‹ Entomologie analytiqueChapitre 75 sur 204 · Gexre ESCARBOT. HISTER. (Linné · texte numérisé non relu

Gexre ESCARBOT. HISTER. (Linné

CaracrÈres : Coléoptères à cinq articles à tous les tarses ; a élytres durs, non écailleux et sans écusson à leur base; à antennes en masse solide arrondie.

Ce nom d’Escarbot est très-ancien dans notre langage français ; il dérive très-probablement

4 jy

LA { JF du mot grec cxéoa6oc, fouisseur, ou Scarabeus des AU, 3 ; SL DURE Latins, parce qu'on appelait ainsi tous les Co-

léoptères à étuis, tels que les Bousiers, les Hannetons, le Chrysomèles, Coccinelles, ete. Quant au mot latin donné par Linné, est-il tiré de Cicéron, qui désignait ainsi un histrion parce que les baladins venaient de l'Istrie, Quia hister tusco verbo Ludio si Ludius vocabatur ; ou bien serait-il tiré du grec isrw, qui est l’imparfait du verbe tornur, arrêter, sisto, qui correspondrait au mot latin séa? On pourrait être porté à le penser parce qu’il est dans l’habitude de ces insectes de faire des mouvements saccadés, suivis d’un état immobile, comme pour feindre la mort au moment où on les saisit.

Les anciens auteurs ont presque tous adopté le nom d'Hister, à l'exception de Geoffroy qui avait désigné ce genre par le mot Attelabe, mais à tort, car on voit dans Aristote que par ce dernier nom il désignait un insecte qui ronge les fruits. F

Les Escarbots sont en général des insectes qui n’atteignent pas une certaine dimension; la plupart sont petits; leur corps est lisse et poli, souvent d’un noir d’ébène. [ls se nour-

COLÉOPTÈRES, STÉRÉOCÈRES. G. ESCARBOT. 407

rissent des matières les plus dégoûtantes qui proviennent du résidu des animaux ou des dépouilles que leur destruction laisse exposées à l'air. On en trouve aussi dans les débris des végétaux, surtout au milieu du putrilage résultant ‘de la décomposition des Agarics et des Bolets. IT paraît que leurs larves, décrites dans ces derniers temps par Paykull et Latreille, ont à peu près la même manière de vivre que les insectes parfaits. Leur corps est composé, outre leur tête écailleuse, de douze anneaux, dont le dernier porte en dessous une sorte de mamelon et deux soies ou poils allongés qui forment ainsi une queue fourchue. Les pattes sont petites, très-rapprochées de la tête; elles ne servent pas autant au transport que les ondulations des anneaux. On n’a pas, à notre connaissance, décrit les nymphes.

On distingue facilement, aux caractères indiqués plus haut, ce genre de tous ceux de la même section des Pentamérés quoique les articles des tarses soient très-grèles, d’abord par la masse coudée de leurs antennes qui n'est pas lameliée, dentelée, mais solide; ensuite des Anthrènes dont les ailes supérieures sont couvertes de petites écailles farineuses, et des Lèthres dont les élytres ne sont pas séparés à leur base par un écusson. Mais le caractère de ces insectes, dont le nombre des espèces est considérable et qu’on a dans ces derniers temps considérés avec raison comme devant à elles seules constituer une famille sous le nom d’Histérides , présente une grande modification dans les formes générales des Coléoptères.

Le caractère de ces insectes peut être tiré de la conformation générale de leur corps, on pourrait dire de leur manière d’être, ou de ce que les naturalistes nomment leur ha-

bitus, parce qu'ils sont ovales, un peu aplatis ou déprimés, toujours un peu plus longs que larges. Leur tête est si enfoncée dans le corselet qu’elle semble ne laisser visible au dehors que les mandibules presque toujours dirigées en avant. Le corselet est un peu rebordé et semble avoir été coupé en travers dans sa jointure avec les élytres; il est échancré en avant pour recevoir la tête. Les élytres sont très-durs, peu convexes et par cela même appliqués fortement sur le dos du ventre ; mais ils ne l’embrassent pas sur les côtés. Les pattes grèêles, courtes et solides, parfaitement articulées, peuvent se retirer complétement sous le corps dans l’état de repos, de manière même à n'y laisser aucune saillie. Les pattes antérieures sont souvent aplaties, et leurs jambes, qui sont dentelées en scie, peuvent creuser la terre.

Dans ces derniers temps, M. de Marseul a donné une suite de Mémoires insérés dans la troisième série des Ænnales de la Société entomologique de France : c'est une monographie complète de cette famille des Histérides, accompagnée de plus de cent figures d'espèces (1). Il a décrit et figuré ces insectes comme formant une famille subdivisée en trentetrois genres dont le dernier, en particulier, renferme cent soixante-trois espèces. C’est une œuvre de recherches et de patience admirable qui a surpassé par ses détails tout ce que les auteurs avaient écrit sur ce genre; et cependant la plupart avaient donné de très-bonnes monographies, en particulier celle de Paykull, publiée en 1811. Latreïlle, dans la dernière édition du Règne animal de Cuvier, a fait de ce genre une tribu qui ne comprend, comme nous l'avions

(1) Annales de cette Société, de l’année 1833 à 1855, t. I, IE, HE.

COLÉOPTÈRES. STÉRÉOCÈRES. G. ESCARBOT. 409

nous-même consigné dans le Aictionnaire d'histoire naturelle, que les Escarbots ou Histers de Linné. Dans le travail de Latreille, ce genre est subdivisé en plusieurs autres, d’abord celui des Hololeptes, que Paykull avait trouvés sur les écorces des arbres, et qui diffèrent un peu par les parties de la bouche; puis, parmi les véritables Escarbots, il a placé d’autres petits genres tels que ceux de Platisome et Dendrophile établis par Leach. Ceux-ci vivent aussi sous les écorces et ils ont offert quelques formes différentes ou des modifications dans les organes buccaux : tels sont les Abrocus, les Onthopiles, dont il cite le nom et celui de quelques espèces.

Dans un ouvrage tel que celui-ci, nous avons dû nous borner à faire connaître seulement certaines espèces qu'il est facile de rencontrer pour en étudier les formes générales, et c'est ce que nous venons de faire dans l'analyse. Ainsi nous ne parlerons seulement que de six espèces principales qui sont pour nous :

1. Escarbot unicolore. Hister unicolor. Il est tout noir, brillant et poli; ses élytres ont trois stries obliques.

Il est décrit par Geoffroy et par tous les auteurs. 2. Escarbot à croissant. H. lunatus. Noir luisant, élytres avec deux taches rouges réniformes.

3. Escarbot deux taches. H. bimaculatus. 1 est noir; chaque élytre porte une tache rouge à l’épaule et une semblable au milieu. 4. Escarbot à quatre taches. H. quadrimaculatus. Noir; chaque élytre avec deux taches rouges et un enfoncement sur le corselet. . Escarbot bleu. H. cyaneus. D'un beau bleu métallique; corselet cuivreux; élytres courts d’un bleu verdâtre.

6. Escarbot bronzé. H. æneus. W est bronzé, brillant; les élytres légèrement sillonnés, pointillés à leur extrémité.

Presque tous ces insectes se trouvent et habitent dans les circonstances que nous aygns fait connaître dans les généralités de ce genre.

PAR MXIE 52

Page 1