‹ Enseignement pratique dans les écoles maternelles; ou, Premières leçons à donner aux petitsChapitre 39 sur 81 · NATURE ET EMPLOI DES PRINCIPALES COULEURS · texte numérisé non relu

NATURE ET EMPLOI DES PRINCIPALES COULEURS

Le ronge

1. L'un des plus beaux rouges est appelé carmin. Il vient du Mexique, où il est produit par un petit insecte ailé nommé cochenille. Cet insecte tombe des arbres à une époque de l'année, comme nous voyons les mouches cantharides tomber des frênes, après y avoir déposé leurs œufs.

La cochenille, préparée par des procédés chimiques, sert à la composition de différentes couleurs secondaires, et à celle de leurs dégradations appelées nuances.

Le carmin provient donc du règne animal.

2. Il y a un autre rouge fort employé par les teinturiers et qui porte le nom de garance.

La couleur garance provient de la racine d'une plante de ce nom, cultivée en France, en Hollande et dans plusieurs autres contrées. Les pantalons rouges des militaires sont teints avec de la garance.

La couleur garance provient donc du règne végétal.

3. Un troisième rouge, fort éclatant, c'est le vermillon. Le vermillon est obtenu par un mélange de vif-argent ou

mercure, et de soufre, préparés par des procédés chimiques dont le dernier résultat est cette poudre extrêmement fine, d'un rouge vif dont on se sert en peinture.

Le vermillon appartient donc au règne minéral.

Le bleu.

i. Le bleu le plus connu, et peut-être le plus employé,

c'est Yindigo. Il provient d'une plante nommée indigotier ^ cultivée dans l'Américiue, dans le sud de l'Asie^ et dans le nord de l'Egypte.

Les feuilles de cette plante^ macérées dans l'eau^ finissent par dégager de petites molécules bleues qui, recueillies par les ouvriers et préparées comme il convient, servent aux peintres poiu* leurs couleurs, aux teinturiers pour leurs teintures, et aux blanchisseuses poiu* faire ce qu'on appelle : mettre le linge au bleu.

Ce bleu indigo provient du règne végétal.

2. 11 y a plusieurs autres bleus, entre lesquels se distingue par sa beauté le bleu d^outremer. Il provient d'une pierre rare très pesante, très dure, qu'on trouve dans les mines d'or, d'argent, de cuivre, dans quelques carrières de marbre, et qui s'appelle lazulite.

On fait d'abord brûler cette pierre pour l'attendrir ; puis on la jette dans l'eau pour la gercer; puis enfin on la broie jusqu'à ce qu'elle soit réduite en poudre.

Le bleu lazulitCy ou bleu d'outremer^ est merveilleusement beau ; mais il coûte fort cher et n'est guère employé qu'en peinture.

Le bleu d'outremer provient du règne minéral.

3. Le bleu de Prusse^ si employé en peinture, étant un composé de fer, de potasse et d'acide prussique extrait de diverses plantes, provient du règne minéral et du règne végétal.

Le jaune.

1. Le jaune a de nombreuses origines. Un grand nombre de végétaux le produisent. Les plus communs sont le 5a/mw, cultivé en France, en Espagne, en Egypte, etc. ; le sumac, arbuste cultivé aux mêmes lieux ; la gaude^ fort commune

COULEUiiS. ilid

en France et employée pour la teinture des étoffes. Ces différents jaunes proviennent du règne végétal.

2. 11 y a d'autres jaunes provenant en partie ou en totalité du règne minéral, parce qu'ils sont composés, les uns avec le concours de certains minéraux, les autres par le mélange de plusieurs minéraux ensemble. De ces derniers, le plus brillant est le jaune de chrome.

3. Enfin il y a d'autres jaunes également minéraux et plus ou moins remarquables : ce sont les ocres^ espèces de terres ou de poudres employées utilement pour les différentes peintures.

Le blanc.

Le blanc est répandu partout, et il semble n'exister que par l'absence des autres couleurs, quoique pourtant il soit produit par la présence et la complète ré/lexion de toutes les couleurs qui composent la lumière.

1 . On blanchit les étoffes de chanvre au moyen du lessivage et de l'herbage ; et celles de laine et de soie, par d'autres procédés dans lesquels le soufre est souvent employé.

2. En peinture, il y a le blanc d* Espagne y qui est simple^ ment de la craie pilée, épurée et mise en petits pains.

3. Le blanc de cérusCy appelé aussi blanc de plomb^ parce quil est composé de plomb principalement; le blanc de zincj etc.

IjO ];ioir.

Quoique beaucoup de choses nous semblent noires partout autour de nous, le noir parfait est cependant assez rare, et c'est un noir parfait qu'il faut montrer à vos enfants comme type. La physique enseigne que le noir n'est pas une couleur; qu'il est, au contraire^ l'absence des couleurs, parce que le noir résulte de la complète absorption de la lumière, comme le blanc résulte de sa complète réflexion. C'est pour

cela qu'au soleil les étoffes noires, gardant pour elles la lumière, ne nous éblouissent pas comme les étoffes blanches, qui nous la renvoient.

1. Pour teindre les étoffes en noir, les teinturiers emploient le bois d'Inde, la noix de galle y la couperose; et quand ils veulent que le noir soit plus solide et plus beau, ils teignent les étoffes en bleu avant de les teindre en noir.

2. En peinture, on emploie beaucoup de noirs faits de diverses substances, et présentant chacun des nuances particulières.

On fait du noir avec de la lie de vin brûlée et broyée. Ce noir, fabriqué primitivement en Allemagne, s'appelle noir d'Allemagne.

3. Le noir de fumée y que tout le monde connaît, s'obtient en faisant brûler des corps résineux dans de petites cabanes bien closes, aux parois desquelles la fumée s'attache. Le noir de fumée s'emploie beaucoup ; on en fait du cirage, du noir au vernis, etc., etc.

On fait encore du noir avec du charbon pilé, avec des morceaux d'ivoire brûlés, puis broyés ; avec des sarments de vigne, avec des noyaux de pêche, des os de mouton, etc., brûlés et broyés ; et l'on désigne ces différents noirs par les noms de noir de vigne, noir de pêche , noir d'os, etc., selon leur origine.

Les teinturiers font tremper leurs couleurs ou les font bouillir dans l'eau ; mais les peintres écrasent les leurs sur une pierre de marbre, jusqu'à la plus extrême finesse ; puis ils les délayent avec de l'eau ou de l'huile.

L^enseignement du dessin linéairey pour des enfants audessous de sept ans , comprend surtout la connaissance des figures géométriques les plus élémentaires, donnée à l'aide d'applications usuelles démontrées.

Rien n'est plus facile que cette démonstration familière. Presque tous les objets qui frappent nos yeux sont des solides; ils ont une forme déterminée, sensible, facile à distinguer : un livre, une boite, un tableau, un mouton, un banc, une pierre, une orange, sont des solides; car tous, je puis m'en convaincre, ont les trois dimensions : longueur, largeur, hauteur.

Mais tous ces solides, et tant d'autres I ne m'offirent-ils pas en même temps des surfaces? Oui, car en les regardant d'une certaine manière je ne vois à ce livre, à ce tableau, à ce banc, à cette boîte, que longueur et largeur, sans y voir nulle épaisseur.

Et si je regarde ces solides et ces surfaces de manière à n'en plus voir l'épaisseur, ni la largeur, je ne vois plus qu'une longueur, c'est-à-dire une ligne.

Un enfant apporte un objet qu'il voit, qu'il connaît, qu'il reconnaîtrait entre mille, mais qu'il ne pourrait désigner s'il cessait de le voir. Faites-lui-en remarquer la couleur, la forme, la matière. Faites-lui chercher des objets de même matière, sans être de même forme ; de même forme, sans être de même matière. Faites-lui examiner et découvrir en quoi il diffère de tel autre. Toutes ces connais '

Le tableau noir incliné sur son chevalet, ce chevalet lui-' même, vous offriront des lignes droites, obliques à la ligne verticale et à la ligne horizontale.

Les bancs du gradin, les deux branches des pincettes, les rangées de bancs fixées dans la salle, vous montrent des lignes droites parallèles.

La jonction de la ligne horizontale du plafond avec la ligne verticale de la muraille vous donne deux perpendiculaires. Avec des baguettes que vous disposerez à volonté, vous reproduirez encore toutes ces lignes.

S'il n'y avait pas de courbes dans les objets environnants, une corde, une baguette que vous ferez ployer dans vos mains, vous en fourniront ' ,

Quand ces lignes et leurs positions seront bien connues dans des objets réels, vous pourrez les dessiner sur le tableau noir ; mais il est important que les dessins n'arrivent que lorsque l'œil des enfants se sera accoutumé à voir et à reconnaître les choses dans la réalité, de peur qu'ils ne confondent le dessin des formes avec les formes ellesmêmes.

Dans la dernière série vous ferez connaître le cercle, son centre, et sa circonférence. Vous ferez des demi-cercles, des quarts de cercle, des rayons, des diamètres.

Ici peuvent se borner, je pense, vos enseignements sur le dessin linéaire géométrique.

Ce n'est pas que vous ne puissiez encore, si vous intéressez .vos enfants, leur faire voir et connaître par leur nom un grand nombre d'autres figures, telles que celles qui composent la quatrième et la cinquième série ci-après, mais ilfaudrait vous appliquer à en faire bien comprendre les défi-

Page 1