Genre LEPTURE. LE PTURA. 'Linné
CaracTÈREs: Coléoptères tétramérés; à antennes longues en forme de soie ou plus greles à la pointe; à élytres rétrécis ou se terminant, ainsi que l'abdomen, par une portion plus
étroite.
C'est de cette dernière particularité que Linné paraît avoir emprunté le nom de Lepture qui indique lamincissement des régions posterieures ou dela queue, des deux mots grecs Xerre, amincie, rétrécie, et ogé, la queue. A la vérité, ce genre n'est plus maintenant aussi nombreux
en espèces que lorsque Linné y avait introduit les Sténochores où Rhagies, les Molorques et quelques Callidies, et mème les Donacies qui s’y trouvaient comprises. On a beaucoup circonserit ce genre en précisant davantage les caractères des Leptures, comme nous allons l'indiquer. Les Leptures sont des Coléoptères, dont la forme et les allures sont remarquables par leur élégance. Leurs longues antennes, en forme de soie, sont composées d'articulations bien distinctes, au nombre de onze, insérées sur le front entre les yeux. Leurs élytres sont, en général, beaucoup plus
COLÉOPTÈRES TÉTRAMÉRÉS. XYLOPHAGES. G. LEPTURE. 97 larges à la base que le corselet, qui est conique ou un peu plus étroit en avant où il recoit la tête, et celle-ci se trouve, à cause de la saillie des yeux, plus large encore que la base du corselet. Le corps, qui paraît comme arque ou vouté, suivant sa longueur, est plat en dessous et arrondi sur les côtés. Les pattes sont longues, et les cuisses plus grosses vers l'articulation jambière; les tibias portent ordinairement deux épines tarsiennes. Des quatre articles qui composent chacun des tarses, le second est le plus grêle, l'avant-dernier est plus large, et divisé en deux lobes; le dernier est allongé, courbé, plus gros à son extrémité libre; il porte une paire de crochets simples, mais courbés.
En comparant les espèces de ce genre avec celles que lon doit rapporter à la mème famille, voici comment, à l’aide de l'analyse, on parvient aisément à les en éloigner. D'abord les élytres, quoique rétrécis, recouvrent presque toute la partie supérieure ou le dos de l’abdomen, et cachent les ailes complétement, ce qui n’a pas lieu dans les Molorques. Ensuite, ces élytres sont manifestement plus étroits et plus minces à leur extrémité libre, ce qui n'existe pas dans les autres senres, excepté parmi les Rhagies qui ont le corselet épineux sur les côtés, tandis que dans les Leptures ses bords sont arrondis comme dans les Callidies et les Saperdes, dont les étuis des ailes sont de même largeur sur toute leur etendue. Enfin les Capricornes, les Priones et les Lamies ont, parmi les autres caractères exclusifs de ceux des Leptures, une ou plusieurs pointes très-distinctes sur le bord externe de leur corselet.
On trouve les Leptures, à l’état parfait, le plus souvent sur les fleurs et particulièrement sur celles des Ombellifères,
des Rosacées, des Liliacées, et des Orchidées. Elles volent le jour, même à l'ardeur du soleil; mais leur vol est lourd et lent. Elles courent mieux et plus vite en général qu'elles ne volent ; aussi, quand on les surprend, préfèrent-elles s'enfuir promptement ou se laisser choir en contractant leurs membres et en simulant une mort subite par une immobilité qui persiste assez longtemps. Comme la plupart des Xvlophages, elles produisent, lorsqu'elles sont saisies et arrêtées, un petit bruit opéré par le frottement de la base du corselet sur celle des élytrts, et le mouvement semble se communiquer par ébranlement aux objets environnants.
La plupart des Leptures ont le corps légèrement velu et coloré, mais sa teinte présente beaucoup de variations; souvent il est d’une couleur jaune uniforme, rougeûtre ou bleuàtre, ou avec le fond testacé plus ou moins foncé ayant des taches, des traits ou des points soit noirs, soit de couleur différente.
On trouve les larves des Leptures dans le bois qu’elles rongent ; la plupart attaquent les racines ou les branches dans lesquelles elles se pratiquent des galeries sinueuses, dans chacune desquelles on ne rencontre qu’un seul individu dont la croissance graduelle ou successive reste indiquée par le diamètre du canal où cette larve a dû passer avant de se transformer en nymphe. Le plus ordinairement, c’est à la fin de l'automne que ce changement s'opère, parce que l’insecte passe ainsi l'hiver sous cette apparence de sommeil léthargique. Aussi la plupart des Leptures apparaissent-elles dans les premiers jours de printemps. Leurs larves ont à peu près la forme de toutes celles de la mème famille ; elles sont d’un blanc jaunâtre, à tête brune et à fortes mâchoires; leur corps
DLL.
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est presque à quatre pans, garni en dessus et en dessous de mamelons dont l’insecte se sert pour se mouvoir et s'appuyer dans les galeries qu'il s’est creusées.
Nous avons dit que les espèces rapportées à ce genre sont très-nombreuses. Olivier en à figuré cinquante; Fabricius en avait inscrit soixante-deux, et maintenant on en connaît plus de cent quatre-vingts. Nous indiquerons seulement celles qui se rencontrent le plus fréquemment dans les recherches que l’on a faites aux environs de Paris; ce sont :
1. Lepture cotonneuse. Leplura tomentosa. Corps noir; corselet à duvet jaune doré ; éiytres d’un jaune rougeâtre päle, noirs à la pointe. C’est le Sténochore n° 8 de Geoffroy, noir, à étuis jaune.
. Leplure testacée. L. testacea. Noïre; à palpes, jambes et tarses d’un jaune . pâle ; élytres entièrement d’un rouge testacé. Semblable en tout à la précédente, excepté pour la couleur; on Ja trouve sur les fleurs des ronces.
3. Lepture sapeur. EL. hastata. Noir, à élytres rouges, avec une grande tache triangulaire noire commune aux deux élytres, dont l'extrémité est noire. C’est le Sténochore bedeau de Geoffroy, qui l’a très-bien décrit; la couleur rouge des élytres s’altère et pâlit dans l’insecte desséché des collections.
4. Leplure queue noire. L. melanura. Noire; élytres soyeux d’une jaune rougeâtre, à sutures et points noirs.
On la trouve sur les fleurs du sureau, de la carotte, et sur là plupart de celles des Ombellifères.
5. Lepture écussonnée. L. scutellata. Toute noire , avec l’écusson blanc. Je lai trouvée sur un rosier en fleurs à Fontainebleau.
6. Lepture éperonnée. L. calcarata. Noire; élytres jaunes, avec quatre bandes noires, dont la première est ponctuée, la seconde interrompue ; le mâle a les cuisses postérieures épineuses.
Lepture quatre-bandes. L. quadrifasciata. Noire; élytres jaunes, à quatre bandes, ondulées, noires et en travers; corselet avec une tache jaune; pattes noires.
8. Lepture amincie. L. attenuata. Noire, à élytres fauves allongés, avec quatre bandes noires; pattes pâles.
9. Leplure noire. L. nigra. Noire, avec l'abdomen rougeûtre. C’est une petite espèce qui se trouve sur l’aubépine.
10. Lepture à collier. L. collaris. Noire; élytres d’un bleu foncé, abdomen et corselet rougeûtres.
11. Lepture six gouttes. L. sexquttata. Toute noire; trois taches jaunes arrondies sur chaque élytre.
42. Lepture livide. L. livida. Noire; élytres d’un jaune très-pâle; pattes noires. On trouve à Paris près de quarante espèces.