‹ Entree de clownsChapitre 8 sur 17 · BALLADE T>U TRAMWAY · texte numérisé non relu

BALLADE T>U TRAMWAY

saut. Us vont, ils vont, on effleurant la crête blanche des vagues. La vitesse a mangé le poids 1

Et ils roulent de la sorte pendant des nuits, des jours, des nuits, des jours, des nuits, des mois, lies années, des siècles. Le cocher du tramway est toujours calme et placide, et regarde sans cesseeti clignant des yeux. Il est l'ange du tramway. La petite cocote est encore blonde et belle ; mais sa robe n'est plus à la mode.

Hop ! hop ! Darwin a dit que les plantes, les animaux et les choses se transforment suivant les milieux où ils vivent : les roues de la Victoria et du tramway se transforment en nageoires. C'est nue simple question de temps, Darwin le sait bien.

A présent le ciel.

Ils ont franchi les mers et les terres, desmilliards de fois. Knfin, la vicloria et le tramway, vainqueurs de la force centripEste, s'échappent par la tangente et partent, dans l'espace, à travers l'élhor illimité.

ENTBËE DE CLOWSS

Les années s'écoulent innombrables, et la Victoria et le tramway vont sans cesse. Ils rencontrent la lune. Le cocher, gris, sonne encore, comme i!

le faisait de la Villette à l'Etoile, et la lune accélère sa révolution pour laisser passer.

Un voyageur est frappé d'une aphasie ; une voyageuse, qui s'est mariée en route, met au monde, sans douleur, un petit garçon. On le baptise, et, lorsqu'il a trois ans, le conducteur marque la place en pressant le timbre. Ding I

BALLADK t>(J TRAMWAÏ 101

Plus loin surgissent des astéroïdes, des planètes, d'autres lunea encore. Tout s'écarte. Le tramway, dont les nageoires sont devenues des ailes, n'est plus qu'à quelques lieues de la Victoria. La petite épinglée sent, sur les fins cheveux de sa nuque, le fouet du cocher du tramway.

Elle retourne la tète, et, pour la première fois, le tramway se trouble.

Le cocher ne voit pas un astre qui passe devant eux, en accomplissant sa rotation autour du soleil,

et il oublie de sonner de la corne. Le tramway était lancé, comme la Victoria, à une vitesse de

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quinze cents mètres par seconde, quand il s'arrêta soudain.

Un clioc épouvantable ! Le tramway s'empêtrait dans les anneaux de Saturne.

Alors, Pantinois, n'étant plus bercé par le mouvement de la voiture, s'éveilla complètement et murmura, tout en se secouant :

. — C'est la place de l'Etoile... La petite cocolo doit être au moins à la Porte Maillot... Tout de même j'ai trop bu hier, en l'honneur de la fête.., et je crois que j'ai mal aux cheveux.

A Félicien Rop$

Depuis trois ans, Robert GalLoine, peintre, lils de peintre, sentait dépérir son vieux pfere, et, depuis près de six mois, il craignait que le dernier soufQe de vie fût au bout de chaque accès de toux secouant ce long corps nerveux et desséclié.

Parfois, dans les passes d'accalmie, Edmc Galtoine essayait de reprendre les pinceaux. Efforts naïfs d'un laborieux babitué au travail.

Le brave homme avait eu une certaine répula-

lOB ENTRÉE DE CLOWNS

lion jadis; mais ses meilleurs tableaux étaient (le la médiocre peinture classique, dans le mauvais sens de cette épithète. Ses personnages avaient Tair en bois.

Il n'en était pas de même, certes, des gracieuses petites femmes, des gommeux pourris de cbic, des mendiants loqueteux mangeant la soupe, le matin à la porte des cabarets du boulevard, des balayeurs de nuit aux alentours de TOpéra, des actrices dans les coulisses, des gardiens de la paix, tous si bien saisis par son fils, un malin de la jeune école impressionniste, le peintre subtil, pas encore très connu pourtant, de la vie parisienne, élégante ou haillonneuse.

Aussi le père, habitant avec sa femme et sa fille, au troisième, rue Bellefond, où dort une tranquillité provinciale, ne descendait presque jamais à Tatelier de Robert, un coquet pavillon, de Tautre côté de la cour, sur laquelle ouvraient les fenêtres de l'appartement ; il s'y emportait trop contre le mauvais goût de l'époque décadente devant cette couleur lumineuse, ces taches claires aux effets vibrants :

— Tu suis bien mal mes conseils, pauvre garçon... Va donc revoir, admirer, étudier, imiter les magnifiques œuvres de David, de M. Ingres...

Ses reproches, ses mots de colère avaient été interrompus par le manque de respiration, par une

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de ces toux violentes qui l'abattaient, Tanéantissaient presque; il était resté un quart d'heure suffoqué d'indignation, presque sur le point de rendre la vie.

Robert éprouvait de ce trépas de son pcre, continuellement menaçant, une profonde souffrance, tous les jours plus douloureuse, plus aiguë. Personne ne s'apercevait de cet état de cœur, Robert n'étant point de ceux dont les pupilles des yeux ressemblent aux étroites ouvertures par où, dans quelques maisons, les curieux lascifs contemplent les voluptés de la misère humaine. Volontiers, .il s'exprimait sur les hommes et les choses avec scepticisme et ironie ; ce sont les deux masques les plus agréables, dans une époque perverse à l'excès, pour les gens de vertu sans prétention, afin de n'être pas remarqués.

Bientôt il ne serait plus là celui de qui il était né. Robert songeait par avance à ce vide parmi sa famille ; il analysait artistiquement la cruauté de cette éternelle et prochaine séparation.

Eternelle, en effet. Parfaitement athée, ayant appris beaucoup, familier des anciennes et nouvelles spéculations philosophiques, soucieux du mouvement de la science, ne négligeant point de penser, ce peintre extraordinaire ne croyait pas (triste résultat de ses méditations ridiculement

fréquentes!) que Tâme survécut au corps; Tun et Fautre perdaient, à son avis, leur existence personnelle.

Convaincu de la disparition de Fêtre, n'ayant pas Fespérance consolatrice de retrouver plus tard et pour toujours celui qui le quitterait bientôt, Robert, sous le coup d'une sentimentalité plus forte que sa raison, enfin d'une imagination très vive, avait, presque chaque jour, le cœur brisé par la mort de son père.

Sa chambre était au fond de son atelier, derrière les tentures de soie bleue brochée d'argent d'une galerie : on y montait par un léger escalier à la rampe couverte, avec une négligence calculée, d'étoffes anciennes, de tapis orientaux, de chasubles coquettes.

Entendant de sonlit, à travers la nuit silencieuse, la terrible, Fépouvantable toux, il se figurait que son père allait mourir avant Faurore; et lui, qui avait de Fesprit, il se surprenait, seul heureusement, Fémotion lui étreignant la gorge, de grosses larmes aux yeux.

Un soir de mars, qu'il était allé dîner dans un café du quartier pour éviter cette poursuite de la toux crevante, abominable, il ramena une jeune femme, quasi moricaude.

Petite, gentiment grassouillette, fraîche, sou-

riante, des lèvres sensuelles, aussi rouges que les fleurs de l'azoka, mais pas fortes comme celles de

sa race, des pendants de grenat à ses fines oreilles bien ourlées, le profil relevé, mutin, assez espiègle

d'une modiste parisienne, des yeux félins, troublants, aux regards froids, pleins d'une torpeur étrange, des yeux qui ne sont pas un miroir, ofi de rinconnu gît dans les prunelles, son nom était Mica; mais, à cause de son teint, on rappelait Olive.

Robert lui plut ; il la faisait rire.

En un coin de Tatelier, sur une table du dernier siècle, brûlait un ruban de parfums, dans le ventre d'un hippopotame de bronze, aux pieds de Laksmi, la déesse indienne, dorée, constellée de fausses pierreries, rubis, turquoises, topazes, émeraudes, saphirs. La déesse tenait à la main le lotus rouge, emblème de la vie nouvelle, de la fécondité, de la régénération. Les Egyptiens, lorsqu'ils momifiaient une femme, mettaient un lotus entre ses lèvres mystérieuses pour les purifier. Si les dieux existent, Laksml semblait, tendant le lotus rouge, la fleur du meilleur amour, lourde de pollen, pardonner d'avance à la petite amoureuse noire.

Olive était assise sur un divan, dans la pénombre d'une sorte de tente dressée sous la galerie; des coussins traînaient à terre. Robert déshabilla la jolie mulâtresse effarouchée un peu, juste comme il faut, et savoura, en peintre d'abord, sa mignonne beauté. Mica, toute nue, était adorable ; aux fossettes du menton et des joues correspon-

(latent, dans les secrets de ce corps svelle et

souple, d'autrps fossettes exquises. Il la parcouru

avec les caresses de ses doigts et de sa bouche, et, enfin, l'enveloppa profondément.

Tout à coup, à ce moment précis, vint à lui, du troisième étage, la toux d'Edme Galtoine, une toux saccadée, déchirante, qui semblait emporter des morceaux de poumons.

Il étreignit Olive avec une sorte de rage.

Robert n'était point libertin. Son amour pour les femmes, à la marque du chic parisien, pour les élégantes en toilettes merveilleuses, les divas d'opérette aux robes courtes, qu'elles retroussent d'un coup de pied fripon en montrant la jambe, les danseuses en jupon de gaze, pour tous les minois pimpants, alertes, chiffonnés, qui mettent, grâce et gaieté de l'existence, comme une griserie dans l'air, consistait en un goût platonique pour leur joliesse, pour leurs silhouettes triomphantes ; sur ses toiles seulement, il cherchait à les saisir.

Il n'avait jamais eu de grandes passions.

Lorsque, par exemple, au théâtre, une actrice lui plaisait, il ne cherchait pas à la connaître et s'en fiait au hasard ; il se contentait d'acheter sa photographie, dont il restait épris jusqu'à ce qu'un autre portrait vînt le remplacer dans le cadre japonais où se succédaient ces chastes amantes, chastes avec lui.

D'aucuns, assez vils, oublient leurs chagrins à force de boire; Robert, lui, se grisait avec sa maîtresse brune. Il la chérissait véritablement; d'ardents désirs qu'il avait ignorés jusqu'à elle s'éveillaient en lui. Il était altéré du vin de feu qu'elle lui versait; aux jours où la toux résonnait en haut, monotone, régulière, persistante, par moments furieuse, il collait avec avidité ses lèvres frissonnantes à la coupe qu'Olive lui abandonnait ; il s'enivrait de volupté, de ce bien de l'homme, par lâcheté, pour se dérober dans l'extase à l'obsession.

Quand il lui demanda son histoire, elle ne lui en dit rien, sinon qu elle était née à Haïti, que sa mère était blanche. Une fois, elle vint le voir accompagnée d'un bébé de deux ans au plus ; comme il lui dit « maman » elle le battit un peu et le gronda très fort. « Je veux qu'il m'appelle tante; j'ai mes raisons pour ça. » Elle n'entra pas dans une explication.

Un brin poitrinaire, elle avait attrapé une pleurésie qu'elle avait mal soignée et dont elle n'avait jamais été bien guérie. Une nuit d'avril, dans un des repos charmants qui suivaient leurs caresses forcenées, lui passant ses bras au cou, elle murmura :

— Si je mourais avant la fin de cette année, il y

L'aslhma devenait plus grave, plus lourd.

Comme, le printemps arrivé, le père aimait resler allongé sur sa chaise roulante devant la fenêtre ouverte, pour respirer, à son idée, plus à l'aise, pour sentir l'air tiède de l'aviil, Robert percevait mieux encore la toux continuelle, glaireuse, harcelante.

Alors, quand Olive était là, il enfonçait sa tète entre les seins de son amie noire, fermes comme des grenades, éperdument.

Surprise de cette ardeur croissante à l'embrasser, il lui arriva d'attirer à sa bouche le front de son amant ; aprës, elle interrogea, le regardant fixement dans les yeux :

— Il y a des jours où tu semblés m'aîmer davantage. Pourquoi?

Il ne répondit pas.

La toux» en ce moment, descendait sur eux, pénétrante.

Quand elle se taisait, Robert était tellement énervé, surexcité, que maintenant il saisissait les efforts pénibles de son père pour prendre et renvoyer le souffle. Et, quand la toux recommençait aiguë, irritée, irritante, tumultueuse, il répliquait navré, aux accès plus violents par des baisers plus forts et plus fous.

Il s'attendait à une catastrophe d'une minute à l'autre ; il répétait à Olive :

— J'ai à te voir, ô mon amie, un plaisir infini... Sois ici le plus souvent que tu pourras, dis...

Sans se douter qu'il recherchait autant le plaisir qu'il voulait fuir sa méditation solitaire et p6ig*nante, son angoisse, sans soupçonner la fièvre bizaire qui la faisait tant désirée, tant chérie, tant adorée, elle, d'amour simple, vint, chaque jour, quand la crise fut proche.

Le matin du vernissage^ des amis, Schavyl, Montclar, journalistes parisiennants, frappaient bruyamment à la porte de Tatelier de Robert. Les yeux encore humides, la figure tirée, il leur an-

nonça la mort de son përp. La veuille, & quatre

heures, il avait expiré dans uue secuusso de toux.

Les amis prirent la tête de circonstance et prononcèrent quelques phrases difficiles, comme on on cherche en pareille occasion ; ils montrèrent une affection partant du fond du cœur. Soudain il interrompit :

— Je me suis occupé de tout hier soir ; Tenterrement aura lieu demain à midi. J'ai passé la nuit au chevet de mon père et je n'en puis plus devant mes parents en pleurs... Quelques heures dehors me feront du bien. Je vais avec vous... Qui a une cigarette?

Robert avait envoyé deux pastels réunis ; Fun représentait une belle et blonde gardeuse de moutons, une gaule à la main ; Tautre, en un boudoir tendu de salin blanc, la même fille, debout, splen- (lide, se mirant dans une psyché, vêtue seulement de bas de soie noirs, au milieu des dentelles et des flots de rubans de la chemise tombée à ses pieds. Tableau refusé pour inconvenance.

En route, Robert blagua encore un peu le jury ; il était très gai, d'une gaieté affectée, toute de nerfs. C'était dans son caractère et son système. Peu importe que la pensée soit plus lancinante ! Nos chagrins gênent ceux qu'ils n'attristent par> autant que nous. Pour les autres, même ses amis, il faut habiller de rose sa douleur souriante.

Ils trouvèrent le printemps avenue Marigny ; le

soleil radieux éclatait sur les tendres feuillages ; les marronniers pomponnés étaient traversés de lumière; des promeneurs en veslon filaient alertes; dos cavaliers montaient au Bois. Un drag au trot de quatre chevaux, des charetlos anglaises, des tilburys, des victorias, des fiacres découverts. Le ciel sans nuages, d'une douceur d'azurinfinie, resplendissait.

Ali ! le vrrnissaffc, fête attendue avec impatience ! Enfin, dans le palais, dans le bazar, voici la cohue, un coudoiement perpé- , tuel, une série do renfoncements, une orgie de femmes nues, une débauche de peinture, de la cimaise au plafond , les bousculades devant les tableaux à succès, les robes neuves fripées des mondaines, dos actrices, des acteuses, des modèles, les flirlages, les poignées de mains, les éloges menteurs, les sincères ironies, les gardiens en « livrets ». Dominant le tout, quelques rares encadreurs sur des échelles ; la poussière, la migraine.

Pendant la course à travers les salles, Robert, maître du deuil de sa pensée intime, lançait en

face des croûtps exposées le mot juste, drftle ; son

plits vif enthousiasme fui pour deux horizontales,

Alice Penthièvre et Marthe Rosée, qui étaient à ravir. Alice, drapée dans un dolmau bleu, bordé de fourrures; Marthe, en tunique de foulard marron sur une jupe de foulard écossais. Gontard, gommeux pas trop bête, les conduisait en paire.

— Vous déjeunez avec nous, dit-il ? Vous êtes de la bande ? J'ai une grande table refenue chez Ledoyen, dans le petit bain... vous verrez, je prépare un toast à la truite sauce verte... Charles Garnier doit répondre pour elle.

Robert accepta la joyeuse partie comme les camarades ; mais bientôt :

— Ne m'en veuillez pas... Je vous quitte.

11 était à bout de forces et pâle affreusement. Ses amis, qui savaient, n'insistèrent pas. Alice Penthièvre et Marthe Rosée lui demandèrent ce qu'il avait ; il répondit, les lèvres glacées, frissonnantes, par un petit geste d'adieu rapide, et, soudain, disparut dans la foule.

Une semaine après l'enterrement d'Edme Galloine. Olive, appelée par un billet de Robert, entra dans Tatelier. C'était un soir de mai délicieux, plein d'étoiles. Un parfum d'ambre fumait et répandait son odeur capiteuse.

Dans ce premier revoir après la mort qui avait séparé leurs amours, faisant chacun vers le sentiment de l'autre un bout de chemin, ils s'embras-

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sfcrcnl, elle, un tanlliiet affligée, lui, le contenley ment dans les

■ Tu es venue, soulevant la ceinture de tes larges

hanches, après avoir enlevé les anneaux de tes jambes. A cette heure de minuit, pourquoi demeurerions-nous dans le désir ? »

Comme il étreignait Olive, comme il butinait sur ses lèvres ardentes, il s'arrêta, cherchant, hésitant. Les baisers n'avaient plus de saveur. Quel charme, quel piment s'était envolé ? Il fut secoué comme par un spasme. Le charme des femmes vient souvent de ce qu'il s'harmonise avec certaines circonstances. Quelle horreur !

La toux de son père lui manquait.

Olive retourna deux fois encore chez son amant; elles étaient évanouies en mai, comme des songes, les ardeurs d'avril. J^a gentille mulâtresse avait perdu la moitié de son prestige. Utilité physique encore, plus d'utilité morale. Leur liaison devenait purement banale.

Du reste, Olive se mettait à être malade aussi, à se plaindre plus souvent d'oppression, à tousser, mais gentiment.

Avec sa subtilité de femme, comprenant que Robert cessait de l'aimer, un jour elle dit :

— Depuis quelque temps, tu deviens plys froid.

Une la revit plus.

Deux mois après, dans la rue, Schavyl lui apprit, en l'abordant :

— Tu sais ? Olive... Tu te souviens ?... Elle est morte. C'est sa pleurésie qui Ta finie. On l'enterre, ce soir.

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Et, comme Robert demandait Tadresss, il la donna et partit :

— Je suis pressé.

LA TOUX Iza

L'hiver, allant avec Schavyt et Montclar, voir le poétique ballet, Siéba, où la Cordi faisait alors admirer au public sa danse et aux délicats sa mimique d'un génie charmant, Galtoine avoua, car l'un d'eux avait évoqué la mémoire gracieuse de la petite négresse :

— Je ne sais ce qui m'en a empêché, je n'ai pas assisté à son enterrement... Oh ! sapristi ! le prinlemps dernier, je n'ai pas songé aux myosotis pour sa tombe. Pauvre petite Olive !

Ensuite (qui sait s'il ne fit pas mieux qu'il ne disait ?) avec un geste de désinvolture, de tant pis:

— Ce qui m'aide à supporter ce regret, dans les moments où on passe la revue des souvenirs, c'est que, si elle a désiré des fleurs, je ne me rappelle pai lui en avoir promis.

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