SOS
gagne un pitTcès inventé tout exprès pour éput-r ser ses forces > et il perd le procès qull s*était chaîné de défendre.
Voyez Gochin : il discute tout; mais il donne à chaque discussion l'importance qu'elle mérite: il ne perd point de vue son objet principal. La
demoiselle Delorme a dit oui librement et sans
contrainte. Voilà- la question : on ne peut l'arracher de ce poste inexpugnable.
11° Mais ces observations sont^elles plus importantes ou plu^ instructives que d'autres réflexions ?• Je vous ai déjà dit que des réflexions ne constituent pas une méthode. Ce ne sont point les grammairiens ni les rhéteurs qui nuisent à notre instruction : ils ne nous pervertissent point] mais nous nous retardons en commençant par les rhéteurs, et je tomberais moi-même dans cet inconvénient, si je croyais que mes remarques vous rendront improvisateur. Je réfléchis pour vous montrer que vous pouvçz réfléchir. Je veux vous encourager en vous donnant l'exemple. Quand on donne une leçon de dessin ou de musique, if £mt chanter b^en ou mal , peu importe ; il faut prendre le crayon, et le manier en présence de vos élèves; il &ut improviser pour leur donner de la con-
fiance; il ne $*agiip*as de ks écraser de votre supériorité naturelle, : au contraire, tant mieux si vous êtes vaincu : reconnaissez de bonne foi leur supériorité aéquise; mai^ exigez sans cesse davantage. Bientôt il li^est plus question pour Félcve d'égaler son maître j il y a long<-temps qu*il Ta devancé ; il s'agit dç se surpasser soimême , cela se peut toujours : c'est une route qui ne finit point. Celui qui marche le plus se trouve à la tête des voyageurs; mais il n'arrivera jamais à la perfection , pas plus que ceux qui le suivent.
Voilà ce que nous feisons pour .diriger nos élèves dans l'étude de la langue maternelle. Je vous expliqueraiydansles lettres suivantes, notre marche pour apprendre une langue étrangère, la musique, la peinture, dont lès résultats sont établis , etc. j etc.
La méthode de rEnseignement fknîverscl, depuis la lecture jusqu'à l'improvisation , est donc tout entière dans ce' peu de mots : SacJiez quelque chose y rapportez^ tout le reste par votre réflexion, et vérifient leè réflexions d'autrui sur ce que vous savez.
Uaneienne méthode, la voici: Commencez par les réflexions de d'Âguesseauj de La^
harpe ^ €tc«, etc.] au bout de dix mis^ vous serez ui^ocat plaidant*
Dites à cent qui voudront disputer sur ces méthodes : Choisissez \ mais ne vous Êichez pas^ si vous pouvez : il n'y a pas de quoi. Si vous rencontrez par exemple Cephise quand vous espériez Célimèneà la page i 27 de ce livre, con- , tentez- vous de rire du quœpro qud. Les bévues, les erreurs , les paradoxes des chapitres de cette lettre, les petits axiomes de Tauteur, peuvent servir d*aliment éternel à vos plaisanteries. Tout a un côté risible en ce monde : TEnseignement universel comme les académies, les instituts et les universités, le savant comme Tignorant, le moqueur aussi bien que le moqué. Mais , prenez garde, si l'expérience est décisive, vous aurez beau ne la point répéter ^ l'injure la plus grossière, la plaisanterie la plus délicate ne seront que de la rhétorique perdue. Si le fait est vrai , vous n'y pouvez rien. Allons, enfans, riez tout de suite , mais ne vous mettez plus en colère. Gela est malsain.
Voilà , mes chers élèves , ce que vous pouvez répondre aux furieux, aux pamphlétaires et aux calomniateurs, si vous ne jugez pas qu'il est encore plus sage de vous taire. Quant aux per-
sonnes qui n^ont pas de prétentions ^ vous n'aurej^ rien à démêler avec elles. Un homme rai^ sonnable ne conteste pas la possibilité d^ane ex* périence; il la vérifie ^ ou il n'en dit rien : mais alors il ne se targue pomt de so& amour poor le progrès des sciences : ce seml une inconséquence.