‹ Enseignement primaire élémentaire: méthode de langue française (volume 2)Chapitre 335 sur 373 · GRAMMAIRE: L'ADDITION DANS LE LANGAGE · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE: L'ADDITION DANS LE LANGAGE

u I Les deux Salons seuls, c'est-à-dire les expositions annuelles du prin-

^ I temps, sans parler des autres, montrent tous les ans environ cinq mille

S l toiles. Avec le Salon des Indépendants, c'est huit ou dix mille tableaux

X I devant lesquels les amateurs, doivent défder. Outre qu'un grand nombre

^ j d'œuvres sont médiocres et banales, les yeux se lassent à regarder.

Dans la première phrase, on ne veut parler que des deux Salons; on y a employé le mot seuls, et plus loin l'expression : sans parler des autres, qui excluent toutes les expositions qui ne sont pas des salons.

Tout au contraire, plus bas, quand on dit : avec le Salon des Indépendants, on veut réunir ce dernier Salon aux précédents; c'est une opération analogue à l'addition, mais qui se fait ici, non plus sur des nombres, mais sur des idées. On a recours pour cela à divers moyens.

Pour indiquer qu'on ne doit rien ajouter à un ou à plusieurs objets, dont le nombre est précis ou vague,- on emploie avec le nom de ces objets l'adjectif seul, ou diverses locutions: à l'exclusion de, sans parler de, ne... que... : Les hommes seront seuls admis.

Au contraire, si on veut y ajouter d'autres objets, on relie leur nom au précédent à l'aide de : et, et aussi, et encore, en outre : // y au Musée des tableaux et (et aussi..) des gravures.

Ou bien on fait précéder l'un des noms des prépositions ou locutions prépositives: outre, avec, en outre de, en plus de : o \ Outre les tableaux, avec les tableaux, il y a des gravures.

Les termes ajoutés l'un à l'autre peuvent être des propositions: Outre qu'un Musée instruit, il distrait la population.

Si on ajoute un objet, une idée qu'on ne s'attendait pas à trouver là, on joint à son nom l'adverbe même :

// ;/ a de beaux tableaux et même de vrais chefs-d'œuvre.

Lorsqu'on veut parler d'un ensemble, d'un total, on ajoute au nom des choses l'adjectif entier, ou l'adjectif tout. Ce mot tout peut être aussi pronom ou nom :

Le Musée entier, tout le Musée a été brûlé, tout e.s/ détruit, le tout est anéanti.

Ex. 1268. "f Indiquez les mots qui | [Ex. 1269.] °i^ Marquez les mots qui

servent à ajouter quelque chose et servent à ajouter, et ceux qui font

dites le rôle du mot tout ; envisager un ensemble d'êtres :

Une ville cosmopolite. ■} £,e peuple.

A .\le:er. on trouve, outre des indi- l ,^ , . i u

» j i^ • ^„, v.i,o..f;ii .,.0 5 En chaque pavs, tous les hommes

ffenes et des Français, des échantillons \ . V ' •

^ , 1 J-» - fiui fatieuent et (lui peinent pour pro-

de tous es peuples méditerranéens : . f . , , j t- .

j V 1 ^„, ifoiio,.^ Hû.. M..-^ tluire et répandre les productions, tous

des Espagnols, des italiens, des JViuro- j » V. •• . n. j

*j ^ „ '. . . , M„u„;c. A^c ceux dont l'action tourne au profit de

cains, des Tunisiens, des Maltais, des î . ,^

"; ' * „\.!,„ K„o. .,,...,, -i;ai a communauté entière, voila le peuple.

Grecs : on y voit même beaucoup d'Al- < „ , , ,, ; 1

. j ; j.. I • T^,o „„.„„.., Sans le peuple, nulle prospérité, nul

lemands et d Anglais. Tous ces gens, \ ,. , i' i" ' r ' . . ,

V,,. j • j(TA » développement, nulle vie; car point de

d'allures et de mœurs SI difTérentes, se ^.^^ J ^ ^^avail et le travail est par-

«■oisent, se parlent dans vingt angues. ,^ ^^^^.^.^ ^^ '^

JosSET. A travers nos Colonies, l ^ '^

Librairie Ariiiûnd Colin. \ Lamennais.

Langue française. — Troisième livre.

1270. VOCABULAIRE : La volonté.

Désir, velléité, iniliative, intention, préméditation, détermination, décision, résolution, fermeté, énergie, persévérance, ténacité, obstination, opiniâtreté, témérité, lâcheté, veulerie, caractère, autorité, maîtrise, sang-froid, possession de soi, caprice, coup de tète, manie, ordre, commandement, injonction.

Caractère résolu, décidé, autoritaire, impérieux, tyrannique, entier, cassant, têtu, rétif, audacieux; résolution invincible, inébranlable; acte arbitraire.

Délibérer, se déterminer, se décider, persister, insister, s'entêter, démordre, résoudre, enjoindre, intimer, défendre, permettre, se maîtriser, se buter.

Ex. 1271. "f Faites une première liste des noms du vocabulaire qui désignent des qualités de la volonté, puis une liste des noms de défauts.

[Ex. 1272.] °f Indiquez les divers suffixes qui se rencontrent dans les adjectifs donnés , et définissez ces adjectifs.

Bx. 1273. "^ A la suite de chacun des verbes suivants, écrivez un nom et un adjectif de la même famille :

Décider, défendre, désirer, déterminer, enjoindre, entêter, maîtriser, s'opiniâtrer, persévérer, persister, résoudre, vouloir.

[Ex. 1274.] "^ Choisissez dans le vocABCLAiRE, quatrc noms, puis quatre verbes, et rangez-les dans un ordre tel que le second renferme une idée de volonté plus forte que le premier et ainsi de suite.

Ex. 1275. "^ Mettez successivement le premier verbe de ces phrases à des temps qui vous permettront de conjuguer le second verbe au présent, à ^imparfait et au passé du subjonctif :

Mes parents veulent que je me décide à choisir une profession.

Des circonstances difficiles exigent (|ue je garde la possession de moi.

1276. COMPOSITION FRANÇAISE: S'exprimer avec mesure. Malherbe (1555-1628), voulant peindre le désespoir de saint Pierre, écrit : ... Ses cris en tonnerres éclatent.

Ses soupirs se font vents qui les chênes combattent, Et ses pleurs... ressemblent un torrent. Loin d'émouvoir, de telles exagérations font rire et font suspecter la sincérité de l'auteur. Cette tendance à forcer l'expression des idées et des sentiments n'est que trop commune. Des gens disent qu'ils adorent les épinards; ils envoient mille amitiés à des personnes qu'ils connaissent à peine. '

L'emploi de ces termes exagérés affaiblit le sens des mots (étonné voulait dire autrefois : frappé du tonnerre; nayré signifiait : blessé, etc.). L'expression de la pensée n'en est pas renforcée.

CONSEIL. : Défîez-vous de rexagération dans les termes. L'enflure du style fait ressortir le vide de la pensée ou la faiblesse du sentiment. Rendez-vous bien compte de ce que vous éprouvez et traduisezle par des expressions appropriées au degré de ce sentiment.

•^ Ex. 1277. «^ Félicitations.

PLAN

Un camarade a été reçu au concours d^admission à l'école normale. Écrivezlui pour le féliciter.

(N'oubliez pas que ce camarade a encore beaucoup à travailler avant d'être instituteur.)

Ex. 1278. 'f Réponse du candidat.

PLAN

Ses inquiétudes au moment de l'examen. Difficultés des épreuves. Ses espérances. Sa joie d'avoir réussi.

(Le candidat ne doit pas exagérer sa défiance de lui-même : il a dû travailler.)

282 Méthode Brunot-Bony.

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