GRAMMAIRE: L'ORDRE, LE CLASSEMENT
Dans la lecture (Voir page 331), Tauteur s'adresse au dernier de la classe, c'est-à-dire à l'élève qui a été classé après tous les autres. Il parle aussi du premier, qui est, au contraire, l'écolier placé en tête des autres; ici, c'est le mérite qui a fait établir le classement de ces élèves, la place de chacun. H l Mais si, passant dans la rue, je montre la première boutique, c'esto I celle qui est le plus près de mon point de départ; la dernière, c'est la plus éloignée; l'ordre dépend ici de la position.
Enfin le premier élève arrivé dans la cour, c'est celui qui arrive avant tous les autres; l'ordre est ici établi d'après le moment de l'arrivée.
Dans les trois cas, les choses ou les enfants sont classés dans un certain ordre : les mots premier, dernier sont des adjectifs ordinaux.
On classe les êtres, les choses, les actes dans un ordre qui résulte de leur mérite, de leur place ou de leur date relative :
Jean est le premier en arithmétique, il est à la seconde table.
Pour indiquer les rangs, on se sert le plus souvent d'adjectifs correspondant aux noms de nombre, et qu'on nomme adjectifs ordinaux :
(un) premier, (deux) deuxième ou second, (trois) troisième ...
Quelques-uns se trouvent encore dans diverses expressions avec une ancienne forme :
le prin/emps (1"'), le tiers état, une tierce personne (3*), la fièvre . quarte (4"), Charles-Quint (5").
o ^ Dans la rapidité de la parole, et même dans l'écriture, on remplace souvent l'adjectif ordinal par le nom de nombre correspondant : chapitre trente-un, page quatre-vingt, Louis XIV.
Un conducteur d'omnibus appelle : le un, le deux, le trois.
Quand une proposition dépend d'un nom accompagné d'un adjectif ordinal, le verbe se met à l'indicatif si l'on présente l'action comme un fait positif; autrement on emploie le subjonctif:
Le premier savant qui a indiqué les propriétés du radium, c'est Becquerel; mais Curie est le premier qui soit parvenu à l'isoler.
Remarques. — I. — 11 y a des adjectifs ordinaux indéfinis, comme il y a des noms de nombre indéfinis : antérieur, postérieur, ultérieur.
II. — Certains adverbes servent aussi à marquer, plus ou moins vaguement, l'ordre des choses ou des faits : d'abord, ensuite, puis, après, enfin,
Ex. 1509. °lf Indiquez les mots qui i physique, à laquelle nous devons la
marquent l'ordre d'une façon précise vapeur, la télégraphie, des industries
ou d'une façon indéfinie : l sans nombre, des bienfaits sans limites ;
Progrès des sciences. \ ensuite apparaît la chimie, qui trans-
A partir du seizième siècle se multi- \ forme l'alimentation, le vêtement, la
plient les découvertes scientifiques et vie domestique et jusqu'au travail
leurs applications pratiques : c'est | agricole.
d'abord l'astronomie, qui rend possibles '^- Jacob. Pour nicole^ laïque, Coméiy et ci», ém.
la grande navigation et le grand com- \ Ex. 1510. y Écrivez les adjectifs
merce; puis ce sont les mathématiques, \ numéraux ordinaux Jusqu'àvingûèmo,
qui, par leurs théorèmes en apparence | et faites-les suivre des adverbes en
inutiles, suscitent le merveilleux essor | ment ou des locutions adverbiales qui
des arts mécaniques; puis vient la \ leur correspondent.
Langue française. — Troisième livre. 331
1511. LECTURE: Au dernier de la classe.
Mon enfant, tu es le dernier; mais il dépend de toi cependant d'avoir, à ta manière et à ton rang, autant de mérite que n'importe lequel de tes camarades. Tu peux même en avoir davantage si tu te donnes plus de peine qu'eux. Tout en restant, s'il le faut, le dernier par le succès, tu peux devenir le premier par l'effort; tu es le dernier cette semaine avec une note très basse, sois encore le dernier la semaine prochaine avec une note un peu plus élevée, et tu auras marché.
Marche ainsi de semaine en semaine, et tu seras aimé et honoré de les maîtres autant qu'un autre, petit dernier! Courage! En apprenant ainsi à te corriger, à travailler, à t'observer, à te faire violence, tu acquiers de jour en jour de la force et de la valeur; tu as fait aujourd'hui un petit progrès, tu en feras demain un autre; continue ainsi, et peut-être, dans la vie, arriveras-tu plus haut que ceux qui sont aujourd'hui les premiers. F. Buisson.
Ex. 1512. °l^ 1. Quand dit-on qu'une 5 tu peux en avoir davantage? — 4. Que chose dépend de quelqu'un? — 2. Mon- l signifie : se donner de la peine, se faire trez que l'expression n'importe lequel \ violence? — 5. Montrez que l'adjectif rend tout à fait indéterminé le cama- i prochaine marque l'ordre, rade dont on parle. — 3. Quel sens Ex. 1513. °l? Analyser la dernière
ajoute le mot même à la proposition : \ p/jrase.- Continue ainsi ... les premiers.
1514. COMPOSITION FRANÇAISE: Classsr des cboses et des idées.
On a souvent besoin de classer des êtres, des choses. Pour le faire d'une façon judicieuse, il faut comparer ces choses en mettant en balance les qualités respectives qu'elles possèdent.
On agit de même quand il s'agit de classeï* des idées abstraites. Si vous avez, par exemple, à classer les trois qualités morales que vous jugez essentielles chez un écolier. Vous aurez d'abord à découvrir les diverses qualités de cet élève : exactitud-e, assiduité, propreté, application, docilité, etc. Puis vous étudierez chacune d'elles sous plusieurs aspects : mérite qu'elle suppose à l'enfant, avantages qu'elle lui procure aujourd'hui, qu'elle lui procurera plus tard, services qu'elle rend au maître, etc. Vous mettrez en première ligne la qualité où vous apercevrez le plus d'avantages.
CONSEIL : Pour classer justement les idées abstraites, comme les choses concrètes, ne vous laissez pas guider seulement par votre sympathie. Examinez les choses sous plusieurs aspects; indiquez, quand il y a lieu, que le classement diffère avec le point de vue qu'on adopte, et, au besoin, faites observer que cet ordre ne peut être rigoureusement établi.
Ex. 1515. '^ Au moyen des nombres i depuis 1900 ans; le bouddhisme (500
donnés ci-dessous, classez les religions s millions de fidèles), depuis 2 500 ans;
suivantes, d'abord d'après leur ancien- j l'islamisme (200 millions de fidèles),
neté, ensuite d'après le nombre de leurs i depuis 1300 ans; le judaïsme (15 mil-
fidèles : l lions de fidèles), depuis 3 000 ans.
Le brahmanisme (208 millions de \ Ex. 1516. '^ Comparez les avantages
fidèles) existe depuis plus de 3 000 ans, \ de la profession du cultivateur à ceux
lechristianisme(474miilionsde fidèles), { de la situation d'un fonctionnaire.