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ET ENTRETIENS. Ci
h plus grand, n'a songé au danger qu'il pouvait y avoir à cela ! D'abord vous avez cassé des vitres ; mais dites, Lucas, vous qui avez visé exprès, sont-elles au moins à vous, ces vitres? Voyons, répondez-moi, sont-elles à vous? — Lucas : Non, madame. — La maîtresse : Comment! et vous vous permettez de les casser!... Victor, puisque vous les cassez aussi, c'est sans doute à vous qu'elles appartiennent? — Victor : Non, madame. — Pas à vous non plus! Mais qui donc alors vous a donné la permission de les casser : est-ce que vous avez le droit de détruire ce qui ne vous appartient pas?... Lucas, si je m'amusais à casser votre bouteille, ferais-je une action juste et seriez-vous content? — Lucas avec anxiété : C'est maman qui me l'a achetée avec de l'argent. — Croyez-vous que madame Giraud n'a pas aussi acheté ses vitres? Et vous les avez cependant cassées. Je ne vois pas pourquoi je ne casserais pas votre bouteille, comme vous avez cassé les vitres. (11 pleure.) Oh! rassurez-vous ! je ferai au contraire bien attention à ne pas casser votre bouteille, car la justice m'obligerait à vous la payer, coname elle vous oblige, ainsi que Victor, à payer les deux vitres que vous avez cassées. Car il faut que vous rendiez à madame Giraud des vitres aussi grandes et aussi belles que les siennes. Êtes-vous bien sûr au moins de n'en avoir cassé que deux?... Je vais aller demander à madame Giraud la permission d'entrer chez elle et de les compter. Lucas, Henri, Victor, François, venez les compter avec moi. »
Les enfants suivirent la maîtresse chez madame Giraud ; il y avait douze vitres de cassées ! Tous les coupables étaient atterrés. Madame Giraud se plaignit beaucoup, fit voir un oranger auquel une pierre avait cassé deux branches, et dit qu'elle-même avait été frappée au front par ime autre pierre lancée de l'asile. La maîtresse ne répondit qu'en balbutiant ;
5i PETITES HISTOIRES
qui jette un autre enfant par terre pour se venger d un coup de pied reçu de lui, obéisse au commandement de Dieu? »
Ferdinand baisse les yeux. Ses souvenirs, des souvenirs récents, l'accusaient d'une action semblable. La maîtresse le regarde en silence et tristement pendant plusieurs secondes. Sous ce reproche muet, l'enfant rougissait jusqu'aux yeux. « Je crois, Ferdinand, que votre conscience n'est point contente... La consciense sait tout... Écoutez bien ce qu'elle vous dit ; je suis sûre qu'elle vous blâme... N'oubliez donc plus, mes enfants, que Dieu nous commande de ne jamais faire de mal, pas même à ceux qui nous en ont fait. »
Un autre jour, on dira : « Mes enfants, récitez-moi le septième commandement de Dieu. — Les biens d autrui tu ne prendras ni retiendras à ton escient. — Quel est le devoir que ce commandement nous impose ? Je ne volerai point ^ je ne prendrai jamais pour moi ce qui ne m^ appartient pas. Si je trouve un objets je chercherai celui qui Va perdu pour le lui rendre. Dieu le commande je le dois. — Qu'est-ce que voler? — C'est prendre pour soi ce qui appartient à d'autres. — Comment appelle-t^on les personnes qui ont le malheur de voler? — Des voleurs. — Savez-vous ce que les honnêtes gens disent des voleurs?,.. Vous ne savez pas ?... Eh bien, ils disent : Ah I celui-là^ cest un voleur l ou bien : Celle-ci est une voleuse I fermons bien nos portes de peur qu'ils n'entrent chez nous ! et on les fuit, on s'éloigne d'eux, on ne voudrait pas en faire ses amis, tout le monde les méprise. Mais si personne ne savait qu'ils ont volé, s'ils pouvaient se cacher dans une cave, dans un grenier où ils fussent bien sûrs d'être seuls? — Dieu y serait et les verrait. — Mais s'ils attendaient le soir, bien tard, et la nuit bien noire ? — Dieu les verrait toujours. — Qu'est-ce
donc que commettre un vol et tout ce qui est mal? — C'est pécher contre Dieu. — Est-ce pour faire le mal que Dieu nous a créés?... Souvenez-vous... « O mon Dieu, — mon bon père! — vous m' avez créé pour faire le bien M » — Puisque Dieu nous a créés pour faire le bien, •nous devons faire le bien, afin que Dieu soit content de notre obéissance.
« Mais si une personne, sans vouloir voler, trouvait dans la rue ou ailleurs quelque objet perdu, que devrait-elle faire ? — Rendre cet objet à la personne à qui il appartient. — Et si la personne qui Ta trouvé ne savait pas à qui il appartient ? — Elle devrait s'en informer. — Et si elle ne retrouvait pas le propriétaire de l'objet perdu?... Vous ne savez pas ce qu'il faudrait faire ? Il faudrait le garder bien soigneusement, ne pas s'en servir de peur de l'endommager, dire à beaucoup de personnes qu'on l'a trouvé, et les prier de le dire aussi à d'autres personnes, jusqu'à ce que le propriétaire l'ayant appris vint vous réclamer l'objet. Alors il vous en serait reconnsdssant, il penserait que vous avez un cœur honnête ; il vous donnerait son estime, et vous-même vous seriez heureux ; car dans votre conscience vous diriez : Jai fait.ce que Dieu me commande, j'ai fait mon devoir. »
Je cède au plaisir d'ajouter que, le lendemain d'une leçon semblable, un petit gQet neuf qui avait disparu il y avîut cinq jours, et que depuis ciuq jours on avait inutilement cherché, se trouva de lui-même, accroché délicatement à l'extrémité la plus reculée du porte-manteau.
Je n'avais de preuves contre personne ; mais une connaissance asaeî exacte de mon personnel m'avait permis de concevoir de fortes présomptions contre l'un de mes enfants, et sans rien brusquer, de peur de méprise, j'allais à la découverte par les chemins de traverse.
K- Prière du matia : Conseils sur la direction des salles d'asile^ ch. zi.
prendre soin! Eh bien, je vais le remplacer ; je vais faire comme si j'étais la maman. Viens, ma petite, lui dit Marie, viens avec moi. Puis elle la releva, essuya avec son mouchoir les larmes de Fenfant, la prit par la main, et s'étant chargée du grand panier, elle la conduisit à la salle d'asile- Eh bien, mes amis, savez-vous ce que Marie faisait pour cette petite fille? — Les enfants : Elle la protégeait. — Justement! elle était sa protectrice, le frère n'ayant pas eu le soin d'être son protecteur,
« Voyons, mes enfants, qui de vous veut protéger les petits ? — Tous : Moi ! moi ! moi ! moi ! — Tous vous voulez protéger, mais vous ne le pouvez pas tous. Un protecteur doit être plus fort et surtout plus sage que ceux qu'il protège... Alexis, commençons par vous ; êtes-vous digne d'être protecteur? Attendez que jeme rappelle comment vous vous comportez tous les jours... Le matin vous arrivez à huit heures en amenant vos deux petits frères," c'est bien. Vous lisez au tableau n^ 9 ; donc vous êtes attentif aux leçons ; <î'est encore bien. L'autre jour, vous avez séparé deux ■enfants qui se battaient : c'est bien. Mon ami venez vous asseoir près de moi, vous méritez d'être nommé protecteur. » L'enfant, pour la première fois heureux et récompensé de sa vertu, vint en hâte auprès de la maîtresse, et le bonheur qui rayonnait dans ses traits excitait encore davantage le désir des concurrents.
« A votre tour, Hélène. Voyons, vous êtes monitrice de travail, c'est déjà bon signe ; cela me prouve que madame Brassard * est contente de vous. Puis tous les jours vous avez la complaisance de faire dîner la petite Mélanie bien proprement, et le soir vous l'emmenez chez elle sans l'abandonner dans la rue ; c'est bien. L'autre jour, Théodore