GRAMMAIRE: LA SOUSTRACTION ET LA DIVISION
' Toutes les planètes, excepté lea huit grosses, ont clé découvertes au !j 'i A7A'' siècle. Parmi les anciennes, six sont accompaynées de satellites.
1 i Les unes en ont un, les autres plusieurs, de sorte que, sauf Mercure uj et Vénus, chacun des astres du système solaire a sa lune ou ses lunes. 25 I Bien ne met la Terre à part des planètes ses sœurs, sinon roryueil de
l l'homme, qui se croit le centre du monde.
•" I De la somme : toutes les planètes, on a retranché les huit grosses, au
i moyen de l'expression excepté. On a fait une soustraction.
^ I Plus bas, on a divisé ce même tout : les planètes, en deux parts iné-
2 I gales : les unes, les autres. C'est une division.
1. — On retranche quelque chose d'une somme, d'un total, à \ l'aide des expressions : moins, sauf, excepté, à part, sinon, ... I combinées, devant une proposition, avec la conjonction que : 1 Toutes les planètes, sauf (moins, excepté) une, sont mal connueSi La science ne nous a rien appris des autres, si ce n'est qu'elles ont la composition chimique de la Terre.
(Quand on a retranché une planète, celles qui restent se désignent par : les autres, pluriel du pronom indéfini l'autre).
Autrui, forme invariable de autre, est toujours complément et ne désigne que des personnes : Ne convoitez pas le bien d'autrui.
II.— Quand on veut considérer une partie dans un tout, on fait précéder le total des mots : de, sur, parmi, entre ... et on exprime cette partie en nombres définis, en nombres fractionnaires : moitié, tiers, quart, ou en nombres indéfinis : les uns, le reste ...
De toutes (parmi toutes) les planètes. Mars (ou deux planètes, un quart, quelques-unes...) a parliculièremenl attiré l'adentiun des astronomes.
Rem.\rqlif.. — L'adjectif chaque l't le pronom chacun exprimeut qu'on considère à part les unités ou les parties d'un tout : Chaque observatoire, chacun des oliservaloires photographie le ciel. Mais quand, dans un groupe d'êtres, tous font la même chose, chacun d'eux l'ait cette chose, si bien que chaque, chacun, a souvent un sens très voisin de tout : L'aspect de la Lune change chaque jour. ^ - — ' " -^ ™- ■ — ^
Ex. 1280.'^ Dans ce texte, tracez s comme un rubis. Il n'y avait pas moins
un trait sous les expressions qui ser- \ de variété dans leurs ailes : qûelques-
vent à indiquer les groupes entre les- \ unes en avaient de longues et de
quels l'auteur divise les mouches : i brillantes comme des lames de nacre:
Les mouches. \ d'autres, de courtes et de larges qui
Les mouches que j'observais sur mon \ ressemblaient à des réseaux de la plus
fraisier étaient toutes distinguées Lîs | fine gaze. Chacune avait sa manière
unes des autres par leurs formes et \ de les porter et de s'en servir, leurs allures. Les unes avaient la tête arrondie, d'autres allongée en pointe
de clou. A quelques-unes, elle parais- | Ex. 1281. V Dans /'exemple de la
sait obscure comme un point de ve- | leçon, montrez que certains mots ser-
lours noir; elle étincelait à d'autres | venl à marquer la soustraction.
Bernardin de Saint-Pierhe (nST-lSl-l).
Langue française. — Troisième livre. 283
1282. RÉCITATION: La plainte humaine.
Tout homme a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères, Chacun, d'un front serein, déguise^ses misères. Chacun ne plaint que soi. Chacun, dans son ennui, Envie un autre humain, qui se plaint comme lui. Nul, des autres mortels, ne mesure les peines, Qu'ils savent tous cacher, comme il cache les siennes. Et chacun, l'œil en pleurs, en son cœur douloureux, Se dit : «f Excepté moi, tout le monde est heureux. » Ils sont tous malheureux. Leur prière importune Crie et demande au ciel de changer leur fortune. Ils changent; et bientôt, versant de nouveaux pleurs, Ils trouvent qu'ils n'ont fait que changer de malheurs.
André Chbnier (1762-n94).
Ex. 1283. "^ 1. Copiez la proposition \ retranché quelque chose.— 3. Marquez
dans laquelle celui qui parle exprime | le sens du pronom chacun, plusieurs
qu'il s'exclut. — 2. Indiquez les exprès- \ fois employé. — 4. Si, dans le premier
sions qui servent à exprimer ce qui \ vers, l'on remplaçait tout par chaque,
reste dans une quantité d'où l'on a \ changerait-on le sens de la proposition?
1284. VOCABULAIRE : Préûxes bis, tri, mi, ... entre.
A Vapparition des tricycles, des bicyclettes, des tandems, les gens délicats eurent à peine entrevu les nouvelles machines qu'ils se récrièrent sur leur laideur, sur leur silhouette biscornue et leur maigreur ridicule. Pourtant l'œil s'y est habitué; et même il leur trouve quelque beauté, non dans /'hémicycle de quelque galerie, mais sur les rouies, quand passe le cycliste rapide et silencieux, demi-homme et demi-oiseau.
Le tricycle est un instrument qui a trois roues (cycle); le préfixe tri éveille donc ridée d'un nombre; il en est de même de bi : "bicyclette, biscornu.
Un hémicyc/e est une salle qui n'occupe que la moitié d'un cercle (cycle).
Certains préfixes marquent le nombre :
Bis signifie deux : bisaïeul, biscornu.
Il devient bi dans bicarbonate, bident, bipède...; bes dans besace, besaiguè...; ba dans balance... enfin b dans brouette (d'abord à 2 roues).
Tri (ou tris) signifie trois : tricorne, trident, tricolore, trisaïeul, trisannuel.
Au contraire, les préfi.>ces mi, demi, hémi, semi, éveillent l'idée d'une chose divisée en deux parties égales :
minuit, mi-parti, demi-cercle, hémisphère, semi-circulaire.
Enfin le préfixe entre éveille parfois l'idée d'une chose qui n'est que partiellement faite r entre-bâiller, entr'ouvrir, entrevoir.
Ex. 1285. °lf Donnez le sens des 5 [Ex. 1286.]°^ En employant le prémots suivants : l fixe bi ou tri, devant l'un des mots
Biconcave, bimensuel. binocle, | suivants, formez des composés :
bipède, biscornu, biscuit, tricolore, i Aïeul, ang:le,annuel,céphale,convexe,
triennal, trisyllabique, midi, à mi- i corne, cycle, dent, sac, section, sulfure,
chemin, hémicycle, hémiplégie. l valve.
Méthode Brunot-Bony.