L'adjuinlc
Larose a cassé la tête de votre belle poupée ; vous en avez eu beaucoup de chagrin, mais vous n'avez rendu aucun mal au petit étourdi ; vous avez été bonne, mon Hélène ; venez, vous méritez d'être protectrice !
« Et vous, Gustave, qui paraissez désirer beaucoup être protecteur, à votre tour aussi: examinons votre conduite... Mon enfant, qu'avez-vous fait hier ? Vous avez dit une grosse injure à la bonne, qui avait la complaisance de laver votre visage tout sali ! . . . Ce matin vous avez déchiré votre mouchoir, et vous en avez fait un fouet pour fouetter vos camarades... L'autre jour, vous avez fait semblant de mesurer votre bras avec le bras du bon petit Lambert, et c'était pour lui donner une tape sur la figure. Samedi dernier... mais en voilà assez... Vous voyez bien, mon enfant, que, jusqu'à ce que vous ayez une meilleur conduite, vous ne pouvez pas être nommé protecteur : vous ne sauriez pas protéger. »
Ceci donne une idée du reste de l'examen, qui d'ailleurs ne dut pas être beaucoup prolongé. Les enfants, admis ou refusés, venaient de ressentir des impressions toutes nouvelles, de découvrir des jouissances inconnues, et de comprendre qu'il peut y avoir dès ce monde une récompense à la vertu.
Pour s'assurer ensuite que la signification du mot prolecteur avait été bien comprise, la maîtresse adressa aux enfants les questions suivantes, ayant soin, comme il faut toujours le faire, de les formuler de manière à en présenter le côté le plus analogue à ce qui venait d'être dit :
La maîtresse : « Quand vous êtes avec moi, mes petits enfants, qui est-ce qui vous protège? — Les enfants : C'est vous, madame. — La maîtresse : Et quand vous êtes chez votre maman, est-ce encore moi qui vous protège ? — Les
enfants : Non madame, c'est notre mère et notre père.
— Et qui est-ce , mes amis , qui nous protège tous , les grands et les petits, les papas, les mamans et moi-même ; le connaissez-vous celui qui nous protège tous et toujours?
— Oui ! oui ! c'est le bon Dieu. »
Que souvent les leçons aboutissent à Dieu, que les impressions salutaires ramènent à lui, et les enfants Taimeront, sans même songer que c'est un devoir de r aimer.