Genre LÈTHRE. LETHRUS. (Scopoli
Caractères : Coléoptères à cinq articles à tous les tarses ; à élytres durs couvrant le ventre; à antennes en masse ou terminées par une sorte de bulbe tronqué, ce qui les avait fait nommer Bulbocères.
Nous ignorons l’étymologie de ce nom, quoique, par la manière dont il est écrit, il paraisse d’origine grecque. Olivier présumait qu'il provenait du mot #1, qui signifie oubli; mais c’est une pure conjecture.
Ce genre d'insectes est, comme nous avons eu occasion de l’énoncer dans les généralités qui précèdent, tout à fait ano-
mal. Voilà même pourquoi nous avons été obligé de le placer
COLÉOPTÈRES. STÉRÉOCÈRES. G. LÈTHRE. . 405
dans une autre famille que celle des Pétalocères ou des Priocères avec lesquels cependant, par ses mœurs et même par $es formes, il semble avoir les plus grands rapports.
Le caractère distinctif de ce genre consiste dans la forme toute particulière du neuvième article de ses antennes, dont la portion évasée est creusée en cône concave qui recoit les deux derniers.
On n’a inscrit que deux espèces dans ce genre, l’une de la Hongrie, de la Russie et de la Tartarie ; l’autre a été rapportée par Banks de l'ile de Norfolk de la mer Pacifique.
Le premier, qui est le seul dont les mœurs aient été observées, est le
Lèthre grosse tête. Leihrus cephalotes. Semblable à un Bousier par la forme générale , il est d’un noir mat; sa tête plate est presque de la longueur du corselet à chaperon dilaté en croissant ; son corselet est plus large que ses élytres, qui sont soudés et enveloppent le ventre; il n’a pas d’ailes membraneuses.
M. Fischer, qui l’a observé à Moscou , nous apprend que cet insecte est très-nuisible à l’agriculture; qu’il coupe les jeunes feuilles aux sommités des plantes cultivées; qu'il transporte ces débris en les plaçant sur ses pattes postérieures pour descendre à reculons le long des tiges ; qu'il descend ainsi avec sa charge pour la déposer dans des trous préparés d'avance par une paire qui forme ainsi une monogamie.
Les mâles, ayant les mandibules plus développées que celles des femelles, avaient porté Pallas et les auteurs qui en avaient parlé d’abord, à les ranger près des Lucanes ou Cerfs-volants.