‹ Entomologie analytiqueChapitre 69 sur 204 · Gexre SILPHE. S/LPHA. (Linné · texte numérisé non relu

Gexre SILPHE. S/LPHA. (Linné

CaracrTÈres : Coléoptères à cinq articles aux tarses; à élytres

durs, fortement rebordés et relevés ; antennes en masse globuleuse.

Ce genre a été primitivement établi par Linné, ayant trouvé ce nom de 391 dans Aristote qui en parle cependant à l'occasion de la mue des Insectes, où il désigne la Silphe qu'il ne comprend et ne range

pas avec les Coléoptères, ce qui a fait présumer qu'il voulait indiquer une Blatte. Linné y réunissait d’abord beaucoup d’autres genres ou plutôt des espèces qu'on a réparties depuis avec les Nécrophores, les Boucliers ou Peltis, et même avec les Nitidules.

Il est facile de distinguer le genre des Silphes de tous

ceux qui appartiennent à la famille des Hélocères : d’abord des Sphéridies, qui ressemblent à de petites Coccinelles hémisphériques, parce que leur corps est au contraire allongé et fort aplati; puis des Scaphidies et des Byrrhes, dont le corps est épais et comme ayant la forme d’un œuf; des Dermestes, des Parnes et même des Hydrophiles, qui ont le dos saillant ou très-convexe; puis on les a distingués des Nécrophores et des Boucliers, dont l'abdomen se prolonge en pointe au delà des élytres; enfin des Élophores, dont le corselet est comprimé et plissé sur sa longueur, et des Nitidules ainsi que des Boucliers, paree que la masse de leurs antennes n’est pas globuleuse.

D'ailleurs les mœurs sont à peu près les mêmes. Cependant quelques espèces se trouvent sur les arbres, où elles poursuivent les Chenilles et d’autres larves pour les dévorer ; on en a même attribué, d’après l'observation de plusieurs cultivateurs, de grands dommages produits par les larves de quelques espèces de ce genre, qui dévoreraient les feuilles des betteraves à sucre (Guérin-Menneville, Znnales de la Société entomologique 1846, bulletin 82;\Blisson, cbidem, page 65, pl 2 "nr, 3, a)

Ces larves ont tout à fait l'apparence de celles des Boucliers; elles ressemblent, au premier aspect, à des Blattes; leurs mouvements sont prompts et très-actifs. C'est dans la terre où elles s'enfouissent qu'elles subissent leur métamorphose.

Voici les principales espèces des environs de Paris :

1. Silphe thoracique. Silpha thoraeica. Noire, corselet d’un jaune de rouille velouté ; élytres à trois lignes longitudinales élevées. C’est le Bouclier à corselet jaune de Geoffroy, p. 121. On le trouve sur

cn codé mtittil

COLÉOPTÈRES. HÉLOCÈRES. G. NÉCROPHORE. 383

les cadavres desséchés et exposés à la plus forte chaleur de l’atmosphère.

. Silphe rugueuse. S. rugosa. D'un noir sale; élytres plissés, comme sinués. q g ;

à leur extrémité libre.

C’est le Bouclier noir, à corselet raboteux et à élytres chiffonnés, de Geoffroy. Il se trouve souvent avec l’espèce précédente.

. Silphe noïrcie. S° atrata. Noire, à corselet large aplati, lisse et bordé ; ély-

tres à trois lignes saillantes , pointillées.

Silphe lissée. S. lævigata. Toute noire; élytres lisses, finement chagrinés à rebords très-élevés. ;

C'est la Gouttière de Geoffroy. On la trouve dans les bois.

Silphe sinuée. S. sinuata. Noire, à corselet échancré, raboteux; élytres échancrés à leur extrémité libre.

Cette espèce se trouve sous les cadavres très-humides.

Silphe quatre points. $. quadripunctata. Noire, mais avec le corselet et les élytres d’un jaune pâle; une tache sur le corselet et deux points noirs sur chaque élytre.

C’est le Bouclier jaune à taches noires de Geoffroy, qui a bien connu ses mœurs. On le trouve sur les chênes, où il est à la recherche des chenilles dont il se nourrit. Il vole mal, et il tombe souvent lorsqu'on secoue les branches.

Ce genre comprend plus de trente espèces.

44 Genre. NÉCROPHORE. NECROPHORUS. (Fabricius.)

Caracrères : Coléoptères à cinq articles aux tarses; à ély-

tres durs, plus courts que l'abdomen ; à corps allongé, un peu bossu, aplati en dessus ; à antennes en masse globuleuse ou en bouton, dont les articles sont perfoliés.

Le nom est tout à fait grec; il indique une des particularités les plus remarquables dans les mœurs de ces insectes, qui les porte à rechercher surtout les cadavres des

plus petits animaux vertébrés pour leur creuser une fosse dans laquelle ils poussent et enterrent ces corps morts, en se

réunissant plusieurs et de sexes divers pour cette opération longue et pénible. Quand la fosse est creusée pour une Taupe, une Musaraigne, une Souris, un Lézard, une Grenouille, ces insectes se réunissent ; ils pondent alors dans ces petits cadavres leurs œufs qui doivent donner des larves et s’y développeront en s’y nourrissant avant de subir leur transformation. Le mot grec vexpéç est correspondant à un mort, un cadavre, et celui de œsséow, je porte; ainsi le nom signifie porte-mort ou enterreur comme on le dit vulgairement, Croque-mort, en latin sepultor, vespillo.

Linné rangeait ces insectes avec les Silphes, dont ils sont en effet très-voisins par la forme aplatie de leur corps, surtout dans la région du ventre recouverte par les élytres qui en laissent cependant une certaine portion à découvert. Ces insectes, lorsqu'on les saisit, laissent exhaler une odeur de muse très-marquée et assez persistante sur les parties qui les ont touchés. [ls sont aussi le plus souvent couverts de cirons parasites.

Nous connaissons quatre à cinq espèces de ce genre qui se rencontrent aux environs de Paris; mais on en a observé et recueilli plusieurs hors de l’Europe.

Voici la description de nos espèces indigènes.

1. Nécrophore allemand. Necrophorus germanicus. Il est tout noir, avec le front seulement et le bord des élytres d’un brun foncé. Cest Linné qui Pavait désigné sous ce nom spécifique, en le rangeant avec les Silphes.

2. Nécrophore buveur. N. hkumator. Il est noir aussi , mais l’extrémité des antennes ou le bouton de la masse est de couleur rousse.

Cest le grand Dermeste noir de Geoffroy. On a pensé que c’était une variété de sexe.

COLÉOPTÈRES. HÉLOCÈRES. G. ÉLOPHORE. 385

3. Nécrophore enterreur. N. vespillo. Ses élytres sont noirs avec deux larges bandes transversales jaunes et ondulées ; la masse des antennes est d’un

roux foncé.

C’est le Dermeste à points de Hongrie dont Geoffroy a donné la figure

pl. 1, n° 5.

4. Nécrophore des morts. N. mortuorum. Il ressemble beaucoup au précédent; mais le bouton de ses antennes est entièrement noir. Serait-ce aussi une différence de sexe ?

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