EXEMPLE
Une mère prudente ne laisse pas son petit garçon aller nu-tête au soleil. Dans sa naïveté, l'enfant ignore le danger.
Nous avons vu (page 14) que l'e muet à la fin d'un mot ne se prononce pas devant une voyelle : la mèr{e) affectueuse. Dans l'enfant, on n'écrit même pas Ve de le; on le remplace par un signe (') appelé apostrophe.
La lettre c devant o se prononce k : coq. Aussi, dans garçon, où le c a le son de s, on a mis soue le c un signe (b) appelé cédille.
Les deux lettres ai écrivent souvent un seul son : vrai. Dans' le mot naïveté, où ces mêmes lettres écrivent deux voyelles distinctes, on est averti de cela par un signe ( •• ) placé sur 1'/ et qu'on nomme tréma.
Enfin entre les deux mots nu et tête, qui sont intimement unis par le sens, on a mis un petit trait (— ) appelé trait d'union*
L'apostrophe est un signe (') que l'on emploie pour indiquer quune voyelle a été supprimée par élision à la un d'un mot :
(e) • j'examine falbum qu^un ami m^a prêté aujourd'hui
(a) : l'humidité de l'armoire (i) : s'il pleut.
La cédille est un signe (Jj) que l'on place sous le c pour lui donner le son de s devant a, u, on, ou : façade, reçu, poinçon.
Le tréma est un signe ( •• ) que l'on met sur une des lettres i, y, e, u, quand elle doit se prononcer séparément et non se combiner en un son unique avec la lettre précédente : aï = a-\-i : laïque (ai = è : laid), ^ly, Noël, Saul.
On le met aussi ^sur l'e muet dans la syllabe gu'é pour indiquer que l'u se prononce : ciguë (au contraire : vague).
Le trait d'union est un signe {-) qui sert à réunir plusieurs mots en un seul: chou-fleur, nu-tête, arc-en-ciel.
Ex. 1 1 1 . °î? Indiquez les signes orthographiques et les accents employés dans le texte . suivant :
La terre et l'enfant.
Détachés du sein de la mère, De leurs petits pieds incertains.
Ils vont reconnaître la terre Et pressent tout de leurs deux mains.
Ils écoutent l'herbe qui pousse.
Eux seuls respirent son parfum; Ils contemplent les brins de mousse Et les grains de sable un par un;
Par tous les calices baisée, Leur bouche est au niveau des fleurs.
Et c'est souvent de la rosée Qu'on essuie en séchant leurs pleurs.
Sully Prudhomme (1839-1907).
Les Solitudes, l.cmerrc, édit.
[Ex. 1 12.']'f Justifiez l'emploi des signes orthographiques du texte suivant:
L'instruction.
Ce n'est pas seulement à cause des avantages qu'elle procure qu'il faut aimer et rechercher l'instruction. Elle .doit être aimée pour elle-même; elle est un bien par elle-même, le bien de l'intelligencs. C'est un devoir de développer cette précieuse faculté. II y aurait assurément de la naïveté à vouloir faire un savant de chaque citoyen ; mais chacun doit profiter de toutes les occasions qui s'offrent à lui d'apprendre ce qu'il ignore, de recevoir quelque leçon : les écoles laïques sont nombreuses, les cours d'adultes s'ouvrent de toutes parts.
D'après G. Co.mpayré.
Langue française. — Troisième livre. 23