FRERE
7 ur é rt RE AN elec ibn: à EEE Hyatt
rh HR RAS URL RP orties TES
Mr ec incenemenmmen
TR
l'impression et à l'enthousiasme débordant, on se met à crier en détonnant comme un ténor qui fausse. Or, les cris: “Oh! que c’est beau ! ” suivis de “C’est ravissant !” m'horripilent. On m'en a tant rabattu les oreilles, il y a quelque temps!
Tu te souviens de l'excellente famille française à qui j'ai fait visiter Montréal et ses environs, avant mon départ? Il y avait déjà deux semaines que ces braves gens traduisaient toutes leurs admirations par ces deux formules aussi classiques que peu variées. Madame Ja maman s'était écriée sur le Mont-Royal, à Beloeïl, au Sault-Saint-Louis et ailleurs : “Oh! que c'est beau!” et la fille aînée avait invariablement repris: ‘ C’est rrravissant ! ” (Tu pourras peut-être mettre les r; mais tu ne mettras jamais l’accent de la dernière syllabe de ravissant: toute la gamme y passe.)
Voici qu'après avoir visité l'hospice Saint- Jean-de-Dieu, à la Longue-Pointe, nous traversons les terrasses du pavillon Sainte-T hérèse, mère en tête, filles, garçons, toute la famille à la queue leu leu, et nous voilà dans la bassecour, au milieu des lapins, — tous d'un beau ! et des dindons, tous ravissants ! — puis, enfin,
FT
nous entrons dans la porcherie —‘Oh! que c'est beau!” s’écrie la mère, en voyant des centaines de groins, roses et sales, levés vers nous. —" C'est rrravissant!” clame mademoiselle l’aînée du haut de sa voix de crécelle,
Le porcher, grave de toute Ja gravité de son triple état de pensionnaire du gouvernement, d'homme de confiance des Sœurs et d’éleveur sans ‘pareil, eut, à ces exclamations, un large sourire de fierté, — Voilà, au moins, semblait-il se dire, des gens qui s’y entendent et qui ont des mots sincères devant les grandes choses et les paysages rares.
En relisant mes notes, J'ai bien trouvé trois ou quatre ‘c’est beau” de cette espèce, et au moins une demi-douzaine de ‘“ravissant”. Les uns étaient accolés au Giacier, aux Selkirk, au Roger’s Pass, à la rivière F raser; d’autres accrochés aux flancs du Cheval-qui-rue,— ainsi nommé, disent les Sauvages, parce que le cheval qui traverse ce torrent rue pour la dernière fois.
J'ai décroché tous ces ornements de pacotille, libre de les reprendre en partie quand tu seras dans ma chambre et que je te décrirai avec force gestes des mains, des yeux, des bras, ces
niet ne PTT NE NTIeERenen
Lien en
ns... 2 FTP RAR EME haee fans case à ba,
Ne.
merveilles, dont les groins ravissants de la Longue-Pointe ne donnent qu’une vague idée.
Je te réserve tout cela pour ma chambre.
Je fais comme notre laitier du printemps dernier, qui visitait la Galerie des Arts et qui passait à la course et en silence devant les tableaux, en disant à sa femme : “’Dépêchons-nous, nous en parlerons à la maison. ”
Je t'en parlerai à la maison.
As-tu revu Eugène ? Je compte toujours qu’il ne te tiendra pas compte trop sévère de tes bêtises sans malice. Il sait mieux que personne que tu es un carabin de bon cœur, qui abuse un peu des dons du ciel, mais qui les garde tout de même et les fera servir un beau jour, à la gloire de sa profession et du Dieu souvent délaissé.
Mais prends garde! Tu joues là un gros jeu.
On finit vite, à ce jeu d'ingratitude, par se casser le cou. Quand on a reçu comme toi, Pour gagner la partie, un beau nom, une belle intelligence, une brave nature, toutes les qualités de bon camarade qui t’ont rendu populaire et te font aimer, quand on a toutes les lumières de la foiet qu’on peut avoir toutes les consolations
de la piété, on a tort d'en faire si bon marché,
us
Dieu t'a trop bien traité, mon Cher, pour que tu ne lui rendes pas un peu la pareille.
Nous devons aller dîner chez M. Abbott, le magnat du Pacifique-Canadien. Après, j'irai à la poste chercher la lettre que tu m’as promise.
Des trois saluts que je t'envoie, donnes-en un à Philippe, un autre à ton frère, et fais-toi le
troisième comme tu pourras.
Victoria, C. A.
Cher Ami,
Nous sommes dans la capitale de la Colombie depuis deux jours. La ville est située sur un rocher, à l’extrémité sud-est de l’île de Vancouver. C’est ravissant!
Le vicaire-général, le T. R. M. Jonckau, administrateur du diocèse en l’absence de Mgr Seghers, nous donne l'hospitalité la plus fraternelle.
Du balcon de ma fenêtre et des hauteurs où est bâti le palais épiscopal, j’aperçois les édifices du parlement, —construction basse et sans caractère, au milieu d’un parc roussi par le soleil; là-bas, au nord, le quartier chinois, avec
hante RES Et
CR DE catri 127 TASER
ne
ses enfilades de petites maisons misérables, borgnes, d’où nous arrive comme un relent de malpropreté immorale. A l’autre extrémité, séparés
de toute habitation par une petite vallée et par une bordure d’arbres et de taillis encer-
clant la ville, à mi-pente d’une colline, cachés dans le feuillage comme des nids, ouverts aux vents salubres du détroit de Géorgie et des montagnes, s'élèvent le couvent et l'hôpital des sœurs de Sainte-Anne. Au-delà, la mer qui chatoie sous un ciel clair.
On ne peut arriver à un plus joli terme après un plus joli voyage.
Nous y sommes venus de la ville de Vancouver à bord du Yosomite. La traversée est de quatre-vingt-quatre milles. Elle se fait parmi un semis d'îles, dont la plupart ne sont que des rochers nus, semblables à des têtes et à des échines émergentes de montagnes éboulées sous l'assaut des marées, des tempêtes, des courants qui se croisent en cette jonction des détroits de Géorgie et de Jean-de-Fuca. Plusieurs sont d’un pittoresque sauvage. La mer qui les bat s’y est creusé des criques, des anfractuosités, des dentelures qu’elle blanchit de
son écume.
ee
Quelques-uns de ces rochers, plus étroits, avec les parois verticales de leurs falaises, ressemblent à des murs de vieux châteaux en ruine, dont les créneaux, aiguisés par les morsures du salin, laissent à peine l'espace où se reposer aux grands vols de mauves qui s’y abattent. Tout autour, formant l’amphithéâtre de cette arène mouvante, les montagnes vertes et blanches de la Colombie et du territoire de Washington.
Rrravissant !
Quand tu auras quarante ans, mon cher Arthur, —tu peux attendre moins longtemps, si ça te plaît, —si tu aimes encore la poésie et les paysages “lointains et authentiques”, comme dit le bonhomme Bruyère, tu passeras les Prairies, les montagnes et la mer; tu sortiras de Victoria, en poussant une pointe dans la direction du mont Baker, à l'heure où le soleil disparaît dans le flamboiement des eaux; tu t'assoieras sur les falaises Pour te reposer de vivre et te rajeunir, en écoutant les chansons de la mer et le langage mélancolique du jour qui s’en va.
Et si alors tu n’es pas content, très content ; si tu ne sens Pas Sourire à ton bonheur tout ce décor infini, c’est que tu seras pris de la folie
NET TEE téssttssniéieisssmmnnnnines
universelle, celle qui empêche de jouir du bonheur actuel, acquis, —la folie de tous ceux qui paient sans cesse, en recherches et en efforts, les frais de leur bonheur dans le présent, et l’attendent toujours de l'avenir. La vie leur en donne constamment des billets promissoires, payables à demande; mais quand vient l'échéance, ils ne veulent toujours que les renouveler. Ce qui fait qu’ils ne sont heureux qu’en espérance et n’ont de bonheur que sur le papier.
Si tu viens ici, ne renouvelle pas ton billet ; fais-toi ;'ayer tout de suite. C’est peut-être encore, si tu sais en remercier Dieu, le meilleur moyen de préparer l’autre, le vrai, l'immortel bonheur.
Bonsoir, à demain.
Louis.
15 juillet,
Il est onze heures du soir. Et je trouve que ce serait trop dommage vraiment d'aller se coucher par une si belle nuit.
La conversation que j'ai eue tout à l’heure avec M. le grand-vicaire Jonckau, les souvenirs
MICROCOPY RESOLJTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
M2 | 2 Le “ Le =
Re
Er F Fe
LE lie