COMMENT ON EORIT L’HISTOIRE
Je me crois sauvé, mais #onsieur le colonel menvoya chercher le lendemain matin.
Où étiez-vous la nuit dernière, monsieur ?
—De garde au ravin.
—En êtes-vous bien sur ?
—Oui, monsieur.
—Où étiez-vous quand votre poste a été attaqué ? Je reconnus qu’il était inutile pour moi de feindre plus longtemps et je confessai toute la vérité. -—Monsieur, me dit-il alors, vous avez très bien rallié vos hommes, sans cela, vous auriez été fusillé ; mais en punition de l'offense grave que vous avez commise, vous allez retourner à votre ancien rang de simple soldat, et vous pouvez vous considérer comme très heureux. Allez, monsieur, et faites votre devoir.
Oh! mon Dieu! je noublierai jamais ces pa roles.
Je recus l’ordre d'enlever mes épaulettes et mes galons d’or et je repris l'uniforme de simple soldat. —Ah! Français! fdit alors l'Anglais, c’est un bien grand malheur que vous ayez cédé à l’invitation de ce lancier, cependant vous devez vous estimer très heureux de n'avoir pas été fusillé. Si vous aviez été dans l’armée anglaise vous n’en auriez pas été quitte à si bon marché, je vous l’assure, pour avoir abandonné votre poste devant l'ennemi.
Voilà l’histoire, telle que racontée, moins cependant les expressions baroques et la prononciation allemande que l’auteur prête au zouave, afin de le rendre plus ridicule.
Voilà l’histoire, un récit français, dans lequel rien n’est français, ni même vraisemblable, puisque tout est faux comme forme, genre, allure, etc. Quand au fond, je croirais faire injure à mes lecleurs en leur faisant remarquer qu’il est toutaussi impossible que de prendre la lune avec les dents.
Et cependant, voici une histoire racontée dans un livre très répandu dans tout le pays, par un brave homme, pas méchant du tout sans doute, qui a même pu être bon soldat, pas trop intelligent, pas trop inepte, aimant tout le monde, et qui n’a fait cela que pour plaire à ses compatriotes et à leur goût pour les farces aux dépens des Français.
Les plaisanteries pour être goûtées et pour avoir quelque valeur, exigent beaucoup de talent ; il faut être très fort et très spirituel, et la plupart de ceux qui essaient de jouer avec cette arme n’ont ni la vigueur ni l'esprit nécessaire ; ce qui n’empêchera pas nombre de soldats de l’armée du salut et d'Ontariens d’avaler crues les bourdes du genre de de celle que je viens de citer.
XAXI L'OUVRIER.
Les animaux ne connaissent pas leur bonheur et, vraiment, la chose est fâcheuse, car s'ils pouvaient apprécier les précautions que l’on prend pour leur éviter toute fatigue, ils constateraient la suprême sottise de l’homme qui ne pense pas à donner à ses semblables les soins dont il entoure les bêtes.
Il y a quelques jours, un inspecteur de la société protectrice des animaux, à traduit devant la cour du Recorder, de Montréal, neuf charretiers, sous accusation d'employer des véhicules non munis de servantes, oulgo bâtons de repos.
Vous savez que l’on nomme servante le support qui soutient une voiture dans la position horizontale, quand elle est arrôtée.
Notez que ces neuf charretiers ne sont nullement accusés d’avoir frappé leurs chevaux, ni de les avoir maltraités ‘d'aucune manière, non, mais le seul fait de n avoir pas de servante est une contra vention à la loi, et les protecteurs des bûtes ont jugé dans leur sagesse qu’il était nécessaire de faire cesser un pareil scandale
C'était et c’est leur droit, puisque la loi est ainsi faite, et je crois sincèrement qu’elle a été promulguée pour le plus grand bien des animaux.
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Pendant que cet employé faisait preuve de tant de zèle, devant lui, derrière lui, à ses côtés, de pauvres diables peînaient non comme des bêtes, mais comme des hommes, ce qui est bien plus dûr, et pas un d'eux n’était muni de servante, c’est-à-dire qu'aucun de ces travailleurs n'avait le droit de se reposer d’une manière quelconque, dans la position horizontale ou autrement.
Deux hommes, travaillant sous un ciel de plomb, venaient même d’être emportés à l'hôpital frappés d’insolation. Ils souffraient atrocement, mais les neuf chevaux arrêtés devant l’hôtel-de-ville goûtaient bêtement un repos qu'ils n'avaient nullement gagné.
Le même jour, on me racontait un fait nâvrant :
Un travailleur, charretier lui aussi, était employé par un entrepreneur depuis une quinzaine de jours.
L'homme, maigre, hâve, éreinté, sentait encore la fièvre qui l'avait longtemps abattu, et, sorti trop tôt pour gagner le pain de cinq enfants et d’une femme épuisée, semblait toujours sur le point de tomber en travaillant. Il résistait pourtant, et cela faisait mal de voir ses nerfs tendant le cuir de ses bras, et ses jambes flageoller, quand il chargeait de grosses pierres dans sa voiture branlante.
Quand au cheval, c'était bien le cheval d’un malheureux, mais il avait la chance d’être bête, et