UNE PARTIE DU POUVOIR
Ces sortes d'assemblées n'ont qu'une autorité empruntée. Le sénat de Trajan , par exemple , exerçait quelques droits anciens des sénats de la, république romaine , puis octroyés de nouveau par un grand prince qui avait eu honte des excès de ses prédécesseurs. Trajan connaissait la violence de ses passions, et il s'en défiait; c'était contre lui-même qu'il voulait un sénat; il avait défendu qu'on lui obéit quand il serait pris de vin : mais il ne voyait pas que ces précautions ne le garantissaient qu'à demi. Il eût mieux fait de se soutenir par ses propres efforts que de recourir à d'aussi fragiles soutiens. Il aimait à être loué du bien qu'il faisait, comme du mal qu'il ne faisait pas : ces éloges qu'il se donnait à lui-même par la bouche des grands le défendaient contre son propre cœur s'il eût été tenté de faillir. Il avait jl'âme trop grande pour ne pas justifier l'approbation qu'on donne toujours d'avance en pareil cas. Il entrait au sénat avec toute la pompe qui l'entourait. Le peuple applaudissait par ses acclamations au vainqueur des Daces quand il parcourait les places publiques sur le char de triomphe ; dans le sénat on célébrait sa victoire sur des ennemis encore plus difficiles à vaincre. Là il triomphait de ses passions; et quoique cette victoire obtenue sur lui-même , dans son palais , était moins complète que celle qu'il avait remportée en Pannonie,
ce triomphe e'tait plus glorieux parce qu'il est plus rare, et qu'il assure encore plus le bonheur des peuples que les succès les plus e'clatans des batailles les plus décisives.
Cependant, au milieu d'une telle assemblée, il n'y a que des littérateurs ; c'est un corps académique; tout se passe en complimens vrais ou faux, mesurés ou exagérés : le seul talent requis consiste à donner au panégyrique un air de vraisemblance j les règles précédentes suffisent pour cela. Il n'y a point de combats à livrer, tout le monde est d'accord. Il suffit de louer Trajan. Recourez donc à ce que nous avons dit sur l'éloge : traduisez .dossuet. Ne vous arrêtez point au titre d'oraison funèbre ; il y a des vivans qu'on loue en face : on leur dit tout ce qu'on en dirait après leur mort s'il venait dans la pensée d'en faire l'éloge. C'est ainsi que Cicéron parlait à César , et César était la dupe des paroles éloquentes de Cicéron. Trajan ne pouvait pas être trompé par la rhétorique de Pline ; on sent que Pline obéit à Trajan. Cicéron ne paraît obéir qu'aux mouvemens de son cœur ; cependant Pline ne pouvait pas haïr Trajan, et Cicéron nourrissait contre le dictateur une haine implacable. Il y a eu depuis un autre Trajan, et un nouveau panégyriste. Cet orateur avait aussi un talent rare en ce genre; ses petits discours sont des modèles de style , et supérieurs de beaucoup à toutes les compositions de sa jeunesse. Il n'aimait pas , il ne haïssait pas non plus ; il flattait sans rien sentir ; mais il flattait
toujours avec grâce , quelquefois avec des ménagemens calculés pour donner à l'éloge étudié l'air de la vérité pure. Mais qu'il y a loin de là à Cicéron ! Celui-ci disputait devant César sur les qualités de César; il les comparait, établissait des préférences : il semblait tout enlever à son idole qui sortait de ses mains plus brillante encore qu'auparavant des qualités dont il l'avait dépouillée en apparence. L'autre admirait sans restriction. Cicéron faisait croire à son amour. L'autre n'avait point étudié la langue de ce sentiment; il n'a pas su la parler quand il a eu besoin de changer de langage avec les circonstances. Infiniment au-dessous de Cicéron , il est pourtant au-dessus de Pline. Il est vrai qu'il avait une ressource qui a manqué au panégyriste latin. Trajan régnait également sur tous. Si les vœux universels n'étaient pas absolument sincères , ils l'étaient tous au même degré. Ce n'était peut-être pas un sentiment du cœur; mais la concession était entière et unanime sur toutes les lèvres. Pline ne disait que ce qui se répétait tous les jours. L'autre orateur devait observer quelques bienséances ; il était obligé à des réticences ; cette difficulté nouvelle dans un sujet qui n'admet pas les réticences , et qui ne s'embellit d'ordinaire que d'exagération, lui a imposé un frein salutaire; il s'est tenu dans les bornes qui lui étaient prescrites , et les efforts qu'il devait faire ont servi à polir et à perfectionner son style. Plus l'intelligence rencontre d'obstacles , plus elle en surmonte quand on a la volonté de plaire.
Or il ne s'agit que de plaire dans les assemblées comme celles dont nous parlons. La difficulté n'existe que dans la volonté du maître qu'il faut flatter d'après son goût.
Le goût d'Auguste n'était pas celui de Trajan. Le sénat d'Auguste était d'une nullité parfaite. Cette constitution ressemblait aux petits jeux qu'on joue dans la société ; on dirait des enfans dont le plus grand dit aux autres : je serais empereur et tribun du peuple, j'aurais tout le pouvoir, et vous seriez sénat; toi tu serais questeur, et toi consul f et tu me remercîrais; je m'appelle Octave, mais vous m'appelleriez Auguste : et nous nous amuserions bien. La seule différence c'est que le petit jeu d'Auguste n'était pas innocent.
Il n'est donc pas question ici de rien étudier : tout le monde sait jouer à ce jeu. On dira peutêtre qu'Auguste était un grand-homme ; je le sais bien. Il n'avait même que dix-huit ans quand cela lui arriva : ce qui rentre dans nos principes. Auguste n'était pas raisonnable puisqu'il ne savait pas vaincre toutes ses passions ; mais il avait l'air d'être le maître de lui-même* Une seule passion faisait taire toutes les autres. Il égorgeait quand cette passion l'ordonnait; il pardonna quand elle lui en donna le conseil. Livie avait peur quand elle parlait de clémence : c'est ce qu'Auguste appelait un conseil de femme. Il le suivit , parce que la soif de régner qui étouffa dans Agamemnon l'amour paternel; fit taire dans Auguste le plaisir
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de la vengeance. Tels sont presque tous les grands^ hommes. En eux c'est une passion dominante qui agit seule : ce mobile unique les pousse sans distraction , et ils avancent sans cesse vers le but de leurs désirs , sans que les circonstances les favorisent. La plupart des hommes ont trop de désirs et de goûts différens. La volonté change , ils reviennent sur leurs pas , et, toujours agités, ils n'avancent jamais ; mais l'intelligence est la même : c'est une passion unique qu'il faudrait ; mais ori n'a presque jamais ce moyen de succès. La raison serait encore plus infaillible ; mais la raison manque presque toujours. C'est parce qu'on adopte tacite aient ces principes, qu'on ne reconnaît point d'hommes supérieurs parmi les contemporains. Quelque éclatans que soient les talens d'un homme , on les rabaisse en leur assignant une cause honteuse. Quand on vantait Démosthène aux Athéniens, les Athéniens répondaient à ce prétendu miracle de l'intelligence humaine que tous ses beaux discours sentaient l'huile : ilé disaient vrai en déraisonnant. C'était l'envie , passion passe , mais clairvoyante comme toutes les passions , qui résolvait alors le problème qui nous occupe. Aujourd'hui c'est une petite passion qui nous fait rire , au fond du cœur, des Athéniens jaloux de Démosthène. La raison concilie tout cela, à ce qu'il me semble, Le talent de Démosthène ainsi que tous les talens sont dans l'huile» Les Athéniens avaient tous l'intelligence d'acheter de l'huile ; mais ils n'en avaient pas la volonté.
Demo-thène était ambitieux, les Athéniens étaient jaioux; l'un ne vaut pas mieux que l'autre, ceia se détruit : reste le talent qui distinguait Démosthêne entre tous ses concitoyens.
D'après la connaissance que nous avons de notre propre cœur, nous ne pouvons pas croire qu'un homme s'élève au-dessus de nous par la force de sa raison; nous aimons mieux imaginer une cause cachée. Nous dirions volontiers : toute vertu vient de vice. Le succès seul n'est pas une preuve de raison, puisqu'une passion suffit pour obtenir des succès. Cela est vrai ; mais ce que j'admire dans les grands-hommes, c'est la puissance de l'intelligence humaine, même quand elle est le ministre de nos passions. Ce que j'admirerais davantage serait un bon résultat, sans mélange, obtenu par la raison. Le soleil m'éblouit de ses rayons ; mais ce n'est pas à lui que j'aime à penser quand je le vois.
La société fait de ces soleils quand il lui plaît : elle les éteint à son gré. L'homme qui n'écouterait que la raison serait grand par cela seul ; il n'aurait point la passion de briller qui fait faire de si grandes choses : il aurait le sentiment de sa dignité. Sans orgueil, comme sans envie, il ne mépriserait point les favoris des rois , ni ceux de la fortune ; il verrait tout d'un œil calme , même la déraison. Ce ne serait point un spectacle nouveau pour lui; il se rappellerait qu'il a été mille fois pris aux pièges des passions. Il nous connaîtrait tous ; mais il serait lui-même une énigme pour le
plus grand nombre d'entre nous. L'homme connaît l'enfant parce qu'il l'a été ; mais l'enfant ne connaît pas l'homme. Celui dont je parle nous serait supérieur par la volonté ; mais il resterait notre égal par l'intelligence.
Y avait-il des hommes de cette espèce dans le sénat d'Auguste? Pourquoi pas? Dans ce cas la métamorphose d'Octave ne les étonnait point ; ils n'en étaient point irrités ; ils jouissaient des fruits de la nouvelle tige entée sur cet arbre, sans souvenirs amers, sans admiration insensée. Le grand Condé pleurait d'admiration lorsqu'il voyait la clémence d'Auguste. Ce trait prouve plus pour l'admirateur que pour le clément. Condé, comme tous les militaires , avait de la franchise et de la loyauté ; il se laissait emporter à la désobéissance par humeur; il s'irritait d'une punition injuste, comme un enfant des arrêts qu'il n'a pas mérités. C'est ainsi que Condé devint conspirateur par bouderie. C'en était fait, toute l'histoire de France était changée. Mais heureusement pour la France ce petit caprice n'était pas une passion, Condé était un grand -homme; Condé n'avait point la jpassion d'Auguste , il ne pouvait donc pas en comprendre le langage. Il croyait entendre la voix de la raison qui est tranquille au milieu d'une tempête politique, et dit 'je suis maître de moi. A cette voix qui lui rappelait ce qu'il avait fait, ce qu'il aurait pu faire , il versait des larmes.
Les larmes du grand Condé ont fait , comme on le sait, la fortune du rôle d'Auguste dans China,
Les premiers'auditeurs, distraits par les cris d'Emilie, n'entendirent point Auguste, quoiqu'ils eussent tous assez d'intelligence pour le comprendre. Quoi qu'il en soit , je suis maître de moi mène à tout. Dans les arts, dans les sciences, à la guerre comme à la tribune , au sénat d'Auguste comme à celui de Trajan, qui n'est pas maître de soi n'est rien que par le hasard des circonstances.
Quand Auguste était maître de lui , il faisait le bonheur* dû monde quoiqu'il n'obéît pas à sa raison. Un simple sénateur, le plus raisonnable de tous, ne pouvait travailler qu'à son propre bonheur. Voilà pourquoi la raison dans certains cas n'est pas si utile aux peuples que les passions ; voilà pourquoi il est de l'intérêt de la société de les récompenser. On les encourage parce qu'on en a besoin , faute de mieux. Tout le sénat ne pouvait faire aux Romains autant de bien qu'un seul mot d'Auguste.
Mais toutes les assemblées de l'espèce de celles dont nous parlons ne sont pas aussi entravées dansleur marche que celles d'Auguste ou de Trajan ; \\ y en a qui sont revêtues d'un pouvoir moral , indépendant de celui qui gouverne. Le sénat de César était dans ce cas. Cet état est nécessairement précaire de sa nature. Il s'agit de savoir si le sénat renversera César , ou s'il sera lui-même détruit ou enchaîné ; mais en attendant l'événement , quel qu'il soit, il n'y a point de tribune. Dans les assemblées du premier ordre, comme à Athènes,
un orateur n'a point de supérieur au dehors, et il n'a que des égaux dans le forum. Ici, au contraire, les orateurs sont liés par des devoirs que chacun d'eux est tenu de remplir. Tout est un sujet de contestation au forum; là, au contraire, il y a des maximes sacrées et incontestables , Discuter sur les droits de César , ce n'était pas émettre une opinion d'orateur, c'était parler en conspirateur. Dans les assemblées de cette espèce la guerre se change en joute : c'est un carrousel où tout a été réglé d'avance.
Des Formes. Les formes sont des conventions. Cette langue, que personne ne peut deviner, doit être connue de l'orateur. Plus elle est arbitraire et indépendante de la raison , plus l'orateur en dépend ; une faute contre cette grammaire fabriquée au hasard, est impardonnable; elle excite le rire ou l'indignation. Les plus sacrées de ces règles sont celles que l'assemblée n'a point faites.
De l'Age. Pour assurer la pureté de ce langage imposé, on prend toutes les précautions imaginables. L'orateur doit être vieux : il s'agit d'un idiome qu'on n'apprend bien que dans la vieillesse.
De la Richesse. On préfère l'orateur riche à celui qui ne l'est pas. La richesse n'est un mérite ni uii démérite ; mais on croit y trouver une garantie.
Ces grandes questions , et mille autres de même nature qu'on discute sérieusement dans ces assem-
blées, sont susceptibles de développemens infinis pour et contre. L'expérience a été faite plusieurs fois. Oui et non ont été dits tDur à tour rion-seulemeut par des partis différent, mais par la même faction, et toujours avec la même assurance, la même dignité, ou la même fureur.
La, comme à Athènes, c'est donc la rhétorique et non pas la raison qui parle par la bouche des orateurs. Gela posé, la méthode est la même pour les variétés , les espèces et les genres d'assemblées. Il suffit dans tous les cas de savoir un discours, et d'y rapporter tous les autres. Nous choisissons Mirabeau, et nous savons le réfuter dès que nous Pavons bien compris. Un autre orateur pourrait également nous servir de modèle, puisqu'ils suivent tous exactement la même route. Chacun d'eux sent sa faiblesse, et cherche un appui dans la force matérielle ou morale. Le talent consiste à cacher cette marche au vulgaire , et à lui persuader qu'on parle raison : or nous avons déjà dit que tout l'édifice social était audessus de la raison ; par conséquent raisonner pour l'attaquer ou le défendre c'est parler en l'air, c'est vouloir expliquer un mystère. Tout ne peut donc se passer qu'en discussions , en disputes qui ne prouvent ni n'expliquent rien ; et comme ces disputes sont des combats , et que le succès d'un combat dépend de l'adresse ou de la force, et non de la raison du combattant, il ne s'agit donc, en dernière analyse, que d'apprendre
à déraisonner dans tel ou tel sens. C'est ce que la passion fait à merveille, et avec une apparence de bonne foi et de raison qui surprend et persuade souvent; mais je prétends que dans cette guerre, comme dans tous les genres de guerre, lorsque le devoir nous y appelle , et qu'on doit se battre par obéissance et par vertu , par soumission à l'ordre que Dieu a établi, et que nous ne pouvons pas comprendre ; quand enfin la raison le veut dans ce sens; je prétends , dis-je, que c'est elle encore qui doit toujours l'emporter. La raison calme, la méditation dégagée de tout intérêt personnel , juge de ce qu'il faudrait dire ; et le sopbisme le plus séduisant, le plus vraisemblable sera toujours l'ouvrage de celui qui sait le mieux ce que c'est qu'un sophisme. Qui connaît la ligne droite s'en écarte quand il le faut, autant qu'il le faut, et jamais trop. La passion , quelque supériorité qu'elle nous donne , peut s'éblouir elle-même puisque c'est une passion. La raison voit tout comme il est; elle en montre, elle en cache aux yeux autant qu'elle juge convenable, ni plus ni moins; mais quand il s'agit surtout de deux orateurs en présence , celui que la passion dirige sentira qu'il est reconnu : il se troublera , et cette distraction ne peut que nuire au développement de son talent quel qu'il soit.
Soyez donc maîtres de vous dans ces batailles : c'est la première règle de l'improvisateur. L'intelligence ne manque jamais : c'est la volonté qui manque. Ceux qui croient qu'il faut une passion
pour nous donner la volonté, doivent être portés à conclure de cette opinion que les hommes diffèrent en intelligence. En effet , on ne juge de l'intelligence que par les effets ; or presque toujours une passion, une disposition, un goût dominant est la cause de nos talens et de nos succès : donc, puisque tous les hommes diffèrent de goûts et d'inclinations , c'est comme s'ils différaient par l'intelligence. On ne fait pas attention que la raison nous a été donnée précisément pour vaincre toutes nos passions, et nous rendre capables de tous les efforts nécessaires pour faire tout ce que nous voulons bien , tout ce que nous devons vouloir. Quand la patrie appelle un homme, il doit avoir la faculté de remplir le devoir qu'on lui impose; il faut bien qu'il ait l'intelligence suffisante pour apprendre à le remplir : l'ordre est souvent donné au hasard, mais cela ne peut pas être autrement; il est rempli avec nonchalance, on le néglige quelquefois sous prétexte de la difficulté de le bien remplir. Mais ici c'est un individu qui s'excuse, et et si vous écoutez ses raisons, vous renoncez à la raison , vous n'admettez plus la moralité des actions humaines. S'il a pu refuser le poste , pourquoi l'a-t-il accepté ? Si son devoir était d'y rester , pourquoi n'y est-il pas péri plutôt que de manquer à le défendre? Les braves nous donnent cet exemple-là tous les jours. On peut, sans doute, n'avoir pas les connaissances nécessaires pour bien s'acquitter de ses fonctions de citoyen; mais on peut les acquérir. L'amour
de la puissance fait demander toutes les places; l'amour de la gloire nous rend capables de les remplir dignement. Lucullus demanda le gênéralat sans savoir la guerre; il la savait quand il arriva en Asie : il l'avait apprise en route. S'il n'eût eu que le désir du commandement, il ne serait devenu que général. Les passions nous rendraient-elles donc propres à tout , et la raison propres à rien? Ne pouvons-nous arriver aux sciences, aux arts, aux talens, à la gloire que par les passions? Et la raison, l'intelligence qui peut nous conduire à la vertu, ne peut-elle faire ce qu'on obtient des passions dont elle condamne la violence et les transports ? Non , rien ne peut être difficile pour celui qui peut se vaincre lui-même.
Mais je suppose que l'orateur soit dans une position où sa raison décide qu'il doit parler et non se taire. Il est des circonstances où tout se réduit au mouvement du corps qui se lève et s'assied comme par ressort. Alors la méthode est inutile. Il ne faut plus d'études préliminaires , et l'on est toujours propre aux assemblées où ce balancement machinal suffit.
La connaissance des lois sur les élections, de l'influence exercée du dehors, etc. , etc. , tout cela est nécessaire à connaître. On ne peut pas deviner les faits; il faut les apprendre et les comprendre avant de parler. Souvent un orateur ne parle pas pour ceux qui sont présens ; il faut donc qu'il connaisse les dispositions des absens : près-.
que toujours on se fait illusion à cet égard; mais ce n'est pas l'intelligence qui manque , c'est la passion qui nous emporte. Toutes ces connaissances préliminaires sont immenses à acquérir par l'ancienne méthode ; pour nous c'est un jeu : nous savons tout d'avance, tout est dans nos livres : il n'y a que des noms à changer.