GRAMMAIRE: LES CONSÉQUENCES *U
La RÉCITATION (Voir page 339) montre que certaines actions sont les conséquences d'autres actions. Examinons comment s'exprime ce rapport de conséquences.
Quand on dit : c'esî triste à pleurer, on exprime la conséquence de cette tristesse par un infinitif précédé de à. Cette forme est peu usitée.
Dans la phrase : la corde casse, de telle sorte que l'homme est noyé, la conséquence de la première action est marquée par une proposition subordonnée à la principale au moyen de la locution conjonctive : de telle sorte que. C'est une manière usuelle de marquer la conséquence.
Dans la phrase : un industriel lui offre un salaire tel que la malheureuse s'épuise, c'est aussi une subordonnée qui exprime le résultat. Cette proposition dépend de Tadjectif tel suivi de que.
On indique la conséquence d'une action ou d'un état : 1" au moyen d'un conuplément précédé de la préposition à : C'est triste à pleurer.
S° au moyen d'une subordonnée à l'indicatif, commençant par l'une des locutions conjonctives : de sorte que, de façon que, si bien que, de manière que ...
Il a beaucoup travaillé, si bien qu'il s'est épuisé.
p.^ 3° au moyen d'une subordonnée à l'indicatif, rattachée par la conjonction que à un adjectif ou à un adverbe précédé de : si, si peu, tellement ...
Je suis si malade que je me traîne à peine. // est resté si longtemps en Afrique qu'il en a gardé un profond souvenir.
Dans le langage populaire, on omet souvent l'adverbe de quantité qui devrait accompagner l'adjectif de la principale : Il est frais qu'on ne le croirait pas malade, // chante que cela fait plaisir.
Ex. 1542. "^ Indiquez les diverses 5 bateau, qui par suite s'en alla à la
expressions qui servent à marquer les s dérive. 11 ne put passer sous le Petit-
conséquences : j Pont, de sorte qu'un incendie épou-
PeUte cause, grand effet. \ vantable s'alluma; le pont, et toutes
L'avocat Barbier raconte dans son les maisons construites dessus furent
Journal qu'une pauvre femme, ayant détruites. C'était le 27 avril 1718.
perdu un fils qui s'était noyé, cherchait [Ex. 1543.] 'f Dans le texte de
tous les moyens de retrouver son corps, l l'exercice précédent, indiquez les phra-
Elle était si crédule qu'on lui persuada j ses où la deuxième proposition peut
aisément qu'elle le retrouverait sans 5 êtreconsidérée, soit comme coordonnée
peiae en s'adressant à saint Nicolas, s à la première, soit comme subordonnée
iîlle mit donc dans une sébile de bois s à cette même proposition.
un pain bénit et un cierge allumé. La j [Ex. 15'i4.'\'f Comppsez huit phrases
sébile flotta, si bien qu'elle vint heurter \ où vous énoncerez d'abord une action
un bateau de foin au quai de la Tour- | faite d'une certaine manière, et où vous
nelle, et le cierge y mit le feu. Vite, | indiquerez ensuite la conséquence qui
les marchands coupèrent l'ancre du ^ est résultée de l'action ainsi faite.
Langue française. — Troisième livre. 33'.»
1545. RÉCITATION: Nécessité de la prévoyance.
On fait souvent une action sans but déterminé, sans prévoir qu'elle aura une suite; et cette suite, cette conséquence se produit. Un ouvrier peu consciencieux fournit la corde d'un puits. Un homme s'y accroche et descend; la corde casse, de telle sorte que l'homme est noyé. Une pauvre femme a besoin d'un travail qui la fasse vivre; un industriel, qui cherche surtout à gagner de l'argent, lui offre un salaire tel que la malheureuse s'épuise à la tâche et meurt. Un propriétaire loue, sans prendre les mesures nécessaires, un logement si infecté de tuberculose qu'un locataire y contracte la terrible maladie.
Ces hommes ne se sont pas proposé de tuer; ils l'ont pourtant fait, si bien qu'ils sont des meurtriers. La plupart de nos actes, même ceux qui nous paraissent les plus indifférents, ont des conséquences, et souvent s'en vont nuire à des voisins, à des inconnus et jusqu'à nos descendants. C'est injuste et triste à pleurer; mais cela est. C'est la solidarité humaine : sachons où est le bien, et faisons-le toujours.
Ex. 1546. "f 1. Qu'est-ce que la l de sens existe-t-il entre les adjectifs prévoyance? Indiquez le verbe et Tad- | industriel et industrieux , entre les jectif correspondants. — 2. Indiquez s noms meurtrier et assassin? une locution appartenant à la famille | [ex. 1 547.] °|? Dans les conséquences du mot conséquence et qui sert souvent j indiquées par le texte précédent, sidans les raisonnements. — 3. Comment | gnalez celles qui résultent de l'exécua été formé l'adjectif consciencieux? i tion d'un acte et celles qui résultent Que signifie-t-il? — 4. Quelle différence \ de sa non-exécution.
1548. COMPOSITION FRANÇAISE: Choisir ses arguments.
M. X... est propriétaire de logements insalubres; je veux lui persuader ae les transformer. Je lui montre qu'il y gagnera : des logements plus sains se loueront mieux ; mais surtout, comme je le sais très brave homme, j'insiste sur ce fait que ces nids à microbes ont été déjà et seraient encore cause de maladies.
Si j'avais voulu persuader la même chose à M. Y., qui est avare et dur. j'aurais surtout fait ressortir le bénéfice qu'il trouvera à reconstruire ses maisons.
CONSEIL : Dans le choix de vos arguments, inspirez-vous des circonstances, et surtout tenez compte du caractère de celui que vous voulez convaincre.
Ex. 1549. °l? Exposez à une réunion | Ex. 1550. if Lettre à une camarade de paysans les avantages qu'il y a à \ pour la décider à faire soigner ses mettre le fumier dans une fosse étanche : \ dents menacées de carie:
PLAN i PLAN
Les auditeurs sont peu soucieux de | Utilitépour chacun de se débarrasser,
la propreté, ne tiennent aucun compte l au prix de quelques instants de pa-
de l'élégance : il ne faut donc qu'indi- | tience. d'une souffrance possible et se
quer ces arguments-là. > renouvelant périodiquement.
Mais l'eau, en tombant, dissout et s Nécessité pour la santé d'avoir des
entraîne les matières fertilisantes qui 5 dents saines : importance d'une masti-
sont perdues. C'est de l'argent jeté. j cation complète des aliments.
Les eaux infectées vont contaminer l Agrément pour une jeune fille de ne
des puits, il en résulterait des maladies. 5 pas avoir une mâchoire disgracieuse.
340 Méthode Brunot-Bony.