GENRE SCAPHIDIE. SCAPHIDIUM. (Olivier
CaracrÈREs : Coléoptères à cinq articles à tous les tarses; à élytres durs; à antennes terminées par une petite masse allongée, dont les articles semblent étre perforés par une tige commune; à corps bombé en dessus ct en dessous, de forme ovée, un peu allongée en pointe vers ses deux bouts.
Ce nom de Scaphidie, donné d’abord par Olivier, paraît avoir été emprunté de la forme naviculaire du corps de ces insectes, le mot grec cxéyn signifiant un bateau, et celui d'iÿéx en exprimant la forme.
On reconnaît que les Scaphidies sont véritablement de cette famille, par la conformation de leurs antennes, et parce qu'ils participent de leurs mœurs en général; mais voici précisément comment ils diffèrent de tous les autres genres : d’abord par la forme assez bizarre de leur corps, qui est bombé en dessus et en dessous, ou ové, presque aussi haut que large, mais un peu pointu devant et derrière. Le seul genre des Birrhes offre à peu près la même conformation, mais les deux extrémités du corps sont obtuses; ensuite les Sphéridies, ayant le corps bonibé et comme bossu quoique de forme ovale, diffèrent par cela même des Hydrophiles, des Parnes et des Dermestes. Il est inutile de les comparer avec les Nécrophores, les Boucliers, les Silphes et les Élophores qui ont le corps aplati.
Les Scaphidies se nourrissent de la chair corrompue des bolets et des champignons; on en trouve aussi dans les caries ulcérées des arbres.
+ ac
COLÉOPTÈRES. HÉLOCÈRES. G. NITIDULE. 377 Nous allons en faire connaître quatre espèces :
1. Scaphidie quatre taches. Scaphidium quadrimaculatum. D’un beau noir poli et brillant ; les élytres sont pointillés, marqués chacun de deux taches rouges. On le trouve au premier printemps dans les bolets de nos bois. Scaphidie quatre pustules. S. quadripustulatum. Semblable au précédent, mais plus petit; son corselet porte deux taches rouges et une semblable sur chaque élytre.
On indique cette espèce comme étant de la Nouvelle-Hollande, probablement par erreur ; car on la trouve à Paris. 3. Scaphidie de l’agarie.S.agaricinum. Noir ,avec lespattesetlesantennes rousses. C’est l'espèce la plus commune qui vit dans plusieurs espèces de bolets et d’agarics de nos forêts.
LS
. Scaphidie sans taches. S. immaculatum. I est entièrement noir et brillant; ses élytres ont des stries longitudinales, formées par des points enfoncés ; mais ses antennes et ses pattes sont complétement noirs.
Latreille a fait de ce genre une tribu sous le nom de Scaphidites, et il y range les genres Catops, les Cholèves de Spence, auteur qui en a fait une monographie en 1813, et le genre Mylæchus d'Olivier, qui ne diffèrent entre eux que par la forme et la disposition des articles aux antennes.
A. GENRE NITIDULE. NITIDULA. (Fabricius.)
CaracrÈres : Coléoptères à cinq articles à tous les tarses ; à 1 q > élytres durs ; antennes en masse de deux ou trois articles perfoliés ; à corps aplati.
Le nom de Nitidule vient évidemment du Ï mot latin nitidus, qui signifie net, brillant, poli, parce qu’en effet les élytres sont toujours assez’ polis.
Linné avait laissé ces petites espèces dans son genre Silpha, Geoffroy avec les Dermestes; dans ces derniers temps, Latreille en a composé une tribu sous le nom de Nitidulaires, dans laquelle il a compris avec les
D: XXL 48
Nitidules beaucoup d’autres subdivisions sous les noms de Colobiques, Thymales, Ips, Cerques, Bytures, Dacnés et Cryptophages.
Ce genre comprend de fort petites espèces qui, sous leurs deux états, se nourrissent de débris de corps organisés. Quoique peu d'entre elles soient ornées de couleurs brillantes, comme leurs élytres sont toujours très-propres et reluisants, c'est de cette circonstance qu'ils paraissent, comme nous l’avons dit, avoir recu leur nom. Toutes les espèces que ce genre réunit ont entre elles la plus grande analogie, et les fait différer des autres Clavicornes. Ainsi, par leur corps légèrement aplati ou déprimé, elles s’éloignent des Sphéridies qui sont presque hémisphériques, des Scaphidies et des Byrrhes dont le corps est épais et ové, des Hydrophiles dont les pattes sont propres au nager, des Parnes et des Dermestes qui ont le corps bombé.
Les Nitidules diffèrent ensuite des Boucliers, des Silphes et des Nécrophores dont les élytres sont un peu plus courts que l'abdomen qui les dépasse par sa pointe, et enfin des Élophores dont les élytres n’ont pas les bords relevés.
Les larves des Nitidules sont, en petit, semblables à celles des Boucliers et des Silphes; leurs anneaux, au nombre de douze, présentent, sur leurs bords, de petites avances courtes, tranchantes; elles s’enfoncent dans la terre pour y subir leur transformation.
Les principales espèces de ce genre sont:
1. Nitidule deux pustules. Nitidula bipustulata. Noire; un point rouge au milieu de chaque élytre. C'est le Dermeste n° 3 à deux points rouges de
Geoffroy, On la trouve sur les charognes abandonnées dans les terrains secs et
sablonneux.
COLÉOPTÈRES. HÉLOCÈRES. G. BOUCLIER. 3;9
LS
. Nilidule colon. N. colon. Noire, avec des élytres tachetés de rouille: le corselet est un peu échancré. C’est le Dermeste panaché de Geoffroy, n° 13, On trouve cette espèce dans les ulcères des vieux arbres et dans les liquides qui en suintent.
3. Nitidule ferrugineuse. N. férruginea. D'une teinte brune; élytres à duvet court, striés sur leur longueur, noirs au centre, mais bordés et tachetés de jaune ferrugineux.
On en fait un genre sous des noms divers.
. Nitidule à disque. N. discoidea. Noïre, avec le centre des deux élytres formant une tache commune d’un gris brunâtre ou sale.
C'est une petite espèce qui a été aussi rapportée au genre Ostome, de Laichart.
5. Nilidule cuivreuse. N. ænea. Noire, avec les élytres bronzés, ayant un reflet métallique cuivreux très-brillant; antennes et pattes noires. Cest le petit Scarabée de fleurs de Geoffroy, t. I, p. 86.
On le rencontre en effet très-communément, surtout dans les fleurs de l’aubépine et des autres rosacées.
Olivier a décrit et figuré plus de trente espèces de ce genre ; elles y sont admirablement bien représentées.