c.+ î0».+ ï2pr
= 131 Hlc.+ Wï.+2a » =113 -18
= 10 M C.+ 15 V.+22 » = Tt + 1
La manière dont il vend ses produits est indifTérenle au capitaliste pourvu qu'il retire dans les 2 cas m unités de plus-value. Il peut donc les vendre soit à leur valeur, soil à leurs frais de production .
Ce que le capitaliste isolé peut faire, l'ensemble de la classe capitaliste, considérée comme personne morale, peut le faire (1). Dès lors, toutes les sommes de plusvalue perçues dans une société, selon des taux très différents qui varient d'une branche de la production A l'autre.sont ajoutées les unes aux autres,el réduites à la somme de capital existant. On obtient ainsi le taux de profit moyen. Celui-ci se forme indépendamment et à l'insu des capitalistes, mais il leur est connu dans chaque période et ils l'ajoutent à la quantité de capital constant usé et au capital variable pour obtenir le prix de vente.
Les marchandises se vendront donc sur le marché, non plus h leur valeur, mais & raison de leurs frais de production. Dans ces frais de production figure le profit. On retrouve ici une idée chère aux économistes anglais : mais plus logique qu'eux, Marx ne tombe pas dans la contradiction d'établir le prix naturel (ou valeur normale], tout h la fois par le seul travail dépensé, et parles coûts de production.
En effet, Marx abandonne la coïncidence de la valeur et des coûts de production pour chaque marchandise.
(1)V. Winiarski, p. 431.
Hais il D'échappé h celle conlradicUon que pour tomber dans une autre. La coïocidencede la valeur et des coûts de produclioQ se fait, dit-il, noa plus pour les marchandises isolées, mais pour la totalité des marchandises échangées. Il resterait h. expliquer comment l'îdée de valeur, qui n'est au Tond qu'un rapport quantitatif d'échange entre deux marchandises, peut s'appliquer à l'ensemble des marchandises d'un pays : et comment il peut s'établir un rapport d'égalité entre la valeur totale de toutes les marchandises et l'ensemble des coûts de production. Cette démonstration manque complètement et nous sommes en droit de dire que l'incohérence entre le travail socialement nécessaire, base du premier volume du premier Ca/)i^a/ et les coûts de production, base du troisième, subsiste chez Marx comme chez Ricardo.
r^ous voilà, semble-t-il, bien loin de l'entrepreneur industriel et de son revenu. Au contraire, nous y arrivons, car nous connaissons maintenant le mécanisme de la production du proSt, et nous pouvons passer à sa répartition.
L'entrepreneur recueille en effet une part du proHt tel que nous venons de le déterminer. Or nous savons que la plus-value est essentiellement le résultat de la possession du capital (circulant). On comprend maintenant comment la théorie de Marx sur le profit industriel doit être classée dans le premier groupe, celui qui cherche dans le capital la source du profit.
Eolrons un peu plus dans le détail.
La masse tolale du profil se divise en deux parlies : l'intérêt et le profil de rentrepreueur (1). La Taçoii dont cette division s'opère est purement empirique. La part du prêteur à intérêt dépend de l'olTre et de la demande du capital. Le reste va à l'entrepreneur.
Voici donc la situation. Le capital portant intérêt se trouve comme propriéié, en opposition au capital industriel comme fonction. D'autre part, ce n'est pas avec le travail salarié que le profit de l'entrepreneur enlre en antagonisme, mais avec l'intérêt du capitaliste. Le bénéfice et l'intérêt ne s'opposent que l'un à l'autre.
Mais ne pourrait-on pas aller plus loin et ranger le profit de l'entrepreneur parmi les salaires 7 Après tout, ce n'est point une sinécure que d'être représentant du capital fonctionnant. Celui-ci exploite le travailleur, soit : mais encore faut-il qu'il en prenne la peine. Aussi pourrait-on être tenté de croire le bénéfice de l'entrepreneur indépendant de la propriété du capital ; ce serait là n'avoir des choses qu'une vue superficielle et oublier, dit Marx, que l'intérêt du capitaliste et le profit de l'entrepreneur ne sont que des parties d'un même tout, la plus-value, et que la répartition d'un revenu ne peut rien changer h. son origine et Jt sa provenance.
Cependant Marx ne maintient pas absolument cette
(1) ce Marx, III, t. I, ch. 23, p. 3S5 et 9.
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affirmation. Il y a dans le profit appareal une part qui constitue un salaire de direction. Ce salaire rémunère un double travail :
1* L'entrepreoeur dirige la fabrication, conserve l'unité entre les travailleurs. C'est \h im travail productif et qui mérite rémunération.
i" Il contrôle la production. La nécessité de cette fonction de contrôle naît de l'antagonisme même entre l'ouvrier e( le possesseur du capital. Elle est d'autant plus grande que celle contradiction est plus forte ; son maximum se réalise dans l'esclavage. L'ouvrier, comme l'esclave, doit avoir un maître qui le fait travailler et le gouverne. Il est donc obligé de produire, en sus de son propre salaire, un salaire pour le surveillant, dont le travail est par lui-même improductif. Et ce n'est pas une des moindres ironies du régime capitalisUqueque l'ouvrier doive récompenser son maître pour les talents que celui-ci déploie dans sou exploitation.
La distinction entre le salaire de direction el le profil de l'entrepreneur trouve une illustration éclatante dans les sociétés par actions, où le contrôle est séparé de la possession du capital. Ce salaire de direction a une tendance à s'isoler de plus en plus : et à mesure que celte tendance se manifeste, la confusion que certains auteurs avalent voulu établir entre le salaire de direction et le profit, disparaît : le profit apparaît bien décidément, en pratique comme en théorie, comme de la plus-value.
On voit que Karl Marx, pas plus que les illustres devanciers auxquels il a tant emprunté, ne s'élève jusqu'à une conception nette du rôle de l'entrepreneur, distinct du- simple travail d'administration.
Il faut bien reconnaître que l'école frauçaise avait conlribuéà cette erreur en appelant uniquement l'atleation sur le travail de direction de l'entrepreneur (Voyez r'partie, chap.il]. Aussi Lassalle (1) avait-il beau jeu à railler le travail écrasant des capitalistes. Lui aussi, comme Marx, admet que dans des circonstances exceptionnelles, un salaire de direction soit justifié, mais il se refuse à le faire entrer dans le profit du capital, dénomination qui comprend à la fois l'intérêt et le profil. Sur ce point Marx et Lassalle se séparent de Rodbertus qui rangeait le salaire de direction dans le profit, parce qu'il ne se rattache pas à vrai dire à l'activité déployée par l'entrepreneur.mais seulement à la propriété privée et au droit exclusif au produit.
Pour le reste, les vues de Lassalle sont à peu près conformes à celles de ses prédécesseurs. Le capital relire la différence entre le travail fourni par l'ouvrier et le salaire à celui-ci. Le prix du travail ou salaire est fixé, comme toutes choses, par la loi de l'offre et de la demande : il ne peut durablement se déterminer que par les coûts d'entretien nécessaires à la vie et à la reproduction de l'ouvrier. Et comme par l'effet de la
(1) Herr, Bastiat, Schultie-Delitscb, passim.
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divisioD du travail, celui-ci produit plus que ce qui est nécessaire à la vie de l'ouvrier, le surplus va au capital. On voit par 1& que Lassalle refuse à l'entrepreneur toute influence sur la production du revenu national; c'est un personnage muet pendant tout le premier acte, celui de la production: il n'entre en scène qu'an second acte, celui delà répartition. Les capacités on l'activité des particuliers n'ont aucune influence sur la part totale que les entrepreneurs relirenten lanlque classe. Elles peuvent influer sur le revenu des particuliers, si un entrepreneur fait un gain aux dépens de ses concurrents. Mais elles n'influent pas sur la part qui revient dans le revenu national à la classe des entrepreneurs. C'est en se plaçant au même point de vue que Lassalle se rerusail à prendre en considération le risque,qui peut enrichir ou ruiner les particuliers, mais non la classe entière des entrepreneurs.
Kn somme, Lassalle est d'accord avec MarxetRodbertus sur ce point que le profit de l'entrepreneur, comme toute catégorie de revenu, dépend de l'évolution sociale, et, loin d'être perpétuel de sa nature, est soumis à la possibilité de changements historiques.
Mais son importance comme théoricien est infiniment moindre que celle de Marx et c'est en somme chez ce dernier qu'il faut chercher l'exposé vraiment doctrinal de la plus-value et du profit.
Mais dans ces dernières années la théorie de la valeur, sur laquelle est basé tout le raisonnement de
Marx, aeii à subir de rudes attaques (l],et les marxistes eux-mêmes l'ont senti faiblir. Aussi D*est-il pas étonnant qu'ils aient cherché, daus ces derniers temps, h séparer la doctrine de la plus-value de la théorie de la valeur, et à l'établir sur nouveaux fondements.
De ce nombre est M. Winiarski (2). Le travail, dil-il, n'étant pas l'unique source de la valeur, la distinction rigide entre la valeur d'usage et la valeur d'échange devient surannée et la théorie de la plus-value, vraie au fond et importante pour l'explication du mécanisme intime de la production capitalistique, doit obtenirune base autre que celle que lui donne Marx.
Cette base quelle sera-t-elle 7 Ce sera la considérât! on de l'inégalité entre le capital et le travail, qui assure au premier une situation de monopole. Le capital peut, en effet, attendre, quand le travail ne le peut pas. Le premier peut être placé en rentes sur l'Etat, ce qui permet de limiter son offre sur le marché productif, le second ne le peut pas. 11 n'y a pas jusqu'à ta disparition du capitaliste qui n'afRrmera sa situation privilégiée, car il laissera & ses enfants, d'abord ses capacités personnelles comme l'ouvrier, et en second lieu son capital, soit deux forces au Heu d'une.
Ce n'est pas seulement la base du profit qui est aussi modifiée ; c'estle caractère même de ce revenu- L'ex-
(1) V.Vilfredo-Pareto (préface au Earl Uarx de la Petite Bibl.écon.) ; I>«ro7-BeaulieD, Le colteclivisme ; Bahm-Baverk, t. I, p. 495, S* édit.
(2) Hev. d'éeon. fol., 1897. p. «4.
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ploilation ne sera plus la source unique du revenu: mais ce sera encore une des plus importantes. A côté d'elle se placeront celles qui dérivent du système économique en général. En particulier, on pourra conce* voir que le capital fixe lui-même donne un profit: mais le capital variable restera la source d'un profit spécial basé sur l'exploitation du travail.
Quant à M. Graziadei, ce sont bien moins des scrupules d'ordre théorique que des coasîdéralions de fait qui l'ont conduit h proposer dans un ouvrage récent (1) une nouvelle théorie du profit.
La doctrine du surtravail, telle que nous l'avons trouvée chez Marx, présentait l'antagonisme entre le salaire et le profit sous une forme telle que toute augmentation de salaire, ou toute diminution de la journée de travail, semblait inconciliable avec l'intérêt du capitaliste, et que, conformément h la théorie qu'on prête communément à Rîcardo, toute amélioration durable du sort de la classe ouvrière était impossible ou ne pouvait du moins se réaliser qu'aux dépens du profit.
Or, l'expérience de pays cependant capitalistiques, tels que l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Australie, montre que des salaires élevés et une courte durée du travail peuvent coïncider avec l'intérêt du capitaliste.
La cause de l'insuffisance de la doctrine marxiste, à ce point de vue,gtt tout entière, d'après Graziadei, dans
(I) Laprodmione capilatistica, Turin, 1899.
ce que le phénomène du profit n'a élé étudié qu'à Iravers le prisme de la valeur. Or, la méthode inverse est la bonne. Le profil est un phénomène de production, avant d'être un phénomène de circulation.
Qu'est-ce en effet que le profit, si ce n'est l'ensemble des marchandises consommées par le capitaliste ? Or, du moment que, selon le principe de Marx, le capitaliste ne les produit plus, c'est l'ouvrier qui doitles produire. 11 faut donc que l'ouvrier, après avoir travaillé un certain temps pour produire les marchandises qui constituent son propre salaire, travaille un certain autre temps pour produire les objets de consommation du capitaliste. Celte dernière quantité de travail est précisément le surtravail, résultant de la différence entre le travail nécessaire et le travail total. Et lorsque nous connaissons d'une part la portion du produit total qui revient à l'ouvrier et d'autre part le temps consacré k la produire, nous disons avec Marx que le temps qui reste constitue du surtravail. Mais il n'est pas besoin pour cela de faire intervenir la notion de valeur. Ce n'est qu'après celte première détermination du surtravail, une fois faite, que nous pourrons dire qu'une marchandise contient par exemple 6 heures de chaque espèce de travail. Et ce n'est que dans cette 2* période que le travail, primitivement agent de production, se transforme en agent de valeur.
Voici une conséquence de cette divergence entre M. Graziadei et les marxistes : supposons un instant
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que, pour une cause quelconque, te surtravail soit stérile, ne produise aucune marchandise, le profil, pour M. Graziadei, n'existerait pas, malgré l'existence du surtravail.
Cette difTérence est rendue sensible par la terminologie même que notre auteur substitue à la terminologie marxiste. Aux mots travail total, travail nécessaire, surtravail, il substitue ceux de produit total, produit nécessaire et surproduit. Le prolit est alors la différence qui existe, non plus entre le travail total et le travail nécessaire, mais entre le produit total et le produit nécessaire, c'est-à-dire la différence entre ce que le travailleur produit el ce qu'il consomme.
Voici les résultats pratiques d'une (elle modification. Tandis que Marx, partant de la notion d'un salaire invariable (puisqu'il ne peut pas durablement s'élever audessus de la quantité de subsistances nécessaire k l'ouvrier), ne voyait pour le capitaliste que deux moyens d'augmenter la plus-value :
1° Si l'on suppose la productivité du travail invariable, le prolongement du surtravail par l'allongement de la journée de travail.
2* Si l'on suppose la productivité du travail variable, l'augmentation du surtravail par une réduction de la journée detravail.
Graziadei reconnaît que l'augmentation du salaire est par elle-même un des moyens d'intensification de la production et opère dans ce sens de deux façons :
1* L'ancien surtravail devenant plus prodTictir, il s'ensuit oalnrellemeot une augmentation du produit.
2° Le travail, dans son ensemble, devenant plus productif, cet accroissement de productivité s'appliquera aussi bien au travail nécessaire qu'au surtravail. Et si cet accroissement de productivité est plus grand que l'accroissement des salaires, le capitaliste profitera encore de la différence, par une réduction du travail
II n'y a guère là qu'un tour de force de subtilité pour mettre la théorie de Marx d'accord avec des faits qui viennent chaque jour la démentir. Mais la théorie de M. Graziadei encourt le même reproche que celle de Marx. Elle part de cette supposition non démontréeque le produit du travail de l'ouvrier se divise en deux parties, dont l'une va au capitaliste (alors qu'il serait tout aussi logique de soutenir comme le dit M. Pareto, que le produit du capital se divise en deux parties dont l'une va à l'ouvrier). De plus, et ceci vise exclusivement la théorie nouvelle, si l'exclusion de la valeur est admissible dans les relations hypothétiques d'un capitaliste et d'un ouvrier qui produirait à la fois les biens de consommation du capitaliste et les siens propres, il n'en va plus de même dans une société comme la nôtre où la division du travail a pris le développement que nous pouvons constater. Ici les marchandises produites par l'ouvrier n'ont d'utilité pour le patron que par l'échange, et il ne réalisera de profit qu'en faisant appa-
rattre leur valeur daos l'éehange. Que lui importera le surproduit, si celui-ci s'eotassc entre ses mains, sans utilité ni valeur? Il fautdonc à tout prix reconnaître l'antériorité de l'idée de valeur par rapport îi celle de profit.
Nous avoDs évité d'entrer dans la critique du détail des diverses opinions que nous avons exposées dans ce chapitre. Elle nous eût entraîné beaucoup trop loin car il aurait fallu discuter les théories de la valeur ou de la rente foncière, auxquelles se rattachaient les idées qui nous intéressaient et que nous nous sommes borné à préciser. Mais nous tenons à présenter ici deux objections générales qui portent, à notre avis, contre toute tnéorie qui fait reposer le profit sur le capital.
r II est inexplicable, si c'est le capital (fixe ou circulant peu Importe) qui engendre le profil ou la plusvalue, qu'il y ait des entreprises ne faisant pas de profits.
2* Il est également inexplicable que des entreprises employant la même somme de capital ne réalisent pas toutes le même profit.
Il nous suflit de jeter les yeux sur la réalité (Voyez III* partie, chap. Il) pour nous convaincre de toute la force de ces deux objections. Mais nous ne devons pas nier cependant qu'il existe dans la plupart des cas, une corrélation entre la somme des profits et celle du capital employé. Toute théorie du profit devra chercher à expliquer ce fait.
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