‹ Enseignement universelChapitre 19 sur 36 · SIS · texte numérisé non relu

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journaux ; mes amis me loueront, mes ennemis me blâmeront : la masse ne saura seulement pas s'il y a une méthode par laquelle elle pourrait cesser d'être masse ^ si elle pouvait le vouloir. Mais quoiqu'elle soit composée d'hommes comme moi y j'ai une volonté y et il n'a pas été donné aux masses y aux assemblées , à la plus petite corpo* ration d'avoir une volonté. Quand on me parle de la -volonté d'une masse, cela me 'fait rire; mais je n'empêche pas qu'on y croie. Revenons à des individus; songeons à nos élèves, à chacun d'eux en particulier, et faisons voir que la méthode de l'Enseignement universel est applicable à l'étude de l'arithmétique.

Il y a, comme on voit dix chiffres, c'est-àxlire , dix mots simples dans la langue en arith<métique pour écrire tous les nombres. Ces signes sont absolument arbitraires : ils sont les iélémcns d'une langue étrangère à la langue maternelle ; ils forment une espèce de pasigraphie. Chaque peuple a deua langues pour calculer : il dit un , et écrit 1 ; neuf, et écrit 9; plus -f-j moins — • Ainsi l'arithmétique est, par rap-

port à la langue française^ ce que la langue écrite est à la langue parlée en Chine, ou encore ce que la langue du blason est aux signes de ces mots dans les armoiries. Les mots écrits ne con* servent aux yeux aucune trace de la ressemblance que Foreille saisit quand on les entend prononcer»

Les chiffres font partie des radicaux de la nouvelle langue. Tout cela s'apprend dans le premier livre qui tombe sous la main. Il ne Êiut que des yeux et de la répétition.. Je parie que, dans la foule, U se trouvera quelqu'un qui va dire gravement : Mais celui qui n'aurait pas d'yeux ne verrait pas; et puisqu'il y a des. hommes qui manquent de ce sens , pourquoi n'en trouverait«-on pas qui n'auraient pas d'intelligence? Je répondrais bien à l'objection : Ce que vous venez de dire n'est pas un bon raisonnement : cela peut être, dites-vous maintenant; mais je croyais que vous prétendiez tout à l'heure que cela était. Comparaison n'est pas raison; tout le monde le sait. Sganarelle luimême le savait bien quand il dit r

Et nous aimoris bien mieax , nous autres gens cl*étude ,. Une comparaison (][u*une similitude*

L'argumentateur le sait donc aussi; et é*est par distraction qu'il a dit : Noos n'ayons fos totn les mêmes organes; ilbitc, nous n'ayons jieiif-^àm jMâ tous la même întelligeiice ; et, enfin , dotm,. nous n'avons j^os tous la m ^e intelligeiioe.

Je crois, par les raisons qiie j'ai dites, qtt6 Dieu a créé l'âme humaine capable de s'ios. truire seule , et de distinguer sans maître tout ce qui nous entoure. Je vois que la chose se passe ainsi dans le principe; puis, on s'arrête quand on n'a plus besoin , quand on n'a plus la vol<mtâ d'avancer : je le vois bien aussi. Je comprends que le dé&ut d\itténtion suffit pour m'expliqucr cette différence , et je m'en tiens là* Mais , firan* ehement, dira-t-oin, en êtes-^vous sûr comme de deux et deux font quatre ? Belle question I si j'en était sûr, vous le seriei^ aussi, et il n'y aurait point de dispute. Permettez que je vous demande

à mon tour : Etes-vous bien certain que là dbose se passe réellement commie vous dites qu'elle pourrait être?

Cioij et quatre f«nt n€àr; ôtu «feux , r«âte sept.

Ce passage de Boileau n'est sujet à aucune contestation. Cîcéron , qui ne partage pas toujours

l^yisdu poète > comme nous Taroils vu^ pensait comme lui^ sur la propriëtë de ces cinq nomhtfS^. Fatlt-il croire Gicéron ou Boileau. Voici mon ttvl^ t a Ct que Tan conçoit bieïi s^^noYicë olaireftieAt ^ ^ dit Boileàd; je n'ai donc qti*à bien concevoir, et tout éèt dît : Or , si je ïi'aî paâ d*esprît , je n'en âppi'éAdi^ali jaii^aiâ , et je ne concevrai jamais ; je né parlerai pas bieii , tnais ce ne serra pâ^ ma faute. Ecoofofis Cicërou maintenant : Yotis avesK beau condevoir , si votis n^apprene2 paâ k latigue, tous né la devinerez pas. Je pnâ;etids qu'il &ut donner cette {tfîaximé aux élèves, qu'elle e* plus utile que FautW.

Vou^ vc^yez bîeU que si j'entre dans tous ces détails, d'est pour vous prémunir contre les artifices ôratoii^es de la vieille méthodél On vous dira encore qu'il fiiut donc de la foi. Quel est le maître qui n'a pas besoin de la côufiàtlce dé soU élève? Danâ là méthode de sept ans, on peut, k la rigueur, argumenter avec son maître tout le lott^ Att chéifxin : on arrivera toujours à force d^années. Ghet nous il faut de la docilité et de la persévéraiice , et la route est bientôt faite, ^pendant les amateurs du chemtn^des écoliers pourrai^it enc<^e £lre satisËiits chez nous; il n'y a pas un élève qui ne puisse traineï* sur no&

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bancs pendaut sept ans comrne au collège: cha'-' Gun son goût.

Non-seulement on trouve qu'on va assez vke dans les collèges^ mais encore on se demande gravement à quel âge il faut faire commencer, les enfans ? Les fatiguera* t-on si jeunes? Le bel âge va se faner dans la sécheresse de Fétude i cette tendre fleur, sera noyée dans les larmes* Tel, est le langage de la sollicitude n^aternelle^ Le médecin , d'après ses principes, ou même ne ^ consultant que le§ alarmes de la mère, etsim" plement pour lui plaire, prononce que l'étude, est fatigante et nuisible à la santé, (c De même » que le corps a besoin d'un exercice modéré, » mais GontinueU de même l'intelligence à be-^ 3) soin 'd'iin repos absolu pour se développer* ))' Le oprps s'affaiblirait sans mouvement; mais » l'inaction nourrit l'intelligence, qui s'userait y> avant Page par la pensée. De même qu'uni ^ estomac apprend à digérer les alimens en lea » digérant; de même le cerveau ne devient ca- 3) pable de bien digérer la pen,sée qu'en ne di- » gérant rien du tout^ L'enfant est trop jeune D pour penser ; s'il pensait |k cet âgp, il ne pour- 9 rait plus penser étant homme. Tous ces pe-^ > tits prodiges so^it des sots dans l'âge mur :

9 3\i vu, dit un j^hilosophé, un virtuose de i» sept ans> il jouait fort mal du violon à vingt 3) ans. Le talent aequis dans TenÊtnce &it avor-* 3) ter le talent à venir -, de même, Fesprit qu'on n a trop tôt gâte celui qu'on aurait eu plu» }) tard. Il faut que votre cher enfant se repose. » Il n'y a point de mère qui ne dise : C*est évident* Ce n'est donc point aux mères ^ mais à vous que je m'adresse ; k vous qui avez vu les plus petits enfans faire les réflexions que nous faisonsnous-mêmes. Je ne crois pas seulement qu'on puisse réfléchir à tout âge, mais je crois qu'onle Élit. La pensée est la vie de la raison y comme l'espérance est la vie du cœur. Sans la pensée, il n'y a pas d'homme , il n'y a qu'un animal : or, l'enfant n'est pas bête; car il entend ce qu'on dit et ce qu'il dit lui-même. Si on prétendait que c'est bien assez pour lui de penser à s'instruire des qualités de ce qui l'entoure, sans le forcer à pensera autre "chose, je concevrais ce langage ; mais soutenir que l'enfant est incapable de réflexion, c'est nier l'évidence. Il est vrai qu'on m'a dit un jour qu'à cet âge le raisonnement n'était que machinal : j'avoue que je ne comprends pas plus le raisonnement machinal que la pensée (titrée d'un médeiûn célèbre*

Un enfant connaît ^ mêià bien qu*Aristot«, le présent, le pdSâé et le futur « D totfnatt ces itoh parties dn temps ^ puisqu'il ne les confond jamak ni quand il parle ^ ni quand il écoute. Or , ccMinatire n'est autre chose que distinguer. Il ne dira pas ce que c'est que le temps ; et quel pKi-« losophe le étirait dWe manière satisfaisante pouf tout le monde ? Nous disputerions ëternellement Ui-^des8us. Cependant nous ne confondons l'idée du temps avec aucune autre, et voilà ce que Fenfant £»t aussi bien que nous : il ne dit pats plus mal, car il ne dit rien; et nous ferions bien de l'imiter en cela.

Je crois donc que Gësar enfent pensait comme César au bord du Eubiconi Je ne crois pas que la pensée pousse ou se développe peu à peu. Le petit César pensait aux bonbons y et le grand César aux couronnes ; mais ta pensée ne varie point aree son objet, H &ilt apprendre bien des £ftits^ que rien ne peut nous &ire deviner^ avant de savoir ce que c'est qu'une eouronne.

lia cUQse de l'erreur commune (si ce n'est pas moi qui me trompe) ne viendrait-elfe pas de ce que nous confondus la pensée , qui nous est nalurelle, avec l'expressioii de cette pensée qui

est une acquisition et une habitude que Féxer** dœ seul peut xlonner ?

Or 9 pour parler il ne suffit pas de remarquer ; il fiiut remarciuer qu*on remarque ^ se le dire à soi-même, se parler tout bas pour apprendre à parler tout haut. Remarquer qu'il y a un pré«* sent, un pasàé, un futur, est le propre de tout faommcû On reste là, parce qu'il n'en Ëiutpas davantage dans le commerce ordinaire de la vie. Mais s'il oie survient un nouveau besoin ^éomme le désir de me distinguer, je n^ai i^u'à rémarqu«r que tout le monde sait qu'il y a un passé, un présent, un fiitur; que cela fait trois temps, que le premier exprime telle idée, el le second telle autre; et me voilà grammairien, c'est-à-dire, exprimant en français ce que je savais bien avant de m'aviser de le peindre aux yeux avec des carac-^ t^es de convention qui n'ont aucun rapport avec la pensée qui existe avant tous les caractères, et indépendamment de tontes les langues*

Je sais bien qu'on a dit qu'on ne pense pas sans U secours des langues; mais j'avoue que je ne comprends pas encore cette locution ^vicieuse. Des signes sont l'objet, mais non pas l'aide de ma pensée Des caractères écrits me font penser, et je pense quelquefois que j'ai déjà pensé cda^

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Voilà qui soulage ma mémoire. Ce qui est écrit est sans cesse à ma disposition ; j'y reviens quand il me plaît: plus je regarde la même chose, plus j'y découvre de détails nouveaux* Mais rien n'aide ma pensée. Je pense parce que j'existe^ et je n'oublie pas mes pensées, qui deviennent ainsi la source intarissablede pensées nouvelles, si je répète sans cesse le livre que j'ai adopté»

Mais enfin prenez, dans toutes ces querelles, le parti qu'il vous plaira. Faîtes répéter sans cesse 0,1,2,3, etc. : voilà ma méthode.^

Quand l'élève connaît les dix premiers chiffres, on continue. — Y a-t-il rien de plus niais que cette leçon? Quel fruit peut-on espérer d'une aussi sotte culture? Est-ce là cette méthode expéditi ve ? — Oui , sans doute ; on ne peut pas aller plus vite qu'en avançant lentement. A la guerre, on fait des conquêtes avec toutes ses forces, mais on ne les conserve qu'avec une partie dcises forces; il en est de même dans les sciences - lorsqu'on commence à apprendre, l'attention est entière; mais plus on avance, plus elle se partage; ce qui suit npufr

distrait de ce qui précède, et la conquête qui nous avait tant coûté nous est ravie.

Allons donc lentement , c'est-à-dire , répétons sans cesse. On m'a demandé par où il fallait entrer dans le domaine des sciences. Gomme elles sont soeurs , comme Tout est dans tout^ c'est une courbe fermée qui ne commence et ne finit nulle part dans l'Enseignement universel. Cette courbe aura si l'on veut des points singuliers 3 mais elle n'est jamais brusquement interrompue.^ Au surplus, cessons ce langage inconnu et hors de propos. Je pense, comme onl'avu dans la leçon qui précède, quefaire raisonner un enfant, c'est lui faire faire ce qu'il fait par sa nature. Il peut s'en-* nuyer de porter son attention sur tel objet plutôt que sur un autre; c'est alors, mais alors seulement qu'il se fatigue : vous le punirez, il s'aigrira, ilrestera ignorant, et sera devenu maussade. Voilà pourquoi la question que nous agitons est trèsimportante, quoiqu'elle s'éloigne du but de nos établissemens, organisés pour donner à tous une instruction commune et uniforme.

Mais un père riche , qui ne serait pas distrait de Famour de ses enfans par l'amour de la fortune, pourrait, d après nos principes , instruire lui-même son fils. C'est dans ce cas que la so-

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lutioi) : ps^r où £iQt-il ecmunencer, devient intéressante. Je commencerais^ moi^ par l'élude des mathématiques , si Fenfimt le voulait ; je tâcherais de lui faire vouloir ; jlrais si lentement ^ et je répéterais tant qu'il ne pourrait ni s'ennuyer ^ ni 6e Êitiguer : l'ennui serait pour moi seul, si un père s'ennuie avec son fils. — Mais si j'ignore les mathématiques? -^ i^ bien ! donnes un midtre à votre enfiint, puisque vous ne m'avez pas compris. Je vous ai déjà dit quV>n enseigne œ qu'on ne sait point quand on le veut* Gomment se Êûtril que vous ayez continué la lecture de ce livre avec vos yeui jusqu'à cette page si votre esprit est resté en arrière?

J'aEiseignerais d'abord les mathématiques, parce que c'est ce qu'il y a de plus long à. ap* prendre, et^ par conséquent, de plus difficile à retenii^. Quiconque a vécu dtx.-huit à vingt ans sait tout ce qu'il y a dans la littérs^ture* Voilà pourquoi je dis à mes élèves : Venez que je vous apprenne queje n'ai rien à vous apprendrej c'est une grande connaissance que celle4à« Connaistoi toi-même, c'est tout.

Dans les autres sciences , et en mathématiques surtout , c'est autre chose. Il ^^igit de fiiits dont

nous n^avons jamaia été les tëmoins. Dans ce sens, les géomèti'es ont raison de croire qu'ils sont plus savans que les littérateurs ; ils ont tort seulement d'en être fiers / car il n'y a pas pour cela de supériorité d'intelligence. L'enfant pent donc rester toute sa vie étranger aux sciences> tandis qu'il saura toujours la littérature sans s'en ilouter^ comme M. Jourdain faisait de la prose. lies littérateurs ont essayé dMleter un édiÇce de littératmre } mais ils se sont bien gardés d'en éclairer l^ntrée : nous aurions de suite reconnu tous les matériaux ^ el le prestige eût été dissipé. On non» conduit à Corneille par les déponens et lesr supins; cette route se &it à recalons et dans d'épaisses ténèbres ; le temps que nous pwdons à arriver de l'inconnu au connu, ee temps, dont Pennui compte en bâillant tous les instans, nous persuade que nous marchons, quand nous ne Ikisôns que piaffer. ETnfin le voile lombe« Nous voyons , ou plutôt nous revoyons la lumière. Heureux encore quand nous lisi reconnaissons , et que nous ne croyons pas avoir fait une découverte? Si nous le pensons ainsi, nous recommandons les supius et harbarà; si nous ne sommes pas dupes de la science postidie du grammairien , nous recommandons en-

^ove les déponens. Pourquoi mon Yoisin n'en se** raît*il pas?*..

Plos on est de fous, pluion nU

. D'ailleurs c'est Fattrape-vilain de nos pères.^ En mathématiques 9 la marche est directe; on ne trouve jamais que l'inconnu, c'est-à* dire, du nouveau sur toute la route, et cette route est infinie. Vous commenceriez donc par là, même dans l'éducation commune, si on vous encourageait. Mais, comme je viens de dire pourquoi on ne vous encouragera pas , continuez à faire des miracles, et dites à vos élèves : Vous voyez bien que vous savez tout cela. Ils répondront que oui , et ils auront gagné sept ans. On criera , ils riront, et leurs pères aussi. Gela ne prendra pas ; mais , pourvu que vous viviez d'une profession honorable , qu'importe qu'elle ne soit pas honorée? Quand on vous appellera charlatans , vous voyez bien que vous pourrez dire tout bas des architectes du vieux labyrinthe : Quid rides? fabula de te narratur. Et contentez-vous du témoignage de votre conscience.

Mais un père indépendant ferait bien de

commencer par les mathématiques. Lisez ce * que je vais ajouter en cachette : il y a de quoi vous faire arracher Jes yeux, A défaut du père, ' pourquoi la mère ne ferait-elle pas l'éducation de son enfant ? Si elle n'en a pas le goût , il ne ' faut pas saris doute qu'elle l'entreprenne : ce serait vertu de sa part, et on ne doit jamais compter sur sa vertu. Mais enfin si elle avait du plaisir à cultiver cette jeune plante qui lui doit déjà la vie ; si sa tendresse jalouse a déjà exclu la salariée qui l'aurait nourrie d'un lait étranger, pourquoi n'achèverait-elle pas son ouvrage ? Qui de nous oserait lutter avec une tendre mère? Tout le monde peut-être, excepté vous et moi. Je ne m'engage point à obtenir, avec ma science acquise, le succès que je promets à ses soins, pourvu qu'elle suive la route que j'indique.

Une femme! y pensez vous? Que de vient la supériorité du sexe masculin ? Vous savez bien que je ne crois pas à la supériorité d'une intelligence sur une autre. Si j'étais tenté d'y croire jamais, je donnerais plutôt dans l'erreur oppo^ sée. Je regarde, et je vois autour de moi, par tout pays , l'homme soumis à la femme. L'être

le plus faible commande ; donc, il a pftis d'es-

prit^ me dîraisrje ? Nous nous réyoltons qud^qjue&is : sll parlç^,, U, uqhs s^isfi ; souyenlj même il n*a pas^ besipîn de parler ; spn épPUM regstrcjie xm hpmmç. enaporté^ ce regsu^* Katt^Ur. dxif. à lV/^^<it; il rougit 9 i| sl^umilie : ce. rer. gard aippactieut à une langue siupérieui^e quç npi^; qe soyons pas parler, coi^me. elles^ Nous^. aycms assez d'esprit pour CQmprendre cejajp^ gagje^ maispasassezpouf Ip^parl^* Eqfîji qvian^< ttofis ne spmmes plus sensibles àcces.expres^ons: touchantes 9 à ces. signes/ que la nature leur 2^ J^PPI^ pPUi; nqus^ ramener à la rai^n y quand nous n^ le%. comprenons plus, il y, a. abfutîs$einenl^ ^ nous ce^pns d^être> hommea. Quelle preuve de : supérioi:jité , me; dirais*jerv ]||ais je n*y cr^is point, I^es.femmea ont. le«rs^: p^pus^ leturs. yices, leurs caprices comme, moi ; et voilà la question résolue. Du, reste^^ égalité/parfaite. Elles n'ont jamais fait de tragédies comme. Racine; Uacine n'ëcrirait. pas. une Ijçttre comme elles, -r: Mais une tragédie est plus difficile à: faire qu'une lettre; ilfautsa- Toir bien plus de choses» — Oui ; mais> rtntellir gence qui combine quoi que ce. soitest toujours, la: même* Il n'y a pas deux manières de voir ce^ qu'on voH : il yjtplMsieurschofi^àiVDir. Quand

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tm a étudié et répété long-temps > on les voit à la fois 9 on les combine, et on y aperçoit des rapports avec rintelligence de madame de Sévigtté*. — Mais leà femmes n'ont pas cette profdndenrde réflexion qui est notre apanage dis* tincti£ — Faites cette objection à Catherine de Rlfâ^ie dt à^ Elisabeth d^Ângleterre. Citez u^ eicenfplis* contre', je vous riposterai par un «tempte'pouf. H en efet du livre dé la nature comme des nôtres; il est plein de faits propres àisoiïtienir' toutes \k% opinions. Vaste champ pOilr là rliét0rit]tie : avis' aux amateurs. Mais riàtiff ne pbOVoÙS tirer de cfe lîVrè que des raisôtei Jlè pènsd que" la raison est dans Tensem- Me. Jls lié répdtidrai donc riieh à celui qui ne l^ra: pas Ui tbut etitier. Gè^t un petit ajournl^Qilt'indëfîiii'qae je dbn!ne aux critiques : îlâ^ oht' tant d^plomb quand je ne suis pas 1^! Ity en a uki qui débitait gravement' dans un cerclë'dônt' il se croyait Tàrade : Votis ne me persùadler^2i pals qu'on puisse enseigner lé hollandàis'^sur rËpitome latin. On lie m'a pas ^\i ce <{Uiavititété réppiidu; je sais seulement qu'on airi, et moi j'en ris aussi. Voilà comme on écrit l%btoirè. J'âîi re^u un jour la lettré anonyme quc'vùici :

^ Monsieur 9

)) Vous abusez.de riiospitalité qu'an vous a si )) généreusement accQrdée; vous introduisez des » nouveautés dangereuses. . Le mépris public )) vous poursuit, et il y a long-temps que vo- )) tre charlatanisme est jugé. Laissons toutes les . 3) phrases , et voyons les faits. Si votre méthode » était bonne, n'en n'auriez- vous pas déjà reçu }) la récompense? On ne fait rien pour vous; I» on se rit, on s'indigne solennellement de 3) votre conduite *, et, quoique vous ayez l'air de 3) mépriser ies récompenses , nous savons bien n) que c'est le langage d'une ambition qui a » honte , et qui se déguise. Nous vous counais- )) sons par£iitement, puisque , d'après vos pro- 3) près aveux , vous nous ressemblez. Mais vou- )) lez-vous que votre méthode soit bonne , c'est )) encore pis. Le mépris dont vous êtes couvert )) porte alors sur votre personne. Il faut î que )) vous ayez commis quelque crime que nous ne }) connaissons pas , mais dont il nous est im- 3) possible de douter, puisque c'est probable- )) ment un crime dont on vous accuse. Or, les 3) hommes sont si médians, qu'il est toujours

- » plus prudent de tout croire sans preuve quand

* n on en dit du ^ mal ; que dé se' fier à ses pro- 3) près yeux quand on en dit du bien. »

Moi , j'ai brûlé la lettre et je 'me^ suis dit : Basile avait raison : Calomnions,, il reste toujours quelque chose de la calortiniè.' Quelqu'un m'a f avoué qu'il n'était venu chez moi qu'en trem^blant , qu'on l'avait assuré • que je le recevrais mal : il a été détrompé en me voyant. J'espèi^e ^que beaucoup de lecteurs seront également ^étonnés de ne pas reconnaître l'Enseighemènt universel d'après le portrait qu\>h leur en aura

* fait. C'est un vilain défaut que la calomnie, et j'ai toujours dédaigné d'y répondre. Mais cette opinion de ma part est étrangère à la méthode: je ne prétends pas la défendre. Je sais' qu'on pourrait dire qu'il y a des gens qu'on peut calomnier, envers qui on ne doit point garder la fci jurée ; que ces questions sont très-compliquées et très-délicates. Je ne pense pas âins?;

* mais je reviens à mes chiffres. Cependant un homme modéré pourrait m'arrêter encore un instant; « Avouez, me dirait-il ^ entrfe nous, et je vous promets d'être discret*, avouez au moins que vous revenez un peu trop souvent sur votre personne : cela coupe le fil de vos idées y

il n'y a {»ii|$ d'unité ijb^^f t^pU ^e ^viurdAf^^ et xaus ête^yoffsrmçfpif un nwiYtfis rb^rii^e»* Cela déç^ i'|)fii|i^; yoi^ f^flfi^tieE tt^s «fssf^e jfgae ^aus rîe?, Jnai^ op emiiiia q^/e ^^ ^i^oul

4«S 4«PM; ^* ptt«*> tW Wlal> -cela n^ p£is le ^^ifîdr^ int^t ril ^'y^ pts la pluâ pc^Âtei»»^ J^r^(^i9P àpnis^r4?iBS4^.&t]r£^^ — }e ré|m»d»» .ft je jx^ dêgêc}kfi : ^ r^!^ &^ce k yotm Ride

ivfous jujger^ ^ji je ^i9 de lion co^w* Enfin y^ws l»e «n'ayez {p|s cpiipipf i»; Tau^ ^ dans fout : $i ^pn livre étaH phn^ ^P^» aiuf^ia^t via«idraîl;-U que tout autre 9 ^n l^r^jOf^poj^pit bie^ éerît. .To^ ^i €Um$ tquiz^ntmt vaut /connaître l'Ënseîgii^loeut unirersel quhin autre événenfent : c'i9St Ji^9ut un* -r- Mais • f:^ U'e^ pas apiusant. 't* 4V>ifrquoi ne jçtez^vpfis pas le livre? FaitçjS un |>^ît tour , cela vou^ distraira. »

Je ne suis pas auteur m savant ; mais je si|îs chacgé d'çn laire. Je &is ce tfae je peux pour ^e ines él^yes sachent ce que j'ignore* C^estun frime dont tous mes collègues en Europe doî^ vei^t chercher à se rendre coupables comme moi* Npi^ 4Htr^9 professeurs y nous sericins biçn peu utiles si goos élèves ne devaient 3avoir que ce que nous savons.

ftevênôhîs à htiVtè hanîtïé mère. I^y %n eftt-il <iu>àné Seule à qui ces èbs^Hràtîoris àoîéht UfifeS', je mé croirai trô^ p^y^» On dâtinè ordittâî-* Wemént dàHë dfeui ëiccSs oppb§& : tib biëh/cbinifte iiô§ pèjt^à> »h Hêfègué llen&ht avec Tés AoiAéitiques , ^Éirce qu'il h*est pas càjpSible de iràîsonnèlr; ou bien^ d^aprës Ta via de qiièlii}tiès philosopher^ oh ne lui parié que i^isbh dix fhàtih à'û soir : on lui ^{)pi*eild l'art dé péllséir comme faisait Ctmaillàc. Je circ^s que lès ëhmiis sdiit capables de Miisohhélr bbimhie lïiôi ; ôiàis j'ai souvent reifiàl^qiîië 'qu'ils h'écbùtàieht pas nos raisons ; nbtïé babil est ainsi perdu eh pure perte. Que faut-il Mte7 Je Fai déjà dit. Il faut les ihterfbgër âtUr ce qu'ils ont appris. C'est à eux à parler, à tibtis à letir faire remarquée* non pàà qu'ils déï*àlsohneht , ils le âavéht bien , faïais qùé hoiis tiëiiâ eh ietpércevbiis. Ils oht besoin d'âiiprêhiïre que l'hbmhie est tth ahihial qui distingue tr^biëh quand celui qui paHè hè sait ce qu'il dit. Ùéit k MahUde de FEnsëignement hnivei'âèL C'était cèfté de Sôcratè , avec cette différehce que l$bèkfatë iiuestibnhafit pour instruire, et c|ue hbiis <}ïfésitiè!hnans pbtir être instruits. Dans la Ipéf faôdè dé Sbcratè il faut être savant ; dans la nètre il^àffit d'être ignorant : et poîirtant, chose

singulière^ il y a peu de professeurs de notice espèce. Tout le inonde peut Têtre,. comme on voit; mais on n'ose pas s'instruire à l'école d'un en&nt ; on ne veut pas qu'il avance ^ dans> la crainte qu'il ne nous passe. J'avoue que cela est dur pour ceux qui croient que le maître, est audessus de l'élève par Fintelligence. Mais enfin voilà une méthode qui , aumoins,si elle est sotie y. n'est pas orgueilleuse comme on le dit.

Une mère peut donc servir d'institutrice à son fils. Je suppose maintenant que ce soit une fille. Commencez par lui apprendre Ja musique sur . le piano ou la harpe. — Mais si je ne la sais pas ? — Eh bien ! vous serez dans le. même cas que moi 9 et mes élèves commencent à composer au bout de quelques mois. Au surplus ^ je donnerai plus tard la méthode que j'ai suivie. Je me contenterai d'ajouter, pour le moment, que la musique ou le dessin peuvent servir de base à toute instruction. Pour me faire^ comprendre par un sepl exemple : On sait toute l'histoire quand on sait l'histoire de la musique. Ce bel art a, pour les demoiselles, cet avantage, qu'il ne leur est permis de devenir savantes qu'en musique : on est convenu d'appeler pédantes celles qui ^raient d'autres connaissances un peu approfon-

dîes. La musique est d'ailleui's un délassement des soins du ménage, et. comme ce délassement n'est blâmé par perspnjne , vous pouvez profiter 4e la permission.

Je ne parle que d^instruction , et non pas , d'éducation. Une.mère n'a pas besoin de conseils . pour l'éducation de sa fille. Les traités d'éduca- . tion.peuvent être remplis d'excellentes observations; ils. peuvent servir de modèles de. style; mais le problème de l'éducation est insoluble; . car ici tout est dans la volonté : c'est le domaine de. la conscience 9 et, nous. en avons tous. On ne

peut rien nous apprendre en. morale. Je connais des enfans gâtés qui sont, devenus, trèsaimables; d'autres qui sont restés insupportables. Il n'y a point de résultat, fixe de tel ou tel

- système. On pourrait cepeiulant se. faire un sys-

. tème qui^au moins, n'aurait pas d'inconvéniens, s'il ne produisait aucun avantage : c'est de donner

. toujours de bons exemples aux enfaqs. Si quelque mère prenait confiance dans ce plan d'éducation , il n'y en a. point qui ne soit capable de le suivre. Eût-elle quelque défaut ^ elle ^ime sa fille; elle, sacrifiera tout à ce tendre objet de son affection. Nous aimons bien nos enfans; mais la

,, tendresse maternelle est une espèce de passion

dont on fefët tout attètelb^* DanMèz de InmIs •umptes à voâ^exi&^s, ih tè^tfèWt le bôrnbëtlr «ktat vous jouissez t>ai* te ^ëtttx* Gè s^ctàdlé ftt la meilleure leçon qu'ils pui^âëiit recîeVoir. 'Si ^e ifl» piroflte pa^, croye^'-tnoiy ^ôuffi'^ %h siilenee^eln'àjoutéz {ïas à vosdouteAr&rateerkùitie du ïre^et *de ^ avoir pks suiVi «m autre syâl^mc. Ilestlûen toalbeardusementné èéliii que regketâ-* pie d'une mère Terlueme fie peM ramener à la vertu I

Quand à instruction ^ c^^t âutr^ éhose. Il y a eertainem^BUt dBS chemins plus côun^, et d'autres i^lus longs. LMlèvé n'apprend paé parce que lîoUs ne savons rien yle paradoxe serait tit^ rët^ltant ; nsais il apprend quoique nous ne sachions pas. Il s'instruit liii-' même; nous ne &isons que le dirigei*. C'est probaUetoent à celk que se rë-* dmfiàit la maîtrisé du prolc^seur d'Archimède. JDaifs Tancienne méthode ^ on distribué des maitrés sans nombre tout te long du èhenrîh. Chacun arrête l'élëve pour lui &ire un long edute tout nouveau^ et lui délivrer un transit àtec lequel on est admis chez le conteur voisin. Mais quelle garantie ^ quelle assurance a*t-on qu'iitie exacte {MToportion a été observée diins là solidité de tous cea échelons successif ? Si l'un tient k

casser en l'oot^ , Vélk^ qui a grisivi long-^emps lfis^ ia €»lbuli$; ^t l'on à déjti ait ayant îHibi-èii fan armait àind , cle <âiuté eh ekutff ,

Clhez nous un secil maître faît tdiit ; il a tout -Finmneny ou toute !a hdnté : Voil& tAie gairàfitfe anffisantie pour le public, n tiè peut être dupe iong-temps. On nfëcrit d* Anvei^ qu\in en&iit q«ii ne connaissait pas les lettres ^ a su lire et écrire Coui^amment en quinze jours j[>ar nôtite mëtliode. Le professeur y M. de Séprez y enseigne tout seul les langues vivantes et les langues mortes 9 le dessin ^ les mathématiques , etc. J*a* voue que M. de Séprezi, qui a été élève à Técole polytechnique y sait les mathématiques; je reconnais même quUl faudrait une ardeur de père pour diriger son propre fils dans cette science si on ne la connaissait pas, La raison en est que répitome de cette science n'existe pas encore (1 ) , et qu'en fin de compte ^ quand nous montrons ce que nous ne savons pas^ nous ne Élisons qu'indiquer Tordre qu'il faut mettre dans les études et dans les lectures successives.

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