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ÉCLAIRAGE 6S

Il donna l'idée, mais ses expériences ne furent pas couronnées de succès et il mourut en 1805, pauvre et presque inconnu.

Sa ville natale lui a érigé une statue, il y a deux ou trois ans, si j'ai bonne mémoire.

Ce n'est cependant jias la France txui bénéficia la j)i'emière de la découverte de Lebon perfectionnée par Murdocli, mais bien l'Angleterre.

En 1812, Windsor fonda une compagnie pour l'éclairage de Londres ; en 1816 il vint à Paris, et en 1817 commença à éclairer quelques rues. En 1820, une compagnie régulière fat fondée, et Paris profita enfin de l'invention de Lebon.

Québec a été éclairé au gaz en 1843, et Montréal en 1844 ; aujourd'hui, ces deux villes ont la lumière électrique dans toutes leurs rues, Québec ayant précédé de plus d'un an la métropole commerciale dans cette voie de progrès.

Il ne faudrait pas croire cependant que l' usage du gaz doive être fatalement proscrit par suite de l'envahissement de l'éclairage électrique, et pour s'en convaincre il sufiit de se rappeler ce qui s'est passé, il y a soixante-dix ans, quand on adopta le gaz pour éclairer les rues de Paris.

A cette époque tous les producteurs d'huile à brûler furent frappés de stupeur, dit du Moncel, et ils voyaient dans la nouvelle découverte la ruine de cette industrie ; mais, contrairement à leurs

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prévisions, ils reconnurent bientôt que la consommation de riiuile à brûler augmentait avec le développement de T éclairage au gaz, et cela de\ait être ainsi, car l' éclairage au gaz, en habituant les populations à une lumière plus vive, devait faire augmenter le nombre des lampes employées pour l'éclairage privé et i)erfectionner à ce point de vue la construction des lampes elles-mêmes qui dépensèrent, pour cela, une plus grande quantité d'huile.

Ce coup d'œil rétrospectif nous montre quon exagère à tort en ce moment les conséquences que pourrait entraîner le développement de l'éclairage électrique. Quand on sera habitué à cette lumière vive qui fait paraître les becs de gaz aussi sombres que le paraissaient i^ar rapport à eux, les réverbères à l'huiles, on se trouvera obligé de multiplier les becs de gaz sur les points ou l'on sera forcé de les employer, et la consommation pourra peut-être même dépasser ce qu'elle est aujourd'hui.

Quant à moi, je crois au développement progressif de l'éclairage électrique, au Canada surtout, où les pouvoirs d'eau sont si nombreux, et je suis persuadé, que dans quelques années, un grand nombre de villages auront adopté ce système.

Bien plus, je suis certain qu'avant trente ans plusieurs grandes routes seront éclairées à la lumière électrique, grâce aux perfectionnements quî permettront de produire l' électricité à très bon mar

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elle. Le vent est une force qui n'a pas encore été employée, mais il est probable que les inventeurs s'en occuperont bientôt et que l'on arrivera à faire 23roduire à chaque lampe la quantité de fluide nécessaire à son alimentation. De légers moulins à vent perfectionnés et adaptés à chaque poteau seront sans dout€ les producteurs de cette électricité, et lès accumulateurs rendront aussi, je crois, de grands services en ce sens.

On a parlé il y a quelques années de créer à Montréal un grand boulevard allant de la rue Saint- Denis au Sault-au-E,écollet et je crois que si ce projet se téalisait, cette avenue éclairée à la lumière électrique serait une des plus belles promenades du monde.

Québec pourrait faire la même chose sur les routes de Saint Louis et de Sainte -Foye.

Quoi qu'il en advienne, il est certain que T éclairage électrique, qui n'en est qu'à ses débuts, prendra bientôt une extension énorme dans tous les pays, et je voudrais bien être Tnon j^etit-fils pour pouvoir contempler les merveilles du siècle prochain.

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