ONZIÈME LEÇON
' Le cœur.
Notre corps est le lieu clos et soigneusement construit où Dieu a voulu abriter les organes, les ouvriers intérieurs qui entretiennent notre vie.
En appuyant la main sur la poitrine, vers le bas, un peu à gauche, on sent frapper de petits coups réguliers ; c'est notre cœtir qui bat, et qui, à chaque battement, pousse le sang dans tout notre corps, comme vous voyez notre pompe faire monter et jaillir l'eau chaque fois qu'on abaisse le balancier.
DOUZIÈME LEÇON
Les poumons.
Au-dessus du cœur, et descendant à droite et à gauche de cet organe, sont placés \ts poumons (le mou). C'est dans nos poumons que l'air pénètre chaque fois que nous respirons ; puis nos poumons le repoussent au dehors quand il a servi, pour en aspirer d'autre.
Quand l'air entre dans nos poumons, il les emplit, et cela fait gonfler notre poitrine ; quand Tair s'en va, nos poumons se vident et notre poitrine s'abaisse. La voilà qui se gonfle encore ! c'est que nous venons de respirer, et qu'un air nouveau remplit encore nos poumons. Mais déjà il est décomposé; aussitôt nos poumons le repoussent, et de nouveau notre poitrine s'abaisse.
TREIZIÈME LEÇON
La circulation du sang.
Appuyez un peu vos doigts sur votre poignet, en dedans; sur vos tempes ; de chaque côté de votre cou : ne sentez-
VOUS pas quelque chose qui bat? Joignez vos mains en croisant vos doigts aussi près que possible de leur base : ne sentez-vous pas le même petit battement, partout uniforme et régulier? C'est votre sang qui passe, un beau sang rouge. Il vient du cœur, lancé par les mouvements de cet organe dans un nombre infini de tuyaux appelés artères. Ces tuyaux s'étendent dans notre corps, montent dans notre tête, s'allongent dans nos bras , descendent dans nos jambes, et portent le sang, qui entretient la vie, jusqu'aux extrémités des pieds et des mains.
Mais quand chaque filet de sang est arrivé par ses artères jusqu'à l'extrémité qu'il doit atteindre, il est usé; car, tout ce qu'il contenait de fortifiant, il l'a dépensé à nourrir les parties qu'il a parcourues. Il n'est plus rouge à ce moment, il est presque noir; il revient alors par d'autres petits conduits appelés veines, qui le ramènent au cœur, d'où il passe dans les poumons pour se réparer au contact de l'air, et redevenir utile à la vie. Les veines sont de petits tuyaux qui paraissent sous la peau comme des lignes d'un bleu foncé, surtout quand on a chaud ; les veines paraissent bleues, parce qu'elles sont transparentes, et qu'elles laissent voir la couleur très foncée du sang qui les remplit en retournant au cœur.
Ce sang usé, ce sang noir, arrive dans le cœur par le côté droit ; le cœur fait un battement, et ce battement fait mon< ter le sang dans les poumons qui sont pleins d'air pur. Une partie de cet air s'unit au sang noir ; aussitôt le sang devient rouge. Il est redevenu pour ainsi dire neuf. Il descend dans le cœur par le côté gauche ; le cœur fait un nouveau battement, et chasse le sang rouge et neuf dans les artères qu'il recommence à parcourir, comme îe vous l'ai déjà dit.
240 NOTIONS FAMILIÈRES SUR l/HOMMB.
Et ces fonctions admirables se poursuivent ainsi sans relâche durant toute notre vie.
QUATORZIÈME LEÇON
L'estomac.
Plus bas que le cœur, et en travers, est placée une espèce de poche appelée V estomac.
C'est dans Festomac que descendent les aliments qui passent de notre bouche dans notre gosier; l'estomac reçoit les aUments, ils les réchauffe, les cuit pour ainsi dire, les digéré enfin, et les fait passer dans les intestins. Là, les parties nourrissantes sont aspirées comme par de petites pompes, puis entraînées dans un réservoir, dans un canal, d'où elles sont emportées avec le sang noir dans le cœur et les poumons qui en font du sang rouge, en les mêlant avec l'air, comme vous le savez déjà.
Lorsqu'on mange des fruits qui ne sont pas mûrs, cela fait souffrir l'estomac, parce qu'il a beaucoup de peine à les travailler. Lorsqu'on mange trop, cela fatigue encore l'estomac, comme un ouvrier à qui l'on donnerait trop d'ouvrage. Et même, quand nous sommes mal disposés, ou que la gourmandise a été à l'excès, nous devenons malades et pâles. Nous ne pouvons plus nous soutenir fermes sur nos jambes ; la tête nous tourne, et nous sommes obligés de vomir avec de grands efforts les aliments que notre estomac n'a pu digérer.
QUINZIÈME LEÇON
Enveloppe des organes.
Comme notre estomac, notre cœur, nos poumons, sont des organes tout à fait nécessaires à notre existence, Dieu
les a placés dans un endroit bien à l'abri des accidents ; de même que les horlogers prennent grand soin d'enfermer les rouages délicats d'une montre entre deux boîtes de fort métal pour les bien garantir.
Ainsi notre cœur, nos poumons , notre estomac , sont enfermés séparément dans des enveloppes de peaux très fines, où rien ne peut aller les toucher. Il y a, par-dessus ces enveloppes, des os courbés nonamés les côtes, qui protègent les organes. Par-dessus tout cela encore il y a de la chair; puis enfin cette peau sensible qui couvre également nos bras, nos jambes et tout notre corps.
Qui donc a su arranger si parfaitement ces choses, d'abord dans le corps d'Adam, le premier homme, puis dans notre corps à nous tous qui avons la même forme ? C'est Dieu ! Oh ! c'est que Dieu sait merveilleusement faire tout ce qu'il fait!
SEIZIÈME LEÇON
L'âme.
Lorsque Dieu créa le premier homme, s'il ne lui eût donné rien de plus qu'aux animaux, Adam n'aurait été que leur égal ; il aurait été occupé, comme eux, seulement du soin de vivre ; il n'aurait rien fait de plus que les animaux, et il ne leur aurait point été supérieur.
Cependant, Dieu voulait que l'homme fût supérieur aux animaux, qu'il fût plus parfait qu'eux : que fit Dieu? Il donna à l'homme une âme ayant pouvoir de se connaître et de connaître la justice ; désireuse de s'instruire, libre de vouloir le bien ou le mal, capable d'aimer ses semblables, de concevoir, d'aimer et d'adorer Dieu. Et cette âme ainsi douée rendit l'homme supérieur aux animaux ; il fut par elle le plus capable de tous les êtres de ce monde.
Ainsi, quand Dieu se rendait visible dans le paradis terrestre, rhomme éprouvait de la joie, il s'approchait de lui, il lui répondait avec piété et reconnaissance, parce qu'il comprenait que c'était là son Dieu. Mais les animaux ne comprenaient pas ces choses, parce que Dieu ne leur avait poiut ^ donné, comme à Adam, une âme capable de le comprendre et de l'aimer.
Et Dieu, en formant le corps d'Eve qui fut la première femme, lui donna une âme semblable à celle d'Adam. Et coname nous sommes les enfants d'Adam et d'Eve, nous avons aussi une âme semblable à celle que Dieu leur avait donnée.
DIX-SEPTIÈME LEÇON
Ame invisible et souveraine.
L'Écriture sainte nous apprend que lorsque Dieu forma le corps d'Adam, il le forma d'un peu de terre. Mais lorsqu'il créa son âme, il ne la forma point de terre, ni de pierre, ni de bois ; Dieu, vous le savez, répandit sur le visage d'Adam U7i souffle de vie; à ce moment l'homme reçut une âme spirituelle et invisible comme Dieu lui-même.
Notre âme est un esprit. Un esprit, c'est un être qui pense, qui raisonne, qui aime, et qu'on ne peut ni toucher, ni voir ; c'est parce qu'on ne peut la voir que notre âme est appelée invisible.
Notre âme est invisible, nous ne la voyons pas ; cependant elle est bien véritablement unie à notre corps, car c'est elle qui lui commande, c'est elle qui le fait agir conmie elle veut. Elle est la maîtresse, et tout ce que notre corps fait dé louable, c'est elle qui en a eu le désir et la volonté.
Est-ce que notre main craint quelqu'un ou veut quelque chose? Est-ce que nos pieds aiment un chemiii plus qu'un
autre? Est ce que c'est notre bouche qui adore Dieu? Non. C'est notre âme qui fait tout cela. Nos pie^^js marchent, nos mains travaillent et font de bonnes actioViS, ? jlon que notre âme Ta décidé. Notre bouche récite la pvVxe, mais elle la récite pour notre âme; car c'est notre i^ae qui prie, qui pense à Dieu avec amour, qui lui raconte ses chagrins, et lui demande la force de les supporter.
Si une personne se met en colère contre quelqu'un, et que sa main firappe... c'est l'âme de cette personne qui est coupable ; car c'est elle qui a commandé à sa main de frapper, et la main n'a fait qu'obéir, parce que le corps est le serviteur de l'âme.
Si une personne désire un objet qui ne lui appartient pas, et que sa main vole l'objet en secret... c'est encore l'âme de cette personne qui est coupable ; car c'est elle qui a eu le désir de voler, et la main n'a fait qu'obéir, parce que le corps est le serviteur de l'âme.
Mais quand ceux qui ont fait le mal viennent à se repentir de leur faute, quand ils ont regret de l'avoir commise, quand ils souffrent en songeant qu'ils ont affligé leurs semblables, manqué à la loi de Dieu, et qu'ils lui demandent pardon avec un véritable désir de ne recommencer jamais, c'est leur âme qui se repent. C'est elle qui supplie Dieu. Les yeux pleurent peut-être, la bouche prononce des paroles, mais Dieu ne considère que l'âme ; et comme c'est l'âme qui se repent, c'est à l'âme que le Dieu miséricordieux accorde le pardon.
DIX-HUITIÈME LEÇON
Séparalion de Tâme et du corps.
Maïs Tâme ne reste pas toujours unie à notre corps. Lorsque chacun de nous a fini la tâche que Dieu lui avait donnée
2'f4 NOTIONS FAMILIERES SUR I/HOMME.
en ce monde, notre âme se sépare de notre corps et cesse de lui commander.
Aussitôt notre c ')rps qui n'agissait que pour lui obéir, n'ayant plus rien à /aire, tombe dans une immobilité plus complète que celle du sommeil, plus prolongée ! . . . et notre âme, le laissant sur la terre, part, invisible, et se rend aux lieux où Dieu l'appelle, ce Dieu qui Ta créée pour faire le bien, et qui doit la juger selon l'emploi qu'elle aura fait de sa vie terrestre !
S'il est bon et sans inconvénients de varier, et de rendre fréquentes et familières les leçons sur les facultés physiques du corps, ainsi que vous allez le voir pour les sens, il me paraît convenable de ne parler de l'âme qu'avec beaucoup de respect, une grande réserve, et peu souvent. Il faudra même choisir vos jours, et n'amener ce sujet que lorsque vous sentirez en vos pupilles des dispositions calmes, bienveillantes, et en vous-même un bien-être parfait.
Ne fatiguons pas nos enfants d'explications sur la nature de l'âme. Ne cherchons point non plus à la leur faire comprendre par des comparaisons vulgaires. Ce serait nous exposer à leur en donner une idée fausse, et à la rapetisser en la matérialisant. Appliquons-nous seulement à en parler en termes clairs, dignes et simples. Contentons-nous de persuader à nos enfants qu'ils ont en eux une âme; — que l'âme est autre chose que le corps ; — que l'âme est supérieure au corps ; — que le corps est fait de chair et qu'il cessera d'être, mais que l'âme est un esprit et qu'elle vivra toujours; — que le corps agit, mais que c'est l'âme qui lui commande, l'âme qui veut le bien, ou qui pèche.
Un enfant de cinq ans peut apprendre ces choses, et même beaucoup d'hommes faits se trouveraient bien d'en savoir autant.