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CHAPITRE II

DES FORMES EXTÉRIEURES ET DE LA STRUCTURE DES INSECTES PARFAITS + OU SOUS LEUR DERNIER ÉTAT,

La plupart des insectes, quand ils sont parvenus à leur dernier état, ont six pattes, et sont désignés par cela même comme Hexapodes. Beaucoup ont des ailes. Leur corps est le plus souvent composé de seize pièces centrales que l’on peut rapporter à trois régions principales : la tête, le corselet et le ventre. Leur tronc reçoit en outre des appendices destinés aux mouvements, ce sont les pattes et les ailes.

La tête est la portion antérieure du corps; c’est une sorte de boîte solide protégée par une lame de substance cornée qui la recouvre et l’enveloppe. Elle forme, le plus souvent, une région distincte du reste du tronc auquel elle est jointe par une articulation qui permet diverses sortes de mouvements. +

On trouve constamment à la tête un orifice destiné à livrer passage aux aliments qui doivent pénétrer à l’intérieur, c’est la bouche, dont la structure et la composition des parties varient suivant les mœurs et le genre de nourriture. Il y a également à la tête deux sortes d'organes très-importants à connaître, ce sont les antennes et les yeux.

La tête des insectes s'articule avec le corselet, et communique ainsi avec le reste du tronc, avec les muscles qui la

font mouvoir, et avec le canal qui reçoit les aliments; la région où a lieu cette jointure livre également passage aux nerfs et à plusieurs autres organes. Il n’y a que les Araignées et plusieurs autres animaux de la même famille qui, étant privés d'antennes, n'ont pas la tête distincte du corselet avec lequel elle semble alors comme soudée ou confondue, formant un tout unique nommé alors le syncéphale. Les Arachnides, au reste, ne sont pas de véritables insectes.

Boucue. — La houche des insectes étant le premier 1instrument par lequel commence l'acte de la digestion, on y trouve pour ainsi dire indiqué et comme inscrit le genre de vie de ces animaux; aussi est-il fort important d’étudier cette conformation. On conçoit pourquoi les espèces qui doivent se nourrir de matières plus ou moins solides ont été pourvues des instruments propres à les entamer, et comment d’autres, étant obligées d’absorber des liquides, sont munies de tous les moyens destinés à se les procurer pour les faire parvenir dans leur tube digestif.

De là, deux divisions principales qu’on peut établir parmi les Insectes, selon que les uns sont mâcheurs et les autres suceurs.

Cependant il faut reconnaître que beaucoup d'insectes pourraient être rangés tout à la fois dans ces deux sections ; car on trouve chez eux les organes propres à la mastication réunis à ceux qui sont destinés à la succion; ils paraissent par conséquent être mixtes ou mi-partis : les Abeilles entre autres sont dans ce cas.

Parmi les insectes mâcheurs, on doit ranger, sans exception, tous les Coléoptères, tels que les Hannetons; les Orthoptères, comme les Sauterelles ; les Névroptères, comme les

Libellules où Demoiselles, et beaucoup d'espèces sans ailes , comme les Scolopendres. C’est parmi les insectes suceurs que seraient placés les Papillons ou tous les Lépidoptères, les Punaises ou les Hémiptères et beaucoup d'insectes à deux ailes, comme les Mouches. Enfin, dans la division des espèces qui peuvent en même temps couper, entamer ou diviser les matières solides, et pomper ensuite les liquides, nous citerions les Abeilles et la plupart des Hyménoptères.

La bouche des insectes mâcheurs ou broyeurs est composée à peu près des mêmes parties. En dessus, une lévre, dite supérieure ({abrum), supportée par une portion avancée du front, qu'on nomme le chaperon ou Épistome (clypeus), puis deux mandibules plus solides, plus robustes, qui servent de tenailles incisives pour retenir la proie, et qu'on désigne le plus ordinairement sous le nom de mâchoires supérieures : elles se meuvent en travers; leurs pointes et leurs tranchants varient beaucoup. Au-dessous de celles-ci, ou plutôt en arrière, deux autres méächotires (maæillæ), plus gréles, dites inférieures, ou simplement mâchoires. Celles-ci sont garnies extérieurement d’un ou de plusieurs appendices articulés, mobiles, nommés improprement Antennules, ou mieux palpes supérieurs où maxillaires ; ces mâchoires sont destinées à diviser l'aliment en particules très-menues pour les broyer avec la salive, afin d’en former une pâte qui passe alors en arrière pour être avalée. Enfin, au-dessous de ces mâchoires on observe une autre pièce impaire, comme destinée à fermer la bouche : c’est ce qu’on nomme la languette (ligula) ou la lèvre inférieure ; celle-ci porte aussi deux appendices articulés, ce sont des palpes labiaux ou infé-

rieurs. Cette lèvre est elle-même supportée et quelquefois

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cachée par un prolongement du dessous de la tête qu’on nomme le menton ou la ganache. Dans quelques-uns de ces insectes mâcheurs, comme chez tous les Orthoptères et dans quelques Névroptères, les mâchoires sont garnies en dehors d’une sorte de gaine ou de lèvre mobile particulière, d’un appendice articulé, formé par un seul article, souvent concave, que l’on a désigné sous le nom de casque (galea) ou de galette; cet organe a été employé par Fabricius pour désigner sa classe des ULONATES (1).

Comme ces parties de la bouche, qu'on a appelées instruments de la nourriture (irstrumenta cibarta), ont été si minutieusement étudiées par les auteurs d'entomologie, particulièrement par Fabricius et par un grand nombre d'autres, il en est résulté qu’on a tenu compte des plus petites variations qu'elles ont pu présenter, sans chercher à en expliquer les véritables usages. On a cru cependant y trouver des particularités propres à bien caractériser les genres. Nous verrons, par la suite, combien peu est solide cette base d’un système qui paraissait promettre, par analogie avec ce qui avait été observé dans les animaux vertébrés, de grands avantages pour cette branche de la zoologie.

Nous devons reconnaître que, chez les insectes mächeurs, chacune des parties qui entrent dans la composition de la boucle remplit dans toutes les espèces à peu près les mêmes offices, quelle que soit sa forme. Ainsi, les palpes ou les antennules sont destinés à toucher l'aliment, à le palper pour

(1) Mais il aurait dù, pour conserver l’étymologie de gencive à la mâchoire, se servir du mot composé oulognathes : oÿlov-yvéoc.

reconnaître ses qualités; aussi les voit-on continuellement en action, lorsque l'insecte mange. Dans beaucoup d’espèces, ils servent évidemment à redresser l’aliment, à le retourner dans le sens où il peut être mieux saisi par les mandibules et par les mâchoires, afin que celles-ci agissent à la manière des dents incisives, des laniaires et des molaires, dans les Mammifères chez lesquels la langue est chargée de cet office. Chez quelques insectes Coléoptères, les palpes sont au nombre de six, dont deux paires sont fixées sur les mächoires inférieures. Tels sont les Créophages, comme les Carabes, les Cicindèles. Les autres paires font partie de la lèvre inférieure, on les désigne en effet sous le nom de palpes labiaux ou inférieurs, tandis que les autres sont appelés maxillaires ou supérieurs.

C'est avec les mandibules que l’insecte brise, coupe, tond, arrache ou retient les aliments, tandis que les mächoires redivisent, écrasent ou broient les parties qui se trouvent comprises entre leurs tranchants. Ces mächoires et ces mandibules se meuvent réciproquement de dehors en dedans, et non de haut en bas, comme dans les animaux vertébrés et chez quelques mollusques. Les deux lèvres, la supérieure et l'inférieure, ne paraissent destinées qu’à fermer la bouche, à en clore l'ouverture, ou à s’opposer à la sortie des portions d'aliments déjà broyées et réduites en petits fragments pour être ramollies par la salive. Ces lèvres se meuvent toutes les deux, de devant en arrière, ou bien encore verticalement, sur leurs points d'appui.

Parmi les insectes broyeurs, il en est, comme ceux de la famille des Apiaires ou Mellites, parmi les Hyménoptères, qui ont une sorte de langue constituée par le prolongement

Se

des mâchoires inférieures et de leurs palpes, dont la réunion constitue une sorte d’étui creux, de canal, par lequel le liquide se trouve pompé ou attiré dans l’œsophage. Chez les insectes suceurs, proprement dits, les aliments ne pouvant être avalés que sous forme liquide, les organes qui servent à opérer cette succion sont très-diversifiés dans les différents ordres.

Ainsi, chez les Hémiptères, comme dans la Cigale, les Punaises, c’est un bec (rostrum) articulé, une sorte de tube composé de plusieurs pièces creuses qui se meuvent les unes sur les autres, et qui contiennent des soies fines et aiguës, ordinairement au nombre de trois. Au premier apercu, et sans ouvrir le tuyau du bec, on ne peut observer la forme et le nombre des soies qu'il renferme ; mais on remarque que ce fourreau extérieur n'est jamais accompagné de palpes , ce qui est un caractère propre à faire distinguer cette forme d’organe d’avec les autres bouches d’insectes. Tantôt cette gaîne ne paraît formée que par une seule pièce, tantôt de deux, le plus souvent de trois, quelquefois de quatre, et rarement de cinq, comme dans certaines espèces d'Hémiptères dont le genre a été nommé, par cela même, celui des Pentatômes.

Ce bec varie pour la forme et les courbures : presque toujours il est conique, arrondi ou comprimé, droit, coudé ou arqué. Dans l’état de repos, il est souvent caché, ou replié sous le ventre entre les pattes; mais il se relève presque à la perpendiculaire sous la tête quand l’insecte s’en sert pour sucer. Cet instrument réunit en même temps les propriétés du siphon et du tube capillaire. Souvent, il est garni d'une arme qui le fait pénétrer dans le tissu de la peau des animaux et des végétaux qu'il incise, comme à l’aide d'une

La

FORMES EXTÉRIEURES ET STRUCTURE DES INSECTES. Di) |

pointe d’aiguille ou de lancette. Quand nous parlerons des insectes hémiptères, nous présenterons plus de détails sur la structure et le mécanisme de cette sorte de bouche, en indiquant son action physiologique.

La trompe, ou mieux le bec de la puce, semble pouvoir être rapprochée du rostre des Hémiptères, quoique cet insecte, par ses métamorphoses complètes, diffère de l’ordre que Fabricius a désigné sous le nom de rhyngota.

Chez d’autres insectes suceurs, comme dans les Lépidoptères, tels que les Papillons, les Phalènes, etc., la bouche est un instrument particulier, roulé en spirale sur lui-même, et qu’on nomme la langue (lingua). Cet instrument, dont la structure est particulière, a servi à la dénomination d’un ordre introduit par Fabricius dans son système entomologique sous le nom de glossata (qui ont une langue). Savigny a reconnu dans cette sorte de bouche une modification des mêmes pièces que l’on distingue beaucoup mieux dans les insectes mâcheurs. [ci (car il n’y aurait plus de mandibules), les mâchoires seraient excessivement développées, et se prolongeraient chacune en une lame grêle, flexible, creusée en souttière, dont les bords sont imperceptiblement crénelés pour se joindre tout à fait par leur rapprochement, et constituer ainsi un canal cylindrique, sorte de spiri-trompe, qui, au moyen de ses fibres annulaires, peut s’allonger, se raccourcir, se dérouler et se replier sur elle-même en spirale concentrique. Ces deux mâchoires, ainsi composées, mais réunies, portent toujours à leur base un palpe formé de deux ou trois articles plus ou moins velus ou écailleux.

Dans l’état de repos, la langue reste roulée en spirale, et cachée entre les palpes ; mais quand l’insecte veut s’en servir,

il la déroule pour en diriger l'extrémité libre dans les liquides mielleux que produisent certaines fleurs. Cette trompe devient alors un tube aspirateur, comme on le voit dans certains Sphinx ou Sésies.

Enfin, dans les insectes à deux ailes, qui, étant privés de mâchoires, sont tous appelés à introduire dans leurs intestins les aliments sous la forme liquide, la bouche offre deux modifications remarquables, le suçoir solide (kaustellum), et la trompe molle et charnue (proboscis).

Le suçoir corné ressemble, au premier aspect, au bec des Hémiptères. Il est composé d'une gaine qui correspondrait à la lèvre inférieure, mais prolongée et solide, sillonnée en avant dans toute sa longueur pour recevoir dans ce demicanal, qui porte deux palpes vers la base, deux, quatre, et jusqu'à six soies très-pointues et quelquefois comme dentelées à leur extrémité, Ces soies mobiles sont vulnérantes, et destinées à piquer la peau. Ces parties sont disposées de manière à former par leur réunion un canal aspirateur faisant l'office d’une pompe mécanique, dont les pièces se meuvent les unes sur les autres avec une grande rapidité. Ce suçoir corné est presque toujours saillant, au moins par son extrémité libre; c’est ce dont il est facile de se convaincre au premier aperçu dans les Stomoxes, les Bombylles et les Asiles, enfin dans tous les Diptères, dits par cela même Laustellés.

La trompe charnue est généralement cachée dans une cavité au-dessous du front. Elle est molle, très-contractile, de sorte qu’elle peut s’ailonger et se replier à la volonté de l’insecte, en formant un double coude. Elle se termine ordinairement par une partie évasée et comme divisée en deux lè-

vres charnues propres à s'appliquer sur la surface du liquide, et à produire, en se contractant, l'effet d’une ventouse, au centre de laquelle on voit l'orifice du canal qui commence l’œsophage. On conçoit comment, avec cette conformation de la bouche, les mouches, en particulier, sont forcées de prendre leur nourriture à la surface des corps, quand ceuxci sont fluides, ou de la dissoudre ou de la liquéfier, en les imprégnant d’une sorte de salive, afin de pouvoir l’avaler.

Ces bouches d'insectes suceurs n’agissent pas, ainsi qu’on pourrait le supposer d’après leur nom , de manière à faire le vide, comme chez les mammifères, lorsqu'ils tettent ou quand ils boivent. Il faudrait pour cela que ces animaux respirassent par la bouche, ce qui n’a pas lieu. L’ascension du liquide qui doit pénétrer dans le canal alimentaire s'opère par un procédé très-différent; elle est produite essentiellement par un mouvement rapide, imprimé successivement aux diverses parties du canal dans lequel le trajet du liquide s'effectue.

Les insectes qui ont une bouche mixte, comme les Abeilles, semblent tenir le milieu entre les espèces qui mâchent et celles qui peuvent tout à la fois sucer. Cette bouche se compose à peu près des mêmes parties que celle des insectes à mandibules et à sucoir, avec de grandes modifications, suivant les divers genres de l'ordre des Hyménoptères, comme nous aurons occasion de l'expliquer par la suite.

Il est enfin quelques insectes, comme chez certaines larves, celles des Fourmi-lions par exemple, qui offrent une notable exception, en ce que les crochets de leurs mandibules sont de véritables suçoirs ou pipettes, creusés à l’intérieur; elles contiennent un canal qui, de chaque côté, de-

vient l’orifice d'un œsophage double dont les branches se réunissent dans un sac correspondant à l'estomac.

ANTENNES. — Les parties de la tête, qui sont les plus constantes après la bouche, sont les antennes. On nomme ainsi des organes composés le plus souvent de diverses pièces articulées, que l’on désigne quelquefois comme de petites cornes. Cette expression est même empruntée à un mot latin qui désignait la vergue des navires (1). Les naturalistes qui auront employé les premiers cette dénomination ont peut-être cru que ces organes servaient aux insectes pour diriger leur vol; mais les Grecs anciens, comme nous le voyons dans Aristote, nommaient xéous (féras) ces mêmes organes. C’est d’après cette étymologie qu'ont été désignés beaucoup de genres, et même plusieurs familles d'insectes, dans les noms desquels nous trouverons les initiales de céro, cérato, ou la terminaison en cère.

Presque tous les insectes parfaits ont des antennes. Il n’y en a jamais que deux dans les vrais insectes, ceux qui n’ont que six pattes : aussi les a-t-on désignés quelquefois sous le nom de Dicères.

Les entomologistes, depuis Linné, ont distribué par genres les insectes, d’après les diversités nombreuses que présentent leurs antennes. Nous avons employé nous-même ces modifications pour établir les familles qui nous paraissent très-naturelles, et dont les noms se trouvent fort souvent empruntés à la forme ou à l’attache de ces organes. L'examen

(4) Cornua velatarum obvertimus antennarum.

(Virg. Æneid., lib, III, v. 549.)

des antennes est ainsi devenu un point essentiel de cette étude, et comme il a fixé davantage l’attention des naturalistes, il en est résulté que ces organes ont été décrits avec beaucoup de détails et même souvent, il faut l'avouer, avec une attention trop minutieuse, et qu'ils ont recu un très-grand nombre de noms. Cette nomenclature forme maintenant, pour ainsi dire, une langue ou un idiome technique. Il est donc nécessaire de se familiariser avec les termes employés à cet usage, afin d’être initié dans le langage de la science. Cet inconvénient est inséparable de toute étude approfondie ; il faut, pour exprimer des idées différentes, se servir de termes dont le sens est déterminé d'avance, et qui deviennent d'autant plus avantageux qu'ils évitent l'emploi de périphrases ou la répétition des mêmes mots.

Nous allons faire connaître, d’une manière générale, les termes principaux spécialement attachés, comme des épithètes distinctives, aux modifications que présentent les antennes.

La région de la tête de laquelle les antennes semblent se détacher, se nomme la base ou le point d'insertion; et on appelle articles ou anneaux les petites pièces qui les constituent. On tient compte aussi de leur nombre et de leurs formes. Jamais les antennes ne sont insérées au delà ou en arrière des yeux, mais elles sont toujours plus ou moins voisines ou rapprochées de ces organes saillants et faciles à reconnaître. Semblables ou symétriques entre elles sur le même individu, elles sont plus ou moins rapprochées l’une de l’autre; mais elles varient beaucoup dans leur position relativement aux yeux, soit en avant, ou au-dessus, au-dessous,

de sorte qu'on les distingue par cette situation particulière T. XXXI. 4

en préoculaires, interoculaires, susoculaires, suboculaires.

Quelquefois les antennes sont écartées ou rapprochées l’une de l’autre ou même jointes par leur base sur une tige commune. Elles varient aussi beaucoup quant à leur longueur totale et à leurs autres dimensions, mais surtout par la forme, la disposition et le nombre des articles et par leur proportion respective ; c’est ce qui fait que l’on assigne, pour ainsi dire, de la valeur aux termes qui servent à exprimer ces particularités.

C’est surtout parmi les insectes à élytres que les antennes offrent les modifications les plus nombreuses et spécialement par lenombre très-varié desarticles, puisqu'on peuten compter depuis deux ou trois, jusqu’à trente et au delà dans certains genres. On a observé très-souvent que ce nombre n'est pas le même suivant le sexe des individus d’une même espèce, soit pour la longueur, soit pour la régularité.

Ce sont les formes générales que l’on a aussi cherché à exprimer sous des dénominations qui sont, pour la plupart, traduites d’adjectifs latins. Telles sont les antennes filiformes, sétiformes, fusiformes, ensiformes, moniliformes, etc., dont les sens sont ceux de fil de soie, de fuseau, d'épée, de chapelets et plusieurs autres qu’il est facile de traduire. On dit de même que ces antennes sont prismatiques, rondes, aplaties, perfoliées, imbriquées, dentelées, pectinées, rameuses, droites, brisées, coudées, etc., suivant que leurs articles sont globuleux, épineux, velus, lisses, ou qu’en totalité elles sont dressées et immobiles et comme fixes, ou que, au contraire, elles sont très-flexibles, vibratiles, etc.

Ces dénominations se trouvent souvent employées pour faire saillir, par la comparaison, certaines différences que

présentent d’autres insectes avec lesquels on pourrait les confondre. Ainsi, dans l’ordre des Hémiptères nous avons reconnu que chez le grand groupe des Rhinostomes, qui comprend les Punaises, tous les genres dont les antennes sont terminées par une soie très-fine , sucent ou attaquent spécialement les animaux, et que ceux dans lesquels ces organes ont une autre conformation ne se nourrissent que des sucs qu'ils hument dans le tissu des plantes.

On ignore encore les usages auxquels les antennes sont destinées ; il faut qu'ils soient importants et essentiels, puisqu'on les trouve dans presque toute la classe des Insectes. Quand nous traiterons des fonctions, nous ferons connaître les opinions émises par les naturalistes qui se sont occupés de cette question physiologique, et dont la plupart semblent avoir attribué l’usage de ces organes au sens de l’ouie.

Yeux. — Les yeux sont encore des organes dont la présence est presque généralement constante dans les insectes qui vivent sous l'influence de la lumière (1). Ces instruments, destinés à la vision, sont toujours situés à la tête, le plus souvent au nombre de deux et sur ses régions latérales audessus ou en arrière des antennes. Jamais ces yeux ne sont recouverts par des paupières mobiles. Leurs couleurs sont diverses , ainsi que leur surface qui est sèche, cornée, presque toujours partagée en petites facettes plus ou moins convexes et saillantes, dont le nombre varie à l'infini. On désigne ces yeux comme étant composés où à réseaux, pour les

(1) On a dit que les Clavigères, Leptodères, Adelops, Anophtalmes en étaient privés, ainsi que les Nyctéribies.

distinguer d’autres organes que l’on croit aussi destinés à la vue et qui sont toujours Zsses ou simples à la surface. On a donné à ceux-ci le nom de stemmates comme nous le dirons plus bas.

La forme et même la figure des yeux composés varient beaucoup : ainsi il en est de plats, de convexes ; d’autres sont circulaires, en lunule ou en reins, ovales, échancrés, triangulaires, linéaires, etc., quelquefois ils sont sessiles, rapprochés ou très-éloignés et même comme pédiculés ou placés à l’extrémité d’un support, mais celui-ci n’est pas mobile; c'est alors un prolongement des tempes ou des parties latérales du crâne.

Il est aisé de s’assurer de cette structure compliquée parce qu’elle est très-apparente chez les Libellules dont les yeux sont excessivement développés ; on peut reconnaître la même disposition dans les Papillons, les Hémérobes et sur certains insectes à deux ailes, comme les Taons, et sur beaucoup d’autres espèces à deux ailes.

Les individus mâles sont souvent faciles à distinguer des femelles par la grosseur de leurs yeux, car ces organes occupent presque toute la superficie de la tête. Les Tipules et les Éphémères sont dans le même cas.

Dans l’ordre des Coléoptères, les Tourniquets ou Gyrins, qui vivent et nagent dans l’eau, ont, pour ainsi dire, quatre yeux, parce que chaque œil est partagé en deux portions par une ligne saillante. Celui de ces yeux qui est en dessus semble destiné à voir dans l'air atmosphérique, et l’autre, qui est en dessous, est probablement d’une structure accommodée à la vision dans l’eau.

STEMMATES Où VEUX LISSEs. — Dans un grand nombre

d'insectes on observe sur la tête d’autres points saillants ou tubercules beaucoup plus petits, le plus souvent rapprochés et au nombre de trois, distribués en triangle : deux en avant ou en bas et un en dessus ; ils n'occupent pas les côtés de la tête, ils sont situés sur la ligne médiane du front au-dessus de la bouche et même plus en arrière sur le sommet ou sur le vertex, entre l'insertion des antennes ou derrière elles. Comme ces petits yeux groupés sont toujourslisses, polis et brillants, le nom de stemmates est employé pour les désigner dans la description des insectes. C’est un terme grec, qui était affecté à un ornement de la tête. Fabricius, dans sa ?Ailosophie entomologique, n’en donne pas d'autre explication que celle-ci : les trois points élevés, brillants, qu’on voit sur le sommet du front dans la Cigale, les Sphéges. L'ordre des Coléoptères n'offre que très-rarement un exemple d'espèces munies d’yeux lisses; on l’a dit de quelques petits brachélytres tels que les Lestèves, les Anthophages. Les Perce-Oreilles ou Forficules et tous les Lépidoptères sont dans le même cas.

Quoiqu'on ne soit pas très-convaincu de l'usage auquel les stemmates sont destinés, on croit cependant qu'ils servent à la vision. On est porté à penser que tel est leur office, parce que les Araignées, dont la vue est très-bonne, et chez les autres animaux de la même famille dont la tête est confondue avec le corselet en une seule et même pièce (céphalothorax on syncéphale), n’ont pas d’autres yeux que ces mêmes stemmates. Il est vrai que leur nombre est ici le plus souvent de huit et que leur distribution relative présente un mode d’arrangement des plus singuliers qui a permis de ranger les espèces en groupes très-distincts d’après ces particularités.

Les détails sur la structure anatomique des yeux, qui of-

frent beaucoup d'intérêt chez les Insectes, seront mieux et plus utilement développés quand nous étudierons les fonctions sensoriales de ces animaux.

Les autres régions de la tête que l’on a eu occasion de désigner dans les descriptions de certains genres sous des noms particuliers parce qu’elles offraient quelques notes caractéristiques, ne sont pas réellement importantes ; nous ne ferons que les indiquer sommairement. Tels sont :

L’épistome ou le chaperon qui supporte le labre, dit la lèvre supérieure. Cette région varie en effet par son étendue, par sa forme, sa surface et par ses bords plus ou moins élevés.

L’épicräne, occupant tout le dessus et le derrière de la tête jusqu’à son articulation ; on l’a subdivisé de devant en arrière, en front, en vertex et en occiput, et sur les côtés, en tempes et en joues; mais toutes ces diverses régions sont limitées fort arbitrairement parce qu’elles n’ont pas de lignes de démarcation réelle.

La base ou le dessous du crâne, qui se prolonge quelquefois en une sorte de col, se termine là par un ou deux condyles, suivant le mode d'articulation de la tête, ce qui en détermine l'étendue , ainsi que le genre de ses mouvements sur le corselet.

Tous ces détails offrent tant de variétés qu’ils ne peuvent être utilement exposés que par des exemples. On les trouvera dans la description des ordres, des familles et des genres, car souvent telle particularité notable ne peut être observée que sur certaines espèces, de sorte que ces modifications ont servi à les caractériser.

CorseLer où THorax. — On nomme le corselet dans les

Insectes la seconde portion de leur corps, celle qui, venant immédiatement après la tête, précède le ventre ou l'abdomen, etsur laquelle sont toujours articulés les principaux organes du mouvement, tels que les pattes et les ailes. Voilà la définition la plus générale que l’on puisse donner de cette région du tronc.

Ce thorax se compose de plusieurs parties ; le plus souvent, on peut y reconnaître trois segments, dont chacun porte toujours une paire de pattes et, chez la plupart, des ailes, soit au nombre de quatre, soit de deux seulement. Ces trois anneaux ou segments ont été distingués par des noms différents. Le premier, du côté de la tête, est appelé le prothorax ; l’intermédiaire, ou celui du milieu, est nommé mésothorax ; et le troisième est désigné comme le mnétathorax. Nous parlerons successivement de ces trois régions.

Considéré dans son ensemble, le corselet présente quatre faces, chacun de ses anneaux ou segments étant supposé un quadrilatère. On y voit un plan supérieur ou dorsal (tergum), deux côtés ou les flancs (pleuræ) qui portent les pattes et une face inférieure qui est placée entre les pattes qu'on désigne ordinairement sous le nom de sternum ou quelquefois région pectorale ou même la poitrine (pectus).

D’après cet examen extérieur du corselet, on conçoit que cette région remplit un rôle très-important dans l’économie des Insectes; car cette portion du tronc procure à ces animaux les moyens de changer de lieu, de se transporter suivant leurs besoins pour exécuter toutes sortes de mouvements. C’est dans l’intérieur du corselet que sont logés les muscles qui agissent sur les pattes et sur les ailes; c’est là

aussi qu’on retrouve le trajet du canal digestif et le prolon. gement du système nerveux.

Les régions dont nous venons de parler ne sont pas toujours très-faciles à distinguer les unes des autres, car souvent le prothorax ne forme qu’un anneau incomplet, qui supporte les pattes antérieures et qui n’est pas visible du côté du dos. D’autres fois, le mésothorax est partagé, du côté du dos, en trois ou quatre pièces, et la dernière région, oulemétathorax ou la poitrine semble seconfondre avec le ventre et rester tout à fait caché par les ailes du côté du dos.

Ces modifications sont tellement importantes qu’il faut en renvoyer l’examen à l’étude de chacun des ordres et même à celle des familles et des genres pour l'établissement desquels la structure du corselet fournit de très-bons caractères. Cependant comme on a donné des noms aux parties dont sont formés les trois segments du thorax, nous en indiquerons quelques-uns.

Proraorax. — Le prothorax est presque la seule partie visible du côté du dos dans les Coléoptères, les Orthoptères et les Hémiptères. C'est celle qui porte les pattes antérieures qu'on a nommées thoraciques. Il n’en est pas de même dans la plupart des autres ordres, où le prothorax ne se voit plus ordinairement du côté du dos. On le reconnaît parce qu'il supporte toujours la paire de pattes antérieure ; c’est un simple anneau, situé entre la tête et la poitrine, comme une sorte de collier plus ou moins comprimé, suivant les genres. Dans les insectes à quatre ailes nues, comme chez les Abeilles, les Papillons, plusieurs Névroptères et la plupart des insectes à deux ailes, la partie la plus large de ce collier, celle qui porte les pattes, est en dessous; elle

FORMES EXTÉRIEURES ET STRUCTURE DES INSECTES. 2 présente beaucoup de particularités qu'il serait impossible d’énumérer sans citer des exemples pour en faire l’application.

MÉsorHorax.

Le mésothorax, ou la portion médiane du corselet, est facile à indiquer dans tous les insectes qui ont des ailes, parce que c’est sur cette région que s'attache leur première paire, de même que les pattes moyennes ou intermédiaires. C’est là son caractère distinctif ou principal; mais sa position, ses connexions, son étendue présentent d’assez grandes différences.

Ce segment est toujours situé en arrière du prothorax, dont il est constamment séparé par une articulation, et il se confond et se soude le plus souvent avec le métathorax qui donne attache aux pattes postérieures. Son étendue ou ses dimensions varient. Il est excessivement développé dans la plupart des insectes dont les ailes sont sans étuis, comme dans les Guëpes, les Papillons, les Mouches; mais ce mésothorax est très-petit dans les Hémiptères et chez les Névroptères.

Écusson. — Le plus souvent le mésothorax offre une pièce cornée, plus ou moins mobile, qui se prolonge entre les ailes ou les élytres et qui les sépare à leur base; c’est ce qu'on nomme un écusson (scutum), dont la forme varie, ainsi que son étendue. Cet écusson a servi de note caractéristique pour certains genres qui en sont privés en apparence, tandis que sur d’autres il a pris un très-grand développement.

Le dessous du mésothorax, ou l'intervalle qu’on remarque entre la paire de pattes intermédiaires, a souvent recu le nom de mésosternum ou de sternum moyen, comme la partie

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correspondante du prothorax a été désignée quelquefois comme un prosternum, si remarquable surtout dans les Taupins et même dans les Géotrupes, les Dytiques. Chez les premiers, on voit la cavité où est reçue la pointe cornée qui agit comme un ressort élastique pour la projection que l’insecte peut imprimer à la totalité de son thorax dans le saut qu'il exécute, quoique étant placé sur le dos.

Mérarorax. — Le métathorax, ou le troisième segment du corselet, porte toujours la dernière paire de pattes et latéralement les ailes inférieures. Le plus souvent, cette région est une portion continue du mésothorax; elle y est soudée et se confond presque toujours dans certains ordres avec les anneaux du ventre : c’est ce qui arrive chez tous les insectes dont l’abdomen est sessile ; au contraire, quand le ventre est pédiculé, le métathorax est généralement peu développé.

Dans ces derniers temps, les entomologistes ont adopté des dénominations particulières pour distinguer sur chaque segment du corselet ce qu'ils ont nommé des régions ; ils désignent ainsi, de devant en arrière, à la face dorsale le præscutum, le scutum , le scutellum et le postscutellum ; mais souvent les deux extrêmes restent cachés dans l’intérieur.

Pour terminer l'examen du tronc et les formes générales du corps, nous allons indiquer celles du ventre ou de labdomen. Nous ferons connaître ensuite les pattes et les ailes dans leurs nombreuses modifications.

ABDoMEN. — Le ventre ou l'abdomen, dans les Insectes,

est la troisième région du tronc, celle qui ne porte point de

pattes articulées. On considère dans l’abdomen les deux

nd

extrémités, dont l’une est la base articulaire et l’autre la pointe qui est libre; puis le dessus et le dessous ou le ventre proprement dit, les côtés ordinairement percés de trous servant d'entrée aux organes de la respiration et qu’on nomme des stigmates. Dans les descriptions, on tient compte de la forme générale, du nombre des segments et de la surface.

C’est par son extrémitéantérieure ou par sa base, que l’abdomen est uni au métathorax. Quand cette jonction se fait par accollement, ou sans rétrécissement sensible, on dit que le ventre est sessile. Il est ainsi disposé dans presque tous les Coléoptères, les Orthoptères et les Uropristes ou mouches à scie, dans les Scorpions et beaucoup d’autres insectes. Si, au contraire, le rétrécissement est bien marqué, l'abdomen est dit pétiolé ou pédiculé. Cette sorte d’anneau étroit, qui sert à la jonction, est très-long dans les Guêpes, les Sphéges et beaucoup d'Hyménoptères, et chez quelques Diptères. Il est très-court dans les Mouches, les Chrysides et les Uropristes. Dans ce cas, on le désigne par l’épithète d’accolé, de sessile (adnatum). Ce pétiole présente encore quelques particularités relativement à ses formes et à la manière dont il est uni avec la poitrine. Ainsi, tantôt il est noueux, étranglé, renflé; tantôt il présente des épines, des écailles. 11 diffère par la manière dont il est fixé sur la poitrine, au-dessus, au-dessous, ou dans la partie moyenne.

L'extrémité postérieure de l'abdomen est ordinairement percée pour livrer passage aux résidus des aliments et aux organes de la reproduction. Dans le plus grand nombre des Coléoptères et des Diptères, cette extrémité postérieure est obtuse ou arrondie. Ses derniers anneaux se prolongent en

pointes ou en appendices cornés dans la Trichie à tarière, les Blaps, la Mordelle, l’Urocère, les Sauterelles, les Grillons et beaucoup d’autres insectes femelles chez lesquels ces prolongements deviennent des instruments destinés à introduire les œufs dans les corps destinés à servir à la nourriture des larves qui en proviendront. Souvent, l'abdomen est terminé par d’autres organes, véritables moyens de défense, d’attaques ou d’intoxidation comme les aiguillons des Abeilles, des Guëpes, des Sphéges et de beaucoup d’autres Hyménoptères. Dans d’autres cas, l'extrémité du ventre porte des crochets, des tenailles, qui facilitent le rapprochement intime des sexes, comme on le voit dans les mâles des Libellules. C’est à ces mêmes régions qu’on rapporte les scies, les tarières des Lyméxylons, des Cigales, des Buprestes, ete.

AIGUILLON. — L’aiguillon est une arme propre aux Hyménoptères, aculeus punctorius, située à l'extrémité de l’abdomen. Îl y en a de deux sortes : celui qui reste caché(reconditus) sert à l’insecte pour se défendre, et pour blesser, paralyser ou tuer complétement les espèces dont il veut s'emparer; c’est un instrument propre à inoculer un venin : tel est l’aiguillon des Abeilles, des Guëêpes, des Sphéges, des Mutilles, des Fourmis, etc. Quand il est apparent (exertus) et qu’il ne peut rentrer en entier dans l’abdomen, c’est un instrument qui sert à introduire le plus ordinairement les œufs, soit dans les végétaux, soit même dans le corps vivant des animaux. Tantôt enfin, c’est une tarière en même temps qu'unpondoir, comme dans les Uropristes, tels que les Sirèces, les Urocères, les Tenthrèdes, les Leucopsides, les Ichneumons, etc.

Nous étudierons cet organe et le mécanisme qui le fait

agir quand nous aurons occasion de parler de quelques-uns de ces genres, surtout à l’occasion des Abeilles.

La partie supérieure du ventre, qu'on nomme le dos, a très-peu de consistance dans les insectes à elytres. Les articulations des anneaux y sont à peine distinctes et comme membraneuses. Cette région est tout à fait plate, molle et souvent concave. Au contraire, dans les Hyménoptères et chez un grand nombre d'insectes à deux ailes, les portions d’anneaux formant le dos de l’abdomen sont souvent plus convexes que celles qui correspondent au ventre.

Le ventre proprement dit, ou la région inférieure de l’abdomen, est le plus souvent convexe ou rebondie. Les segments en sont plus distincts et plus solides que ceux du dos. Dans quelques genres cependant, comme dans les Chrysides, les Chélones, les portions d’anneaux du ventre sont plates, concaves et quelquefois membraneuses, tandis que les régions dorsales sont beaucoup plus solides. Cette disposition se remarque dans tous les animaux qui peuvent faire rouler leur abdomen en boule et qu'on nomme Systrogastres.

Les côtés ou les bords de l’abdomen ne sont bien remarquables que dans les insectes dont le ventre est aplati ou inégalement convexe. C'est par la réunion des segments que se trouve produite la marge ou la réunion des bords. Tantiôt ils forment un angle saillant et dentelé, comme dans le Naucore et dans quelques Blattes. Tantôt ces angles sont arrondis et presque lobés, comme dans les Acanthies, les Pucerons et quelques Ricins ; d’autres fois ils sont amincis et prolongés de manière à représenter des feuilles, comme dans certaines Mantes. Plus rarement, ils laissent sortir des appendices charnus, mous et rétractiles, qu'on nomme des tentacules,

comme dans les Malachies, et chez plusieurs Larves. Dans les insectes dont l’abdomen est arrondi, on n’a souvent à noter, comme caractères d'espèces, que les taches ou les marques qui s’y rencontrent.

La forme ou la figure de l’abdomen varie beaucoup, ainsi que toutes les autres parties du corps de l’insecte. En proportion du reste du trone, il est court ou allongé; considéré dans son ensemble, il est arrondi ou eylindrique, ovale, triangulaire, en fuseau, en massue, mince ou épais, droit ou courbé, linéaire, ete. Le nombre et la proportion respective des segments sont aussi très-variables. On en voit deux ou trois seulement dans les Chélones et les Chrysides ; cinq dans les Lucanes, les Dytiques; six dans le plus grand nombre des Coléoptères et des Hyménoptères, sept ou huit dans beaucoup d’Orthopières; dix ou douze dans la plupart des Névroptères.

Les insectes chez lesquels l’abdomen est sessile ont en général les anneaux décroissant de devant en arrière. Chez ceux qui l’ont pédiculé, leur proportion varie beaucoup. Il en résulte toutes sortes de formes. Dans les ventres dits en massue, par exemple, ce sont les derniers segments qui sont les plus gros; quand le ventre est conique ou pyriforme, ces anneaux vont en diminuant, et c’est à compter du quatrième segment. Îl n’y a rien de constant à cet égard, et l’on observe des différences très-remarquables dans le même genre, et quelquefois dans une même espèce suivant le sexe.

Il en est de la surface de l'abdomen comme de celle de tout le corps de l’insecte. Elle est lisse, velue, épineuse, carénée, cannelée, ponctuée, etc. |

Parres. — Les pattes ou les pieds des insectes sont,

comme nous l'avons déjà dit, le plus souvent au nombre de six dans les véritables insectes. Elles sont toujours disposées par paires, dont chacune est reçue dans l’une des trois régions latérales du thorax et qui sont désignées ainsi : pattes de devant ou antérieures (pedes antici); du milieu ou intermédiaires (intermedii), et pattes de derrière ou postérieures (posteriores). On distingue dans chacune de ces pattes cinq articulations qui présentent beaucoup de modifications dans leurs formes et même dans leur composition; de sorte qu’il est nécessaire de les décrire séparément, chacune sous le nom qu’elle porte, et qui sont : la hanche (coxa), le trochanter, la cuisse où fémur, la jambe ou le tibia, et le farse ou le doigt.

Haxcne(coæa).— La hanche est une pièce courte, le plus souvent enchâssée, mais mobile dans une cavité correspondante du prothorax pour la première paire de pattes, dans le mésothorax pour la paire moyenne et dans le métathorax pour les pattes postérieures. La forme de cette hanche varie dans chacune de ces articulations et par les mouvements qu’elle permet, puisque leurs directions sont différentes. Les antérieures doivent porter le tarse en avant, et les deux autres plus ou moins en arrière. Tantôt cette pièce cornée est globuleuse et représente une petite sphère logée dans une concavité parfaitement disposée pour la recevoir, comme sont construites dans la mécanique les pièces qui permettent les mouvements de rotation. Tantôt cette hanche est aplatie, ovale, allongée, linéaire, et tellement engagée ou emboîtée dans la pièce qui la reçoit sur le tronc, qu’elle semble en faire partie ou s’y confondre; c’est même ce qui a fait que, souvent, la plupart des auteurs, et même Fabricius, n’en ont pas parlé dans

leurs descriptions. Elle mérite cependant d’être connue, car les formes qu’elle présente sont liées à la nature des mouvements et aux habitudes de certains genres.

C’est surtout dans les Coléoptères que les hanches se trouvent enchâssées très-harmoniquement dans leurs cavités, de sorte qu'il est difficile de les déboîter et même de les luxer. Nous devons faire remarquer que, dans la plupart des Coléoptères, les hanches globuleuses des pattes antérieures subissent une sorte de rotation qui permet à la cuisse, et par conséquent à toute la patte, de se porter en avant; tandis que dans les pattes moyennes et les postérieures, la hanche est tellement emboîtée qu’à peine est-elle mobile, et que jamais les cuisses et le reste du membre ne peuvent se diriger tout à fait en avant. Quelquefois la hanche est si bien soudée, qu’elle devient un point solide de résistance pour la totalité du membre. C’est ce qu’on voit dans les insectes nageurs, dans les Cétoines et les Scarabées, tandis que les pattes moyennes et celles de derrière ont une hanche trèsdéveloppée dans lesens transversal, où elle est mobile, comme surun double pivot qui permet seulement mais qui borne aussi le mouvement de la patte d'avant en arrière et réciproquement. Ces pièces donnent cependant attache aux muscles qui les meuvent et à d’autres destinés à agir sur les trochanters ou sur la cuisse. Ce sont surtout les hanches postérieures qui offrent les plus nombreuses modifications.

Dans les insectes qui ont les téguments moins solides que les Coléoptères, les hanches sont moins strictement contenues dans leurs cavités ; ou plutôt, ces receptacles n'existent plus. Ils sontremplacés par des ligaments ou des mentbranes plus ou moins apparentes et solides. Ces articulations offrent

trop de particularités dans les différents ordres pour que nous ayons besoin de les rapporter ici à des types généraux.

La seconde pièce de la patte, ou le trochanter, n’est pas toujours très-apparente. C’est une sorte d’appendice de la cuisse, qui produit l'effet d'une rotule intermédiaire aux deux parties entre lesquelles elle se trouve placée pour faciliter leur glissement. C’est surtout dans les familles des Coléoptères carnassiers et qui courent très-vite, que cette portion du membre se manifeste par son plus grand développement. Le plus souvent, on néglige de faire mention du trochanter dans les descriptions.

La cuisse ou le fémur est la deuxième ou la troisième pièce articulaire de la patte. Sa forme varie beaucoup, ainsi que ses proportions. Elle est remarquable, tantôt par sa grosseur ou son renflement, comme dans les Alurnes, les Altises, les Donacies, les OEdémères, quelques Syrphes; tantôt par sa longueur, comme dans les Criquets, les Locustes, les Truxales, les Chalcides, les Puces, et chez tous les insectes sauteurs. Dans certains genres, ce sont les cuisses des pattes antérieures qui sont les plus longues. C’est surtout chez certains mäles, comme dans les Clythres, que ce développement est très-prononcé. Quelquefois, mais plus rarement, ce sont les cuisses des pattes antérieures ou des intermédiaires qui sont plus grosses ou les plus longues, comme dans les Scaures, les Hirtées, les Scatopses.

On observe souvent sur les cuisses quelques particularités, telles que des séries d’épines, des rainures, des plaques polies, des entailles, des arêtes, qui, probablement, ne sont pas sans une certaine utilité, ou sans quelque but, suivant les

mœurs ou les habitudes des espèces.

JamBes. — Les jambes ou les tibias forment la quatrième articulation de la patte, située entre le tarse et la cuisse. Les jambes présentent autant de variétés que le fémur, qu'elles égalent le plus souvent par leur longueur. Leur forme varie suivant certaines facultés attribuées à quelques genres : ainsi le bord extérieur est dentelé ou crénelé, et sa surface aplatie dans les insectes fouisseurs. Le tibia, très-mince ou comprimé, est garni de poils roides dans les espèces qui nagent; garni de brosses ou de cardes formées par des poils longs et roides dans quelques Abeilles ou Apiaires dits à manchettes; armé d’épines mobiles dans beaucoup de Lépidoptères, tels que les Ptérophores; dans les Hydrophiles, ces pointes ont été désignées comme des éperons (calcaria).

Cette jambe est quelquefois arquée ou courbée en faucille pour s'adapter et se placer dans une rainure de la cuisse à l'état de repos. On remarque parfois une simple échancrure pratiquée seulement sur les pattes antérieures comme dans les Carabes. Ces mêmes jambes de devant offrent une sorte d’élargissement ou d’espace transparent, dont on ignore l'emploi, chez quelques espèces de Grillons, tels que celui des cuisines. Dans beaucoup d'Hyménoptères fouisseurs, tels que les Sphéges, les pattes antérieures ont les jambes solides, élargies, garnies d’épines, et servant à ces insectes pour creuser la terre. Les jambes les plus singulières sont celles de la Courtillière : elles sont comme palmées et donnent à cet insecte la faculté de couper les racines qui obstruent quelquefois les galeries souterraines que l’insecte creuse et pratique avec des précautions admirables. Nous ne devons pas oublier de citer une particularité remarquable

que présentent les mâles de certains insectes, ceux des Crabrons, par exemple, qu’on a nommés Cribraires, parce que leurs jambes antérieures sont dilatées en une sorte d’éeusson à points translucides qu’on a supposés percés d’un assez grand nombre de petits trous ronds, comme les peaux de certains tamis destinés à cribler les grains.

Tarse. — Le farse ou le doigt, dans les insectes, est ordinairement composé de plusieurs articulations ou phalanges qui terminent chaque patte. Le nombre de ces articles varie depuis un jusqu’à dix ou douze, selon les ordres. Il est à peu près constant ou reste le même dans certains ordres : quel-. ques Aptères en ont cinq et plus. Ce nombre a été reconnu et étudié avec soin par Geoffroy, surtout dans l’ordre des Coléoptères : il a fourni au système de classification de ces insectes un moyen commode pour distribuer les familles en sous-ordres principaux. Ordinairement, les pattes moyennes ou les intermédiaires ont le même nombre d'articles aux tarses que les pattes de devant, mais celles que l’on nomme postérieures ont souvent moins d'articles que les autres.

Nous avons proposé, pour désigner ces sous-ordres, des noms adjectifs qui malheureusement ont été depuis employés seuls, et considérés mal à propos comme des mots substantifs, sans faire attention à l’idée qu'ils expriment. Ces noms, lorsqu'ils ne sont pas appliqués aux Coléoptères, n’ont absolument aucun sens : ce sont des expressions insignifiantes. Il y a, en effet, beaucoup d’autres insectes qui offrent les mêmes modifications numériques des articles aux tarses,

Je suis le premier zoologiste qui ait introduit ou créé ces termes en Entomologie; car en 1805 ils étaient nouveaux et

inusités; je crois donc avoir le droit et même le devoir de revendiquer le sens que je leur ai donné. Je I:s ai employés spécialement pour indiquer, dans l’ordre des Coléoptères, les sections que Geoffroy avait formées comme des sous-ordres, dans son üistoire des insectes des environs de Parts, en 1764.

J'ai appelé Coléoptères pentamérés ceux qui ont cinq articles à tous les tarses, tétramérés les espèces qui en ont quatre, hétéromérés les individus munis de quatre articles aux tarses postérieurs, tandis qu’on en reconnaît cinq en avant. Il y a, en outre, des Coléoptères trimérés, dimérés ou monomérés. Cette expression de mérés signifie parties de membres, et se trouve ainsi jointe aux termes qui, en grec, indiquent le nombre des articles. C’est simplement un adjectif joint au mot coléoptère.

Ces noms, commodes et faciles à prononcer, évitent des périphrases, mais nous n’avons jamais voulu dire, comme on l’imprime partout aujourd’hui, un pentamère, un trimère, etc., expressions qui correspondraient à un cinq parties, etc. ; ces mots exigent l’adjonction d’un substantif, tel que ceux d'ordre, de genre, ou d'espèce, et dans ces différents cas ils désignent un caractère exceptionnel.

L’avaut-dernier article des tarses, ou le pénultième, présente quelques variétés pour la conformation et les usages auxquels il est destiné chez les Insectes. [l en est de même du dernier article, qui supporte un, deux, trois on quatre crochets ou ongles, dont la forme subit également beaucoup de modifications. Quelquefois cet article est tellement réduit ou exigu qu'il semble manquer tout à fait. Dans plusieurs espèces , il n'offre qu'un moignon ou une seule masse. Chez

certains mâles, les tarses antérieurs sont disposés de manière à pouvoir s'accrocher et les faire adhérer fortement au corps des femelles, qui sont, à cet égard, autrement conformées, c’est ce qu'en voit dans quelques Hydrophiles, chez des Dityques, des Asiles. Dans d’autres cas, cette dilatation des tarses a des usages différents : on en a un exemple dans les Abeilles ouvrières, qui récoltent le pollen à l’aide de leurs brosses tarsiennes. Chez divers insectes, tels que les Donacies , tous les articles des tarses sont velus ou veloutés en dessous pour s'appliquer exactement sur les corps les plus polis, comme ils le font sur les feuilles très-lisses et comme huilées des plantes naïades. Parfois quelques-uns des articles sont seuls conformés de manière à remplir les effets d'une pelotte élastique, d'une brosse, d’une houppe ou d’une ventouse élargie en un disque ou en deux demi-disques épatés, comme dans les Capricornes, les Asiles, les Mouches, les Thrips.

Les crochets, ou les ongles, sont aussi diversement configurés pour faire l’office de pinces, de tenailles, de griffes, deserres, de tire-bourres, suivant les mœurs et les habitudes particulières à certaines espèces. Quant à la forme générale des pattes, qui est toujours en rapport avec le genre de vie, nous dirons qu'on les a souvent désignées d’après ces circonstances. Ainsi, lorsque, comme dans les Coléoptères phytophages, tels que les Chrysomèles, ces pattes sont uniquement propres à la marche, on les a nommées ambulatoires; de même quand elles sont plus aptes à la course (cursorü), au nager (natatorü), au saut (saltatorti), à fouir la terre ou le sable (/ossorti), à saisir la proie (raptorü); enfin, si elles sont impropres à la marche, comme cela arrive

aux pattes antérieures de certains papillons de jour dits Tetrapi, on les appelle mutrci.

Axes. — Les ailes sont encore des membres véritables, à l’aide desquels les insectes peuvent s'appuyer sur l'air et se transporter ainsi d’un lieu dans un autre. Ces organes consistent en pièces membraneuscs articulées avec les régions moyennes et postérieures du corselet, sur les parties latérales du dos. On distingue surtout dans les ailes la base, c’est-àdire le point où elles sont articulées par de petites pièces cornées, qu’on a nommées des osselets scapulaires, dont le nombre et la forme varient beaucoup, et que plusieurs entomologistes ont désignées par des noms particuliers, suivant les ordres dans lesquels ils les ont décrits; c’est ce que nous ferons mieux connaître en traitant de chacun de ces ordres en particulier, Les muscles très-puissants qui doivent imprimer les mouvements à ces ailes sont de même que ceux des pattes, logés dans l’intérieur des segments qui constituent le méso et le métathorax. C'est par leur action, comme nous le dirons lorsque nous parlerons des fonctions, que ces ailes peuvent se plier, se déplier, se plisser, s'élever, s’abaisser, se mouvoir dans certains sens déterminés, pour se porter en dedans, en dehors, et s'appuyer de haut en bas, enfin pour exécuter tout le mécanisme que nous essayerons de faire mieux connaître en traitant des actions très-variées que ces membres, si délicats par leur ténuité, exécutent dans les diverses sortes de vol, chez les insectes des différents ordres. En général, ce sont de véritables rames légères, mais solides, dont l'étendue ou les dimensions varient; elles sont constituées par des membranes sèches, soutenues par des rayons ou par des nervures plus saillantes, dont les principales viennent

aboutir au point qui forme leur articulation. Ces lignes conservent de la souplesse, mais offrent assez de résistance et d’élasticité pour soutenir le corps en suspension dans l’atmosphère, et pour l’y diriger selon les besoins.

Aucun insecte ne naît ou ne sort de l’œuf véritablement ailé; il en est mème qui ne prennent jamais d'ailes, Ce sont ceux que l’on désigne sous le nom d’APrÈres. Tantôt les insectes n’en ont que deux : ce sont les Diprères; tantôt ils en ont quatre, et on les dit alors TÉTRAPTÈRES. Dans ce cas, on nomme ailes supérieures celles qui sont insérées plus près de la tête ou sur le mésothorax, et inférieures celles que supporte le métathorax.

Dans les insectes à quatre ailes, qui sont les plus nombreux, lorsque les supérieures sont plus épaisses, lorsqu'elles ont une autre consistance que les inférieures et qu’elles leur servent comme de gaines ou d’étuis protecteurs, on les nomme élytres ou demi-élytres ; tels sont les ordres des Co- LÉOPTÈRES, des OrTHOPTÈRES et la plupart des HÉmiprères.

Nous croyons devoir renvoyer à l'article dans lequel nous ferons connaître les ailes dans les trois ordres que nous venons d'indiquer, l'étude des modifications nombreuses et les dénominations que ces élytres ont reçues, particulièrement lorsque nous présenterons l’histoire générale des insectes Coléoptères chez lesquels les ailes supérieures ont souvent servi à bien caractériser les genres d'après leurs formes excessivement variées, leur consistance, leur surface, ete. Nous avons même pu mentionner utilement ces modifications pour établir des familles qui en ont tiré leur nom.

Chez les autres insectes qui ont aussi quatre ailes, mais dont la consistance est à peu près la même, et qui sont em-

ployées toutes et en mème temps à l’action du vol, on peut distinguer, pour en former un groupe séparé, les genres dont les ailes sont recouvertes de petites écailles, ou d’une sorte de poussière diversement colorée, comme chez les papillons, qui appartiennent à l'ordre des LÉPIDOPTÈRES.

Tous les autres insectes à quatre ailes les ont tout à fait nues et sans écailles, et on les a désignés comme des Gymnoptères; mais, en raison des mœurs et par la distribution des nervures de ces quatre ailes, on a établi alors deux ordres bien distincts : les Hyménorrères, dont les ailes offrent leurs principales côtes saillantes, distribuées sur la longueur de l'organe, et les NÉvroPTÈres, dont les nervures transversales sont très-nombreuses et dont les ailes sont formées par des membranes sèches, qui souvent offrent la ténuité et la transparence de la gaze et représentent une sorte de réseau.

C'est d’après la présence, le nombre, l'usage et le tissu des ailes, qu’on a formé huit ordres dans la classe des insectes ; mais il y a beaucoup d’autres modifications assez importantes à étudier.

Ainsi, dans certains ordres, on trouve des appendices qui lient les ailes et les font adhérer entre elles sous la forme d'anneaux, de boucles, de crochets, de crins roides ou d’ardillons, entrant dans une coulisse ; ou bien des organes accessoires tels que des cuillerons, des balanciers, des ailerons. Ces détails seront plus utilement exposés, ainsi que nous l’avons annoncé, quand nous étudierons les fonctions et en traitant du vol; car les articulations des ailes varient dans la composition de ces membres ou de ces petites pièces cornées, suivant le mode du mouvement particulier aux in-

sectes de différents ordres et même dans les genres; cette articulation est réellement très-compliquée dans son mécanisme.

Telles sont en général les formes extérieures ou apparentes des insectes. Notre intention n'a pas été d'exposer complétement leur structure interne, ce qui aurait exigé des détails qui seront mieux à leur place, soit. quand nous traiterons des fonctions sous le point de vue physiologique, soit quand nous donnerons les caractères de chacun des ordres, ou même dans les descriptions de certains genres chez lesquels la structure des organes est sensiblement modifiée, ou plus facile à étudier.

Nous allons maintenant traiter des fonctions ou des phénomènes de la vie active, tels qu'ils se manifestent dans la classe si nombreuse des insectes.

T. XXXIL.

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