AUX ANCIENS
Le respect que Ton porte à Tantiqaité est aujourd'hui à tel point, dans les matières où il doit avoir moins de force, que Ton se fait des oracles de toutes ses pensées, et des mystères même de ses obscurités'; que Ton ne peut plus avancer de nouveautés sans péril ^, et que le texte d'un auteur ^ suffît pour détruire les plus fortes raisons...
Ce n'est pas que mon intention soit de corriger un vice par un autre, et de ne faire nulle estime des anciens, parce que l'on en fait trop.
Je ne prétends pas bannir leur autorité pour relever le raisonnement tout seuP, quoique l'on veuille établir leur autorité seule au préjudice du raisonnement®
1 Nous ayons vu, dans VEntretien avec de Saei, Pascal s'efforcer de réduire Tesprit humain à Timpuissance et de fixer les limites qui Farrètent de toutes parts. Dans ce Fragment, au contraire, qu'on peut considérer comme la meilleure réfutation de Pascal par. lui-môme, il va nous montrer la puissance de Tesprit humain se manifestant dans son expression la plus haute, le progrès « sans interruption et sans fin. »
s Myitèretf au sens primitif du mot : dogmes qui renferment une vérité d'autant plus élevée au-dessus de nous et vénérable, qu'elle est plus cachée pour nous.
» Peut-être Pascal pensait-il à Galilée (V. la XVIII- Provinciale).
^ Aristote.
'^ C'eût été sans doute trop audacieux au xvii* siècle ; mais c'est pourtant ce qu'il faut faire.
* Il y a ici une lacune de deux lignes. Plus haut, il y en avait une de plus de dix lignes. Ce début est donc fort incomplet.
50 DE l'autorité et du progrès
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DISTINCTION ENTRE »Èt^ ÔïtDRÔ^ DÔ CONNAISSANCES , l'uN
OU l'autorité doit faire LOI, l'autre ou la raison