GENRE LYMÉXYLON ou RUINE-BOIS. {Fabricius
Caractères : Coléoptères pentamérés, à antennes filiformes, courtes, insérées au-devant des yeux; à corselet eylindrique; à corps allongé, arrondi; tete penchée, yeux saillants ; abdomen des femelles prolongé en pointe.
Ce nom, emprunté du grec ur, qui signifie perte, ruine, exttium, noxa, et de £ño, bois, indique l’une des particularités dépendantes de l'existence de ces insectes, dont les larves se déve-
loppent dans l'intérieur des bois les plus durs et les plus sains en apparence, en les perforant ou les traversant dans tous les sens, de manière à détruire les charpentes des édifices, les carcasses des navires et les soutiens de tous nos gros meubles.
Les caractères que nous venons d'indiquer font distinguer ces insectes de tous les genres compris dans la même famille. Ainsi leurs antennes en fil et très-courtes les éloignent des Tilles chez lesquels elles vont en grossissant vers la pointe; puis des Panaches et des Mélasis qui les ont pectinées ou fortement dentelées; des Ptines et des Vrillettes dont le corps est court, ramassé , avec la tête cachée ou enfoncée dans le corselet, tandis que dans les Lyméxylons elle est portée sur une sorte de cou avec un étranglement très-prononcé.
On ne connaît pas beaucoup d'espèces de ce genre; on n’en a trouvé en France que deux espèces, dont les mâles diffèrent des femelles par la taille et par la couleur. Leurs larves allongées sont fort reconnaissables par une sorte de capuchon du premier anneau qui recoit leur tête, et par une autre saillie charnue placée à l'extrémité postérieure.
COLÉOPTÈRES. TÉRÉDYLES. G. LYMÉXYLON. 447 Nous allons faire connaître ces ‘eux espèces que nous avons nous-même recueillies vivantes.
1. Lyméxylon dermestoïde. Lymexylon derinestoides. H varie pour la couleur. La femelle, plus grande, est jaune en dessus, avec les yeux, les ailes et la poitrine noirs. Le mâle, plus grêle et moins long, est noir, avec les antennes, les pattes et le bout du ventre jaunes.
C'est le genre Hylecate de Latreïle. Nous l'avons trouvé à Toulon, dans les bois destinés à la construction des vaisseaux, ainsi que l’espèce suivante nommée navale.
. Lyméxylon des vaisseaux. L. navale. I ressemble beaucoup au précédent. Il est jaune, avec une tache noire à la pointe et souvent à la base des élytres.
On nous a dit, et nous avons pu nous-même en être convaincu, que la larve met deux années à se développer dans le bois qu’elle dévore en y creusant des canaux qu’elle laisse remplis de débris. Ces matières attirent l'humidité, hâtent la décomposition et diminuent la solidité des charpentes.
DixIÈME FAMILLE : LES APALYTRES ou MOLLIPENNES.
Dès l’année 1799, nous avions employé ce nom d’Apary- TRES pour désigner les Coléoptères à cinq articles aux tarses dont le caractère le plus évident est la mollesse ou la flexibilité des élytres. C’est sous ce titre que l'on peut trouver l'indication des mêmes genres d'insectes aujourd’hui compris dans cette famille, comme on le verra dans le tableau synoptique des insectes inséré à la fin du premier volume des Lecons d'anatomie comparée, de notre ami Cuvier, que J'ai publiées. Latreille, à dater seulement de 1829, et vingttrois ans après que ma Zoologie analytique avait reproduit nominativement la même classification, employa le terme de MAaLAcoDERMES pour titre de la mème tribu dont le sens est
le même..On voudra bien excuser ces détails ; mais ils étaient nécessaires, puisque, parmi les auteurs qui ont suivi ou décrit l’histoire de la classification des insectes, aucun n’a reconnu ou voulu faire mention de cette particularité; c'était un devoir pour moi de réclamer ici, comme je l'ai dejà fait pour d'autres dénominations, et de revendiquer quelques idées dont on ne m'a tenu aucun compte dans les ouvrages les plus récemment publiés.
Ce mot d’Apalytres, que j'ai proposé d'introduire en francais sous le nom de Mollipennes, était alors nouveau; Je - l'avais composé de deux mots grecs, dont l’un, 46e, signifie mou, flexible, et l’autre, avec une élision nécessaire, Avroov, élytres, étuis, ou ailes supérieures.
Ces Coléoptères sont faciles à distinguer par les caractères essentiels que nous répétons ici : cinq articles à tous les tarses, à elytres très-mous et flexibles; à corselet aplati et à antennes filiformes variables.
Ces insectes, sous leurs deux états de larves et de perfection, paraissent uniquement se nourrir de matières animales ; mais on ne connaît pas encore très-bien leurs mœurs; on na pu observer les métamorphoses que chez quelques espèces dont la vie paraît s'exercer dans des circonstances peu favorables pour l'observation, comme nous aurons occasion de les faire connaître en traitant des genres.
Nous présentons dans le tableau synoptique suivant une simple note caractéristique qui met seulement sur la voie de la détermination des genres. Nous devons prévenir que l’ordre, ou la série des numéros qui précèdent chacun d'eux, corrige la disposition systématique et tend à reproduire la série que nous croyons la plus naturelle.
APALYTRES.
At
La
COLEOPTERES.
DIXIÈME FAMILLE : LES APALYTRES ou MOLLIPENNES (1).
CaRACTÈRES : Pentamérés à élytres mous; à corselet plat et à antennes filiformes simples, ou dentelées.
demi- circulaire cachant la tête
LAmPyRE.
à deux petites dents. OmaLyse.
long et plat; derrière du corselet
Dordé. 2. Lyque.
À CORSELET en peigne ; corps | rond
non bordé. 4 Dai.
dentelées
ovale convexe en travers........ MÉLYRE.
\carré, antennes à demi dentelées; vésicules charnues rétractiles. ... MALAGRIE.
plissés en papilles. 4 TÉLÉPRORE.
simples, non dentées; anneaux du ventre non plissés....... CypHon.
(4) De äraho, mou, flexible, et de ëlurgov, gaine, étui.
Le)