‹ Enseignement universelChapitre 33 sur 36 · HP · texte numérisé non relu

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POST-SCRIPTUMj(-i),

Je fus nommé , le 29 juin 1 8 1 8^ Lecteur pour la langue française à l'université de Louyain« M. Falk, homme d'^esprit^ en ce moment ambassadeur en Angleterre, était alors ministre de l'instruction publique dans le royaume des Pays-Bas,

J'ouvris mon cours à l'université , le 1 5 octobre 1818. La salle était remplie; elle retentit d'applaudissemens. Un professeur.de l'université qui était présent, écrivant à uîi de ses amis à Bruxelles , pour lui •rendre compte de cette séance, disait : U enthousiasme était semblable à celui qu excite Talma sur la scène ^ quand le

(i) Ce post-scriplum a ëtê ajouté à cet ouvrage, à partir (le;Ia quatrième édition , pour rendre toute contrefaçon impossible tm. France. Voir la préface de cette dernière édition.

( iVate (Us éditeurs.)

public ne peut s'empêcher de rinterrompre en applaudissant.

Ce premier succès me valut l'honneur d une diatribe, dans un journal qu'on rédigeait alors à Louvain* C'était un journal dé Topposition , et je fus accusé de m'être vendu à Poligarchie. Je ferai connaître cette diatribe.

Telle était l'opinion que les hommes de l'opposition avaient de moi, et, quelques mois après, le parti contraire s'éleva contre le novatéuî^. M. Falk écrivit, à cette occasion , une lettre à M. le recteur Harbaur (i). Voici ce que i^pondit le révolutionnaire vendu h Voligar'chiè.

cr M. le Recteur,

» J*ai réfléchi à ce que vous m'avez dit hier. J'ai pensé qu'il convenait à ma position de vous donner une réponse écrite. Il m'est impossible de rendre compte de chacune des expressions doMt je me sers en parlant; mais comme l'interprétation qu'on peut donner à mes parôles compromettrait la tranquillité dont j'ai besoin, je renonce dès ce moment à faire un

(i) Voyexle volume Htathematigues,

cours public 9 et je me bornerai à donnet* des leçons à ceux des élèves qui m^en demanderont, conformément au règlement. J'ajoute seulement que je crois avoir été utile à la jeunesse ; je crois avoir mérité Testime des pères de famille; je crois mêmC; avoir bien mérité du gouvernement, dont je n'ai jamais parlé que pour vanter aux Belges le bonheur qu'ils ont de vivre sous des lois égales pour tous. JTinVoque, à cet égard , le témoignage de tous ceux qui m'ont entendu.

« J'ai l'honneur d'être, avec respect et re^ connaissance, etc. » <r .

Ainsi le cours public avait cessé. Tant qu'il dura la salle était remplie, non seulement d'auditeurs de la ville , mais encore d'amateurs qui venaient des villes voisines, pendant l'hiVer, pour m'enténdre. Je posais à cette époque lés fondemeiis de l'Enseignement universel.

J'invite les antagonistes à lire attentivement l'article de V Observateur], que je leur donnerai dans le second volume. Ils se reconnaîtront; ils verront qu'après onze ans, ils ne disent rien de nouveau contre l'Enâeignemerit universel : Tout est dans toi^t; c'est-à-dire, tout ce que les antagonistes de tous les pays écriront, est dans ce

qai a été écrit par les antagonistes belges» C'est une preuve de l'égalité des intelligences , tirée des écrits mêmes de ceux qui soutiennent Tinégalité.

Je publie le pour et le contre. Je ne veux pas tromper les pères de famille , en leur cachant ce que mes adversaires regardent comme des raisons. i

Français , l'Enseignement universel , que j'ai établi depuis long- temps en Belgique , commence à être connu en France. Plusieurs pères de famille français ont déjà profité dti bienfait de l'émancipation intellectuelle. Vos docteurs sont menacés dans ce qu'ils ont de plus cher au monde: nous avons attaqué leurs prétentions à la supériorité intellectuelle. Plusieurs d'entre vous ^ méprisant ces oracles intéressés , ont osé essayer d'instruire leurs enfans eux-mêmes jet, malgré l'anathême prononcé par une corporation qui vit de vos préjugés , les succès ont couronné l'entreprise.

J'apprends avec plaisir que , sur tous les points de votre royaume, l'émancipation intellectuelle fait de rapides progrès. Il a fallu long-temps pour que vous fussiez instruits de ce qui se passait en Belgique. J'ai rencontré beaucoup d'obs-

lacles ; mais je les ai vaincus. La coalition des sayans belges est rompue; on se taisait^d'abord pour ne point publier une nouvelle qui pouvait vous tirer de votre léthargie. Ce silence était calculé. Ils avaient prévu que vous porteriez , dans FEnseigriement universel, cette activité qui vous distingue; il n^leur reste plus aujourd'hui que l'espoir de voir bientôt s'éteindre cet incendie qui s'étend avec une effroyable rapidité.

Vos savans se taisaient d'abord par calcul; aujourd'hui ils se taisent par force. Maintenant , ma voix parvient jusqu'à vous; les journalistes, qui vous promettent pour votre argent de vous instruire de ce qui se passe dans les sciences, lés journalistes font . cause commune avec les savans que l'émancipation intellectuelle a détrônés.

Le journalisme a ses prétentions comme l'université. Celle-ci défend sa suprématie intellectuelle; elle vous enrégimente dans des collèges où l'on explique à vos enfans qu'ils ne peuvent pas se passer d'explications. L'autre ( je veux dire le journalisme ) reconnaît la nécessité des explicatiofts ; seulement il les voudrait autres. Ainsi le joug vous attend des deux côtés ; ces messieurs vous invitent à choisir : voilà

Je véritable sujet de la dispute entre eux. Ils sont venus à bout de vous dégoûter de la longe universitaire ; mais ils vous en destinent une autre. De quelque coté que vous vous tourniez , vous ne voyez autour de vous que des brides de forme différente. Depuis que le monde existe , les peuples n^ont jamais reçu 4'2iutres instructions. On n'a jamais songéqu'à bâter vos intelligences. Je viens vous appeler à Témancipation intellectuelle, et l'université et le journalisme s'entendent à merveille pour étouffer ma voix. Ils ont réussi pendant long-»temps. Enfin les faits vous sont connus. Songez-y bien; ne renversez pas le cavalier qui vous monte pour prêter le dos à celui qui veut vous monter. Votre intelligence n'a besoin ni de l'école normale , ni de l'université , ni de la société des bonnes brides. Un Lyonnais , un Bourguignon, un Français enfin , n'ont pas besoin de l'avis d'un Parisien pour se décider, et réciproquement.

Si quelque maître explicateur jette , par hasard, les yeux sur ce que je vous écris, il va se mettre en fureur ; ce n'est pas ainsi , dira-t-il , que Ton doit nous parler. Nous méritons des égards pour notre dévouement, et nos talens ont droit au respect. N'écoutez point ces sornettes et

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