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noble acoès^ noble convulsion ! Cest la Ijngue des Petites-Maisons. Gardons-noifs bien de pénétrer dans 'ce noble sancâiaire où réside la divinité qtti Ëiit l'objet de ce noble Ëinatisme.» . Quant & nous ^ restons dans la question si nous pouvons : voilà TËnseignement universel. Nous disons à Télève : Lisez cela; qu'avez-vous lu ? Relisez-le; qu'avez -vous retenu? Combinez; quel rapport avez- vous aperçu? Ecoutez cette phrase musicale ; que sentez-vous? S'il est tenté de dire^ui^ie sottise pour se délasser en route^ point de logique y point de syllogisme en forme pour lui prouver qu'il a tort': il le sait bien. Nous lui demandons : Qu'en pensez-vous? Et il n'y révient plus.
Je suis la même marche avec les grands en- Êins^ il yen a un qui a dit de moi : Il a du bon, mais c'est un original. Si. le grand enfant était devant moi^ je ne lui donnerais pas une leçon de logique. Tout le ixionde sait la logique^ je le ferai voir un jour; je ne lui; dirais pas : Vous changez I9 question ; l'Enseignement universel peut donner des résultats que vous appelez miracles ^ quoique trës-naturels, et je puis être un orîçînal« Je ne dirais pas non plus : Je me suppose original^ et vous copie'^; reste toujours la
question : lequel vaut mieux de la copie yous^ ou de Toriginal moi? Je ne dirais. rien de tout cela. Je le regarderais jusqu'au fond de Tâmé^ et je lui demanderais en riant : Qu'en pensezvous ? Sa conscience lui dirait : Tu vois bien que l'original a raison ; c'est toi qui déraisonnes.
Uëtudedes mathématiques a cet avantage , de nous montrer, par un résultat évidemment im^ possible, que nous avons fait un faux raisonnement. Quand on ajoute 1 à i otia |; en générali- . «ant , on pourrait indiquer le procéda suivant .pour tous les cas semblables : Ajoutez les deux termes de la fraction, et divisez le résultat par 2. H feu t donner des procédés à rédiger. La marche de l'esprit humain est la même que celle qu'il suit pour parler du courage et da la patience eh lisant un récit de faits et d'actions où brillent ces deux vertus. L'intelligence saisit tous les détails du fait qu'elle considère; elle fait le triage de ceux qui peuvent l'éclairer sur l'objet de ses recherches; elle écarte, elle oublie, elle ne regarde pas ceux qui peuvent varier ; elle en lait abstraction pour ne s'occuper que des faits essentiels à la solution qu'elle cherche* L'objet qu'on étudie , débarrassé pour ainsi dire d'enveloppes étrangères qui le cachaient, parait II
mi sous la fom^e qui lui est propre, il né reste; pilus qu'à généraliser .ce qu'on voit ; et l'exprès-* i^on , quand on sait la langue ^ transmet dans .toute sa pm^ete^ dans tout^ son iénergie, Timage de ce que Ton a pensé avec les sentimens qu'on 9 épi*ôuyës pendant la conteni^lation ^ la . méditation de Tàme sur les faits qu'elle a considérés attentivement ^ et soigneusement' combinés entre eux.
Vous vous trompez y dit I^ant , la certitude mathématique ne vient point des êens. .Les sens ne peuvent nous présenter que des faits pav-* ticulierf, une conséquence tirée , par analogie^ de quelques &its connus à tous les autres qu'4m n'a pas vérifiés ; celte conséquence n'est pas une certitude mathématique : c'est une cmyance hypothétique et sous condition que rien nue viendra jamais saper le petut systè^ie qu'on a construit , et qu'on suppose irréfi:a^able jusqu'à nouvel ordre. De cette nature sAit tous les syfr« tèmes des sciences dites exactes : la première décoirrerte renverse l'hypothèse; 4in en Ëiituna autre qui dure jusqu'à nouvel ordrç y et ainsi de suite. Mais en mathématiques j en logtquA méme^ il est des axiome qui ne craignent ^tu^ eune révdiutîon 4iansles.«ciênM5; por.taem^
pie : Le tout est plus, grand que la partie. Gel axiome 9 aussi vieux que Tespèce humaine^ ne doit pas Texistence au nombre des Êdts qui l'attestent. Il ne signifie point : d'après tous les Êiits connus jusqu'à ce jour , je crois que le tout est plus grand que la partie. Nous Voulèns dire une Térité éternelle y immuable ^ indépendante de tous les corps ^ antérieure même à la création de la matière. Ce n'est pas une loi imposée à mon intelligence par les corps qui ont frappé mes sens^ c'est une loi que mon esprit^ .oo^ comme dit Kant ^ que le cognitif impose à Toft^ jectif, .c'est-à-dire, même aux corps ^ui me sont inconnusr Si Dieu créait un corps nouveau, le tout serait plus grand que la partie.
Cette objection dit Kant* parait d'abord trèsspécieuse , et il semble au premier c6up-d'œit que Locke, à*qui elle est surtout adressée, n'aurait rien à répondre. D'après Kant le co^nitify c^est-àndite , l'intelligence , a des idées à lui, indépendantes de Yobjectify c'est*à-dire , de la nature. C'était l'opinion deSocrate : quand il interroge un petit esclave , il l'amène par ses< questions à omstruire un carré double d'un autre aussi bien que les géomètres du temps» Socrate conclut de cet exemple que l'àme de
cet enfant qui n'a rien appris , se rappelle toutes les propriétés des lignes et 4^ espaces ; et Socrate ne paraît point étonné de tout cesavoii^, puisqu'il est hors de doute ( et c'est ce qui ren^ verse Tinterlocuteur , et achève de le confondre ) que Fàme y par la métempsycose , a été instruite de tout ce qu'on peut savoir y puisqu'elle a vécu depuis des siècles , habitant des corps de toute espèce , des corps d'animaux , d'oiseaux , de reptiles, de femmes 9 de petits , de grands^ de pauvres et de riches.
Je suis de l'avis de Socrate pour la logique et la morale; je pense que celui qui a vécu dix-^ huit ou vingt ans sait tout cela , uniquement parce qu'il a vécu. Pour les sciences y c'est autre chose : Socrate même ne les suppose connues que par la vie de l'ftme pendant la transmigration : or ^ je ne crois pas à la métempsycose.
Je vous conseille donc d'étudier les mathé-
matiques comme si vous n'aviez jamais été Socrate^ Platon^ Pythagore, ou Archimède^ ou . Kant.
L'opinion de Kant parait plus soutenable que celle de Socrate. Car y si j'ai été autitefois péripatéticien 9 par exemple ^ que je reparaisse
4eii5 la forme fëmînîne ^ et que j'éfwmse rni in^ jdiyidtt qui ^ dje scyi yivant d*autrefois était. jpla* tdoicien, les souvenirs de la femme et du mari 3Ç heurtant sans cesse, nous ferions, saifis doute, tnatiyais ^ménage ; Socrate et Xantippe étaient probablement dans un cas semblable^ ainsi que .bèauccmp d'autres. Tout ceque je dis paraît bien flot, et pourtant cette raison d'ineompatibilité -allumeurs eût pu être allégée dans Platon ^ dans 4a discussion du divorce, et nous lirions cela très-gravement parce que cesserait du Platon; f€t Gicéron nms dirait : JTaime mieux me trùm^ per apte Platon que d'avoir raison avec mi autre. Voilà ^ je Tespère^ la i^he torique prise sur le •&it. Ge n'est pas que je veuille faire passer ma -petite bistoire ; c'est un exemple des métamor* pfanfiâs et des rencontres plaisantes qui en sciaient la suite. On peut en imaginer d'autres que je veux laisser deviner : cela ferait un joU petit roman.
\j^ rcmian de Kani est beaucoup plus sérieux : nt-il .plas vrai? Mon intelligence^ dit-il, donne des lois à la nature. Sans doute ; mais s'il n'y* Avait point dénature, nousn'aurions pas jugé, nottô n'aurions pas iI^posé.des lois. Si Dieu créait HB'Corps^ hr tout seraitplus grand que la partie*
Gda ne êlU; auciune difiicuUé , puisque qoua appelons corp3 Un tout qui est plus grand que sa partie.
• Cependant je crois ^ comiae Kaat , que ma &culté de juger des corps est indépendante de leur existence , dansée sens qu'ils ne lui donnent pas la faculté 9 mais qu'ils lui fournissent Toocar sion de fexercer.
. Ainsi^ dans un sens, Secrate a raison : l'es» prit humain est cap^Ie de tout deviner ; il contient toutes les sciences ; il les invente coiome s'il s'en souvenait. Locke a raison : s'il ix*y avait pas de corps nous n'aurions jamais dit : le tout est plus grand que la partie. Kant a raison : quand je ne verrais qu'un seul corps , j'ai la Êiculté de comprendre y aussi nettement que si je les voyais tous, que le tcmt sera toujours plus grand ,que sa partie.
Tout le monde a raison • et moi aussi ; mais étudiez toujours les mathématiques, et ne lise^ pas cela. Heureusement que notre méthode en est indépendante : vous concevez pourquoi on voudrait que ce fût une théorie.
Comme il i\e s'agit pas ici d'apprendre les mathématiques,- mais d'avoir des notions élé-: mentaires de cette science., je m'arrête là jus-
qu'à ce que l'expérience de M. de Sëprez ait éhé &ife« Je vous ferai connaître le résultat. Il me suffit pour le moment de vops dire que la méthode est la mâne pour la langue des mathémartiques et pour la langue maternelle.
Apprenez les faits et les expressions de con-^ Vention qui. les rappellent à la pensée. Fdkes les exercices dont nous avons parlé. N'oubliez pas la table de Pythagorc: il &ut la faire Té* péter tous les jours.
Pythagore était un grand homme. Son nom veut dire qui persuade une assemblée y ou bien discours persuasif. Je finis par cet exemple dans l'esprit de notre méthode. Quél'étymologie dont il s'agit soit vraie où Êiusse , peu 'importe ; le rapprochement que nous venons de Êiire vous apprend deux radicaux grecs. On ne peut pas les oublier , car ils se rapportent à un mot que vous répétez tous les jours. Ceux qui savent le français savent le grec et le latin; mais ils ne * s'en doutent pas. Nous tâcherons de leur montrer que nous n^avon^ rien à leur apprendre à cet égard. Il n'y a pas un de mes lecteurs qui ne soit beaucoup plus savant qu'il le croit; Nous sommes risibles avec nos prétentions , parce qu'elles portent toujours à Êiux ; nous ne tenons
pas compte de ce que nous savons : nous per* 4ons ainsi le fruit des études que nous avons Élites sans étudier. L'Enseignement universel nous apprend à jouir ^ par la réflexion^ des con*naissances acquises dans l'enfance; sans nous tourmenter à amasser sans cesse de nouveaux trésors : Heureux celui qui sait tout ce qu'il sait!