GENRE BOUCLIER. PELTIS. (Geoffroy
Caractères : Coléoptères à cinq articles à tous les tarses ; à antennes en masse allongée, perfoliée ; corps aplati, à élytres beaucoup plus courts que l'extrémité du ventre qui les dépasse; à téte dégagée avec une rainure sur la nuque.
Ce nom a été adopté, quoique Linné l'eût d’abord et peut-être avec plus de raison appliqué dans ses premières éditions aux Cassides. Quant à son étymologie, elle est grecque et latine, des mots r£rn et pelta, signifiant un bouclier. Fabricius avait compris les espèces dont nous allons parler
dans le genre Silphe, et Latreille en a fait un sous-genre en lui donnant les caractères suivants : corps aplati, à élytres beaucoup plus courts que le ventre, sans rebords à leur extrémité ; masse des antennes allongée, perfoliée; et les mêmes que nous venons de reproduire; car nous avions cru devoir les séparer dans la Zoologie analytique d’après les caractères précédemment indiqués.
Ainsi, les Boucliers diffèrent par la forme aplatie du corps des Sphéridies, des Scaphidies et des Byrrhes, qui sont ovés, et des Hydrophiles par les pattes, ainsi que des Parnes et des Dermestes qui ont le dos très-convexe. On les distingue des Élophores, Silphes et Nitidules, dont les élytres couvrent la totalité du ventre; enfin on les sépare des Nécrophores par la masse des antennes qui n’est pas globuleuse.
Cependant les mœurs des Boucliers sont absolument les mêmes que celles des Silphes. On les trouve aussi sous les cadavres en pleine corruption. Lorsqu'on les saisit ils vomissent une bave noirûtre et ils exhalent également une odeur désagréable qui paraît provenir des excréments qu'ils abandonnent lorsqu'on les saisit ou qu'ils se voient dans le danger.
Ces animaux paraissent, au reste, remplir une fonction très-importante dans la nature, celle d'aider à la destruction la plus prompte des cadavres des gros animaux qui infecteraient l’air dans les émanations fétides qui se dégagent par l'effet de la putréfaction. |
Les larves des Boucliers ressemblent beaucoup à celles des Blattes. Leur corps plat, très-allongé, paraîtrait couvert de plaques imbriquées, larges et dépassant, comme des lames, les bords où elles font une grande dentelure. Elles
COLÉOPTÈRES. HÉLOCÈRES. G. SILPHE. 381
sont vives et se remuent avec promptitude pour se soustraire au danger en pénétrant dans les chairs mortes et pour s'enfouir dans la terre, car c’est là qu’elles se transforment en nymphes.
Nous ne connaissons bien qu'une seule espèce de Bouclier aux environs de Paris. Il y en a beaucoup et de trèsgrandes qui proviennent des pays étrangers; c’est :
Bouclier des rivages. Peltis littoralis. I est tout noir ; la masse de ses antennes est rousse ; on voit sur ses élytres trois lignes élevées courbes.
On trouve ces insectes en très-grand nombre sur les cadavres des gros animaux, principalement sur ceux qui, après avoir été noyés, sont rejetés par les flots sur les bords des rivières.
On a décrit des espèces provenant de l'Amérique et de l'Afrique.