RÉCITATION: Remèdes et médecins d'occasion
Ua jour le duc de Ferrare demandait : « Quelle est la profession la plus commune dans la ville? — Sans aucun doute, dit un bon plaisant, celle de médecin. — Quelle sottise! il n'y en a pas plus de deux ou trois! — Faut-il, répliqua l'autre, qu'un prince soit empêché par ses affaires pour connaître si mal ses sujets! — Parions, dit le prince. — Accepté. » Et on convint de la gageure.
Le lendemain dès le matin, notre homme était à la porte des églises, emmitouflé et toussant, feignant une rage de dents. Et chacun de lui indiquer un remède dont il prenait note. Bientôt d'église en église et de porte en porte, il eut reçu les conseils de trois cents personnes. Encouragé, il se rendit chez le duc lui-même, qui, dans cet homme embéguiné, ne reconnut pas son contradicteur et lui dit à son tour : « Prends le remède que je te donne, et, avec une prière à saint Nicolas, tu seras guéri. » La recette fut précieusement recueillie, on le pense.
Rentré chez lui, il dressa une belle liste des gens et des consultations qu'on lui avait données, puis il revint chez le duc. Celui-ci, en voyant la pancarte où son nom était inscrit le premier en face d'une recette, éclata de rire. Il ne lui restait plus qu'à payer, ce qu'il fit.
D'après Dks Péhiers (xvi» siècle).
Ex. 801. "^ 1. Qu'entend-on par un \ empêché par? — 4 Que signifient les
médecin d'occasion? — 2. Qu'est-ce < adjectifs enimiloiiflé, embéguiné? —
qu'un plaisant? — 3. Que voulait-on | 5. Copiez les verbes de ce texte qui
dire autrefois par l'expression élre \ sont au passé simple.
802. COMPOSITION FHAMÇAisE : Mêler des conversations aux récits.
Je suppose qu'on écrive :
« Un jour le duc de Ferrare demandait quelle était la profession la plus répandue dans la ville; un bon plaisant dit que c'était sans aucun doute celle de médecin. Le duc répondit que cette opinion était une sottise, qu'il n'y avait pas plus de deux ou trois médecins. L'autre répliqua qu'il fallait ... »
Ce texte reproduit à peu près le sens des premières lignes de la récit.\tion. Mais quelle différence entre les deux rédactions! Ainsi racontée, la conversation perd son mouvement, sa vie. Au contraire, si on rapporte les paroles mêmes, le lecteur a l'illusion d'entendre directement la conversation, d'être présent à la scène. Il entend, il croit voir. Et tout le récit y gagne.
CONSEIL : Quand vous avez une scène à raconter, décrivez les circonstances, montrez les personnages, puis laissez-les parler. Toutes les fois qu'il est possible, transformez le récit en dialogue.
Ex. 803. «^ Chez grand'mère. < [Ex. 804.] V Une vaniteuse.
PLAN ^ PLAN
. Vous la visitez pour lui annoncer En vous inspirant de la fable de
votre succès au certificat d'études. | La Fontaine : La grenouille qui veut se
Ce que vous lui apprenez : vos | faire aussi grosse que le bœuf, imagi-
craintes avant l'examen, votre appli- | nez un récit où une petite fille vani-
cation à bien faire les épreuves, à 5 teuse se verra déçue devant ses cama-
bien répondre; votre joie du succèsi \ rades.
172 Méthode Brunot-Bony.