baisait l'i mage ; Ses longs cheTeux épars flottaient au gré des vents : Au pied de l'échafaud, sans changer de visage, Elle s'avançait à pas lents.
Tranquille elle 7 monta ; quand , debout sur le fafte , Elle vit ce bûcher qui Tallait dévorer , Les bourreaux en suspens , la flamme d^à prête 9 Sentant son coBor raillir, elle baissa la tête ,
Et se prit À pleurer. Gasimib Delavigni
Ainsi que dans plusieurs autres morceaux, nous nous bornons à donner les strophes utiles comme exemples cités dans le traité de versification. Mais, cette rois> c'est avec une vive satisfaction que nods restreignons notre citation, car il nous répugne de reproduire la suite de cette composition si contraire k la vérité historique, si opposée au noble et pieux caractère de ThéroTne chrétienne et française. M. C. Belavigne a eu la malheureuse pensée de travestir la vierge de Yaucouleurs en virago de la halle. Malgré radmiralion de commande pour cette pièce stéréotypée dans tous les recueils de littérature, nous ne pouvons jamais 7 penser sans sourire de pitié en voyant la sublime poésie de Tbistolre , remplacée par cette triviale et impie invention d*nne Jeanne d'Arc aux allures soldatesques , montrant le poing aux Anglais, et mourant en invoquant . . • son roi bien-aimé ! Il 7 a bien plus de vraie poésie dans la prose du récit authentique qu'on peut lire dans la savante histoire de Jeanne d'Arc par M. Le Brun de Char^ mettes, tome 4, pages SU et suivantes.