L'ESPOIR
Au début de la conversation (Voir page 343), M. Comte, auquel on ne demande rien de précis, est très positif : si quelque jour tu as besoin de moi, je /'aiderai de grand cœur; il prend un engagement formel, et l'exprime par l'indicatif : je t'aiderai.
Valentine a donc bon espoir, elle reprend : si nous pouvions racheter le fonds de l'épicier, nous aurions notre position faite. Cette condition peut se réaliser, puisque la jeune femme vient justement en chercher les moyens, mais cela n'est que possible. Valentine n'a pas dit : si nous pouvons racheter, mais si nous pouvions, et, après cet imparfait dans la subordonnée, elle a mis le conditionnel dans la principale : nous aurions ...
Quand elle demande deux mille francs à M. Comte, il change de ton; il ne dit plus : si je puis avoir de l'argent, je te /'avancerai, ce serait promettre pour l'avenir. Comme il veut en réalité se dérober, il dit : si je pouvais ... je /'avancerais. Sa phrase implique que la condition ne peut pas se produire, donc qu'il n'avancera pas d'argent. Le mode de la principale est pourtant encore le conditionnel : je t'avancerais.
Lorsqu'on veut exprimer qu'un fait se réalisera à une condition donnée, on met le verbe de la subordonnée et celui de la principale à l'indicatif, et au temps qu'exige le sens. Toutefois la proposition commençant par si ne se met jamais au futur : Si j'ai fini mon travail à cinq heures, nous sortirons.
Pour exprimer que la réalisation d'une action future est seulement possible, on met la subordonnée à l'imparfait de l'indicatif et la principale au futur du conditionnel :
Si je réussissais à l'examen du certificat d'études, /entrerais (/ l'école primaire supérieure.
Mais quand il s'agit de choses présentes, l'emploi des mêmes temps indique que la condition ne se réalise pas et que l'action n'aura pas lieu :
Si la Lune était plus grosse que la Terre, elle /'attirerait à elle.
La proposition commençant par si ne se met jamais au conditionnel; il ne faut donc pas dire : si je /'aurais ...
La même proposition employée seule exprime le désir, l'espoir, dans le futur : Si je l'avais.' Si tu réussissais!
On emploie aussi dans le même sens : pourvu que je l'aie.'
Ex. lôbS."^ Copiez ce texte en changeant la forme des suppositions, tout en respectant le sens :
L'éducation après l'école.
Le jeune homme qui, au sortir de l'école, ne continuerait pas de fortifier sa raison, de nourrir par des connaissances nouvelles celles qu'il aurait acquises, do roriipor les erreurs ou de
rectifier les notions incomplètes qu'il aurait pu recevoir, verrait bientôt s'évanouir tout le fruit du travail de ses premières années. Tandis que le temps elîacerait les traces des premières impressions qui ne seraient pas renouvelées par d'autres études, l'esprit lui-même, perdant l'habitude de l'application, perdrait de sa flexibilité et de sa force.
1559. LECTURE: Promis par l'un, tenu par l'autre.
« Mademoiselle Lucie va bien? monsieur Comte. — Très bien maintenant, Valentine; grâce surtout à tes bons soins. Nous t'en sommes bien reconnaissants; et si quelque jour tu as besoin de moi, je t'aiderai de grand cœur, tu peux y compter.
— Que vous êtes bon, monsieur ! Justement si vous voulez, vous pourrez nous rendre un grand service. L'épicier Saugrain se retire ; si nous pouvions racheter son fonds, nous aurions notre position faite. Seulement il nous faudrait deux mille francs comptants. Alors mon mari m'a dit comme ça : « Va donc voir ce brave M. Comte, si ce serait un effet de sa bonté... »
— Bien sûr, Valentine, que j'ai promis de vous aider, je ne m'en dédis pas. Si je pouvais, je t'avancerais bien volontiers cet argent; mais où le prendrais-je? La mévente des vins est telle que presque toute la récolte est encore en cave... >>
Depuis un moment, Lucie est entrée : « Oh ! quelle chance ! papa, s'écrie-t-elle, moi qui ai justement deux mille francs que tu m'as donnés pour acheter un piano! Je v^is les prêter à Valentine... Oh! laisse-moi faire, papa, tu l'as dit; toi, cela te gênerait dans tes affaires; moi, j'attendrai pour changer mon piano ; voilà tout. »
Ex. 1560. "^ 1. Justifiez l'emploi du l dit-elle : ... vous pourrez et non : pourconditionnel dans cette proposition de \ riez? — 3. Dans les paroles de Valentine, Valentine : // nous faudrait deux mille \ qui est peu instruite, n'y a-t-il pas une francs..., et dans celle-ci de Lucie : cela \ expression bien familière, et même un te gênerait... — 2. Pourquoi Valentine \ mode employé d'une façon incorrecte?
1561. COMPOSITION FRANÇAISE: Tenir compte des conditions et des
hypothèses.
Jeanne veut devenir comptable, sa résolution est prise. Mais, pour réaliser cette intention, la jeune fille doit tenir compte de bien des circonstances. Elle fera cela d'abord si ses parents y consentent, ensuite si elle trguve une placé dans la ville voisine; bref, si un certain nombre de conditions se trouvent réunies.
En jeune fille prévoyante, Jeanne examine aussi l'hypothèse inverse, le cas oîi ces conditions ne se réaliseraient pas.
CONSEIL : Vous devez songer souvent que les conditions que vous espérez peuvent ne pas se produire. Tout en prenant des résolutions fermes, il est bon d'envisager les possibilités qui peuvent contrarier votre action.
Ex. 1662. "^ Que feriez-vous au cas ? Ex. i&es.'f Rédiger un arrangement où votre père ne pourrait plus conli- i entre une ouvrière en robes et son nuer à vous envoger en classe? l apprentie.
PLAN ( PLAN
Profession que vous désirez, condi- l Conditions faites par la patronne :
tions à remplir pour y réussir. l cas où la journée serait de dix heures.
Si vous ne réussissez pas dans ce > où l'apprentie serait logée et blanchie,
premier métier, ... 5 où elle serait nourrie.
Si vous ne pouvez ensuite trouver > Conditions faites par l'apprentie : cas
un emploi à votre convenance ... \ où il y aurait du travail à la veillée ...
344 Méthode Brunot-Bony.