LA LEÇON DE CATÉCHISME 4ÎI
une pomme d^amour, car il craignait qu'on ne s'aperçût de ce qu'il faisait, il entendit soudain M. Cougourdon lui demander si Marie avait été toujours vierge ; il répondit :
— Oui, la sainte Vierge Ta toujours été, avant, pendant et après.
M. Cougourdon n'avait pas sans doute bien saisi la réponse ; il n'émit pas une observation nécessaire, à cause du mot « pendant », et il continua :
— Nous allons passer à la septième leçon sur le siidème et le neuvième commandements de Dieu... Sube, quels sont ces commandements?
Sube, assis loin du directeur, sur les cailloux, un garçon timide, qui s'était déjà rhabillé, ayant froid, et qui paraissait toujours avoir peur d'une punition, et Lampian, continuellement à l'affût de montrer sa science, récitèrent ensemble :
— Luxurieux point ne seras de corps ni de consentement.
— L'œuvre de chair ne désireras qu'en mariage seulement.
Alors, entre le directeur assis sur le rocher dans la fraîcheur de son parasol, et Césaire Lampian en caleçon, les bras croisés sur sa poitrine maigre, s'échangea le dialogue suivant :
— En combien de manières peut-on commettre le péché d'impureté?
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— On le pont en Irois manières : par pensées, par paroles, par aciions.
Lampian. deboul dans la rivière qui ne baignait <iue ses pieds, parlai! de ceux qui font de mauvais regards, selon les expressions du catécJiismo, lorsque soii ealei-on, qui n'était pas soutenu par les Iianchcs, glissa sur ses petites cuisses blanches.
Plauchu le premier parlil d'an éclat de rire nui fui aussilôl général. Ailhaud, Toslanière, Sube, Pépm dea Grillons, Gassenil, Magloire, se tcnaienl les côtes.
Lampian, qui avait décroisé les bras, aperçoil, enlm, la cause de rhilarilé, et, rapidement, il ramène .sur elle son caleçon.
La leçon de CATI^CniSME Ol
L'abbé Célestin n'avail pu réprimer un sourire.
Le directeur, M. Cougourdon, se leva et, fermant son parasol, inutile du reste, car le soleil était déjà tombé à moitié derrière la montagne, il dit, sans paraître comprendre les rires, mais un peu interloqué des suites de son imprudence (il aurait pu recevoir un poil de l'évêque) :
— Qu'on se rhabille tout de suite ! La leçou est finie... Nous en profiterons.
Petit-fils de Faust
Il venait tPassîster à une représentation du chefd'œuvre de. tiounod : Faust. Après un tour au cercle , où il acheva de perdre son dernier argent, !e peLit-fils du célèhre docteur rentra chez lui très triste, car il était amoureux d'Alice Penthièvre, et, après le spectacle, il l'avait vu monter en voilure avec son vieux singe. Oui, elle l'avait lâché pour un boursier, qui, ayant hénéficié d'un million et demi dans ses spéculations sur la fameuse société Bontoux, avait eu le nez de flairer la débâcle et de liquider.
Au sortir du tripot, le petit-fiIs de Faust avait
lE PETIT-FiLB DE FAUST