GENRE BUPRESTE ov RICHARD. BUPRESTIS. (Linné
Caractères : Coléoptères pentamérés, à élytres durs ct longs; à corps un peu déprimé en dessus, en carène du côté du ventre; antennes filiformes dentelées et à sternum saillant.
| Ce nom de Bupreste est grec, il est formé de deux mots Box, bœuf, et encre, enflammant, qui pa-
raissait signifier que ces insectes avalés par les
bœufs pouvaient les faire gonfler ou enflammer.
Les Romains avaient employé la même expression pour désigner une sorte d’insecte qui fait beaucoup de mal aux
EP ERXT: 54
bœufs, car nous trouvons dans les jurisconsultes : si qui temere dederint Pityocampas aut Buprestes, quæ ambo venena sunt, teneri pœna legis Corneliæ de sicartis et veneficis, ce qui signifie qu'il faut appliquer la loi contre les assassins et les empoisonneurs, à Ces hommes qui auraient donné témérairement des Pityocampes [Chenilles velues, d’une espèce de Bombyce qui vit sur le pin (Processionnaire)] ou des Buprestes, deux espèces d'insectes qui sont des poisons.
IT paraît que Linné s'était fait une fausse idée des Buprestes des anciens, lorsqu'il à appliqué ce nom à un genre d'insectes qui n’ont pas d’analogie avec ceux dont il est question dans les citations que nous venons de faire; cette criminelle action convenait plutôt à l'emploi des Carabes ou
à des Staphylins. Ceux-ci se trouvent dans les prairies bumi- .
des ; ils sont brillants et plusieurs espèces ont en effet des qualités malfaisantes dont l'effet a pu être exagéré par l’ignorance des premiers observateurs. Or, ce ne peut être les espèces du genre qui nous occupe; elles tombent rarement plusieurs à la fois sous la main; elles sont même rares, et celles qui sont les plus remarquables par la taille et la richesse de leurs couleurs, le plus souvent métalliques, appartiennent au nouveau continent. |
Geoffroy, qui reconnut le premier l’erreur commise par Linné, crut devoir la rectifier en restituant le nom de Bupreste aux Carabes, mais en donnant celui de Cucujus en latin etde Richard en français aux Buprestes de Linné. Malheureusement,comme la dénomination du naturaliste suédois a prévalu et qu’elle a été adoptée par tous les auteurs systématiques, nous nous y sommes conformé pour ne pas augmenter la confusion, de sorte que nous allons faire connaître sous le
COLÉOPTÈRES. STERNOXES. G. BUPRESTE. 427
nom de Bupreste le genre Richard de Geoffroy, en laissant comme nous l'avons fait le nom de Carabes aux Buprestes de Geoffroy.
Les insectes de ce genre brillent des couleurs les plus agréables et sont véritablement les bijoux les plus variés par leur éclat métallique. C’est de l'or sur le vert, le bleu, le rouge, le jaune avec toutes les teintes, le poli de l’acier le mieux bruni; le satiné de l'argent sur un fond vert cuivreux, plus brillant que l’'émeraude; le rouge de la laque appliqué sur le blanc et à reflet dépendant de sa transparence qui laisse apercevoir le métal comme si l'insecte était couvert d’un vernis coloré, comme le elinquant, pour produire l’effet miroitant de l'éclat le plus étincelant. Enfin tout ce qu'il y a de plus riche et de plus élégant en couleurs semble avoir été appliqué sur le corps de ces Coléoptères, qui, parmi les beautés admirables de la nature, peuvent ètre comparés par leur richesse et leur magnificence à ceiles du plumage des colibris et des oiseaux-mouches. Cet éciat se conserve aussi après la mort de ces petits êtres, qui ne portent aucune odeur désagréable, et qui, pendant leur vie, n'ont les moyens ni de se défendre ni de produire le moindre mal. Ces insectes ornent la plupart des collections des amateurs des beaux produits de la nature.
Les Buprestes vivent peu de temps sous l’état d'insectes parfaits, et même. sous cette dernière forme ils ne paraissent pas avoir besoin de beaucoup de nourriture; ils ne semblent naître que pour se reproduire, pondre et mourir. Voilà pourquoi ils sont en général assez rares, n'ayant qu’une saison très-courte et qui varie pour chaque espèce. A Paris on: en trouve quelquefois certaines espèces rares dans les chan-
tiers de bois à bruler, et c’est là où nous allions les chercher pendant les beaux jours de l'été, plutôt que dans les forêts de nos environs. Dans quelques dépôts de bois destinés à la fabrication des meubles on a eu occasion d’en recueillir plusieurs espèces étrangères qu’on nous a fait voir. Il est probable que leurs larves avaient été apportées avec des bois de marqueterie ou de teinture, comme nous avons eu le plaisir d'en trouver un très-bel individu , chez un grand droguiste, à Amiens, à l'époque de notre jeunesse.
Nous allons en indiquer quelques espèces qui se trouvent en France et puis plusieurs de celles qui sont très-remarquables parmi les étrangères. Nous ferons aussi connaître quelques-uns des travaux de nos contemporains sur cette classification de la tribu des Buprestes.
Quelques auteurs ont constitué le genre Bupreste en une sorte de petite famille sous le nom de Buprestides, comme ils avaient fait pour les Taupins, dont les sous-genres tout aussi nombreux ont été réunis sous le nom d'Élatérides; nous indiquerons quelques-unes de ces classifications à la fin de l’article, uniquement composé ici des espèces de Linné et de Fabricius, dont voici les caractères naturels.
Corps allongé, déprimé; tête arrondie, obtuse, engagée dans le corselet; antennes en scie insérées sous les yeux ; corselet presque carré, à prothorax saillant, mais non prolongé en pointe en arrière pour entrer comme un ressort dans une cavité de la poitrine; élytres plus ou moins voûtés, souvent pointus; ailes membraneuses, peu pliées sous les élytres, le plus souvent colorées; pattes courtes, à cinq articles, dont l’avant-dernier est à deux lobes.
Ces insectes vivent dans l’intérieur du bois; nous y avons