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CHAPITRE IV

Nous groupons sous ce titre un certain nombre de théories, plus ou moins récentes, qui assignent à l'entrepreneur une place à part dans la répartition des richesses, et renoncent à établir une assimilation entre le profit et les autres formes de revenus, intérêt, salaire ou rente. Elles font figurer dans les frais de production l'intérêt ou le salaire de l'entrepreneur et ne considèrent comme profit que ce qui dépasse les frais de production ainsi compris.

§ 1. — Quelques-uns l'expliquent alors par les risques courus.

Nous avons déjà signalé chez le critique anonyme de Read, Mac Cullocb et Mallhus, l'assurance contre les risques au nombre des éléments du profit. De même St. Hill voyait, dans la différence entre le profit et l'intérêt, en partie une indemnité pour les risques courus. Lorsqu'on s'engage dans une affaire que l'on fait à son propre compte, on expose toujours le capital à quelques chances de perte, partielle ou totale. Ce danger encouru doit être payé. St.Mill ne songe encore, on le voit, qu'au risque couru par le capital.

AvecCourcelle-Seneuil, au contraire, tous les risques sonl envisagés, car, dit-tJ, il n'y a pas de travail sans risques.

Pour ThQnen (I), à la différence des auteurs précédents pour qui le risque n'était qu'un élément constitutifdu profit, le risque est proprement la source du profit. Il divise en effet le gain de l'afTaire (Geverbsprofit) en deux éléments, le profit de l'entrepreneur (Unternehmergevinn) et la rémunération de l'industrie (Induslriebeloiinung}. Le premier est ce qui reste à l'entrepreneur [alors même qu'il n'est pas chargé de la direction matérielle) après l'intérêt du capital employé, la prime d'assurance contre le naufrage, l'incendie ou la grêle, et le salaire du directeur. 11 y a donc certains risques (ceux que nous venons d'énumérer) dont la prime d'assurance figure parmi les frais de production. Mais tous les risques ne sont pas couverts par l'assurance. L'entrepreneur en conserve une part sur sa tête. S'il risque toute sa fortune, le profit retiré devra être plus que suffisant pour compenser le risque de perte, parce qu'à chances égales, il n'y a pas équivalence dansl 'esprit de l'entrepreneur, la douleur de la perte devant être beaucoup plus grande que la joie d'un gain équivalent. Il y a là un essai de tliéorie du risque qui ressort bien plus de la psychologie que de l'économie politique.

(1) Lesalaire naturel, Irud. Wolkoff, p. )U.

A côté de ce premier groupe d'auteurs chez qui l'idée de risque reste une considération purement individualiste, la prime d'assurances reçue par l'entrepreneur devant servir à parer aux perles déjà réalisées par lui, ou qu'il doit prévoir, voici un second groupe d'économistes qui l'envisagent au point de vue social.

Pour Mangoldt (1), la prime des risques doit être plutôt destinée k établir un nivellement dans la généralité des entreprises, aussi bien de celles qui gagnent que de celles qui perdent. La hauteur de cette prime doit être en raison directe du coùtde l'entreprise (N), du nombre des entreprises du même genre (U) et enfin de la douleur causée par la perle (E) — et en raison inverse du nombre des entreprises qui ont réussi (G) el de la perte que cause le gain (B). Ce qui peut se traduire par la

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