SUR L AVEUGLEMENT DES HOMMES
Ode tirée du puaufne XLVIIL
Qu^aux accents de ma voix la terre se réveille! Kois, soyez attentifs; peuples, ouvrez l'oreille : Que l*univers se taise , et m'écoute parler.
Mes chants vont seconder les accents de ma l7re; L'esprit saint me pénètre, il m'échaufTe* il m'inspire Les grandes vérités que je vais révéler.
L*homme en sa propre force a mis sa confiance. Ivre de ses grandeurs et de son opulence ,
(i) Nous joignons aux Odes dt J.-B. ROCSSEAU quelques notes emj^runties an evmmtmtire de M. AMAR.
L'éclat de sa fortune enfle sa vanité.
Mats, ô moment terrible, ô jour épouvantable Où la mort saisira ce fortuné coupable, Tout chargé des liens de son ini(iuité. (1)
Que deviendront alors , répondez , grands du monde ^ Que deviendront ces biens où votre espoir se fonde , Et dont vous étalez Torgueilleuse moisson (2)? Sujets, amis , parents , tout deviendra stérile ; Et, dans ce jour fatal, l'homme à l'homme inutile Ne paiera point à Dieu le prix de sa rançon (3).
Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes , Quelque élevés qu'ils soient, ils sont ce que nous sommes : Si vous êtes mortels , ils le sont comme vous. Nous avons beau vanter nos grandeurs passagères , Il faut mêler sa cendre aux cendres de ses pères, £t c'est le même Dieu qui nous jugera tous...
J.-B. ROOSSBAC.