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COMMENT MON AMI Z... S'EST MARIÉ

J'avais toujours dit à Z... : Tu te feras pincer! Mais lui me répondait invariablement :

— Ça me connaît ! avec de l'expérience, il n'en coûte rien de faire la cour aux femmes.

•^ Celui qui joue avec le feu, finira un jour par se brûler, c'est fatal !

— Bah ! me répliquait-il en souriant, il en coûte si peu et on leur fait tant de plaisir ; quel inconvénient y a-t-il à dire à une femme qu'elle est jolie ; à lui tenir de doux propos? quel grand malheur pour moi, je te prie, parce que j'aurai joué l'amant épris des clairs du lune, des horizons lointains, des mélodies de Schubert avec une femme blonde, romanesque, qui rêve l'union des âmes, parce que, mariée, elle n'a pas encore rencontré l'union des corps rêvée ! Que pourrait-il bien m'arriver pour avoir été sémillant avec la brune aux yeux ardents ? En fait de système sur les femmes, j'en pratique un d'une simplicité bibUque.

Le voici : aimer toutes les femmes jolies ; flirter avec celle-ci parce qu'elle a une chevelure de Madeleine ; chérir celle-là parce que sa bouche sourit constamment ; adorer cette autre parce que ses joues sont

duveteuses comme les pêches; languir d'amour auprès d'une jeune fille qui sent pointer la crise du cœur ; me montrer follement passionné de cette vierge au sang chaud, aux yeux de firmament qui promet d'être une fille à la Rubens; m'extasier devant la gorge scutiforme de M"'^ ^e G. ; jouer l'indifférent auprès de la séduisante Olga de... parce qu'il est de mode de l'adorer ; folâtrer avec les rieuses et même pleurer, s'il le faut, avec les incomprises.

Tu le vois, je suis les sentiers battus. Bien vu par toutes j'attrape des bribes d'amour par ci, et je fais çà et là de petites études nullement dénuées d'intérêt. En un mot, je réussis quelquefois et je m'amuse toujours.

Par ce temps de politique débraillée, de démocratie vineuse et alcoolisée, il n'y a guère que la politique des femmes qui soit digne d'études. Aussi, je m'y lance à cœur et à corps perdus, — sans compter qu'on attrape quelquefois de bonnes places qu'on échange pour de pires, souvent pour de meilleures.

Et c'est à l'heure oii l'on se trouve en disponibilité que les plus séduisants postes apparaissent.

Voilà, en résumé les raisons que me faisait valoir mon ami Z...; et il continuait son rôle de don Juan.

Gomme tous les hommes à bonnes fortunes, Z... avait déclaré qu'il ne se marierait jamais. Il me rappelait un grand chasseur de mes amis qui n'a jamais voulu avoir de chasse à lui, disant que ses nombreuses relations lui permettaient de varier ses chasses sur les terres de ses connaissances sans avoir les charges et les ennuis d'une propriété à surveiller.

Z... touchait à la quarantaine et ses succès étaient

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