‹ Enseignement universelChapitre 6 sur 36 · SUITES 9 CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

SUITES 9 CONSÉQUENCES

a Connue les suites, les conséquences sont les

choses qui suivent un fait ; mais les suites en sont une prolongation , les conséquences en sont le résultat.

3) Plus les conséquences rejaillissent sur les autres , plus elles sont grandes. Ces effets désavantageux d'une action sont ordinairement les suites funestes d'une faute. Si cette Ëiute cause le malheur, non seulement de celui qui l'a commise , mais encore de ceux qui n'y avaient aucune part y les conséquences en sont déplorables : il n'est peut-être plus temps de les réparer ! car les conséquences , parfois plus grandes que l'erreur , sont presque irréparables.

j) Les suites sont tantôt avantageuses et tantôt déÊivorables : une action de vertu a d'heureuses suites ; les suites d'un crime sont d'une af&euse conséquence.

}) Le mot conséquent exprime la qualité de celui dont la raison , considérant les suites de toutes ses entreprises y lui en fait prévoir les conséquent ces^ et le rend assez conséquent pour agir en conséquence. »

HEft , ONDES , VAGUES ET FLOTS.

(( Les ondes sont les eaux de la mer ; les va-

^ues sont les oxules agitées; les flots sont, poar ainsi dire, la forme des ondes.

D La mer mugit, les ondes s^irritent, les vagues s'entrechoquent , les flots se brisent, un vaisseau , s'entr'ouvre, la nature pousse un cri, l'homme disparaît... \ le calme renaît, les ondes sontpai^ sibles, les flots s'apaisent, les vagues imitent le repos de la nature..., le souvenir seul parle de lamort!..«

3) La vie est une mer, lesévénemens représentent les ondes, les flots sont l'emblème du sort, les vagues sont l'empire des circonstances, l'homme vogue sur un firêie esquif avec l'espéremce, vers le port de l'éternité I

j) Pourquoi tant d'imprudens périssent-ils au milieu des flots ? ils ont oublié qu'ils étaient en mer ; ils se réveillent au bruit des flots irrités : ils ont disparu sou& les vaguesi »

Xie maître : Où avez-vous vu que V<mstérité

consiste dans la immigre de vivre?

L'élève : Fénélon fait la peinture de La mfkr-

nière de vivre de Philoclès dans l'île de Samos, en ces termes:

Hégésippe trouve la grotte vide et ouv^i*te s car la pauvreté et la

simplicité des mœurs de Philoelès

faisait qu'il n'avait, en sortant, aucun besoin de fermer sa porte.

Une natte de joncs grossiers lui servait de lit; il se nourissait, pendant l'été, de fruits nouvellement cueillis, et, en hiver, de dattes et de figues sèches*.. Pour la sculpture, il ne s y appliquait que pour fiiir l'oisiveté, etc. Puis , il ajoute: Le naturel ardent et austère de Philoelès; et, plus loin , lorsque Hégésippe veut faire changer Philoelès de manière de vivre, et le ramener à Salente, Fénélon dit : Philoelès^ qui amit d'abord été attendri en reconnaissant Hégésippe^ reprit son air austère y etc. ; et, ailleurs, après avoir parlé de la conduite de Philoelès :

Philoelès veutj par l'éclat d'une vertu austère ^ s'ouvrir le chemin h la royauté.

Le maître : Expliquez-moi quelles sont les raisons pour lesquelles vous ajoutez :

Et la sévérité dans celle de penser.

L'ëlèVe : J*ai fiiit ces réfleïions en lisant

Ifes phrases sumntes : Aceste nous demanda j d'un ton se-vère . . • nous prenant pour des étrangers ijui cachaient leurs desseins ^ etc. Cupidon n'osait approcher de Mentor dont la sévérité Vépouvantait. Aceste avait une mauvaise opinion de Télémaque et de Mentor; c'était sa.manière de pensée à leur ëgard. La manière de penser de Mentor est bien connue d'après les conseils qu'il donne à Tétémaque. J'ai remarque que Fénélon appelle cette manière de penser séi^érité^ comme il appelle Hoanière dé vivne de Philoclès osustéritê; et je Fai dit.

Ne peî'dez pas le temps à feiire lire à vos élèves les olivrages des autrc's. Exigez d'eux qu'ils fassent eux-mêmes ^ et surtout qu'ils montrent dans leur Epitome ce qu'ils oiit écrit. Vous savez que la répétition perpétuelle de ce qu'ils savent peut seule les conduire à ce résultat.

L'abbé Girard a fait des syncAiymes : pour-

us

quoi nVm ferions-noas pais ? U a remarqué les différentes eirconstances où les mots sont employés dans nos meilleurs écrivains, et il a dit les ressemblances et les différences. Je puis, comme lui, £aire mes remarques, ^t, si je sais le français, je pourrai les communiquer aux Français. Si Fabbé Girard n'a pas suivi cetts route , son livre est mauvais ; il a inventé la si-* ^ification des mots ; il en a créé de nouvelles , et je dois bien me garder de croire ce qu*il dit* Recommandez à vos élèves de se défier de cet esprit créateur. Point de génie ! Regardons au contraire, regardons bien, afin nie rien inventer, et disons ce que nous avons vu le plus exactement qu'il nous sera possible.

Quoique Fabbé Girard soit un excellent auteur , ne vous en rapportez pas arbitrairement à lui sur la signification de tel ou tel mot. Personne ne doit voir pour votre élève. U faut simplement citer FaM>é Girard oomme un modèle de patience et d'attention. Il ne faut pas même que votre élève vous croie sur parc^ ; il fout qu'il vérifie par lui-même si les éloges que TOUS donnez à l'écrivain sont Ibndés. Vous forez donc vérifier quelques synonymes dans Tél^^ maque. Tout est dans iput.

Voilà un exercice nouveau : La vérification. Rien n*aide plus la mëmoire que cet exercice. Je ne puis oublier ce que j'ai une fois rétrouvé dans mon livre , puisque mon livre ne sortira pas de ma mémoire.

L'exercice que je propose, résultant de la maxime Tout est dans tout , doit durer toute la vie. C'est le moyen de continuer son éducation sans maître , d'après les habitudes contractées dans l'enÊince; tandis que nous devons, pour ainsi dire , oublier la route ancienne , pour nous en Élire une autre, quand nous sommes sortis des écoles ordinaires , où l'on donne les réflexions toutes Élites, avec cette maxime encourageante : C'est monsieur un tel qui l'a dit. Retenez-le bien; car, si vous l'oubliez, vous ne serez plus capables de le retrou ver. Du reste , on ne répète rien ; par conséquent, on retient peu de chose de ce qu'on a étudié pendant long-temps.

Ne vous y méprenez pas : ceci ressemble à la critique de ce qui se fait. Je n'ai cependant pas l'intention de faire changer aucun usage. C'est un écueil que je signale dans l'intérêt des professeurs de notre méthode. Les autres ne doivent rien comprendre à tout cela. Un petit auteur de dix ans est un monstre à leurs yeux. Ils se dé-

fient des fruits précoces , et ne rëpétaront point notre expérience. Le monde va comme il allait et comme il ira. Je serais fou si je pensais réformer le genre humain.

L'homme est libre ^ mais V espèce ne l'est pas : elle est soumise à des lois fixes et invariables. Chaque homme a le pouvoir en lui d*enfi:eindre ces lois de société^ et de faire mieux ou plus mal que son semblable; mais l'espèce d'aujourd'hui est l'espèce d'autrefois^ ni meilleure, ni pire : elle restera ce qu'elle est jusqu'à' la consommation des siècles.

C'est donc à vous que je m'adresse, à vous seuls, qui avez reçu l'éducation que vous vous êtes chargés de transmettre. Vous trahiriez la confiance des parens si vous n'étiez pas exacts à faire fidre tous les exercices dont vous avez vu l'efficacité. Vous seriez aussi coupables que le serait l'homme de la vieille méthode, dont le résultat est certain pour lui après sept ans , s'il entreprenait de vous imitisr sans avoir la conviction du succès.

Puisse- je être aussi sûr de la constance de l'un que j^e suis sûr de l'opiniâtreté de l'autre 1

Cependant, je ne parle que de l'espèce, et jamais des individus. Le plus âgé des savans à

qui j'ai communiqué ma méthode, est un de ceux qui Font le mieux comprise. Il peut donc se trouver quelques hommes qui renoncent k leurs préjuges; mais ils doivent être rares: cela suppose une bonhomie qui n'est pas commune. Quiconque a des prétentions à l'écrit , doit rejeter avec dédain notre systàotie, et même HkOè expériences. Au reste y comme je n'ai rien à démêler avec les sa vans, mais seulenient avec ceux qui ont besoin d'être instruits, je suis bien aise de leur dire ici que je n'ai refusé mes leçons à personne , avant l'arrêté de S. M. sur l'instruc^ tion primaire ; que, depuis cette époque 9 je me suis conformé aux lois, ^omme je le devais, et que j'ai refusé aussitôt d'enseigner les objets compris dans l'arrêté; mais j'ai continué à rendre service à tous ceux qui sont venus me prier de leur enseignai* autre chose.

Je suis toujours disposé à aider les individus de mes conseils : la perfectibilité de l'espèce est à mes yeux une billevesée philosophique.

Neuvième Exercice.

Le maître donne à faire des traductions , par exemple : Les regrets de l'ambitieux, sur les regrets de Galypso.

LES REGRETS DE L Allip|fTIEUX.

n L'ambitieux qte peut se consoler de la perte de ses titr«s et de ses dignités. Dans sa douleur , il ne peut pius supporter la vie. Il fie voit abandonné des flatteurs qui Tentouiraient, et qui le fiiient. Il ne trouve en luimême aucune consolation. Il sent > dans son âme y un vide affireux quHl ne peut remplir. Les fitveurs dont il a joui, les projets qu'il avait conçus, ne lui paraissent plus qu^un songe. Tout lui rappelle d'amers souvenirs, et ses pensées fie tournent san§ cesse vers l'objet étemel de ses regrets «t de son déseq>oir..»

Le maître : Où avez-vous vu cette expression :

Ne peut se consoler ?

L'élève : Dans le premier paragraphe du premier livre : Cal/pso ne pouvait se €onsoler.

Le maître : Est-ce le même sentiment ?

L'élève : Oui ; car <::e sont des regrets de part

et d'autre.

Le mattre : Et cette expression : Supporter la

vie ?

L'élève : Dans ie premier livre, Télémaque,

condamné à Fesclavage par Âceste^ s'écrie : Otez^moi la vie que je Pie saurais supporter.

Le maître : Je ne vois pas que ce soit la même

circonstance.

L'élève : Oui ; car Télénfiaque songe au malheur d'une condition qui lui pa^raît plus dure que la mort.

Le maître : Mais où avez-vous trouve cette expression abandonné des hommes ?

L'élève : Dans le quinzième livre , Philoctète

racontant ses malheurs à Télémaque , lui dit , en parlant de sa misère après le départ des Grecs de nie de Lemnos : La y abandonné des hommes, etc.

Voilà Un nouvel exercice très-important:

c'est la traduction. Les regrets de Philoctète^ dans le premier exemple , sont une imitation. Il n'y a que le nom et les Ëdts à changer ; les expressions conviennent presque toutes aux deux sujets^ parce que. le sentiment que Philoctète éprouve a beaucoup de rapport avec celui de Câlypso. Quand nous parlons des regrets de l'ambitieux y nous généralisons davan-

tage les faits; il ne s'agit plus de grotte ni d'antre : nous ne pouvons imiter que les réflexions de Fauteur ; et c'est cette espèce d'imitation que nous appelons traduction.

On peut traduire toutes les réflexions et même toutes les suites de réflexions. C'est une source inépuisable d'exercices. On demande tantôt les regrets de l'ambitieux^ tantôt ceux de l'avare , etc. L'analyse de l'idée regrets se trouve dans l'auteur , et tout le monde la savait avant de l'avoir lue ; l'analyse de l'idée ambition est encore dans le livre , et d'ailleurs on la connaît aussi'' d'avance : de sorte que celui qui a ^vérifié que Télémaque ne contient que des réflexions que tout le monde a &ites^ celui qui a appris la langue par nos exercices , est propre à tout. C'est véritablement ici le développement oratoire qu'on imite ^ dès qu'on aperçoit un rapport entre le sujet qu'on se propose et le sujet traité par l'auteur. C'est ce que nousfaîsons tous au moyen de nos lectures qui nous inspirent à notre insu.

Sous ce point de vue , Fénélon est la traduction d'Homère et de Virgile ; Bossuel, Cicéron sont dans Fénélon. L'élève de l'Enseignement universel, qui les aura reconnus dans son livre.

aura acqui» des cohnaîssanoes fixes et durables y puisqu'il a'oublieara jamais ce qu'il a si sauvent répété.

On ne voit dans chaque leçon^ qu'un exentl^e ; mais le maître , élevé dans la médiode, sait bien ce qu'il doit &ire ; et ce que j'écris n'est pour lui qu'un mémento. Les autres ne vou^ dront pas faire Texpér ieuce , et n'ont y par conséquent, pafi besoin de plus grands déveliifipesdens»

Dixièipe Exercice.

Le maître donne 4 &iré des synonymes d'eX'^ fressions; par exemple :

SAISI DE DOULEUR ; PRESSÉ PAR I.A J>OUf<EUR; ABATTU PAR LA DOULEUR ; PLONGÉ DANS LA DOULEUR.

a La différenice et la ressemblance qu'il y a entre ces expressions est grande; car, saisi de douleur j annonce iwe douleur qui arrive à l'instant y qui prend le cœur dans un moment où Ton ne s'y attendait pas.

> Pressé par la douleur y semble dire que la

douleur met le cœur à T^troit , ne laisse aucun repos ; elle pousse continuellemenL

v AbaUu par la douleur^ signifie que la don-* leur surmonte les forces et éteint le courage^

» Plongé dans la douleur; cette expression nous représente une grande étendue de douleur* Quand on est plongé dans la douleur , on est aussi pressé et abattu» »

LES COUPS DE LA FORTUNE ; LES OUTRAGES DE hà^ FORTUNE ; LES RIGUEURS DE LA FORTUNE.

<( Il existe, dans l'imagination des hommes, une puissance supérieure qui règle leur destinée, qui décide de leur sort , qui tient en ses mains le malheur ou la prospérité , pour les dispenser au^ gré de son caprice, qui relève tout à coup ceux qu'elle aie plus abaissés : c'est la fortune. L'homme est sans cesse exposé à ses coups ^ à ses ouOragei, à ses rigueurs.

3) Les coups de la fortune sont ces changemens prompts, subits, étonnans, effrayans, qui bouleversent la destinée de l'homme, qui l'abaissent, qui relèvent, qui le replongent dans de nouveaux-malheurs, qui le rendent , enfin, le triste

jouet d'un destin immuable dans ses variations.

}) Les outrages de la fortune sont encore des coups y mais ils sont toujours cruels \ ce sont ces évënemens désastreux qui viennent anéantir nos espérances, faire échouer nos entreprises, ou même ajouter à nos malheurs, par des infortunes plus rigoureuses encore que les premières.

}) Les rigueurs de la fortune sont les dures lois, les fortes épreuves, les peines amères, auxquelles elle soumet ceux qu'accable son inexorable courroux.

)} Il est un asile, un refuge , un secours pour

les malheureux, que les coups de la fortune ne peuvent ni ébranler , ni même atteindre , c'est la vertu. En quelque pays, en quelque condition qu'on soit^ on est heureux (dans un certain sçns de ce mot), pourvu qu'on sache réunir les variations de la fortune dans l'invariabilit^d'une conduite toujours ferme et sage ; par là , on se met à l'abri de ses coups ^ on sourit à ses outrages, on ne se décourage point dans ses rigueurs. » Qu'il est résigné et content dans son infortune, celui qui reconnaît , dans tous ces changemens , la volonté supérieure et infiniment sage de celui qui a tout créé ! En voyant les coups de la fortune ^ il connaît la fragilité des choses humaines ;

en ressentant ses outrages ^ il apprend à placer son espérance en celui qui^ seal, est digne de tout amour ; et^ épuisant ses rigueurs j il sent que la main paternelle d\m Dieu l'éprouve pour l'épurer. »

On peut remarquer, dans ces exemples , que l'élève commence à se permettre des expressions qui ne sont point dans Fénélon. Il faut lui recommander, à cet égard y une sage réserve. C'est seulement lorsqu'on connaît tout son livre qu'on peut se hasarder à en imiter les expressions; mais avant, on doit s'imposer l'obligation de les copier avec exactitude. En se soumettant à cette règle, l'intelligence finit par reconnaître ce qu'on appelle le génie de la langue , et il n'y a plus de danger à marcher seul. Messieurs tels et tels , qui écrivent arabe en français, ne montrent*ils pas d'esprit? Oui , sans doute ; mais ce n'est pas de l'esprit français.

Chaque langue a son génie , c'est-à-dire , chaque peuple a ses habitudes. Je ne parle pas des mots : ce sont évidemment des conventions arbitraires dans l'origine ; quant aux expressions , c'est l'intelligence qui les a créées. Mais, quoique tout homme ait une égale intelligence , il nous est impossible de deviner quelles sont les

expressions reçues chez tel ou tel peuple. Je puis bien y comme homme , avoir Fidée de comparer une chose qui produit beaucoup de maux avec une source , et employer Texpression , source de maux; mais il m'est impossible de deviner si les Chinois, par exemple, ont adopté cette comparaison ; si je réunis les deux mots source et maux dans la langue des mandarins, les Chinois se Bloqueront peut-être de moi, parce que je n'ai pas parlé dans le génie de leur langue. J'ai &it de l'esprit d'homme , mais je n'ai pas Êiî^ de Tesprit de Chinois; et il n'y a que celui-là qui ait cours à Pékin.

Il résulte de là que l'homme qui veut parler une langue déterminée doit renoncer aux trois quarts de son esprit, pour apprendre l'esprii; française» l'esprit hollandais. L'esprit «e s'apprend pas ; mais l'espric français s'apprend. On voit de l'esprit dans Fénélon, mille fois plus que n'eft montre le premier venu ; et l'on dit que Fénélon a plus d'esprit qu'un autre 5 c'est une erreur, selon moi : les réflexions de Fénékm sont celles que tout homme a faites ; les signes qu'il emploie , il ^ dû les apprendre : que lui reste-t-il donc au dessus <le nous en fait d'intelligence? Rîen, absolument rien. Maïs il est

9ff

un grand homme par son courage et sa patience à étudier et à apprendre ^ et bien mieux par ses vertus.

Fénélon a dit : Un prince inaj^Uqué se feVra^ açec uneweugle confiance^a des favoris artificieèuc et corrompus. Faites traduire par une femme à» chambre; elle va vous dire de sa maîtresse: <c .Madame a le goût de la toilette et des plai^rs bruyans ; elle ne sait ce que c'est que les soins du méiiage ; une de ses femmes a su lui plaire en flattant ses goûts et ses caprices : elle ïie voit pas qu'on h trompe , et ne juge que par les yeux de cette femme , qui s'enrichit à ses dépens, p Descendez plus bas : le valet d'écurie y disgracié par les intrigues de son camarade, dira la même chose de son maître. On croit que Télémaque est une école pour les princes : c'est une école pour tout le monde. Nous sommes tous dans Télémaque; et moi^ qui écris ces lignes ^ et ceux qui s'en moquent. Tout est dans tout.

Dernier Eiercice.

Faites faire de)s synonymes de composidonv Avant de proposer ces synonymes , on s'ass^ure

que l'élève sait six livres par cœur, et qu'il connaît les autres par les exercices dont ils ont été l'objet, et les sujets de composition qu'ils oiit fournis. On peut demander qu'il donne au moins l'analyse des vingt-quatre livres ; et c'est alors qu'on trouve sans cesse des rapprochemens et des comparaisons à faire.

On peut faire les synonymes de composition comme on veut, soit en parlant, soit en écrivant. Parler est encore plus utile ; car celui qui parle (d'après nos exercices ) sait écrire , et la réciproque n'est pas toujours vraie. Il est à remarquer encore que votre élève parlera bien de tout, quand il connaîtra les faits, s'il parle

bien de Télémaque , d'Idoménée , etc.; car Tout est dans tout^ et nous disons toujours tous la même chose.

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