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cipent et la flattent. Quiconque l'écoute, —et qui ne l'écoute pas un peu? — raisonne comme notre jeune homme: vous m'apportez contre l'observation des commandements de Dieu et de l'Église des arguments que je ne puis pas résoudre; donc, je ne suis pas obligé d'observer ces commandements.
Le raisonnement est assez sommaire, n'estce pas? Eh bien, regarde autour de toi, et dismoi: n'est-ce pas là le raisonnement, en faits ou en paroles, de beaucoup d’adolescents dont la vie a été désorientée avant leurs vingt ans? Remonte le courant où s’en vont, comme des épaves, les débris de leur foi naufragée, et tu vas retrouver ce raisonnement, inconscient ou délibéré, au point de départ de tous leurs désordres du cœur et de l'intelligence.
Et, à ton avis, ils ne seraient pas coupables ?
Supposons même qu'ils en arrivent — Dieu leur retirant la grâce du remords et les abandonnant à leur ingratitude — à une sorte de bonne foi et de tranquillité dans l’apostasie, ils ne cessent pas d’être coupables à l’origine. Il
Y a eu pour tous ces incrédules un moment de
transition, où, sciemment, ils se sont exposés au mal avant d'y passer délibérément, L'état
d'âme suivant, heureux et sincère si tu le veux, ne change rien à cette tache de transfuge.
L'ignorance, mon cher Arthur, est donc ici la première cause du mal.
— Mais si cette ignorance, penses-tu, n’est
pas volontaire, —ce qui peut fort bien arriver, — comment le jeune homme devient-il coupable en cédant aux objections qui le confondent ?
— N'y pouvoir'pas répondre, est-ce une raison suffisante pour y croire? Ne pouvoir pas analyser un breuvage considéré depuis longtemps comme poison, est-ce une raison pour céder à l'invitation de le boire? Parce qu'il est plus facile d’objecter que de démontrer, de démolir que de bâtir, faut-il se ranger du côté des démolisseurs? La vérité cesse-t-elle d’être la vérité parce qu’on l’ignore? Le faux devientil vrai parce qu'on ne peut lui donner un démenti victorieux? Les adversaires eux-mêmes n’objectent-ils pas, parce qu’ils sont trop ignorants pour répondre aux difficultés entendues ou lues quelque part ?
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La légèreté est la seconde cause du mal.
Sans elle, l'ignorance aurait recours au bon sens et elle se dirait: moi, je ne sais pas; mais depuis dix-neuf siècles l’Église catholique a eu
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