DE LA GRAMMAIRE
Il faut vérifier la grammaire y mais ceci n^est qu'un jeu; nous la savons il y a long-temps, mais nous ignorons encore que nous la savons : il est temps de l'apprendre. J'ouvre le livre , et je n'y comprends rien , parce qu'il est écrit dans la vieille méthode , c'est-à-dire, dans l'ordre inverse. Je lis : Le participe passé s'accorde a\^ec son régime direct y qiumd ce régime le précède. Laissez la règle , et cherchez dans votre mémoire un exemple analogue à celui du grammairien. Premier livre de Télcmaque : a On rCy voyait au- « cane autre viande que celle des oiseaux qu'elles te asHiient pris dans des filets , ou celle des bêtes « qu'elles avaient percées de leurs flèches. » Vous avez appris que les grammairiens appellent les mots pris et percées des participes ; qu'une s est
le signe de plusieurs, ou 9 comme ilscUse»!^ 4« pluriel y qu'un e ajoulé est la marque du féminin. Vous savez , par les vërifications que vous avez déjàfaites, ce que c'est qu'un régime : donc , vous connaissez la fameuse règle , et vous Tobserviez sans vous en douter. Remerciez le grammairien; il ne vous a rien appris que des mots, il ne pouvait rien vous apprendre de plus : ce n'est pas sa faute. Si vous aviez appris la langue par l'oreille seulement, vous auriez eu besoin du grammairien: c'est lui qui aurait redressé les mauvaises habitudes que l'on contracte en fré-, quentant le public qui parle tantôt bien et tan<« tôt mal. Un enfant de la cour parle mieux qu'un petit paysan 9 par la raison qu'ils répètent l'un et l'autre avec une égale exactitude ce qu'ils entendent. . Quant à nous , qui ne conversons qu'avec les maîtres des grammairiens, nous n'avons besoin de ceux «-ci que pour apprendra une nouvelle langue qu'il faut connaître, sans doute, afin de pouvoir exprimer plus facilement des réflexions qui sont à la portée de tout Je monde. Mais, dira-t-ou , un enfant fera-t-il les réflexions qu'exige la vérification que vous proposez ? 11 n'y a nul doute que les élèves de la vieille méthode ne les feront jamais \ on les
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en croit incapables ; xm n!exige rien d'^ux^ et ils ne font rien : cela va de suite. Nous exigeons tout, et rélève laborieux fait tout : le nonchalant fait un peu , le paresseux indocile ne fait rien, absolument rien. SHl n'y avait que des hommes de cette dernière espèce, toutes les méthodes seraient également bonnes, ou plutôt également inutiles. Mais ce paresseux, qui dort sur nos bancs comme sur les vôtres , et que vous regardez comme un idiot , peut se réveiller un jour; ses goûts peuvent changer : Tàge^ les regrets, Fespérance d'un prompt succès, mille circonstances inattendues peuvent, c^nger sa volonté. Avec la vieille méthode^ il est tro|> tard; il ne saura jamais rien ; il &udrait £iire la route de sept ans, et il n'en a pas le tempsi D'ailleurs, qui lui inspirera du courage? On le rebute , on le sermonne : l'âge d'apprendre est passé ; on n'apprend que dans l'enfance ; et puis vous n'avez jamais eu de dispositions, lui dit-on. Qu'il vienne chez nous, le malheureux qui se repent. Le regret sincère , une volonté déterminée , nous appelons cela du génie ; nous lui montrerons une route qu'il aura bientôt parcourue. Prenez garde que je ne parle qu'à un individu : L'homme «ntend , l'espèce est sourde^