‹ Entretiens et méditations ecclésiastiquesChapitre 12 sur 40 · II · texte numérisé non relu

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enulrivi et exaltavi , ipsi autem spreverunl me..., facti suntfilii mti perditi... converti mini , Jilii , re« ver tentes...

Tachons , messieurs , d'apaiser autant que nous pourrons la douleur d'une si bonne mère , et puisqu'un des grands sujets de ses larmes est assurément la manière indigne dont on la traite dans ses Cérémonies , par le mépris que l'on en fait , tachons de ne les traiter jamais qu'avec toute la religion qui leur est due ; et pour cet effet, voyons, i.° l'estime que nous devons faire des Cérémonies ; combien nous devons les respecter , les affectionner , et nous y appliquer pour les bien faire; 2..0 la manière de les bien faire.

Pour l'importance d'estimer les Cérémonies , et l'obligation que nous avons de nous y appliquer pour les faire , je la tire particulièrement de trois principes. Le premier est l'estime même que Dieu en fait. Ce premier fondement est considérable; car l'estime que Dieu fait des choses est la règle la plus certaine et la plus sûre que nous puissions avoir de leur valeur. 11 n'en est pas comme de l'estime des hommes; ceux-ci se trompent tous les jours dans leurs jugemens : souvent ils méprisent ce qui mérite de l'estime ; souvent ils estiment ce qui n'est digne que de mépris : leur vue bornée , qui ne pénètre pas le fond des choses , la passion qui les trouble ou l'intérêt qui les aveugle , sont trois principes d erreur qui font qu'on ne peut prendre aucune mesure assurée sur tous leurs jugemens. Mais en Dieu il n'en est pas de même : point d'intérêt, point de passions, point de bornes dans ses connoissances : ainsi toute certitude dans ses jugemens. C'est pourquoi lorsque le Saint-Esprit , dans l'tcriture-Saijite , veut nous

faire connoître la grandeur d'un Saint, il ne dit pas qu'il sera grand devant les hommes , mais qu'il sera grand devant Dieu : Hic erit magnus coram Domino; parce que tous ses jugemens sont e'quitables : Justus es , Domine , dit le Prophète , et rectum ju~ dicium tuum. Ps. n8, i'^. Son jugement donc fait la valeur des choses : Dieu les estime autant qu'elles valent , ou plutôt elles valent autant que Dieu les estime.

Or , je trouve que Dieu a eu toujours une estime particulière pour les Cérémonies, et je le prouve , non point par des raisonnemens incertains, non point par de frivoles conjectures, mais parce que l'Ecriturc- Sainte nous en dit. Or, nous trouvons dans l'Ecriture trois points principaux bien propres à nous faire comprendre l'estime que Dieu fait des Cérémonies.

Le premier, en ce que lui-même dans l'ancien Testament les a dictées ;

Le second , en la manière dont il les a dictées;

Le troisième , dans les chàtimens dont il punit ceux qui les méprisent ou qui ne les observent pas avec une assez grande fidélité.

i.° Nous voyons dans l'ancien Testament que c'est Dieu m?me qui a dicté toutes les Cérémonies, et qu'il a voulu les dicter de sa propre bouche. Ceci est remarquable. 11 n'en a point voulu donner la commission à un homme; il n'a point voulu confier cet ouvrage à ses Prophètes et à ses Saints; il n'a point voulu s'en décharger sur une créature, comme il a fait dans beaucoup d'autres choses dont il leur donne le gouvernement et la conduite : il l'estime d'une telle importance, que lui-même veut en prendre le soin. 11 ies enseigne lui-même à Moïse; mais avec une telle exactitude , qu'il est impossible d'y faire attention ,

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