‹ Enseignement primaire élémentaire: méthode de langue française (volume 2)Chapitre 352 sur 373 · GRAMMAIRE : LE SUPERLATIF RELATIF · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE : LE SUPERLATIF RELATIF

Louise l'ail maintenant une robe plus vite que toutes ses compagnes; elle est la plus adroite de toutes. C'est elle aussi qui travaille le plus soigneusement. Ce sont là les qualités les plus précieuses que puisse posséder une femme de ménage.

On a comparé l'adresse de Louise, non à celle de telle ou telle camarade, mais à celle de toutes les autres, et on a constaté que Louise est plus adroite que toutes; seulement, au lieu d'employer un comparatif, on a dit : la plus adroite de toutes. Cette forme indique que, dans le sujet dont on parle, la qualité observée est supérieure à ce qu'elle est chez tous les autres; elle marque une supériorité relative : c'est un superlatif relatif.

Dans : ... qui travaille le plus soigneusement, l'adverbe soigneusement est également au superlatif relatif.

Pour comparer un être, une chose, un acte, à tous les autres, et exprimer qu'il leur est supérieur ou inférieur en qualité, on emploie, non seulement le comparatif de supériorité, mais encore le superlatif relatif de l'adjectif ou de l'adverbe :

C'est Louise qui est la plus adroite, qui coud le mieux. Ce superlatif se distingue du comparatif en ce qu'il est toujours précédé de l'article défini ou d'un adjectif démonstratif : C'est le plus sûr ami que j'aie, c'est mon plus fidèle ami. En outre, lorsque le superlatif a pour complément un nom, celui-ci est précédé de de (et non de que) : le plus instruit de la classe: Si ce complément est une proposition, elle se met le plus souvent au subjonctif :

C'est la ville la plus agréable que j'aie visitée. On emploie cependant l'indicatif quand on rapporte simplement un fait indiscutable :

C'est le plus jeune qui a triomphé, qui a réussi. L'adverbe trop, placé devant un adjectif ou un adverbe, indique qu'il y a excès :

Vous êtes trop jeune. Vous courez trop fort. L'adjectif est souvent complété, dans ce cas, par un infinitif précédé de pour ou par une proposition commençant par pour que : // est trop juste pour punir à tort. Cela est trop clair pour qu'on y insiste.

Ex. 1434. "f Indiquez les exprès- \ simplement, parce qu'alors elles se

sions qui marquent un superlatif re- \ montrent telles qu'elles sont. Rien n'est

latif: \ fort, rien n'est persuasif comme la

La parole simple. \ simplicité.

Les choses les mieux dites et les \ C. Wagner. La rie sim;,/e, Librairie ArmanJCoUn.

mieux écrites ne sont pas celles qui \ [Ex. 1435.] "^ Dites quel est le

sont le plus apprêtées. La parole doit \ camarade que vous préférez; justifie:

servir le fait et non se substituer à lui, \ votre choix au moyen de proposition!^

et le faire oublier à force de l'orner. \ où vous comparerez ce camarade à

Les plus grandes choses sont aussi \ tous les autres, et où vous tâcherc

celles qui gagnent le plus à être dites \ d'éviter la monotonie des formes.

Langue française. — Troisième livre.

M""' de SÉviGNÉ.

1436. LECTURE: Un mariage extraordinaire.

A Paris, ce lundi 15' décembre (1670).

Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie... Je ne puis me l'ésoudre à la dire ; devinez-la : je vous le donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens? Eh bien! il faut donc vous la dire : M. de Lauzun épouse

imanche, au Louvre, devinez qui? Je vous le donne en quatre, je vous donne en dix, je vous le donne en cent. M™*' de Coulanges dit:

oilà qui est bien difficile à deviner : c'est M™" de La Vallière. — Point du tout, Madame, — C'est donc M"" de Retz? — Point du tout, vous êtes bien provinciale. — Vraiment nous sommes bien bêtes, ditesvous, c'est M"*^ Colbert? — Encore moins. — C'est assurément M"" de Créquy? — Vous n'y êtes pas. Il faut donc à la fin vous le dire : il épouse, dimanche, au Louvre, avec la permission du Roi, Mademoiselle, Mademoiselle de ..., Mademoiselle ..., devinez le nom: il épouse Mademoiselle, ma foi! par ma foi! ma foi jurée! Mademoiselle, la Grande Mademoiselle, Mademoiselle, petite-fille de Henri IV, Mademoiselle, cousine

germaine du roi. » M°" de Sévigné (1626-1696). Uttre à m. de Coulanges.

Ex 1437. '^ 1. Que signifle le verbe mander? — 2. Que signifient les expressions : le donner en trois, en

quatre.,., jeter sa langue aux chiens?

— 3. Que veut dire l'écrivain par cette proposition : vous êtes bien provinciale?

1438. 0RTH06BAPHE : L'article dans les expressions superlatives.

A l'école de Moutiers, il y a eu une épidémie de scarlatine; c'est Jeanne Volrin qui a été la plus malade de toutes les petites fdles, on a craint pour sa vie; et c'est le 19 juillet qu'elle a été le plus malade : on en désespérait.

Dans : Jeanne a été la plus malade, la comparaison se fait entre toutes les élèves qui ont été malades : on exprime quelle est celle qui a eu la scarlatine au plus haut degré. Dans ce cas, on fait précéder l'adverbe plus de l'article le, la, les, qui s'accorde avec le nom comme d'habitude.

Quand on dit : c'est le 19 juillet qu'elle a été le plus malade, la comparaison se fait entre des états successifs de la même personne, et on exprime à quel moment sa maladie a été au plus haut degré. Devant l'adverbe plus, on emploie alors l'article neutre le, qui est invariable.

Remarque. — On n'exige pas que cette distinction soit faite par les •'lèves dans ce qu'ils écrivent; mais ils la trouveront dans leurs lectures.

Ex. 1439. °^ Expliquez pourquoi, dans la LECTURE, M"'" de Sévigné a

employé l'article du féminin dans : la plus étonnante, la plus surprenante..,

Méthode Brunot-Bony.

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