Genre CALLIDIE. CA LLIDIUM. (Fabricius
Caracrères : Coléoptères tétramérés ; à antennes sétacées, plus longues que le corselet, insérées dans une échancrure des yeux; à élytres également larges; à corselet arrondi, plus étroit en devant et en arrière ; à cuisses renflées.
Ce nom de Callidie a été introduit dans l’entomologie par Fabricius; il est composé de deux mots grecs, dont l’un, x, veut dire beauté, et dont l’autre, i34x, signifie forme. Ces insectes sont en effet très-remarquables par l'élégance de leurs formes, et la vivacité ou le brillant de
leurs couleurs.
Fabricius, dans son dernier ouvrage, a partagé ce genre en deux; il a nommé Clytes les individus chez lesquels la lèvre inférieure n’a pas de découpures, tandis que dans les Callidies on en voit de très-petites. Mais, il faut avouer que la forme du corselet et la conformation des cuisses paraissent en avoir plus spécialement indiqué les véritables caractères, ceux qui ont facilité cette détermination ou cette séparation.
Les élytres des Callidies sont larges sur toute leur étendue, et recouvrent entièrement l'abdomen ; voilà une note suffisante pour les faire distinguer des Molorques, qui les ont très-courts, et d'avec les Rhagies et les Leptures, chez lesquels ces étuis sont rétrécis et en pointe. Leur corselet, n'étant pas épineux, les éloigne des Priones, des Lamies
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et des Capricornes, comme les antennes en soie, du genre Spondyle (1), et la tête verticale, de celui des Saperdes, qui ont le corselet à bords parallèles.
Les mœurs des Callidies sont absolument les mêmes que celles des autres Xylophages. Leurs larves sont molles, allongées, quadrilatères, mais plus larges du côté du dos et du ventre ; à pattes courtes, à cou renflé, elles sont garnies de tubercules ; elles vivent sous les écorces, et s’y pratiquent des sinuosités où elles se nourrissent des débris de la végétation (2). La plupart se métamorphosent vers l’automne, et y passent l'hiver sous la forme de nymphes. Ce n'est qu'au printemps que les Callidies sont en état de se reproduire comme insectes parfaits.
Les Callidies sont des Coléoptères de formes élégantes et très-agréables à cause de la variété et de la distribution de leurs couleurs, aussi les espèces de ce genre font-elles l’ornement des collections. En général, ces insectes sont recouverts d’un duvet soyeux ou velouté; leurs élytres présentent les nuances les plus belles. On en connaît aujourd’hui
(4) Nous avons indiqué ce genre anomal dans le tableau synoptique des Coléoptères tétramérés, page 257.
(2) Dans une ob$ervation très-curieuse que M. de Roman a consignée avec détails dans le t. IV, 1846, p. xxx des 4nnales de la Société entomologique de Paris, on voit qu’une larve, qui avait vécu pendant longtemps dans le boisd’un fauteuil plaqué, ou recouvert d’une lame d’acajou, s’y est métamorphosée après y avoir séjourné probablement plus de dix ans, puisqu'il en est sorti une Callidie vivante, à quatre points, qui s’était pratiqué une ouverture en perforant la lame d’acajou. Il se demande comment a pu ainsi exister cette larve privée d’air, de liquide, et sans la moindre nourriture ?
plus de deux cents espèces. Nous n’en n’indiquerons qu'un petit nombre, et, quoiqu'on ait proposé de subdiviser ce genre en sept à huit autres sous des noms divers, nous nous bornerons à les présenter rangés sous deux titres ou
sous-genres.
A. Premier sous-genre. Callidies à corselet déprimé ou aplati verticalement, et à cuisses globuleuses.
Callidie portefaix. Callidium bajulus. D'un brun violâtre ; corselet à duvet cendré; des taches blanches, comme effacées sur les élytres.
On a probablement nommé ainsi cette espèce, parce qu’elle porte sur le corselet deux taches luisantes qui sembleraient, au premier aperçu, être le résultat d’un frottement ou de l’usure des poils farineux dont tout le dos est couvert, ce qui l'aura fait comparer à un fort de la halle à larges épaules, à omoplates saillantes et à veste poudreuse. On la trouve souvent dans les bois sur les troncs des arbres.
. Callidie col-rouge. C. Fennicum. Tête, élytres, poitrine et masse des cuis-
ses d’un bleu métallique foncé ; corselet rouge.
C’est la Lepture noire à corselet rougeâtre de Geoffroy, n° 49.
Callidie bancroche. C. clavipes. Corps entièrement noir; toutes les cuisses gonflées et renflées.
Callidie violet. C. violaceum. D'un bleu violâtre métallique en dessus, brun ou noir en dessous.
Callidie grosses-cuisses. C. femoratum. Entièrement noir, avec toutes les cuisses gonflées et ferrugineuses.
Calhdie rustique. C. rusticum. D'un jaune ferrugineux très-pâle, par tout le corps.
Callidie sanguin. C. sangquineum. Noir; corselet et élytres d’une couleur rouge satinée. C’est la Lepture veloutée couleur de feu de Geoffroy.
Cet insecte est très-commun dans nos appartements à Paris, dès les premiers jours du printemps; il y est apporté avec les bûches destinées à nos foyers. On trouve ses larves sous les écorces, M. Goureau les a bien fait connaître en 1843, t.I, p. 99 de la 2 série des Ann. de La Soc. entomologique. :
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B. Deuxième sous-genre. Callidies à corselet convexe ou globuleux en dessus ; à cuisses comprimées. Genre Clytus de Fabricius.
8. Callidie arqué. C. arquatum. Noir velouté, à antennes et pattes pâles :
quatre lignes arquées et des points jaunes sur les élytres.
C’est la Lepture aux croissants dorés n° 10 de Geoffroy. Ce bel insecte court très-vite, et se trouve dans les bûches nouvellement débitées; les mâles sont beaucoup plus petits que les femelles. Ils sont très-alertes, on a peine à les saisir.
9. Callidie du bélier. C. arietis. Noir velouté ; jambes, tarses et base des an-
tennes testacés; trois lignes et points jaunes sur chaque élytre. C’est la Lepture à trois bandes dorées de Geoffroy.
Callidie plébéien. C. plebeium. Noir brun satiné , élytres à trois bandes et points blancs.
Callidie marseillais. C. Massiliense. Noir brun satiné ; élytres à trois bandes arquées blanches.
C’est la Lepture à raies blanches n° 12 de Geoffroy.
Callidie du verbascum. C. verbasei. D'un vert velouté ou pulvérulent , avec deux taches et un croissant noir sur les élytres.
Callidie orné. C. ornatum. Semblable au précédent, mais avec quatre bandes noires, dont une sur le corselet.
Callidie quatre-points. C. quadripunctatum. D'un vert jaunâtre, satiné eri dessus ; quatre gros points noirs sur chaque élytre.
Callidie mystique. C. mysticum. Noir; élytres à demi ferrugineux à la base, marqués en travers de lignes blanches ondulées. C’est la Lepture arlequine n° 15 de Geoffroy.
Callidie de l’aulne. C. alni. Noir; antennes, cuisses et base des élytres ferrugineuses. Deux bandes blanches sur les élytres.
Co6 ENTOMOLOGIE ANALYTIQUE.