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pie. Le zè!e de la gloire de Dieu doit faire le caractère d'un prêtre; il doit être dans les sentimens du prophète Elie : Quia hic agis, Elias ? Et respondit : Zelo zelatus sum pro Domino Duo exeriituum; et dire avec Notre-Seigneur : Non quœro gloriam meam , sed ejus qui misit me Pat?is. Gloria Dti , dit un Père de l'Eglise , 6 anima sacerdotalis! panis tuus est. Tel est le langage de l'Eglise dans tous les conciles : Estis , 6 clerici , divinâ misericordiâ in ecclesiastico ordine constituti ad gloriam Dei conservandam et propagandam. Or, c'est par le bon exemple qu'ils contribueront elïkacement à la gloire de Dieu , comme Notre-Seigneur lui-même l'a dit dans l'Evangile : Vos estis lux mundi ; sic luceat lux vestra coram hominibus, ut glorificent Patrem éèstrum qui in ccelis est. C'est le bon exemple^ dit saint Ambroise, qui fait respecter la majesté de Dieu : ut qui vidit ministrum ahuris congruis ornatum virtutibus , auctorem prœdicet et Dominant veneretur qui taies habet setvos. C'est la raison qu'en donne le concile de Trente , par ces mémorables paroles dont nous parlerons dans la suite de cet entretien : Sic decet chricos in sortent Domùri vocafos vitam moresque suos componere, ut habituy gestu y incessu aliisque omnibus rébus nikil niai grave, moderalum ac religione plénum prœ se feront , ut eirum actiones cunctis afferant venemtionem. Le bon exemple a toujours produit cet effet dans tous les temps, dans l'ancien et le nouveau Testament. ÎSTabuchodonosor fut forcé de respecter le Dieu de Daniel , et de publier sa gloire en voyant la sainte vie de ce Prophète et de ses compagnons : Daniel serve Dti vwenlis , pareant Dco Daniel i s : et il le fit publier dans tout sou empire. C'est la vie sainte
cl exemplaire des Prophètes qui alliroit au service de Dieu les Juifs et leurs rois. C'est la vie sainte du grand -prêtre Onias , qui fit respecler le temple aux princes infidèles : propter Onkœ Ponti/Jcis pietûtem , lisons-nous au deuxième livre des Machabées ,Jiebat ut et ipsi reges et principes summo honore sanctum locum ducerent , et templum maximis illustrnrent muneribus. C'est le bon exemple des Apôtres et de leurs successeurs qui a attiré à la Religion chrétienne tant de Juifs et d'Infidèles. Ils entroient par milliers dans l'Eglise en s'écriant : Oh ! que le Dieu des Chrétiens est grand ! Credimus Jesum Christum Filium Dei esse qui talem sibi elegit famulam , dirent les Païens de sainte Cécile. Saint Pierre exhortoit tous les Chrétiens , à plus forte raison les Pasteurs et les Ecclésiastiques : Conversationem vestram in ter gentes habentes bonam , ut in eo quoà detrectant de vobis tanquàm de malefactoribus , ex bonis operibus vos considérantes , glorijicent Deum.... Hœc est voluntas De/, ut benefacientes obmutescere facialis hominum improborum ignorantiam. En effet, il arrive souvent que les idolâtres et les impies corrompus et ignorons attribuent à Dieu les crimes qui sont commis par les laïques et par les Prêtres ; mais la vie sainte et exemplaire fait voir que Dieu , auteur de la Religion chrétienne , condamne le péché, qu'il est saint et qu'il contribue à la gloire de son saint Nom. Tertullien confirme cette vérité par un beau mot : Christianus ( à fortiori Sacer •dos) , est compendium Evangetiï. Il dit dans son apologétique qu'on a voit beau décrier le Christianisme auprès des princes païens, la vie sainte des Chrétiens servoit d'apulogie à Jésus- Christ fondateur de la Religion chrétienne , et attiroit au
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Christianisme des foules d'idolâtres, orateurs, philosophes , Grecs , savans , libertins ; les princes même s'écrioient : Oh ! que le Dieu des Chrétiens est grand et saint ! On a vu le même effet du bon exemple dans tous les siècles ; et c'est ce qu'ont opéré en ces derniers temps les exemples de saint Ignace , de ses premiers compagnons , de saint François Xavier dans les Indes , au Japon , dont les rois idolâtres respectoient le Dieu que ce Saint adoroit , en permettant à leurs sujets d'en embrasser la religion : Sic luceat lux vestra , ut glorificent Patrem vestrum qui in cœlis e>t.
Mais hélas ! disons-le avec douleur , c'est au contraire par la vie scandaleuse des Prêtres que Dieu est déshonoré : Ad vos , 6 sacerdotes , qui polluitis ahare meum ; coinquinabar in medio eorum ; per vos blasphematur nomen meum inUr gentes. Que peuvent dire les Idolâtres et les libertins ignorans , du Dieu des Chrétiens et des vérités de la Religion, en voyant la vie déréglée des laïques et surtout des Ecclésiastiques ? Plurimi , dit S. Bernardin de Sienne , considéra}/ te s Cleri Sceleratarn vitam , ex hoc vacillantes , ir/tb multotits déficientes in Jide non credunî qubd ilîa <\uœ de nostrâ Jide sunt scriptay tint vera... clavium virtutem non aedunt, ecclesiaslica Sacramentel despiciunt , eiiam non esse imo putant , non horrent inferos , hoc seculum slatuunt sibi paradisum.
En second lieu , le bon exemple des Ecclésiastiques fait honneur à l'Eglise. Après la gloire de Dieu , celle de l'Eglise catholique doit être le plus à cœur à un Prêtre. S'il fait attention à la nature de cette Eglise, rien de plus propre à le porter à lui fai e honneur et à procurer son agrandissement : Ecçksia est
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sponsa Chrisli de latere ejus formata , gratiâ iîlius deaîbata , ac pretioso sanguine dctata... Tota pulchra es. Telle est l'idée que nous en donnent les saints Pères et les conciles après l'Ecriture-Sainte. C'est aux Ecclésiastiques que cette Eglise est confiée : ipsis crédita est Ecclesia. Sacerdotes sunt custodes sponsœ Christi , sponsi ac ministri. Or, un époux est jaloux de l'honneur de son épouse ; cette qualité et les autres que les saints Pères et les conciles donnent aux Piètres , doivent les engager à taire honneur à l'Eglise. C'est ce que saint Bernard recommandoit autrefois à des Evêques et à des Prêtres assemblés: Attendile vobis et pretioso deposito , quod vobis créditant est , quod est Ecdesia : sponsa est , stude'e ornatui : sponsœ orna tus est in bonis operibus et moribus. C'est le bon exemple des Chrétiens et surtout des Ecclésiastiques qui a augmenté et honoré l'Eglise : ùangui* martyrum fiebat semen Ch?istianorum , dit Tertullien en son apologétique. Tous étoient attirés au Christianisme par la vie sainte des Chrétiens et de leurs Pasteurs , par la patience et les vertus qu'ils pratiquaient au-dehors, et dans les prisons. C'est ce que les Actes des Apôtres rapporient de saint Paul et de Silas. L'histoire ecclésiastique rapporte la conversion d'une grande famille , opérée par la vie exemplaire de saint Sébastien. C'est par la vie sainte et édifiante que les idolâtres ont abandonné le paganisme , que les hérétiques et les schismatiques sont rentrés dans le sein de l'Eglise catholique , que les pécheurs les plus endurcis se sont convertis et ont embrassé la perfection la plus élevée. Il est aisé de prouver cette proposition par ce qui est arrivé depuis la naissance de 1 Eglise jusqu'à nos jours : conversions innombrables et étonnantes , qui
ont fort augmenté l'Eglise , et lui ont fait un honneur infini. Aussi l'Eglise qui a toujours été ialouse de sa gloire , a pris en tout temps des soins extrêmes pour ne souffrir dans le Clergé aucun Ecclésiastique qui put la déshonorer , quelque talent qu'il eût d'ailleurs. Elle excluoit du sacerdoce et des saints ordres ceux qui n'avoient pas été irrépréhensibles , quelque longue et rigoureuse pénitence qu'ils eussent faite. EJiçite mros ex vobis septem boni testimonii , dit saint Pierre dans le choix des premiers Diacres. Saint Paul a prescrit la même règle à ses disciples Tite et Timothée : Oportet Episcopum .sine crimine esse , irrépréhensible m , operarium inconfusibilem ; diaconos simili ter pudicos , non bilingues , non multo vino deditos , non turpe \u~ crum sortantes. Si un Ecclésiastique tomboit après l'ordination , il étoit exclu du Clergé : deponatur et ad communinnem laicam dimittatur ; eoc pœnitentibus quantumvis bonus nullus ordinetur.
L'Eglise perd son lustre par la vie déréglée et scandaleuse de ses ministres : quomodo obscuratum est ? Si in Clerico, dit saint Grégoirc-le-Grand , qui exemplum est vitœ secularibus , juste aliqurd reprehenditur , ex ejus uitio ipsa religionis nnstrœ œstimatio gravatur. Vapor est exitialis , dit saint Grégoire de Nazianze , quo omne* inficiuntur , et odor morlis in mortem. En effet , la vie infâme des Gnostiques déshonora infiniment l'Eglise au troisième siècle. Elle eut besoin d'apologies qui montrèrent que les crimes de ces hérétiques étoient en horreur à l'Eglise. L'histoire ecclésiastique nous apprend que les hérésies et les schismes ont pris naissance de cette vie scandaleuse des mauvais Chrétiens , et surtout des Pasteurs et des Prêtres.
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TA ne pouvons-nous pas , en cette occasion , mettre dans la bouche de l'Eglise cette plainte que lui faisoit faire saint Bernard au douzième siècle : Ecce in pace meâ amariludo mea ûmarissima ; amara prias in nece martyrum , amanor in conflictu hœreticorum , sed amarissima in moribus dômesticorum. Filios enutrwi et exaltavi , ipsi aatem spreverunt me ; quod fa ci un t hœretici per prava dogmata , hoc faciunt phires hodiè per prava exempla , tanto graviora hœreticis , quanta prouvaient opéra verbis.
3.° Les Prêtres , comme Pasteurs des âmes , doivent travailler à leur salut , surtout par le bon exemple. Les Prêtres sont par leur état obligés à travailler au salut et à la sanctification des âmes. >Totre-Seigneur pendant tout le temps de sa mission y a travaillé , et les Prêtres tenant ici-bas sa place , doivent le faire : P?o Christo legatior.e fungimur. Saint Paul l'a fait : impendam et superimpendar ipse pro animabus vrstris ; omnii sustineo propter electos , ut et ipsi salutem consequantur. Quis infirmatur , et non infirmer ? Les noms que l'Ecriture, les saints Pères et les Conciles donnent aux Prêtres , leur apprennent ce devoir. Ils sont lux mundi ; sic îuceat lux vestra , etc. Ils sont les astres du firmament de l'Eglise, les docteurs et les maîtres des peuples. Ils doivent les éclairer et les sanctifier surtout par une vie édifiante. Nôtre-Seigneur les appelle sal terrœ. B^na conversalio sacerdotum , dit S. Grégoire-le- Grand , conditura est populi: petra salis sunt inter animaha Ecclesice , id est , fidèles , ut quisquis sacerdoti conjungitur , quasi ex facto salis sapore œtemitads condiatur ; tous les Pères et les Conciles disent unanimement : f'itaClcricorum littrest laico-
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rum ; intuentium forma tt exemphir. En effet , l'expérience ancienne et journalière apprend cette vérité. Les Fidèles suivent les Prêtres comme les brebis leur pasteur , les disciples leur maître , les soldats leur général. Le bon exemple des Prêtres est nécessaire aux commençans, à ceux qui avancent et aux parfaits. Au commencement du Christianisme les premiers Chrétiens se conformoient aux Apôtres ; dans la suite les Fidèles imitoient les Evêques, les Prêtres et les Diacres; c'étoit une pierre d'aimant qui attiroit à la piété tout le monde , et même les infidèles et les plus endurcis. Nous lisons dans la vie des saints Ministres du Seigneur et dans l'histoire ecclésiastique , que le bon exemple a toujours produit cet effet , comme on peut le voir dans saint Justin ,- Tertullien et les autres apologistes de la Religion chrétienne. Tertullien atteste qu'un Chrétien imprimoit du respect et empêchoit les impies de commettre le crime en sa présence : ex occursu meo vida suffundo. Ce lurent les saints exemples de saint Pothin , premier évêque de Lyon , de saint lrénée , qui lui succéda , et des Prêtres qui étoient dans leur compagnie, qui encouragèrent au martyre tout le peuple de Lyon. C'est par le même moyen que le pape saint Corneille anima les Romains au martyre , et releva plusieurs Chrétiens qui étoient tombés par foiblesse. Au quatrième siècle , saint Basile raconte qu'il fut attiré au service de Dieu par les discours et la sainte vie de saint Grégoire de Nazianze son ami. Au, cinquième siècle , saint Augustin fut converti par la même voie. Simplicien , son ami , lui prop sa l'exemple de Victorin, oiateur et pécheur comme lui, qui s'éioit converti , comme ce Saint le rapports dans ses confessions, et ce fut ce qui fixa ses irrésolutions
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et acheva de le convertir. L'histoire du douzième siècle nous apprend que saint Bernard allant à Citeaux , attira par son exemple un grand nombre de jeunes gens , et l'on sait l'impression que fit sur le pape Innocent II et sur toute sa cour la vie sainte des religieux de Clairveaux qui vinrent le recevoir en procession , avec une modestie qui arracha des larmes aux assistans. Dans tous les siècles jusques à nos jours , la vie sainte et exemplaire des Religieux et Religieuses a attiré dans leurs monastères une infinité de personnes de l'un et de l'autre sexe , pauvres , riches , nobles et même princes et princesses.
Le concile de Trente convaincu de cette vérité, a engagé très-fortement tous les Ecclésiastiques à donner bon exemple , et particulièrement au chapitre premier de la session dixième de la réformation. i.° 11 dit qu'integritas prœsidum sa lus est populorum , et ideô digniores eligendi sunt , irreprehensibiles , sccunâùm Scripturas et sacros canones. 2..0 11 recommande aux Evèques de ne choisir pour les bénéfices à charge d'ames , que des Ecclésiastiques irrépréhensibles : quà enim libertate laicos poterunt corripere sacerdotes , càm tacite sibi ipsis respondeant eadem se admisisse quœ corripiunt? 3.° Il recommande encore aux Evêques d'avertir souvent les Ecclésiastiques de cette obligation : monebunt prœtereà Episcopi suos clericos in quoeumque ordîne fuerint , in conversatione , sermone et scientiâ, commisso sibi populo preeeant.:., nemini dantes ullam ojfensionem , ut non vituperetur mmisterium eorum , sed in omnibus exhibeant se Dei ministros. 4-° Le saint Concile en donne la raison au même lieu : Nihil est quod aîios magis ad pietatem et Dei cultum assidue instruat , quàm eorum vita
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et exernplum qui se divino minisferio dedicarunt. I Cùm enim Clerici in al!io?*em îocum sublati cons- I picivntur , in eos tanquàm in spéculum reliqui \ oculos conjiciunt , ex iisque sumunt quod imi~ tentur ; quapropter sic decet omnino clericos i'itam moresque sues componere ,ut habitu . geslu , incessu alii.Ujue omnibus rébus nihil nisi giave , moderatum ac religions plénum prœ se feront , ut eorum actiones cunctis afferant venemtionem. Sans cette vie sainte et exemplaire, les Prêtres ne sracquitteront jamais de leurs fonctions principales envers les peuples , l'instruction et la correction.
i.° Leurs discours , s'ils ne sont soutenus par le bon exemple, seront ces sonans et cjmbalum tinniens. D'où vint le fruit des prédications des Apôtres, de saint Pierre , saint Etienne, saint Paul ? C'est de leur vie sainte; ils pratiquoient la pauvreté, la mortification , l'oraison ; ils souffroient tout pour Jésus- Christ : prisons , exil , tourmens , la mort même. Saint Bernard dit de saint André : crucifixus crucifixum prœdicabat. Et saint Jérôme écrivoit au prêtre Népotien : non con/undant opéra tua sermonem tuum... deUcatus est magister qui pleno ventre de jejuniis disputât... an non confusio et ignominia est pnuperem Christum et e>urienfem fa-tuosKs corporibus prœdicare , rubentes buccis et lumentes fefuniorum doctrinas proferre ? Comment Ips Apôtres ont-ils opéré ce grand miracle de la conversion du monde entier ? C'est, dit saint Chrysostôme , mundun converterunt non propter mira quœ fecerunt , sed quia verus erat in ipsis glorùê pecuniœque contemptus ,.... mugis enim convincunf o'-era quàm miracuhi. C'est aussi ce que saint liernard nous apprend : Da voci tuœ voeem nrtuds ,
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consonet vita verbis ; vox. equidem verbi sonat , vox exertipli tonat : si mundum conlemnendum , contemne prias , et ad ipsum alios efficaciùs invitabis.
En second lieu , les Prêtres doivent corriger les Fidèles dans leurs manquemens soit en particulier , soit quelquefois en public : Argue , increpa , peccctntem coram omnibus argue , ut et cœteri îi~ moretn habeant. Mais pour y réussir , le Prêtre doit être lui-même irrépréhensible, de peur que ceux qu'il corrigene disent hautement : Médire , cura te ipsum. Et quelquefois ils le disent à haute voix. Rien n'avilit tant notre ministère , dit saint Grégoire-le-Grand , et ne fait tant mépriser la parole de Dieu annoncée par les Prêtres , que leur vie peu édifiante : Quid re$+ tat nisi ut cujus vita despicitur r, prœdieatio ipsa contemnatur ? Car, comme dit le saint concile de Trente , cjuà libertate poterunt laicos convpere sacer dotes , cùm tacite sibi ipsis respondeant ea admi tisse quœ cojripiunt ? Il est vrai que les délinquans raisonnent mal , car Notre-Seigneur nous a dit : Super cathedram Moysi , etc.; quod dixerint vobis facite ; secundùm au'em opéra eorum nolite facere. Toutefois l'expérience de tous les siècles nous apprend que les corrections et les discours n'opèrent rien sur les mœurs , quand ils ne sont pas soutenus de la vie sainte et exemplaire des Pasteurs qui instruisent et corrigent. Mais en quoi et comment les Ecclésiastiques doivent - ils donner bon exemple ? c'est ce qui nous reste à examiner dans un second Doint.
Je vous ai déjà cité ces respectables paroles du concile de Trente , qui devraient être gra\ées dans nos cœurs et encore plus dans nos œuvres : Sic decti
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clericos vitam moresque suos componere , ut ha' bitu , gestu , incessu aliisque omnibus rébus nihil nisi grave , moderatum ac religione plénum prœ se feront. La sainte Eglise , par l'organe de ses princes les Evèques , nous apprend comment et en quoi les Ecclésiastiques doivent donner bon exemple. Elle veut que ce soit en tout et partout. Le saint Concile» par ces mémorables paroles, renferme tout le détail que l'apôtre saint Paul fait des vertus ecclésiastiques dans ses Epîtres à Tite et à Timothée , où il n'excepte rien : in omnibus te ipsum prœbe exemplum bonorum operum. Elles vont trop bien à mon sujet pour ne pas y faire un peu d'attention; souffrez donc que j'en fasse une courte paraphrase , y ajoutant ce que les saints Pères et les Conciles ont dit de plus remarquable là-dessus.
i.° In habitu : Les Ecclésiastiques doivent donner bon exemple dans leurs vêtemens. Ex visu , dit le Sage, copnoscilur homo senatus , et amictus corporis annuntiat de Uîo. Pour cela les Ecclésiastiques doivent toujours porter l'habit de leur état dans toute la modestie capable d'édifier les peuples; c'està-dire, la soutane, les cheveux courts et la tonsure. Cette obligation est bien plus grande pour tous ceux qui ont charge d'ames et même qui sont dans les ordres sacrés. L'Eglise appelle la soutane habitas sanctœ religionis ; elle traite d'apostats ceux qui la quittent. Clericos qui relicto oïdine et habitu.., taies inter apostatas numerandos sanetorum Patrum ttatuta déclarant , est-il dit au troisième concile général de Latran sous Alexandre 111, en 1179. Le Concile œcuménique de Vienne au quatorzième siècle, sous Clément V ( en 101 1 ) , les déclare déchus des privilèges de la cléricature : professa 1 ■> uni
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Ulius ordinis prœrogatn <i se reddit indignum. Le Concile de Trente, en sa session quatorzième de re~ ■formalione , chap. 6 , dit : Etsi habitus non faciat monachum , oportet tamen clericos vestes proprio congmentes ordini semper déferre , ut per decenliam habitus extvinsecè morum honestatem intrinsecam ostendant. L'Eglise punit sévèrement les délinquans par des censures , la privation des revenus de leurs bénéfices. Que diroit-on d'un président ou d'un conseiller de parlement qui ne porteroir pas sa robe quand il le faut ? d'un gentilhomme sans épée, d'un chevalier du Saint-Esprit sans le collier de l'ordre? Voit-on les religieux quitter leurs habits? Et de quel droit quitterions-nous le noire ? Il faut en outre éviter toute sorte de vanités dans les habits ecclésiastiques et dans les cheveux. Le second Concile général de Nicée , sous Adrien I.er en 767, est remarquable à ce sujet : Omnis jactantia et or naturel corporalis aliéna est à sacrato ordine ; eos ergb Episcopos vel Lleiicos qui se fulgidis et claris vestibus ornant emendari oportet ; quod si in hoc permanserint , corrigantur vel deponantur. Le quatrième Concile de Latran , tenu en 1^10, sous Innocent III , déclare : Absit vestium curiosa mollities à sacro ordine. Mais hélas l à voir plusieurs Ecclésiastiques de nos jours avec des cheveux fripés et des habits courts , /20s sponsos potiùs quàm Clericos existimes (S.Jérôm.).
2..0 In gestu. Saint Ambroise dit que ipsa corporis species simulacrum est mentis , Jigura probitatis* Sapientia hominis lucet in vultu , lisons-nous dans le livre de la Sagesse , et ab occursu faciei cognoscitur sensatus. Saint Ambroise n'admit point à la tonsure un de ses amis pour quelque geste indécent
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qu'il lui vit faire. Cet homme apostasia et se fit Arien. Saint Grégoire de Nazianze jugea par-là ce que devoit être Julien l'apostat étudiant avec lui à Athènes : Ne<jue enim boni miJd unquam significare aut ominari videbantur cervix non stata , humeri subsultantes et subindè agilati , bculus insolens et vagus juriostque intuens , risus pétulantes et effrénés , nutus temerarii. Il faut tenir la tèle droite sans la lever ni la baisser trop , sans la pencher de côté et d'autre ; il ne faut pas la tourner ni la remuer çà et là légèrement. Il faut qu'un Ecclésiastique ait un regard doux et modeste , qu'il n'ait pas les yeux égarés ni trop fixés et arrêtés sur ceux qu'il regarde. Il doit éviter toute immodestie dans les ris , surtout aux promenades ou dans les rues : Slultus in risu extoUit vocem suam , sapiens awtem vix tacite ridebit.
3.° In incessu : Clericus professioiiem suam in incessu probet , dit le troisième Concile de Latran , et après lui celui de Trente. 11 faut éviter en marchant toute immodestie , ne pas aller d'un pas trop précipité , ni courir ; éviter toutes les démarches affectées, toute sorte d'agitations de tête, de mains, de bras , d'épaules et de corps. Saint Grégoire de Nazianze augura mal de Julien par sa démarche : Neque enim mihi boni aliquid significare aut otninari videbantur pedes instabiles et titubantes.
4-° In sermone. Saint Paul donne cet avisa son disciple Timothée : Prœbe te ipsum exemplum />onorum operum in verbo et conversatione. Ainsi les Ecclésiastiques doivent s'abstenir de toutes paroles Indécentes , et même équivoques qui pourroient faire de la peine à ceux qui les entendent : Omnis sermo malus, dit saint Paul , ex ore vesiro non procédât ;
fornicafio... ont stultiloquiuin , aut scurrilitas , nec nomineiur in vobis. Car , comme dit saint Bernard , nugœ in ore laicorum nugce suni , in ore saeerdotum blaspïiemiœ. Consecrasti os tuutnEvangelio , talibus jam aperire illicitum , as>uescere sacrilegum est. habia enim sacerdotis custodient scie?iiiam , et ex ore ejus legtm requirent , non nugas profecto aut fabulas... si de v-rbo otioso Deo in diejudicii raiionem redditurt sumus , tjuanlb dislrictiùs de verbo mendaci , mordaci , injuriosa , adulatorio ! Les Ecclésiastiques doivent, autant qu'ils le peuvent, tenir des discours saints et utiles, capables d'édifier le prochain. Si fjuis loquitur, quasi sermones Dti ; saint Pierre y exhorte les femmes chrétiennes , ut per mulïerum conversât onem non sine verbo tucrifiant , à l'exemple de .Notre-Seigneur , de ses Apôtres et de tous les Saints : stupeaiU , admirentur , dit saint Ambroise, et dicant hi /*omines : sunt Dei quorum t;ilis est conversatio ; comme saint Martin , nunquam in ore ejus nisi pax , nisi castitas , nisi charitas , nisi pietas ; cm rarior in ore mundus , frequentior Christus* On peut entrer en conversation par la porte des mondain.' 5 disoit saint Ignace à ses religieux ; mais il taut les taire sortir par la mMre. Enlin , il faut être prudent dans ses discours : tempus tacendi , tempus loquendi» Qui moderatur labia sua prudentissimus e.st ; ma! a aurea in lectis argenteis , verbum protatum in /empore suo. Bis ai limam quarn ad linguam , ut in sermone mhil nisi grave.
5.° Aliisque omnibus rébus. Saint Pan! s'excepte rien : In omnibus te ipsam prœbe exemplu.n bonerum operum. i.° In doctrine : foi saine et orthodoxe y morale pure , ni relâchée ni rigoureuse ,
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tenir le milieu comme l'Eglise. Il faut parler avec respect de la sainte Eglise et des Conciles, du Pape et des Evèques ; se bien instruire de la doctrine et delà morale de l'Eglise, et l'enseigner aux Fidèles ; donner soi-même l'exemple d'obéissance à T Eglise et à ses décisions sur le dogme, la morale et la discipline : bomim déposition custodi, devitans profanas vocum rcow'tates: éviter tout homme suspect, et les livres des hérétiques ; s exprimer dans les termes de l'Eglise; imiter saint Jean l'évangéliste et saint Polycarpe son disciple imementote prœpositorum, suivre fidèlement la défense de l'Eglise à l'égard des hérétiques , schismatiques et excommuniés : os , orare, voie, cornmunio , mensa negatur. 2.° In gravitate : gravitas luam decet personam , dit saint Bernard à tous les Ecclésiastiques ; modestie et sainte gravité en allant en ville ou en conversant avec les gens du siècle ; ne paroitre que rarement au-dehors et seulement pour ses fonctions , à l'autel , en chaire , dans l'administration des Sacremens , au confessionnal , en visites nécessaires : Christus , dit saint Ambroise , non est circumforaneus , non in foro , non in plateis reperitur. Cette modestie et cette sainte gravite doivent reluire particulièrement à l'Eglise et dans les fonctions sacrées , en annonçant la parole de Dieu , en récitant TotHce divin ou en y assistant. Rien de plus capable d'inspirer aux Fidèles une haute idée de Dieu , de Jésus-Christ , de ses mystères , des Sacremens et des lieux saints , où l'on ne doit jamais parler que par nécessité , à voix très-basse et en peu de mots ; cette règle se garde dans les maisons des grands et les palais des princes. 3.° In castitate : in ore tuo nisi castitas. Eviter toute chanson trop légère; cum mulieribus accessus </uodammodo fugitwus ; sermo
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cum mulieribus rarus , brevis et austerus; en un mot , chasteté sévère , édifiante , délicate et sans soupçon ; pour cela l'Eglise ordonnait aux Evêques d'avoir chez eux des syncelles , et de ne jamais visiter sans eux ni veuve ni vierge. 4-° in charitate; charité pour les peuples, amis et ennemis; charité tendre, filiale, généreuse, compatissante , universelle et constante pour toute sorte de personnes , tous les temps et tous les lieux ; et éviter avec grand soin tout ce qui est contraire à cette divine charité : supportantes invicem , niJàl per cotitentionem , sed in humilitate supeiioies sibi invicem arbitrantes ; charitas patiens est , benigni , non agit perperàm , omnia crédit, sperat, sustinet.S. Alihque omnibus rebits, in omnibus comme dit saint Paul; à table , dans son domestique , son appartement ; table frugale, meubles convenables à la modestie ecclésiastique et conformes aux canons du quatrième Concile de Carlh.ige, renouvelés par le Concile de Trente ; aliisque omnibus rébus : à la ville, à la campagne, seul et en compagnie; in omnibus, en tout et partout. Enfin, souvenons-nous de cette exhortation de saint Pierre aux Pasteurs : Pascite qui in vobis est gregem Dei , non dominantes in cleris , sed forma facti gregis ex animo ; et cùm appartient pr'inceps Pattorum , percipietis immarcescibilem gloriœ coronam. Amen,