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gieux qui manquent. Les PP. Oblats, qui ont partagé l’île en trois paroisses françaises, y exercent leur ministère avec un zèle tout apostolique. Mais le zèle ne peut suffire à tout: les mauvais exemples et les séductions sont de toutes les heures, et la misère est quelquefois mauvaise conseillère. Plusieurs cependant se conservent bons et offrent aux Jersiais un magnifique exemple de leur fidélité à Dieu, à leur foi, à la France et à leur chère Bretagne.
Cette fois, mi care Arthure, un point c’est tout.
Collège Sainte-Marie, rue Bleury, Montréal 29 décembre 1893.
Mon cher Arthur,
Nous arrivons au premier vendredi du mois de janvier. Tu vas te préparer, n'est-ce pas ? à venir au Gesù communier avec moi.
Tu n'as pas encore fait les neuf vendredis en l'honneur du Sacré Cœur. Ce serait hien commencer l’année de te donner à toi-même ce gage de salut; et ce serait la bien continuer d’aller
jusqu’au bout de la neuvaine. Tu le sais, entre autres révélations faites à la bienheureuse Marguerite-Marie, Notre-Seigneur a promis d’accorder la grâce de la persévérance finale et de la réception des derniers sacrements à tous ceux qui, neuf mois de suite, communient chaque premier vendredi du mois.
Tu te sens faible et malheureux. Tu gémis sur ton intempérance, et tu te crois impuissant contre cette habitude que tu maudis. Viens donc au Sacré Cœur! Il s'ouvre à toi, il t’appelle, il te sollicite. Viens t’y appuyer comme saint Jean. Viens t'y réfugier: tu y trouveras des forces et des consolations qu’on ne trouve nulle part ailleurs. ;
Je ferai avec toi les neuf vendredis, à ton intention.
Pour prouver au Sacré Cœur ta bonne volonté, voici ce que je te suggère: ne refuse pas, c'est facile, tu le neux et ce serait ton salut :— à ta résolution d'éviter à l’avenir tout excès contre la tempérance, tu vas ajouter comme moyen préparatoire de te bien confesser et de bien communier, la résolution de ne boire aucun alcool le jour de la confession et de la communion. Est-ce trop demander, voyons,
Mer.
au nom du Dieu qui te pardonne et se donne à toi?
En février, au lieu de t'imposer deux jours d'abstention totale, tu t'en imposeras trois.
Si tu peux en observer trois en février, pourquoi ne Pourrais-tu pas en observer quatre en mars, et une semaine entière en avril ?
Tu y prendras goût, et, en mai, la sainte Vierge aidant, tu observeras le mois complet. Ce serait le retour des belles espérances, des énergies d'autrefois, du travail, des ambitions : ce serait la cure enfin, non pas le Gold cure, mais une cure divine, appuyée sur la volonté, laquelle serait appuyée sur la grâce de Dieu.
C'est un mystère pour moi,—et des milliers de faits quotidiens ne suffisent pas à me l’expliquer,— qu’un homme puisse trouver son plaisir dans cela même qui émousse le plaisir des sens, et tue celui de l'esprit. Le whisky mène à l’abrutissement, et l'abrutissement c'est
l’impuissance de jouir même des plaisirs les
plus vulgaires et des sensations communes de l'humanité. Quel spectacle peut réjouir l’individu travaillé par le vertige alcoolique ? Quel Concert, ou quelle harmonie de la nature peut charmer ses oreilles ? Quels mets délicats et
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quelle liqueur même peuvent flatter son palais, alors que le goût a été faussé par l'abus, et que la nature violentée par l'excès proteste contre les surplus de la passion ? L'animal lui-même, qui suit pourtant son plaisir instinctif, a horreur du trop boire.
Quel plaisir peut-il y avoir pour l'intelligence, quand les vapeurs montées au cerveau obscurcissent la vue de la vérité? Quelle joie dans le travail et l’espoir du succès, quand on sent en soi toutes les puissances du travail mésusées par la boisson, tandis que les sens et l’esprit sont traversés, hantés, par les hesoins d’une passion qui demande toujours plus? Quel bonheur y a-t-il dans la société des honnêtes gens, quand les plus estimés d’entre eux, ceux dont le témoignage va droit au cœur, nous montrent du doigt, avec tristesse ou avec dégoût, en résumant d’un mot tous nos déshonneurs ?
Quelle jouissance reste à la volonté, auand l'habitude l’a avilie, comme une esclave ? La jouissance de la volonté, elle est dans sa fierté de faculté reine, dans ses triomphes en nous sur les puissances inférieures et sur les assauts du dehors, dans son indépendance ; —dans cette indépendance, dont il ne reste plus chez le bu-