PRÉFACE
incertitude sur l'identité des espèces dont il a retracé l'histoire avec tant d'art et de fidélité. On s'explique aisément cette imperfection, puisque, à cette époque, on appelait encore Mouches tous les insectes à ailes membraneuses apparentes, et que l'on nommait Scarabées les espèces dont les ailes restent cachées et recouvertes par des élytres ou des étuis.
Heureusement, il n'en est plus de même aujourd'hui. Une science réelle existe : elle a ses principes, ses éléments bien fondés. De Geer, Linné, Geoffroy, Latreille, ont posé les bases d’une classification. Si, à la suite de ces noms, j'ose inscrire le mien, avant celui d’un grand nombre d'autres naturalistes que je devrais citer, c’est seulement pour indiquer les ouvrages qui contiennent l’histoire de la classe entière des insectes, où sont employés des procédés différents, mais destinés à permettre de réunir, sous une forme méthodique, les observations, et de les généraliser, pour en transmettre les résultats.
L'ordre, l’arrangement et le rapprochement des êtres, ainsi considérés dans leurs rapports mutuels, constituent certainement l’un des moyens les plus propres à faciliter et à diriger l'observateur, pour l'aider à tirer de ses recherches des déductions utiles dans l'étude de l’histoire naturelle en général. Ce sont des préliminaires indispensables qu’il faut employer dans toutes les sciences exactes. Les idées qui.se
lient les unes aux autres par le rapprochement des faits sem-
PRÉFACE. In
blables, fournissent les moyens de comparer ces faits, de les étudier dans leur ensemble. C’est là le but de la science ; c'est aussi la meilleure méthode à employer dans son enseignement. Le perfectionnement de la classification nous a toujours préoccupé ; aussi dans l'ouvrage que nous publions, la marche suivie jusqu'alors se trouve-t-elle un peu modifiée.
Avant de passer en revue la série des phénomènes de la vie des insectes, nous avons cru devoir commencer cette étude par l'exposé de quelques principes généraux.
Un premier chapitre nous a permis d'indiquer et de développer les caractères essentiels des insectes, et nous avons pu assigner. ainsi le véritable rang que leurs facultés semblent devoir leur faire attribuer, quand on les compare avec les autres animaux.
Un second chapitre renferme les plus grands détails sur la forme générale des insectes et sur leurs organes extérieurs, qui sont nécessairement en rapport avec les mœurs et les habitudes, et annoncent tout d’abord quelques-unes des principales particularités de leur genre de vie.
Après avoir traité de la configuration générale et des diverses régions du corps, nous essayons, dans un troisième chapitre, de donner une idée exacte de la structure intérieure. Notre but, dans ces descriptions, est de chercher à expliquer comment par leurs divers organes ils sont mis
en relation avec tous les autres corps de la nature, car les