‹ Enseignement universelChapitre 11 sur 36 · APOLLON · texte numérisé non relu

APOLLON

(c Le premier sentiment qu'inspire cette superbe tête est l'admiration. On a peine à comprendre que la nature , quoique si belle , produisît jamais un tel chef-d'œuvre de perfection. Je ne crains pas de dire perfection ; tout y est , du moins aux yeux des hommes. La justesse des proportions, la grâce des contours , la finesse , le moelleux, la délicatesse des traits, tout s'y trouve réuni dans le plus admirable ensemble. Gé qui frappe surtout dans cette tête , dont la position même est à la fois si naturelle et si noble , c'est l'expression de la figure. On voit sur cette bouche entr'ouverte , dont la lèvre est un peu relevée , ce sourire de dédain qu'éprouve le dieu du jour, à la vue du serpent audacieux qu'une de ses flèches va percer. Comme le regard de cet œil fixe exprime bien

\e mëpris que lui in$pire rimpttÎ3$fiQCe du ri^ptile <}ui ose le braver ! Gomme la lirfinquilUté de ce visage si beau montra le calme 4t Ta^surai^pe dç son cœur I II ne craint pas le mon^tr^ <ju'U va punir !••• Jusque dpn^ Varrapgement niégUgé I mais gracieuse ^ de oe3 cheveux jQott^n^ ^

jusque sur ce front découvert et majestueux , on aperçoit la sérénité et le repos de son âme. Un je ne sais quoi de doux y de mâle y d^énergique^ d'élevé^ donne à ce visage quelque chose de grand et de sublime p qu'on ne trouve point dans le commun d?$ hommes , et qui semble nç pouvoir jamais appairtenir à leur natuw; W^ fin«M c'est un dieu, v

5® Synonymes diç pensées.

Les moindres retardement irrkeni son mtturel ardent.

Réfléchisses^ : ta moiindre résistancç mfiwum $a Qol^re.

Ç"" l^aire une pensée sur une pen^*

Vieu donne aux rois^ quand il Uii pUât^ de grofules et de terribles leçons ^ a dit Bos3uett

Réfléchissez : lies révolutions donnent aux peuples de terribles^ mais d'ioMtiles leçons*

L'esprit est soupmt la dupe du cueur, a dit La Rochefoucault.

R^fMchh^éz : Le tœur éÉt sùU^eM la dupe de

fiieit ênntéiidtt que Nlèvè doit tôtijôtii's lAôfiitéf le fait ()tri fui a inspii^é éetté réàMion ; autMmêtkt il est âorti dé PËiiseigtiémetic unitef*set. H tfàTaille dé gétiîe, c^est-à-dire, à tâtons et éti avcfugle : tï tt^est sût* de rîeii.

Màdaihe dé S^vigrtd matait f Apfeii ta pluie vient le beau temps ; et elle â dil : Apr^ la pluie vktU ta pluie. Vôîlk uâ etétople f il jr éh fi uiié infinité d'autres.

V Faire des lettres t P^flélcypé à TéléiMâquë, Mentor à Ulysse , et rëciproquemént. Tôtis les personnages du livre fournissent dé ces su jets-là. On parle beaucoup dil style ëpistolàiré : entendons-nous. On écrit pour etpriinér se^ pénsëes et ses sentimens : toutes les {ot^ que éé bût est rempli y on a bien écrit. Lé fond deà connais^ sance^ nécis^àâii^s pouf cela âé trouvé dans tous les? Hvres. On peut tout dii*e avee la langue éôtomune. Cest p6ur hxtt nn livre dsins le genre épistolait^^ comme on dit ^ qà^l est nécei^ire d^éttrd^er nïadame de Séfigné, pw eiemple. On à Iliabitnde def régarder dette dame comme un modèle : c'est une convention à laquelle on doit se soumettre comme à toutes lés autres.

Mais si vous ne voulez pas être auteur dans ce genre, s'il ne s'agit que de communiquer vos pensëes et vos sentimens, vous le pouvez sans autre guide que le livre que vous savez. On a cru que nos élèves ayantappris par cœur que demainmatin s'appelle dans Fénélon : Quand l'Aurore avec ses doigts derose entrouvrira les portes de VO^ rient; on a cru, dis-je, qu'ils donneraient dans l'enflure. C'est qu'on suppose qu'ils apprennent des signes, comme des perroquets, sans y attacher aucun sens; c'est qu'on suppose qu'ils ne suivent pas la règle unique de l'Enseignement universel : n'apprenez point un signe isolé des des faits qu'il représente , et sans égard aux circonstances dans lesquelles vous l'avez vu dans votre auteur. Tout le monde a la faculté de voir dans quels cas il faut dire le matin ou bien V aurore. Il suflSt pour cela de l'intelligence que chacun a, et de l'attention qu'il peut avoir.

Mais tout ceci est un vaste sujet de discussions interminables. Par exemple, moi, profane, je trouve beaucoup d expressions recherchées , c'est-à-dire, hors de place, dans l'inimitable. Je n'aime point \ej'ai mal a votre tête : pourquoi ? ce serait trop long et très-inutile à dire. Je n'admire pas moins madame de Se vigne. Au surplus.

voici la vérité : elle a été dite; mais cela n'em-pêche pas que ce ixe soit la yérité.Donnez à plusieurs personnes l'ouvrage d'un contemporain à juger en soulignant ce qui déplaît à chacun : toutes les lignes seront soulignées. Chacun son goût 9 quand il s'agit d'un contemporain. Mais il n'y a rien à dire d'un mort. L'arrêt est passée et il a force de chose jugée. Quant à moi , j'ai bien lu des lettres pleines d'expressions ^ encore plus généralement vraies que celles du modèle unique en ce genre.

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