‹ Entre nous; causeries du samediChapitre 21 sur 27 · LE3 ENFANTS TROUVÉS · texte numérisé non relu

LE3 ENFANTS TROUVÉS

cette dernière, ou dans des occasions tout-à-1'ait exceptionnelles, on ne déroge jamais à cette loi. *' Agir autrement serait vouer sûrement les enfants à la mort."

" Jamais nous n'envoyons d'enfants au dehors."

— Mais, lui dit-on, refuseriez-vous de prendre soin d'un, enfant que vous trouveriez à votre porte ?

— Non, mais le cas n'est jamais arrlm chez nous^ car on sait parfaitement que les Sœicrs Grises acceptent tous les enfants qu'on leur enmie.

Quel aveu significatif ! Et Ton s'étonnera après cela de voir que le nombre des décès est très minime dans l'institution j)ro testante !

Kien de plus naturel, puisqu'il n'y a aucun rapport entre les deux établissements : l'un n'est autre chose qu' une crèche, tandis que l' autre est l'asile des enfants trouvés ou abandonnés tant par les protestants que par les catholiques.

Vous voyez bien qu'il n'existe aucun point de contact entre les deux institutions.

Toute la charge de soigner les enfants abandonnés retombe sur les Sœurs, puisque les protestants ne s'occupent même pas de ceux qui appartiennent à leur religion.

De quel côté est le dévoûment? où l'abnégation, le courage et la charité ?

Les Sœurs Grises ont donc tous les ans huit cents enfants à disputer à la mort ; le couvent garde ceux qui ont plus de dix huit mois — et leur nombre

est assez grand — toute la place est prise par ces derniers, que faire des antres ?

On les envoie où l'on peut, on tâclie de trouver des femmes qui consentent à en j^rendre soin, moyennant rémunération, et si dans le nombre il s'en trouve qui négligent leurs devoirs, cela est malheureux, mais on doit un peu s'y attendre.

La rémunération est très minime, dix cents par jour, je le sais, mais cela fait vingt-neuf mille piastres par an pour les huit cents enfants, et ce sont les Sœurs qui paient !

Le Dr Hingston, dont l'opinion est certes du plus grand poids, s'exprime ainsi à <iq sujet :

" Les pauvres Sœurs font de leur mieux avec les moyens ont elles disposent. . Elles dépensent tous les ans de fortes sommes d'argent pour les soins et la nourriture des enfants trouvés. Elles n ont qu'un but en recevant ces petits abandonnés ; sauver leur vie et faire en sorte que leurs miséra]:)les mères ne se trouvent pas dans F alternp.tive de les jeter à l'égout ou dans les privés. Ce n'est que la crainte de voir la liste des crimes s'augmenter, par la suppression de tous ces enfants, qui empêche les Sœurs de fermer leur asile."

Dix cents par jour pour nourrir, soigner, laver et habiller un enfant ! C est absurde, ajoute le Dr Hingston.

Oui, certes, c'est absurde, et que peut-on attendre pour si peu, quand nous savons qu'une

Page 1