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répondez-lui : Le fondateur ne parle point à vous^ monsieur 9 mais il parle de vous. Gela est fort différent *, c^est aux Français quHl adresse la parole ; il nous appelle à l'indépendance inteU lectuelle. S'il faisait un discours dans une salle universitaire^ en présence des faisceaux^ en face des bedeaux, et autres ^ le fondateur ne serait pas assez mal avisé pour leur reprocher Tinfàme intention de soutirer les écus de celui qu'on abrutit; mais quand le fondateur nous parle à nous de Fét^ humiliant où le genre humain a croupi jusqu'à ce jour, il ne peut crier trop haut. Nous dormions, il faut bien qu'il nous réveille. Mais enfin, quand il serait vrai que vous ayez droit à quelques ménagemens de sa part, le peuple français ne vous doit rien, et il vous Élit de terribles reproches. Nous vous dirons : Ceux d'entre vous qui connaissent les faits de l'Enseignement universel sont inexcusables. Ce peu de mots suffira : descendez dans votre conscience, malheureux ! l !
Répondez ainsi, pères de famille, et ne discutez point. Employez un temps précieux à profiter du bienfait. Imitez les Belges. Ici depuis ^ long-temps, un père pauvre fait l'éducation de son fils. On a dit aux Belges toutes les savantes
choses que les explicateurs désappointes tous dëbitent. Les Belges ont un caractère calme •, ils ont fait les essais sans rien dir^ , et ils se sont moques de leurs savans. Mais leur joie intérieure a été long-temps sans sortir de l'enceinte des familles. Quant à vous. Français, vous êtes, par votre caractère, plus efirayans poui* le despotisme intellectuel. A peine avez-vous eu connaissance du bienfait , que vous en avez profité. Vous avez parlé, vous avez discute avec les docteurs, vous leur avez fait peur , ils sont venus près de moi. Cette visite tardive m'a fait rire à leurs dépens; je leur ai fait çntendre que je n'étais pas dupe de leurs protestations , et que , sans les clameurs et l'indignation des pères de famille , l'école normale de France ne m'aurait point fait un hoimeur dont je sentais tout le prix.
C'est ainsi que les choses se sont passées en Belgique, dans le commencement. Cela devait être. Tous les peuples se ressemblent. Prenez-y garde , Français ! Si vous croyez être plus avisés que les autres nations , selon l'expression touchante du duc de Lévis ; si vous prêtez loreille à ces flatteries académiques, vous retomberez bientôt dans l'abrutissement. On flatte un
cheval pour le brider, et la bête se laisse faire. On dit que les Français sont plus avisés que lesiiutres peuples ; cela Êiit toujours plaisir à entendre, et pendant que Tamise jouit sottement de cet éloge, on l#tnène au collège pour le dresser, précisément ôomme s'il n'était pas avisé y comme s'il était un Hottentot. On le traite comme les explieateurs allAiands traitent leurs pauvres petits compatriotes. Français I retenez bien ceci : Qn ne regarde comme véritablement avisés parmi nous que ceux qui sont diavis qu'on les bride.
Que messieurs les savans de la France me permettent de vous entretenir un instant; ce n'est point à la nation savante que je parle : c'est aux pauvres, c'est aux ignorans; voilà le véritable public à mes yeux. Or, quoi qu'en dise M. le duc dç Lévis , ce public*là ne peut pas se plaindre que je l'aie jamais insulté. ^F'ai l'intention de lui être utile, voilà tout. Pour arriver à ce but, j'ai pris, il est vrai , la liberté grande de me divertir aux dépens du public académicien ; quelquefois j'ai ri du public des bonnes méthodes, souvent du public universitaire. Puissé-je vous avoir inspiré un peu du mépris que je sens pour ces publics-là ! OJi !
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$i j'étais asses. heureux pour vous avoir donné de la dé^nce pour leurs promesses explicatri* ces ! Ces divers publics y qui se disputent l'exploitation du public auquel je parle ^ prétendent qu'on ne peut , sans indé^nce, attaquer leurs prétentions. Il ne faut parler d'eux , di* sent-ils ^ que dans des termes convenables, c'est-à-dire, qui leur tonvîibnent. Ainsi ils veulent vous abrutir, mais il est défendu de vous en prévenir. C'est attaquer les lois qui ont organisé l'abrutissement. Ainsi on vous déclare qu'il ne vous est possible de vous ins- ' truire qu'avec de l'argent, et il est inconvenant de vous dire le contraire. On vous force de vous asseoir au banquet des sciences, à tant par tête, et ces aubergistes se fâchent si l'on veut vous &ire voir que le repas scientifique vous coûterait moins cher en famille ; ils ne vei}lent rien rabattre du prix de l'écot, sous prétexte qu'ils n'ont pas d'autre moyen de subsistance.
Cependant ils ffientent quand ils parlent ainsi. Je ne le dirais point si j'écrivais pour eux, parce que cela ne serait pas poli. Mais, entre nous, ne voyez-vous pas que le subterfuge est maladroit. Un maître est utile aux hommes ,
il est nëceâsaire à Tenfanc^e ; mais un^^ maître explicateur est abrutissant. Vous aure2 beau les payer comme maîtres y eïi vain leur subsistance sera-t-elle assurée ; si vous ne reconnaissez pas la nécessité de leurs explications , si vous n'humiliez pas votre raison devant leur raison, votre intelligence devant leur intelligence, le salaire ne suffit pas à leur orgueil ; si vous ne dites , avec M. le duc de ^Léyis , que vous êtes presque tous des bêtes; vous seresç excommuniés par l'académie française. M. lé duc n'est pas maître d'école : il est riche ; ce n'est point à votre argent qu'il en veut s il n'en a pas besoin : mais M. le duc, aussi bien que le maître d'école> s'entendent parfaitement sur l'infériorité de vos intelligences.
Gardez-vous de cf oire qu'il y ait en France trente millions d'âmes. Il n'y en a peut-être pas qua^tre. Il s'en faut bien que toutes ces âmes soient faites à la même ressemblance ; on a vu des siècles, selon M. le duc, qui n'ont pas produit une seule âme véritablement digne de ce nom. Les trois quarts du temps on ne voit sur la terre que des âmes sans intelligence; les autres sont très*raresj et il est douteux que la France en puisse montrer une seule, sans
compter M. lé duc de Lëvis et les recteurs uni- ▼ersitaîres-
S*il en est ainsi , Français accises l j'avoue que TEnseignement universel ne peut pas vous être utile 9 car il suppose que vous avez tous la même ^àme. M. le duc de Lévis a voulu évidemment vous faire la cour à mes dépens quand il vous appelle Français avisés. En eflFet^ combien peut-il y avoir (d'après les principes de M. le duc) de Français qui soient réellement avisés ? Peut-être deux ou trois à Tacadémie ou à Tuniversité^tout au plus. Il est vrai que Tacadémicien n'a pas dit que tous les Français sont avisés , autrement ils seraient enrôlés sous les drapeaux de TEnsôignement universel. Voici l'expression textuelle : Le Français avisé. Y a-t-il de la malice dans le choix de celte expression ? Si le Français signifie (par synecdoche) les Français y c'est un de nos disciples qui a parlé ou bien c'est un flatteur qui vous appelle tous avisés j et qui pourtant pense que les trois quarts d'entre vous sont des imbéciles. Mais si, par hasard , le Français avisé voulait dire qu'il n'y en a qu'un qui soit ame dans tout le royaume , quel serait ce Français avisé? Sans doute notre dernière interprétation est la plus conforme à
Topinion de Tinëgalitë professée par M. le duc. Mais nous voilà dans une grande perplexité : comment faire pour tléterrer cet avisé parmi trente millions de non avisés ! Quand un Français voyagera hors de la France, les étrangers se demanderont : Est-ce Pavilff? Si M. le duc va prendre les eaux dç Spa, à quel signe certain pourra-t-on reconnaître s'il est ou s'il n'est pas le Français avisé? M. le duc, dira l'un , a Élit une jolie lettre au fondateur ; cette lettre n'est point écrite en allemand : c'est peut-être le Français avisé avec lequel nous avons Fhonneur de nous baigner. On fera mille conjectures; il est est pair, — c'est vrai; — il est duc, c'est vrai ; — il est académicien , — c'est vrai ; n^is cela ne. démontre pas qu'il est le Français avisé.
Ainsi les étrangers resteront dans le doute. Ni le front , ni le crâne d'un Français ne sauraient lever la difficulté ^ et le Français avisé du XIX* siècle est .un être de l'imagination d'un acadéinicien.
Tous les Français sont avisés. Vous voyez que je suis plus généreux que M. le duc. Mais, soit dit sans vous fâcher, je crois que les Ailemands sont aussi avisés que vous. Je crois qu'un
petit pauvre est wisé comme un petit ridbe, comme un petit duc.
Savez-Yous^ peuple français ^ pourquoi M. le duc de Lévis a une si petite idée de votre intelligence, et surtout pourquoi il vous le dit avec tant de cofinance? C'est qu'il sait combien vous vous croyez supérieur aux autres peuples. Du moment, en effet, que vous admettez ces ca^ tegories d'esprits parmi les peuples, vous êtes conduits, sans pouvoir répliquer , jusqu'aux dernières conséquences de l'académicien. U caresse votre orgueil en vous disant que vous êtes le peuple asdsé. Puis il ajoute : Il y a des grands peuples plus avisés les uns que les autres ^ et il y a la même différence intellectuelle entre les petits peuples. Ainsi le Parisien est plus avisé que le Breton ; l'académie de* Paris est la plus avisée à^ toutes les académies de France. Français, vous comprenez maintenant qu'on ne vous appelle avisés que pour mieux vous brider. Mais voici une autre cause de l'état où l'on vous a mis j voici un nouveau moyen de rhétorique dont quelques-uns d'entre vous «ont peut-être encore dupes : les académies avisées étant une fois instituées ^ on vous inculque de bonne heurte un certain respect pour
cette espèce d'mtelligence. Peu à peu les règles de la grammaire deviennent la loi suprême et vous croyez bonnement que vous n'êtes pas hommes parce que vous n'êtes pas grammairiens. Je viens vous appeler à l'émancipation ; je vous invite à secouer ce joug honteux. Vos tyrans essaient de vous retenir par les préjugés qu'ils vous ont donnés : tantôt je n'ai pas le fon cowenablef disent^ils, et cela prouve que je ne sais pas ce que je dis. Il ne s'agit pas de raisonner, il faut prendre un certain ton', et comme c'est l'académie qui donne le toit, c'est elle qui juge si celui qui pairie a raisonné bien ou mal. Voilà où vous en êtes avec vos maîtres en
intelligence. Par exemple, le paragraphe que vous venez de lire est d'un style lourd , lâche , etc., l'académie en conclut que je déraisonne, et peut-être quelques Français avisés répéteront cet arrêt académique. Si j'ai le malheur de dire, que l'université abrutissante lève un impôt conséquent siû* vos intelligences abruties , on vous dira que l'expression impôt conséquent Vie^ti^^ française, et que , par conséquent , vous n'avez pas à vous plaindre de cet impôt. Ainsi, on ne peut point penser si on ignore la grammaire ; et comme l'académie avisée a été établie juge en
&it de grammaire par la loi y Aie se déclare juge de vos pensées et des miennes. C'est là qu'on voulait vous amener y et Ton avait réussi. Moi je vous appelle à l'émancipation intellectuelle^ en très<^mauvais français à la vérité, mais cela ne vous empêche, pas de me comprendre. Ecartez de vosenfans les explicateurs abrutissans et les examinateurs plus abrutissans encore; cela est très-clair* Vous vous en trouverez bien; ne demandez pas l'avis des avisés. Essayer et vous verrez.
* On a tenté un autre moyen. On a dit d'abord que l'Enseignement universel ne vaut rien y parce que je ne ménage pas assez les^ abrutissons et que je n'ai pas les égards .convenables pour l'abrutissement y et encore paroe que je ne sais pas la langue française aussi bien que les avisés. On ne s'en est pas tenu .là. Dans la crainte que ces raisonnemens académiques ne produisent pas d'effet sur certains esprits ^ on a imaginé de vous effrayer par le tableau dés effets pernicieux de l'Enseignement universel.
M. le duc de Lévis s'est chargé de vous faire un beau sermon à ce sujet. Il a divisé son discours en deux parties : Effets produits sur la
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jeunesse française : Effets produits sun Vesprit des femmes de France.
Effets prodaîts sur Vesprit des jeunes gens.
Il parait^ d'après M. le duc, que vos jeunes gens n'ont pas grande idée du bon sens de vos vieillards. Dans cette supposition ^ le ^ucayisé prévoit que l'opinion de l'égalité des intelli» gences doit conduire au mépris des vieillards. £n effet , quiconque croit à Fégalité , doit croire à rinégalité , et la présomption est l'effet inévitable de notre doctrine. Dès qu'un jeune honune sera persuadé que toutes les intelligences sont égales ^ il aura nécessairement la conviction de la supériorité de son esprit.
Eflets pTodoîts sur les esprits féminins
M. le duc n'est pas marié , aii^si il est désintéressé dans la question. Il plaint les maris dont les femmes auront été élevées dans l'opinion de
rëgalîtë des intelligences. Mais* d'abord , si Von en croit les malins, les maris des femmes de la vieille méthode n'ont-ils pas quelquefois à supporter l'humeur acariâtre de leurs épouses?
Est-ce qu'à Paris toutes les femmes qui croient
aux esprits différens sont bien obéissantes? Leur soumission est-elle toujours exemplaire ? Français de Paris , dites-le moi en confidence : craignez-vous que vos fils ne goûtent pas, dans leurs ménages, la paix dont vous jouissez, si la doctrine pernicieuse parvenait à se propager ?
Aimables créatures dont la beauté nous seduit, dont le sourire nous enchante quand vous daignez vous occuper denojus, ne pourrîez-vous plus faire notre bonheur si vous nous croyiez vos égaux? Faut-il que vous rendiez hommage à notre supériorité intellectuelle pour que nous puissions compter sur votre tendresse ? N'aimezvous plus votre égal? Ainsi plus d'amour sans respect; il nous faudra renoncer aux plus douces affections , si vous n'humiliez pas votre intelligence. Je ne puis choisir ma compagne que parmi des êtres dégradés. Quel sombré avenir ! Quoi ! toujouas en face d'une espèce d'esprit qui ne peut comprendre qu'à demi mes plaisirs et mes peines ^ qui ne m'ojfFrira que des con-
MJatians tardives et maladroites. Toujours à mes côtés ce&ntôme qui me ressemble^ mais qui n*estpasmdi; il m'obëit, mais il n'a pas açsez d'esprit pour me prévenir. Cet esclave est élevé à se soumettre à ma voix ; il reconnaît la supériorité de mon sexe , et si j'ai besoin d'un conseil , si je le réclame ^ il n'osera pas me le donqer , il s'en croit incapable. Cependant, il peut armer que le préjugé de l'éducation se dissipe peu à peu ; alors je serai plus malheureux en^core. L'habitude de voir l'être supérieur peut développer tout à coup ^une idée nouvelle. On a remarqué une de mes imperfections; l'impa-* iiencé m'aura Êiit déraisoimer un instant ; c'en est faity \ë charme est rompu. Voilà l'esclave qui juge son maître et se verige y par un mépris souvent injuste , d'un respect irréfléchi. On m'avait admiré par préjugé, on me dédaigne sans raison ; et , pour avoir usurpé le premier rang , je me trouve relégué au dernier. Femmes , regardez-tïous comme vos égaux, nous n'en demandons pas davantage. Nous vous protégerons, la loi que nous avons faite nous l'ordonne, c'est une faible compensation de tout le bie» que nous tenons de vous. Si Tuji des deux pouvait se passer de l'autre, ce serait ^vous. You»
trouvea dti plaisir à nous rendre heureux; aitm votre bonheur comme le nôtre est vôtre ouvrage. Que nous devez-vous? Rien que la satisfaction de Voir que nous sofllimes dignes de votre tendresse» Mais devenons au duo de Lévis ; il né lâché pas prise facilement. Malheur des ménages^ impertinence des jeunes gens, voilà le» deux points de son sermon. Il ajoute cependant une inculpation plus grave; le danger de Fopinîon qu'il combat est mille fois plus alarmant qu'il tie l'avait dit d'abord. L'autorité des maris est compromise par la nouvelle doctrine ; c'est évident y mais c'est un petit malheur à côté de celui dont l'aqadémicien nôuÀ menace. Depuis que la vieille opinion règne, c'est-à-dire, depuis le commencement du monde, l'autorité des maris a toujours été plus ou moins compromise à Parib , etc» Tous les romans , toutes les comé* dies , satires , vaudevilles et autres ouvrages de ce genre (contiennent de mauvaises plaisanteries sur cette suprématie légale dont la légitimité à toujours été contestée. Si l'on en croit les moralistes de tous les temps , les débats à ce sujet sont continuellement ouverts dans les ménages comme sur le théâtre. Les tribunaux appliquant la loi de temps en temps ; mais les arrêts eux*
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mêmes foumis$ent mille {traits nouveaux (^on^e les prétentions des inarisà la supëriorité intellectuelle. Si tout ce qu'on 4^*^ est vrai, je ^^ qpnçois pas comment Fopinii^n de Tégalité des intelligences pourrait accroître le débordements J'^me mieux croire que M. le duc, qui n'est pas marié^ a voulu s'égayer innocemment et faire la satire de ce qui est, en faisant semblant de craindre ce qui serait. Au surplus , c'^t évidemment une transition que le moraliste a eu dessein de se ménager. Il a marché par gmda-^ tion; c'est une figure de rhétorique qui sied à un académicien* Après avoir préparé lé lecteur^ en lui parlant de l'autorité des maris, il s'écrie que toute autorité sera compromise par l'opinion de l'égalité des intelligences. Geqi devient sérieux, comme vous le voyez. Ainsi quiconque ne croira pas que les .préfets ont plus d'intelligence que leurs administrés sera en révolte contre l'autorité. Fi^hchement , nous ne pensons pas que l'opinign de l'égalité des intelligences puisse Élire tort à aucun préfet. Une femme est forcée par la loi d'obéir à son mari quand elle se croit supérieure à lui par l'intelligence , ce qui arrive quelquefois; de .même, un s^4(¥xinistrc qui , croyant aux bêtes (d'après le système de. AL le
duc), s'imagine voir nn imbécile dans son préfellyi n'est pas exempt de lui obéir, sous prétexte qu'il y a certainement des idiots et qu'il y en a beaucoup (à ce que dit M. le duc). La loi sup* pose facilement que tout homme a l'intelligence nécessaire pour être préfet. La loi ne peut pas avoir le projet d'insulter le peuple en lui donnant un supérieur. Cela n'est arrivé qu'une fois dans l'histoire. Encore Galigula , voulant se moquer, a-t-il été obligé de chercher un cheval pour le faire consul. Le système de M. te duc est véritablement effrayant. Selon Iuf, il y a un nombre incalculable d'esprits Êiu'x et imbéciles; le beau compliment pour Ik foule des fonction- BÛres publics de tous les pays ! Car enfin, s'il y a tant de bêtes, il faut bien qu'il s'en glisse quelques-unes dans les préfectures comme dans les académies. En vain appoitera-t-on le pfus grand soin à choisir; où il nya rien, le rot perd ses droits, dit-on en Franée, et si la matière spirituelle manque , il est impossible %le faire , à point nommé, tant de préfets qu'on place, déplace, replace suivant les besoins. Que si vou» songez que les supérieurs n'ont pas toujours le temps de choisir mûrement, et qu'enfin on peut les tromper^ vous verrez que les préfectures?